IV. Entretiens sur divers sujets
(i) n parlait atec plus oa moini de facilité le françaii, l'aDglais, l'espagnol, le portogais, Tltalien, l'allemaDd, le latiD, le grec ancien et le grec moderne^ l'hèbrea, Tanbe, le ijriaqae, le cophte, Tarmenien. le ijaton, l'anglo-eaion et le hagque. Il atait même une teinture da cbinoii.
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d'fdsloire, Colog. [Amst.]^ 1711, in- 8<>. — On trouve dans ce vol. unediss.
sur Tathéisme^ qui a été trad. ^n anglais en 1712.
Y. Histoire du christianisme des Indes, Là Heiye, 1724^in-8o; 1758^ 2 vol. in-12; trad. en allem.^ 1727. — La Groze^ qui regardait cette histoire comme son meilleur ouvrage^ y fit des additions, impr. à Halle et réimpr. à Amst. en 1737.
VI. Histoire du christianisme d'Ethiopie et d'Arménie, LaHaye^ 1739, in-8«; trad. en allem. par Aldinor, Danlzig, 1740, in-8». — Ouvrage trèsmédiocre.
VII. Thesaunis epistolicus La Crozianus ex bibliothecâ Jordaniand, LIps., 1742-46, 3 vol. in-4». — Publié par J.-L. Uhl.
Vin. Leccicon œgyptiaco-latinum, ex neteribusillius linguœ monumentis summo studio coUectum et élabora^ tum, publié, avec les additions de Scholtz, par Woide, qui l'a enrichi de notes, Oxon., 1775, in-4^
On trouve, en outre, quelques opuscules de notre savant dans divers recueils périodiques : dans les Mémoires de TAcad. de Berlin (T. I), Spedmen observât, historic. in Litcianum; De libris sinensibus Bibliothecœregiœ Berotinensis , et Explication d'un baS' relief de la colonne de Marc-Aurèle ; — dans la Biblioth. Bremensis (Class.
V) : Ph, Couplet de statu et qualitate missionis sinicœ Epistola cum notis AI. Veyssière-La Croze, et De scriptore quœstionum ad orthodoxos , quœ in ter Opéra Justini Martyris edi soient, ad J.'L, Mosheim Epistola; — dans les Nouvelles de la rép. des lettres (avril 1702), sous le pseudonyme û*A colzer, anagramme de 8onnom,une Lettre ou il propose quelques observations sur deux passages de Cicéron et d'Aristophane ; — dans le Journal littéraire (T. VÎI),unei>ù5ef^atton contre dom Le Nourry, qui avait prétendu que le traité Be mortibus perseculorum n'est pas de Lactance; (T. VUl), une Dissertation oîi il prouve la faus-
seté d'une EpUre de S. Paul aux Corinthiens, et d'une autre des Corinthiens à Tapôtre, publiées parWilkins; (T. IX], une Défense de Ludolff conire Tabbé Renaudot, qui répondit, et à qui La Croze répliqua dans l'Europe savante (T. X et XI). On peut aussi, en quelquesorte,regarderLaCroze comme l'auteur des Mémoires sur les dernières révolutions de Pologne, écrits sous ses yeux par un de ses élèves et corrigés par lui. Enfin 11 a laissé on msc. un Dict, sclavon-latin, in-4«, un Dict.
arménien4atin, 2 vol. in-4«, un Dict.
syriaque et une traduction d'un poëme de Nersès, patriarche d'Arménie.
