‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 210 sur 241 · VID · texte numérisé non relu

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rapport de Benoit. Attiré dans le même piège que le baron de Maussac (Voy. I, p. 225)9 et traité avec la même bratalité^ il se releva brusquement, se retira dans un angle du saion afin de ne pas être pris par derrière, et la main sur la garde de son épée^ il se montra si bien résolu à se défendre, qu'on n'osa pas pousser la chose plus loin.

11 finit par trouver les moyens de sortir de France. En 1718, il fut nommé un des directeurs de Tbôpital français de Londres, et quatre ans plus tard, il succéda à Jean Robethon, ancien avo* eat au parlement de Paris et conseiller privé du roi d'Angleterre, dans la place de gouverneur de cet établissement.

Gomme il fut remplacé à son tour, en 1728, par Moïse Pujolas, nous supposons qu'il mourut vers cette époque, et qu'un autre Gui de Viçûse, cité parmi les directeurs de Thépitalen 1732^ était son fils.

Gui de Viçose avait une sœur qui fut enfermée, en 1686^ dans un cou- Tent à Castel-Sarrasin; elle était alors âgée de 35 ans {Arch, gén, Tt. 322).

Treize ans plus tard, en 1 699, nne demoiselle de Viçose, âgée de 18 ans, tnX arrachée à sa famille pour être également conduite dans un couvent, oh on la retint, malgré les vives réclama* tiens de son oncle , le lieutenanl-colo« nel de Monlbartier, qui s'était pourtant converti (Ibid. M. 666). En 1752 encore, une autre demoiselle du même nom futenfermée aucouvent de Sainte* Glaire de Mautauban Ubid, E. 3513).

Depuis longtemps la famille de Vi« çose était habituée à souffrir pour sa religion; elle comptait même parmi ses membres un martyr de ses opinions religieuses et politiques. En 1628, N.

de Viçose qui avait contribué à faire déclarer Montaul)an en faveur du duc de Roban , tomba entre les mains du parlement de Toulouse, qui le fit décapiter. Cet infortuné était probablement le fils de SavignaC'Viçose, général des vivres, commissaire ordinaire des guerres, secrétaire des finances et gouverneur du château de Saint-Maf-

xent, en 1588, qui rendit à Henri IV des services en récompense desquels il fut nommé conseiller aux conseils d'Etat et privé et intendant des finances.

VIDEL (Albiandrb) , d'Embnm, docteur en médecine, abjura, en 1 670, la religion protestante dans laquelle fl avait été élevé, et publia un Traité des motifs qui ontùbUgé A, Videl d'abjurer la R. P, R. pour embrasser la fài C. il. R,y Grenoble, 1670, ln-8». Cet apostat est porté, pour une somme de 400 livres, sur la liste des penslonf payées par le clergé catholique à des convertis. II y est qualifié de ministre ; serait-ce une erreur volontaire?

Nous avons cru longtemps que Louis Videl, auteur de la Vie du connestable de Lesdiguières (Paris, 1638, in-fol.) avait professé la religion réformée; nous nous trompions. De nouvelles recherches nous ont convaincu que la France protestante n'a pas de droit sur eet écrivain vénal; elle n'y perd pas beaucoup.

VIDOUSB (JACQUfS), pasteur à Grateloup en 1 603. Déposé, on ne doqs apprend pas pour quel motif, Vldouse, qui avait alors 35 ans environ, abjura â Bordeaux entre les mains du cardinal de Sourdis, en 1608, et publia Trois arguments invincibles contre la doctrine des ministres de la R. P. R,, Paris, 1611, in-8«. Voici comment il expose lui-même ces trois arguments dans un Advis à tous lecteurs. « Ges trois conclusions, plus pesantes que trois mines de fin or, leur [aux ministres] demeurent éternellement inexpugnables sur la conscience ( s'ils en ont). La ir« : Ou que TEglIse romaine, qu'ils nomment papauté, est vrayement Eglise de Dieu, au gyron de laquelle chacun peut trouver son salut, etc. Ou bien il faut que lesdits ministres aillent bifl'er l'art. XXVIII de leur Confession de foy. Le 2* : Que tous les arguments et raisons, dont l'Eglise romaine a accoustumé de combattre les prétendus refoVraés pour les ramener à son sein, suffisent à convaincre de schisme, d'erreur et d'opi-

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niastrize lears contredizants : On bien lesdits ministres servent au diable et au mensonge quand ils employent tels arguments de vive voix contre ceux qui les quitent avec leurs erreurs. La 3* : Que le vray^ réel^ substantiel et naturel corps de nosire Seigneur J.- Gb.^ quoy qu'il ne bouge des cieux, se trouve présent^ au moyen de la foy, de Tesprit et de ia parole, en cent mille et autres cent mille lieux et endroits tous divers, distincts, séparez et escarlez de place. Comme à rebours, toutes propositions contraires ou con* tradictoires aux trois susdites conclusions, sont autant de pernicieux men* songes qui bourrelleront éternellement Tame de leurs autheurs et fauteurs. »

Vidouse parle dans cet écrit , dont le fragment ci-dessus suffira pleinement pour faire Juger la portée, d'un autre libelle qu'il avait adressé , il y avait plus d'un an, à ses anciens collègues sous le litre :Le concept des esprits reformés. Nous n'en connaissons aucuQ exemplaire.

VIENNE (Clàudb-Antoine de), baron de Clbbvànt, conseiller et grand cbambelian du roi de Navarre, naquit àMargoviile, de Claude de Vienne, premier conseiller de Charles-Quint, et de Bonne Du Chàlelet. Cet illustre sel* gneur, qui comptait parmi ses aïeux un des anciens rois de Bourgogne, s'est rendu célèbre dans nos guerres de religion, moins encore par sa naissance, ses richesses et sa valeur que par son éloquence, sa générosité et sa sagesse.

Il fut converti à la religion protestante par Villeroche, du Bordelais, que le consistoire de Lausanne avait envoyé, sur les instances d'Antoine de Saussu* re, prêcher la Réforme à Metz. Une conquête aussi importante encourageant les Protestants à agir avec moins de réserve, ils firent venir de Sainte- Marie-aux-Mines le ministre François Peintre, dit La Chapelle, et osèrent tenir, sur ia fln^d'octobre 1558, une assemblée publique dans la maison de Jean Etienne. Le gouverneur de Metz, Vieillevilie,ne put tolérer une violation

aussi flagrante de l'ordonnance de 1 5 4 3 , qui défendait à Metz tout exercice du culte protestant; il fit arrêter le pasteur avec Clervant et quelques autres, et les bannit de la ville. Peu de temps après cependant, les bannis, le ministre excepté, furent rappelés; mais Clervant, qui s'était retiré à Genève, ne rentra pas dans Metz. 11 fixa sa demeure dans sa terre de Montoy, où il fit prêcher à huis clos Pierre de Cologne, du consentement tacite do Yiellleville, qui ferma les yeux Jusqu'à ce que l'imprudence d'un apothicaire, nommé Guillaume Palisseau, le forçât à intervenir de nouveau. Palisseau fut arrêté et envoyé à Auxerre pour y être Jugé; mais on traîna son procès en longueur, et la mort de François II le rendit à la liberté.

Senneterre, successeur de Vieilleville, montra moins de tolérance; il Ût exécuter à la rigueur, en 1 559, une déclaration de François II qui bannissait de Metz tous les Protestants opiniâtres. Clervant, en particulier, reçut Tordre de ne plus tenir d'assemblée chez lut, sous peine de voir raser sa maison et procéder contre lui en toute rigueur. Il crut prudent de s'éloigner sur-le-champ et se retira à Deux-Ponts, d'où il se rendit, bientôt après^ à Strasbourg.

La mort de François II lui permit de rentrer dans sa patrie. Il ne parait pas qu'il ait pris part directement à la première guerre civile; mais dans la seconde, il amena à Condé, qu'il rejoignit à Montereau, huit enseignes de gens de pied et quatre cornettes de cavalerie, tous vieux soldats qu'il avait tirés de Metz et des environs. Dans la troisième, nous le trouvons aux côtés de La Coche à l'affaire de Neubourg ; il commandait i'enseigne des Suisses neuchàtelois (i ). Plus heureux que le capitaine dauphinois, il réussit à se frayer un passage et gagna Sainte -Marie-aux- Mines, d'où il alla rejoindre l'armée allemande. La paix conclue, il se retira

(1) D*Anbigné l'appelle Ici lefeum Glertanf, ce qui pretne qu'il n'éutt pas nées 1505, comme le dit M. Bégin.