VEZ (Jbàn de), gentilhomme protestant de la Picardie, très-zélé pour sa religion. En 1 664, il acheta la tarre de ViLLBRS-lès-Guise, afin d'y offrir on lieu d'assemblée aux Réformés de Ger»
cy, où l'exercice du culte protestant a* vait été défendu, et l'exemple qu'il donna fut suivi par d!Auroux, seigneur de Chéry-lès-Hozoy, où ses flls maintinrent l'exercice après qu'il se fut converti. A la révocation de l'édit de Nantes, de Vez réussit à passer dans les pays étrangers(ilrch.^én. E.337 i); mais sa femme ne fut pas aussi h&ntreuse. Arrêtée sur la demande de l'évéquedeNoyon, elle fut enfermée dans un couvent en 1686, avec M^^^d'lTorlie et de Fayet (Ibid. E. 3372). Cette dernière succomba et fut gratifiée d'une pension de 900 livres, tandis que M** de Vil 1ers, restée inébranlable, fat transférée, en 1687, aux Ursulines de Noyon(/6td.E. 3373). Suzanne de Vez, sa (lile peut-être, ne montra pas autant de constance. Elle avait épousé Z^mel de RainevcU et habitait Arras, où elle fit son abjuration, le 10 fév..l686,en même temps que la fille du ministre Saquier, Sa fille lui avait été enlevée et avait été mise dans le couvent des Ursulines.
VIAL (A.), minisire à Ganges, présenta, en 1 6 7 5, un ouvrage de sa composilion au svnode de Saint-André-de- Valborgne, qui, sur le rapport des commissaires Bouton, Grongnet père et
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Ducros, loi permit de le faire impriroer. Ilparutà Grenoble sons ce titre : Du saint sacrement de l'Eucharistie, Grenoble. 1676, in-i2. Nous ne savons rien de pins sur ce ministre, qui était peni-ètre de la même famille que/ocques Vial'de-Baumont et que Domi" nique Viat-de-Bonneval, Tun et Taulre réfugiés à Genève. Le. premier, ancien pasteur de Grenoble, fut reçu gratis bourgeois de Genève en 1705.Chargé, en 1 708, de desservir l'église de Dardagny, il fut appelé en ville Tannée suivante, et mourut en 1 746. Rien ne s'oppose à ce qu'on le regarde comme l'auteur du livre : Del* idolâtrie de l'Eylise romaine, 1728, in-12, attribué par Barbier à un ministre de ce nom.
Le second, reçu bourgeois en 1 729, fut ministre à Dardagny en 1750, à Cartigny en 1753, et mourut Tannée même où il prit possession de cette dernière église. Tous deux étaient nés à Grenoble, où vivaient,en 1 686, Tavocat ViiU, qualifié par Tintendant Boucbu de « trèsmécbant huguenot, » ainsi que le médecin Segaud, et le trésorier Viol, qui allaita la messe, tandis que sa femme, sœur deHB« de La Pierre, n'y allait pas. VIALA (Micuel), un des plus actifs et des plus intrépides pasteurs du désert dans la première moitié du xviri* siècle, naquit à Pont-de-Hontvert vers 1710. Une lettre de Corteis h, Antoine Court nous apprend que, malgré « son heureuse mémoire, sa conception admirable et sa très-grande facilité d'éloculion,» on hésita longtemps à l'admettre au ministère, parce qu'il n'était pas né en légitime mariage. 11 lui fallut conquérir à force de services le poste dangereux qu'il ambitionnait. En 1 733, les églises du Bas-Languedoc l'envoyèrent comme prédicateur dans le Haut- Languedoc. 11 parcourut tout le pays et y releva plusieurs églises, qui le demandèrent pour pasteur en i735, sans s'inquiéter de sa naissance illégitime.
Viala se rendit donc. Tannée suivante, à Zurich, où il passa un examen et reçut Tordination, après quoi il retourna dans le liaul-Langucdoc, où il dé-
ploya une grande activité et un courage héroïquedans l'accomplissement de ses devoirs. En I7i0, il fit mèmedans le Poitou une tournée qui produisit d'excellents résultats ; on en trouve la relation dans la Correspondance d'Ant, Court (an. 1740-41). En 1744, il fut élu modérateur du Synode nationaljqui s'assembla au désert. Après le supplice de Désubas (Voy. VII, p. 177), il éprouva un instant de faiblesse et songea à aller demander un asile à Tétranger. Il fit même à son troupeau do touchants adieux, mais il ne tarda pas à se repentir de ce moment de défaillance, et il mourut à son poste, le 3 Janv. 1755.