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dans sa Icrrc de Courcellcs , oh il fll prêcher malgré la dércnse da gouverneur de Metz^ qui le condamna à hait Jours de prison. Il fallut* céder à la force ; peu de Jours après d'ailleurs , la Saint-Barthélémy força Glervant à se sauver eu Suisse^ où il avait acheté la baronnie de Coppet. Le conseil de Genève , qui lui avait accordé gratuitement les droits de bourgeoisie, le 16 avril 1 566, « attendu, lit-on dans les Registres, qu'il est grand seigneur et qu'il pourra beaucoup nous servir à l'avenir, d consentit à lui prêter Targent nécessaire pour cette acquisition; mais Glervant l'employa à un autre usage, comme nous l'apprend une lettre de Jeanne d'A lbret,ddiiée de Blois, mars 1572,011 elle prie les magistrats genevois de ne pas presser le remboursement , en ayant égard à l'emploi que Glervant avait fait de cet argent pour les besoins de la Gause {Arch, de Genève, N« 1713).

Quoique éloigné de sa patrie^ Glervant ne cessait de veiller avec une sollicitude toute paternelle sur l'église de Meiz. G'est par ses soins que l'exercice du culte protestant, interdit à Metz, fut établi^ en 1574, àBurtoncourt, flef relevant du duc de Deux-Ponts, dont il était seigneur. Le marquis de Piennes, alors gouverneur de Metz, voulut le faire cesser, et sur la réponse des Protestants que le roi de France n'avait rieo à commander en ce lieu, il envoya des soldats qui ravagèrent le village et pillèrent la maison du ministre Nicole, au risque d'allumer la guerre entre la France et l'Empire.

Glervant était alors en Allemagne , travaillant au traité qui fut signé, eo 1575, entre Condé et Alençon^ d'une part, et Jean-Gasimir, de l'autre. Il rentra en France avec Thoré, sous qui il commandait un corps de deux mille retires. Attaqué à Dormans par le duc de Guise, Thoré s'échappa avec quelques chevaux et arriva sain et sauf dans le camp du duc d'Alençon^ tandis que Glervant, abandonné parles reltresqui 86 rendirent prisonniers sans coup fé-

rir, tomba entre les mains de l'ennemi^ après avoir vaillamment combattu. Pea s*en fallut que, dans le premier momeat de fureur, les soldats catholiques. Irrités de la blessure du duc de Guise, ne Timmolassent à leur vengeanccEchappé à ce danger, il fut conduit à Paris. Henri III proposa aux chefs protestants de l'échanger contre Besme, l'assassin de Coligny; mais Glervant refusa la liberté à ce prix honteux, et le duc d'A* lençon finit par payer sa rançon.

Ginq années environ s'éconlërent sans que Glervant fût appelé à donner à la cause protestante de nouveaux gages de son dévouement. Nous ne le retrouvons qu'au mois d'avril 1581, présidant l'Assemblée politique deMontaixban, convoquée par le roi de Navarre pour aviser au ferme établissement de la paix. Elle se tint dans la maison d'^^ tier. Le Dauphiné y était représenté p^Td'Odefred, deSaine-JIfayetdeBurle; le Vlvarais et le Bas-Languedoc, par les sieurs de VacheroUes et de Trémo- 2e(,lesministres Espérandieuel deSer-^ res; l'Aunis, par un pasteur nommé de Fl(yrac,ei par La Cousture, La Rochelle avait député le ministre Du Mont et François Perrière, FigeàC^LaMeauss^, gouverneur de la ville; le Bazadois,de Gasl ou Gasc, avocat du roi à Bazas ; le Haut-Languedoc, de Vignes, avocat au parlement de Toulouse, de Roux, avocat à la cour royale de Puy-Laurens, de Causse^e-Landes, premier consol, et Floris, ministre deGastres. Las députés du Poitou étaient le ministre E&nard et Saint-Gelais, qui ne se rendit pas à son poste; ceux de l'Anjou, les ministres de Gafinièresei de ClairviUe.

L'lsle-de-France,la Picardie et la Normandie n'avaient envoyé qu'un seul député, le ministre La Tour. De Vachères y assistait seul aussi pour la Provence, ses collègues, de Malières et d'fTerhault, ne s'étant pas présentés. Con* stans, avocat au siège de Montauban, Delbosc, premier consul de Saint-Antonln, et Dovarel, consul de Réalmont, y représentaient le Quercy. Deifontmariin y siégeait pour la Bretagne, et Cou-

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lombier, ministre d'Orange^ pour le comtat Venaissin. Quelques Jours après rouvertnre de l'assemblée arrivèrent les députés du Berry ^ Sarrasin, de Sancerre, et Pierre d'Artigalois, d'Issoudun, qui furent admis malgré Tirrégularité de leurs pouvoirs ; puis ceux du Périgord, de Pontignao et La NouaiUe, enfin Desassas s'y présenta au nom de l'église de La Réole^ qui avait été détruite, et de Lescure pour le capitaine Merle, gouverneur de Monde.

L'assemblée commença ses travaux par la nomination de deux commissions, l'une, composée de Clairville, Esnard et de Gast, pour dresser la formule du serment d'union; l'autre, dans laquelle entrèrent ù'Odefred, Clairville, de Serres, de La Tour, de Gast et Constans, pour rédiger le cailler des plaintes. Elle procéda ensuite à l'élection du bureau. Clervant fut nommé président^ de Roux et de Vigries secrétaires.

Le roi de Navarre et le prince de Condé arrivèrent le 7 mai , accompagnés de ^eiifrtc/i,ambassadenr de Jean- Casimir .L'assemblée les ûtcompIimeiH terpardeGausseetClairville,àqullerol de Navarre répondit qu'il avait conclu le traité de Fleix, parce que les moyens de continuer la guerre lui avaient manqué, à cause du peu d'union des églises, et qu'en convoquant l'assemblée, 11 avait eu en vue de faciliter l'exécution du traité. L'assemblée le loua d'ar voir fait la paix, et se montra décidée à maintenir le repos public par tous les moyens en son pouvoir; mais, en même temps, elle invita le protecteur des églises à veiller à la stricte exécution du traité et surtout à l'établissement de l'exercice dans tous les lieux autorisés par les articles deFleix. Elle demanda aussi, sans doute à l'instigation de Clervant, que le bénéfice de i'édit fût étendu au pays Messin. Enfin elle exprima le vœu,remarquable selon nous, que les revenus des confréries abolies par les édits fussent employés au soulagement des pauvres et aux frais d'apprentissage de leurs enfants. Après

avoir adopté le cahier général des plaintes, revu le règlement qui déterminait les rapports des églises avec le roi de Navarre, comme leur protecteur, et instituait auprès delui un conseil nommé par les provinces, voté la formule du serment d'union et pris quelques mesures pour satisfaire aux réclamations des créanciers des églises, l'assemblée se sépara [Fonds St-iVap/oi rf , N*» 45); mais à peine une année s'était-elle écoulée que les nombreuses infractions à la paix commises parles Catholiques forcèrent le roi de Navarre à en convoquer une nouvelle à Saint-Jean-d'Angély . Elle s'ouvrit,le 20 Juin 1 682, sous la présidence de Clervant, qui venait de remplir une mission auprès du duc de Savoie. L'Isle-de-France y députade La Tour; l'Aunis,y compris La Rochelle, de Nort ei Rochelle ;\e Languedoc, de Casques et de Roux, l'Armagnac, Du Juan; le Bordelais, de Casaux et de Bordât ; le Haut-Quercy, de Viçose ; le Rouergue, de Saint^Martin; le Limousin, de La Foucaudie ; le Poitou, de Brisson ; le Berry, de Montchérie et de La Aoc^t te ; la Champagne, r^naiM; l'Apjou, La Boissinière (aliàs Brossi' nière); leDauphlné, Marquet; l'Angoumois, de Pontlevain, De Vaisse y assistaaussi comme député du synode provincial du Haut-Languedoc. Le roi de Navarre s'y rend! l, accompagné de Condé,Rohan,Clervant,Saint'Mesme,go\ïvemeur de Saint-Jean-d'Angély,Se(/ur, Ravignan, Chassincourt, Salignac ^ Plassac eiSénégas, qui furent admis avecvoix délibérative. 11 invita l'assemblée à «rechercher tous les moyens pour ung ferme establissement de la paix. »