Les Mémoires de Foucault appellent par erreur Viala un gentilhomme béarnais « des plus qualifiés de la province, » qui se convertit en 1685. 11 s'agit de Henri de Labaig, comte de Viella, qui abjura effectivement en 1 685, avec deux de ses frères, quatre de ses sœurs, sa femme, delamaison de Théobon, ses trois fils et ses deux filles. En 1 688, Viella demanda, comme récompense du bel exemple de soumission qu'il avait donné, une pension au P. La Chaise ; nous ne doutons pas qu'elle no luiaitétéaccordée(i4rc^.90n.M. 665).
VIAU (THÉOPHiLB de), poète médiocre, mais excellent prosateur, plus connu aujourd'hui par ses infortunes que par ses poésies, naquit en 1590 à Boussères-Sainte-Radegonde(i), viliar ge de l'Agénois, d'une honorable famiUe. Son aïeul avait rempli la charge de secrétaire de la reine de Navarre ; son oncle, le frère aîné de son père, fut nommé, en récompense de ses services, gouverneur de Tournon, en Agénois, une des places de sûreté des Protestants, par Henri IV; son frère, Paul, servit comme capitaine à Montauban (1628) sous Henri de Lanes, et devint maître
(1) SeloD d'antres qai s'appaient sur cm ten pris d'an de ses sonnets :
Glêrac! pour use fois que tons m'aTez fait naître, Hélas ! combien de lois me faites-tons mourir f
Il serait né à Glairae. Mais Nicéron leur oppose toulo une tirade snr Bonssères qui semble les contredire.
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d'hôtel da dac de Montmorency ; enfin, son père était avocat an parlement de Bordeaux^ lorsque nosdiscordes civiles le forcèrent à se retirer, avec sa famille, dans le manoir de ses aYenx, on il se livra, dit-on, an culte des Muses. Ce ma* noir était modeste; mais tel qu'il était, Théophile, après avoir approché des grandeurs, en regrettait le séjour : les souvenirs du Jeune Age embellissent tout.
DtDS ces Talloni ohtmn ch la mèr^nataro A potmi nos troQpeaax d*êt6rnelle pâiorOy Paoroli ea le pUiiir da boire à petits traits ])*iiii Tin clair, pétillant, et délicat, et frais, Qu'un terroir asses maigre, et tout coupé de ro-
[ches.
Prodoit heureusement nir les montagnes prochee;
Ll, mes frères et moi pourroient joyeusemeat. Sans seigneur ni vassal, Titre asses douoement.
Telle n'était pas sa destinée. A TAge de 20 ans, il vint A Paris. «C'était, dit Voltaire, un jeune homme de bonne compagnie, faisant très-facilement des vers médiocres, mais qui eurent de la réputation; très-instruit dans ies belleslettres, écrivant purement en latin ; homme de table autant que de cabinet, bien venu chez les jeunes seigneurs qui se piquaient d'esprit, et surtout chez cet illustre et malheureux duc de Montmorenci; qui, après avoir gagné des batailles, mourut sur un échafaud.D Gr&ce à son esprit vif etplein de saillies, à ses mœurs faciles, Théophile fut admirablement accueilli dans les meilleures sociétés de débauchés. Dans ce temps, la fleur de nos jeunes seigneurs trônait an eabaret avec les beaux-esprits du Jour, et les uns les autres s'honoraient de fai re partie de l'ordre de la goinfrerie, Golletet , pour sa part, avait fondé la confrérie des chevaliers de laTable carrée ; le malheureux Théophile y fut sans doute convié et il dut y coudoyer ses confrèresen Apollon Salnt-Amand,Berthelot, François Ogier, Jean de Schélandre peut-être. Desbarreaux et consorts, il n'était pas plus licencieux, pas plus irréligieux que ses camarades, mais il avait le tort, singulièrement aggravant, d'être huguenot. Il fut donc offerten holocauste. Dès 1 6 1 5,
le clergé avait réclamé du gouvernement la sévère punition des athées. Le P. Mersenne en portait le nombre à élu» quanta mille, pour Paris seulement. A ^ sollicitation de ses ennemis les Jésuites, Théophile fût banni du royaume par un ordre du roi (mai 1619). Il se retire à Londres, d'où 11 ne cessa de solliciter son rappel, quelquefois parles plus basses flatteries. On rapporte quele roi Jacques ayant refusé de le recevoir. Il s'en consola par cette boutade :
Si Jacques, le roi du savoir.