Comme l'assemblée de Monlauban, celle de Saint-Jean-d'Angély protesta qu'elle ne négligerait rien pour la maintenir; mais, comme elle aussi, elle supplia le roi de Navarre « d'intercéder pour les églises envers le roy, à ce qu'il luy plaise pourveoir sur leurs plaintes, »

insistant plus spécialement sur ces deux points : que Henri III remboursât au comte palatin les avances qu'il avait Taltes pour la solde des rettres, et qu'il em-

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péchât le siège de Genève oo permit an moins aux Protestants français de secourir cette Tille^ si elie était attaquée par les Savoisiens. Les provinces n'ayant point encore nommé les conseillers da roi de Navarre^ elle adopta, en outre, des mesures propres à hâter et à faciliter cette élection. Elle demanda aussi la punition de ceux qui avaient surpris Périgueux en pleine paix et le rétablissement du culte protestant dans ses murs. Les flnances de la Cause appelèrent ensuite l'attention de l'assemblée. Plusieurs de ses votes sur cette matière tendirent à réprimer certains abus qui s'étaient glissés dans la répartition des deniers prélevés sur les Egli* ses ; un autre fixa à 1 200 écus le traitement de ChassincwATty qui devait rester à Paris comme député-général, a^ près avoir présenté avec Clervant à Henri III le cahier des plaintes dressé par ViçosCy Saint-Martin et Brisson, Enfin l'assemblée travailla à éteindre les divisions qui régnaient louJours,depuis la mort de Mantbrun, entre la noblesse et les églises du Dauphiné* La session fut close le 26 (Collect, Dupuy,

No 213).

Aprèsavoir rempli à Parislamission que l'assemblée lui avait confiée^ Cler^ vaut fut envoyé à Berne par le roi de Navarre pour demander du secours contre la Ligue ; mais il ne réussit pas dans sanégociation.Il était revenu en France à l'époque de la conférence de Cap-de- Joux^ à laquelle il assista. La même année, Il vint demander, au nom de son raatlre, des explications à Henri III au sujet des procédés brutaux dont il avait uséenverslareine Marguerite. En 1585, leroi deNavarrequi l'avait nommé surintendant dé ses finances avecS^.çtiret .4fornai/,renvoyade rechef à Paris pour sonder les intentions de Henri IIl,qui se contenta de répondre qu'il observerait lesédils(Fond5(/c^û/«z«,No847e.4); k son retour, il fut chargé d'une nouvelle mispion en Suisse. En 1586 (et non en 1 584) nous le trouvons à Monll>éliard,oii il présenta au baptême, le 8 fév. » Zachariê d$ Jaucùurt, avec Nù

cole de Vienne ^ femme à'Egéchiél êê Ia TrémoUle (Reg. de l'église de Jlontbéllard). C'est à son instigation qoê le comte tint le colloque auquel assista Bèze, dans le vain espoir d'opérer lafosion des deux Eglises réformées. Ea 1 587, 11 signa, comme plénipotentiaire du roi de Navarre, le traité conclu entre ce prince et Jean-Casimir, et il obtint la permission de lever en Suisse des troupes à la tête desquelles il aile rejoindre l'armée allemande à trarera l'Alsace. Nous avons raconté ailleurs comment la puissante armée commandée par le duc de Bouillon se dissipa sans avoir, pour ainsi dire, combattu.

Après la honteuse cap itulation d' Aneau, Clervant se retira dans la Bresse cbes son beau-frère, le sieur de Chàtean^ vieux, où il mourut de chagrin et da fatigues, au moisdejanvier 1588./.-/.

Boissard a composé en son honnear cette épitaphe.

Burgnndo regam tericm de stemmate dar«fls

C]aodia9 hae, hospea, eoniiniiilalar hamo. Pue boBUf, beiloqne Talent, la ntroqoe fid«lit :

Glanis con&Uio, clarui et eloqaio.

Qni patri» at prodesset, opes TitamqaeprofadU :

Hac caasM In tif îs le svpereaae ratus. GalHa ctf ilit furla dvm flagrat Enyùs,

Inqoe suam démens teslaal asque nerem : Allobrognm hasUtas trabeatoagit agmine laniiâS,

Infelii dari lemporis aoxiliain.