N'a pas trouté bon de me voir, En Toici la cause infaillible :
C'est que ratl de mon écrit, n crut que j'étois tout Mprii Et par conséquent inTisible.
Depuis deux ans déjà il était exilé.Une chance lui restait pour rentrer en France, c'était d'abjurer. Use soumità cette humiliante condition.MessieursducIergé n'étaient-ils pas bien fondés k se plaindre de l'irréligion! A la suite de son abjuration, le poëte changea de peroisse,mais Théophile resta Théophile, les eaux du baptême romain ne le régénérèrent pas. Kien de plus personnel d'ailleurs que la croyance, on ne croit que ce que l'on croit, et 11 n'est au pouvoir de personne de faire que nous croyions ce que nous ne croyons pas. Théophile reprit donc son genre de vie avec ses allures de libre penseur. De même que Rabelais, il espérait peutêtre de faire passer ses témérités sons le libertinage de la forme. Mais il n'y réussit pas ; bientôt un nouvel orage vint fondre sur lui. Le P. Garasse (Doctrine curieuse des beaux-esprits de ce temps) le dénonça comme l'auteur du Parnasse des poètes satyriques, ou Recueil de vers gaillards et satyriques de notre temps, 1622, in-8«. La pièce qui ouvrait le recueil, était en effet signée de son nom. Les PP. Voisin, Gaussin, Regnauld, Guérin, et une foule d'autres se mirent de la partie ; on se serait cm revenu aux beaux temps de la Ligue; la chaire même retentissait d'anatbèmes contre le poète que l'on proclamait «le porte-drapeau des libertins et des athécs.» «Le goût des plaisirs sensuels
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assaisonnés des licences de l'esprit avait placé Théophile, écrit M. Gérnzei (Hist. de la litt. franç.)^ à la tête d'nne ligue de jeunesse! gneurs dont les mœurs et les propos alarmaient les directeurs de la conscience royale. La Cour se partageait entre ces épicuriens... et leurs censeurs... Louis Xlll, encore adolescent, pouvait... donner gain de cause aux premiers... Il y avait rivalité d'Influence, et c'est ce qui explique Tardeur des poursuites dont Théophile fut l'objet . — Théophile avait contre lui le père Voisin pour Tintrigue, le père Garasse pour l'Injure, et comme il a été perfldementeulacéetlnjuriéàoutrancej on se prend à le plaindre, on est même tenté de l'absoudre. » Le Parlement, saisi de raflai rc, déclara, par arrêt du 1 9 août 1623, Théophile, Berlhelot etautres, criminels de lèse-majesté divine, pour avoircomposé et fait imprimer des vers impies contre l'honneur de Dieu, son Eglise et honnesteté pubiique,et les condamna à faire amende honorable devant réglise de Notre-Dame, et à être brûlés vifs (Mercure françois, T. XI.) Théophile n'avait pas attendu celte sentence, que racharnement de ses ennemis devait lui faire pressentir. Il prit la fui te. Après avoir erré de lieu en lieu, nunc latitare cogor, écrivait-il à un ami, noctua sum, Il trouva un refuge à Chantilly, sous la protection du duc de Montmorency. Mais nos bons Pères avaient l'œil sur leur proie, il leur en cuisait de n'avoir brûlé leur ennemi qu'en effigie. Ne se croyant plus en sûreté dans sa retraite, Théophile tenta de passer en Hollande; il était arrivéan Catelet, lorsque le P. Voisin réussit à le faire arrêter par un de ses affldés. Tout roiympe tressaillit de joie. Après quelques jours passés dans un cachot à St-Quentin,on l'emmena fortementllé et enchainé à Paris ; jeté dans le cachot deRavaillac à la Conciergerie, il y fut traité comme le dernier des malfaiteurs. Six longs mois se passèrent avant qu'on songeât à la révision de son procès. Mais toutes les tortures qu'il eut à endurer n'abattirent point son courage; senta-
ient même grandit pour faire face m danger, «la nécessité de se défendre, dit M. Géruzez, donna l'essor au talent de Théophile, qui écrivit du fond de sa prison, comme apologie, divers mémoires où il se montre habile dialecticien et prosateur excellent. Il enseigne aux avo* eats de son temps comment il faut discuter ; et dans une cause personnelle et pleine de difficultés. Il devance Beaumarchais par la netteté du langage, par la force des arguments, par le mélange adroit des raisons sérieuses et de la pi* quante raillerie. En sortant de prison, II lance à Balzac, qui devait au moins se taire quand il y allait de la vie et de l'honneur d'un ancien ami (l), une lettre cruelle, d'un style nerveux, et dont les traitsacérés blessent jusqu'au sang; jamais l'amitié trahie et Indignée ne s'est vengée avec plus d'amertume et d'éloquence. Ces divers morceaux, éécrits avant la mort de Malherbe et an temps même des débuts de Balzac, assignent à Théophile un rang élevé parmi nos prosateurs.» Théophile n'eut pas de peine à prouver l'Iniquité du jugement qui l'avait condamné. Bien loin d'être l'auteur ou même l'éditeur du livre incriminé, il l'avait dénoncé au pré» v6i de Paris, dès qu'il en avait eu connalssance,pour qu'il en ordonnât la suppression. Le fait était constant, et aucun des libraires qui avalent été arrêtés, ne l'avait chargé dans son interrogatoire. Les quelques pièces dont 11 se reconnaissait Tauteur, avalent donc été publiées sans son aveu. Ce procès ne dura pas moins de 18 mois, et pendant ce long temps, le malheureux poôte fat toujours traité avec la même inhumanité. Le duc de Montmorency intercéda pour lui auprès du procureur générai Mole (2), par une lettre datée de Cbao*
(1) En 1619, ils ATaient fait «nsembleleToya^ !• de Hollande, et c'eit à la soita de ce lojagt ^'il8 s'étaient brouillés.
(3) On irouTe an cabinet des Mis. de la BiU. nal.. Coll. Golbert^ T. Il, p. 69, an Projet d'iBterrogatoire rédige par MatlbieuMolé, et Inséré par M. GbampoUion-Figeac dans les Mémoires da président (T. I), où Ton loit qu'on loi faisait un crime de parler des Bieai de 1« Fable arec la li-
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lilly 1 6 août 1 623. Ala finale parlement réforma son jugement (i ^' sept. 1 625) et rempiaçala peine du bûcherpar celle du bannissement perpétuel bors de la capitale. La peine était légère. Théophile se retira àCbantilly auprèsdeson protecteur^ et bientôt même on lui permit de revenir à Paris. Hais tant et de si cruelles épreuves avaient profondément altéré sa santé; il mourut un an après avoir recouvré sa liberté^ le 25 sept. 1626^ àl'àge de 56 ans. Théophile a joui de son temps^ comme poëte, d'uncgrande réputation, a Dans ma jeunesse^ écrit S(.-Evremond^onadmiroit Théophile malgré ses irrégularités et ses négligences^ qui échappoientaupeu de délicatesse des courtisans de ce temps-là. Je l'ai vu décrié depuis par tous les versificateurs^sans aucun égard à sa belle imagination et aux grâces heureuses de son génie. )> M. Géruzez apprécie avec beaucoup de justesse le méritedu poêle. Selon lui a Théophile s'est gâté par nonchalance et par indépendance. On le regrette^ dit-il, parce que la nature, qu'il ne seconda pas, l'avait beaucoup favorisé. Il est facile de le reconnaître au tour aisé de ses poésies légères, à la clarté de son langage, au relief et à la netteté de quelques expressions. Ce qui manque, c'est le choix, c'est la connaissance du a pouvoir d'un mot mis à sa place » enseigné par Malherbe. Et cependant cette muse négligée qui refuse de se réduire «aux règles du devoir,» a encore d'heureuses rencontres. »