Qaod bnima in nibilam et plagia frigvsqae rêd«*

Infectisqne (sceluft) toiica mtila cibis. [git : Conressit Fatis magno niœrore bonoram :

Cui tumnlom et tilolog (Ide Lemanne local. Parte Rul tamen ia titit meliore soperatea,

Inler semideos Indiget asira colens, Gallia magnanimi laudes famamqQe Virana

Cantitat, et patriis cœlat in historiis. Hoc precivm est vil» sommA iniegrilttepenieto.

file premitur Virtas, non tamen opprtniiv.

Claude-AntoinedeVtenne avait épousé, en 1 5 5 3, Caf ^enn« </e Heti, qu i mourut à Metz à la fin de 1608. De ce mariage naquirent sept enfants : I^FeaUçois, dont on ne sait que ce que /.-/. Boissard nous apprend dans cette épitaphe :

Heic jarei indigna soblatos morte Tiennai Seqaaiiicis quondam regibos ortas atii.

Cui pensom glomerans felid flamine Parce, Vil quinqne exaclas nerat Olympladai.

Acceptum BJusis, et i'hœbo Paiias amicua Susripiens propriis artibns erudiit.

Perqne gradus mnoes laniM âd rtsllgta TStlt

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HUltlM : at4|M Dteli ttomM haber* dtdit. Nerriof bwie, Eburon^t potena, fortisqie 84*

Etfortanatam Belglca anaTit hamui. [camb« iBtldUllaTorf : JnTeiiemqiie Immitibai ausii

Aodaeein eorra sostnlil è nedio.

Ingemait taoto mcarent Ajiifarpia eua :

Et lacrymifocalof soif II Alensonlaf.

Ultima ad inforlai toWenint manentom» :

Et lou pUncUii trislis io arbe fuit.

Tnaaractati a SeaMi eielf ioni, gralafat Mpil-

Ib triUTi eorpos depotnere Bryga. [cbro

2^ GtDtONy (ué à la prise des faabonrgs de Paris, en 1 589 ; — 3* Alexàrdib, mort à Goppet; — 4* IsàaCi mort à DeQX*Poni8 ;«— 5« Marie, morte à Bàle^ oh sa mère s'était réftiglée pendant iee guerres de la Ligue ; — 6* Louise, qui épousa Thierry de Schomberg, tué à Ivry, puis Hermann Gboer, baron de Pescbe,et,en troisièmes noces, François de Bourzo/les, vicomte de Carlus; elle mourut veuve en l e06(Reg, de Cha* renton) ; — 7» Nicole, Temme de /oo- 9ue</aucoiirl,sieordeVillamoul,mor* is veuve et sans enfants à Metz, en i 633. VIËTE (Francis), en latin Vieta, un des pius grands mathématiciens que leEVi«8iècieaitprodoils,naquit'èFon* tenay-le-Gomte , en Pottou , en 1 540.

Après avoir terminé son droit à l'uni* versité de Poitiers , il suivit pendant quelques années (Jusqu'en 1 567) la car^ rière du barreau dans sa ville natale.

Il fut plus tard pourvu d'une charge de conseiller auprès du parlementdeBre* tagne : on l'y voit figurer le 6 avril 1574. Chassé de Rennes par nos dissensions civiles, au rapport du généa* légiste Fiileau.ilse réfugia à Beauvoirsur-Mer,auprès de Françoise de Rohan, Le 28 mars 1580, par le crédit de son parent et condisciple Barnabe Brisson et à la sollicitation du duc de Rohariy Viète fut nommé maître des requêtes ordinaire du roi Henri III. Mais il ne conserva pas longtemps cette charge.

Dans une lettre datée de Montauban, 3 mars 1585, le roi de Navarre inter* céda auprès de Henri III pour obtenir sa réintégration. « Il y a quelque temps, lui écrivail-il, qu'à la considération et prière très humble de mon oncle de Roban et de ma tante la duchesse de Lo* dunnois, sa sœur, il vous pleust accor*