e«nre de Lucien ou deLacrèce. On lui reprochait aassi de n'atoir pas tonte rétérence pour les d tablée, il devait avoir dit publiquement a que c'étoit resverie et soUise de croire qu'il y eust dei diables, et que ce que Ton en disoit n'étoit que pour abuser le monde. » En rétamé, parmi quelques accttsalious sérieuses, beaucoup d'autres puériles jusqu'au ridicule. Ge n*ètait pas seulement de la publication du Parnasse des Poètes satyriqnes qu'on l'accusait, le procureur général 8em« ble même tout disposé à admettre son innocence sur ce point, mais il relève dans ses Poésies et dans sa paraphrase du Phédon de Platon une foule de passages plus dignes, selon lui, d'un paTen que d'un chrétien. DoUty lui aussi, ne fut-il pu brûlé pour avoir trop Odèlement traduit un passage grec sur l'immorUlilô de ràmc?
La reigle me desplaist, j'écris confusément ; Jamais un bon esprit ne fait rien qu'aisémeot,
disait^il. Aussi est-ce dans ces sortes de poésies légères qui Jaiilissenl sans étude, qui sont tout par le tour, par le trait, que Théophile réussit , tandis que dans la poésie lyrique, qui demande du génie, un génie ass^jettianjoug et néanmoins libre dans ses allures à force d'art, il est lourd, empesé, creux. Ses odes ne supportent plus la lecture. On n'en cite qu'une à Louis XllI pour implorer sa protection, qui ferait exception, et encore, si l'on en retranchait les deux premières strophes, ce qui resterait serait peu de chose. Toutefois malgré son tour prosaïque, Malherbe eût pu adopter la strophe suivante:
Ce grand Bien qui fit les abymei Dans le centre de l'Uni vers, Et qui les tient toujours ouverte A la punition des crimes, Yeut aussi que les innocents A l'ombre de ses bras puissants Trouvent un assuré refuge; Et ne sera point irrité Que tous tarissiet le déluge Des maux où vous m'avez jeté.
Selon nous, cette ode « tienlplnsdeTé* loquenceque de la poésie, v pour nous servir d'une heureuse expression de M. Philarète Chasles (Notice sur Théophile, Revue des deux Mondes, i 839).
11 y a beaucoup de confusion, dans nos bibliographies, au sujet des œuvres de notre poète.
1. Les Œuvres de Théophile, Paris^ Pierre Billaine, 1621, in-8«, privilège du 6 mars 1621 ; — 2« édii. Jouxte la copie, 1 626, 8«; selon d'autres, une se* conde édition aurait déjà paru en 1 622; «—5* éd. à laquelle est ajouté le Recueil de toutes les poésies faites par Théophi' le, depuis sa prison jusqu'à sa mort, Rouen, Jean de La Mare, 1629, in-s*.
Selon M. Durozoir (Biogr. univ.), cette édit. aurait paru à Rouen, en 1626, par les soins de Scudéry qui y ajouta une préface et un éloge en vers intit. le Tombeau de Théophile. D'après Bra-^ net (qui se trompe évidemment, puisque Théophile n'a été remis en liberté que sur la An de 1625), les dernières piè-
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ces de notre poêle se tronveraient déjà dans une édit. de 1 624. Peignot, dans sa bibliographie des Livres condamnés au feu^ commet aussi plusieurs inexactitudes. Barbier Indique une édit. de Rouen, 1627, in*8% qui contenait déjà les trois parties et qu'il attribue à l'abbé de Boisrobert. Les éditions se multiplièrent : la meilleure fut donnée par Scudéry qui avaiten grande vénération son ami le grand divin Théophile^ et lui vouait un culte, mais les bibliograp phes ne s'accordent pas sur l'année de cette édition; selon les uns, elle fut publiée en 1 656, selon d'autres, en 1 656, à Paris, chez Ant. Sommaville, in-i2, et même en 1668, c'est-à-dire un an après la mort de l'éditeur. L'édition que nous avons en main, est celle de Lyon, Jean Michon, 1650, in-12. Les œuvres de Théophile sont divisées en trois parties : la première, pp.280,contient l'Immortalité de l'dme, traduction libre du Pbédon, mêlée de vers, avec plusieurs autres pièces, telles que odes^ stances, élégies, sonnets, épigrammes.
La 2«,pp. 148, renferme la tragédie de Pyrame eiThUbé,en cinq actes, qui fut représentée avec succès à la Cour, et d'où Boileau a tiré ce fameux concetti, qui est à peu près tout ce que l'on a retenu de notre poëte :
Ah ! Toici le poignard qui du nng de ton nattra S'est looillé l&chement. Il en rougit, le traître!
Cette figure hardie fit sans doute fortune à l'hôtel de Rambouillet; aussi le poëte s'en affole, et elle revient encore une fois sous sa plume :
Ces jours, tristes de notre gloire.
Où le sang fit rougir la Loire Delà honte de nos combats.
« Bien que la tragédie de Pyrame, dépourvue de plan et d'intrigue, offre beaucoup de vers de cette force, dit M. Durozoir, on y trouve aussi des tirades remarquables par le pathétique et même par la grâce du style.» Enfln la 5* partie du recueil, pp. 174, contient toutes Us pièces (tant en prose qu'en vers), qu'il a faictes pendant sa prison jusques à sa mort. On y trouve en outre la Lettre contre Balsac avec
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la Solitude du sieur de St-Amant; dédié aux beaux esprits du temps; mau- Tais portrait du poète. Plusieurs des pièces de ce recueil avaient déjà para séparément.
II. Pasiphaé, tragédie revue, corrigée et embellie outre (?) les précédentes Impressions par un sien ami, avec un avis au lecteur et un argument, Paris, Claude Hulpeau, 1628, in-8«, sans privilège; Troyes, Oudot, 1651.— Théophile, d'après la Biogr. univ., aurait écrit cette pièce, en 1612, pour être représentée aux divertissements de la Cour. M. Philarète Chasles n'est pas de ce sentiment, mais une des raisons qui le portent à croire que cette pièce n'est pas de Théophile, nous semble peu concluante. La crudité des peintures uevait-elle effaroucher notre poëte dans sa Jeunesse, lorsqu'elle ne l'effarouchait pas dans l'âge mûr? Quant au tact, Il s'acquiert, le style se forme, et il est naturel que Théophile ait, comme tout autre, payé tribut à son inexpérience.
III. Nouvelles Œuvres de M. Théo-* phile, composées d'excellentes lettres latines et françaises y Paris, 1642, in- 8o; portrait de Théophile, où il est dit, par erreur, gentilh. de la chambre du roi. — Hairet qui publia cette correspondance de son ami , parle dans sa préface de diverses œuvres de Théo* phile qui se seraient perdues, et entre autres, une trad. du irMb De amicitià de Cicéron. « Ces lettres peu intéressantes sous le rapportlittéraire,dit M. Durozoir, prouvent que celui qui les écrivit, vivait avec les grands sur le pied d'une noble familiarité. » Mais elles montrent en même temps qu'il en avait accepté les mœurs.
On trouve quelques lettres de Théophile et des pièces relatives à son pr<^ ces au cabinet des HSS. de la Bibl. nation. : Fonds Colbert, N« 2, Collect.
Dupuy, N»« 5 et 95. Les lettres ont été publiées dans ses Œuvres.
VIÇOSE ( Gui de ) , baron de U Court, gentilhomme protestant du M ontalbanais, eut à souffrir de cruelles extrémités pendant les dragonnades , au
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