der un estât de conseiller et mestre des requestes ordinaire à mons' François Vlette, de l'exercice duquel il a esté discontinué par des considérations que Tostre Majesté pourra entendre. Et d'aultant , Monseigneur, ouitre que ledict Viette est personnage très capable, je l'aytousjours connu si affectionné aux affaires de mondict oncle que je supplie très humblement Vostre dicte Majesté, que ledict Yiette soit remis à l'exercice de son dict estât, d Quelques semaines s'étaient à peine écoulées que le roi de Navarre revint encore sur sa demande, par une lettre datée de Bergerac 26 avril. Il avait à cœur d'obtenir cette réparation. Réussit-ii?ll n'est pas probable,aussi longtemps du moins que Henry III fut en tutelle.Viète se retira sans doute surles terres des Roban, ses généreux protecleurs,où il oublia fa» cilement sa disgrâce dans l'étude.Ge fut vers cette époque,au milieu de nos troubles civils, qu'il composa son fameux « ouvrage d'analyse, oii il expose pour la première fois, dit J. Fourier, une des théories les plus profondes et les plas abstraites que l'esprit humain ait inventées.» Dans sadédicace à la« trèspieuse Catherine de Parthenay, mère des Roban, » il témoigne à cette princesse sa reconnaissance des bienfaits sans nombre qu'il a reçus d'elle ; il lui rappelle qu'elle Va arraché des fers des brigands, du gouffre de l'Enfer; qu'il lui doit la vie, et s'il possède quelque chose de plus précieux que la vie, qu'tt le lui doit encore, qu'il lui doit même son amour des mathématiques, que, par ses conseils et son exemple, elle a fait nattre en lui, — « quœ in infelicissimis temporibus bénéficia in me contulisti infinité sunt. Quidenimmemorem vos ex grassatorum vinculis el faucibus Orci cripuisse me ac denique vestrà sollicitudincetmuniflcenlià toiles adjuvisse, quolics aBrumna; mcœet infortunia vos monueruntîOmninovitaro,aut, si quid mihi vltà carius est, vobis omnem dcbco : tibi aulem, ôdiva Melusinis, omne prsesertim mathematices studium,ad quod me excitavit

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tam tons in eam amor^ tum summa ar- Us illias^ etc. » Cette dédicace est datée : « E paladibus Insularuin Hontanarum^ anno — Henrici TV^ perduellionum et XptiroxTdvuv nltoris acerrimi et justissimi^ secundo (1592?). »

Ces quelques mots sont toute une profession de foi^et nous pensons que Ton a tort de ranger notre savant dans la classe des simples politiqxies. Par un édit du 24 mars 1589, Henri III avait transféré à Tours le parlement de Paris. D'après Filleau^ Yiète aurait suivi dans cette ville les membres restés ûdëles au roi. Ce fut pendant son séjour à Tours qu'il eut Toccasion de rendre à Henri IV un éminent service. DeTliou rapporte ainsi le fait dans son Histoire : Pendant les désordres de la Ligue, lo chiffre des Espagnols était composé de plus de cinq cents caractères différents, et quoique l'on eût souvent intercepté plusieurs de leurs lettres extrêmement longues^ où tous leurs desseins étaient exposés, ceux qui avaient charge de les déchiffrer n'en pouvaient Jamais venir à bout, à cause du nombre infini des marques dont ils se servaient. Mais ces lettres, par le commandement du roi, ayant été envoyées à Yiète, il les expliqua sans peine, et ensuite toutes les autres qui lui furent remises entre les mains : ce qui déconcerta tellement les Espagnols pendant deux ans et leur donna un si grand étonnement, qu'ils publièrent à Rome et partout ailleurs que le roi n'avait découvert leur chiffre que par le moyen de la magie. Le nécromant Yiète eût été brûlé à Rome.

Il rentra à Paris avec le parlement (avril 1594). Henri lY en faisait grand cas. Un jour, à la suite d'une conversation avec Tarobassadeur des Provinces-Unies, qui prétendait que la France ne possédait aucun mathématicien capable de résoudre un problème qu'A* drianusRomanus venait de jeter en déO à tous les mathématiciens de l'Europe, ce prince fit sur-le-champ appelerYiète — notre maître des requêtes avait suivi la Cour à Fontainebleau — et il l'invita à soutenir dignement l'honneur de

la France. Yiète se retira quelques instants dans une embrasure de fenêtre, et avant que le roi fût sorti de la galerie ou il se trouvait, il lui remit deux solutions écrites au crayon. «Le soir, raconte TallemanUdes-Réaux, il en envoya plusieurs à cet ambassadeur, et ajouta qu'il lui en donneroit tant qu'il lui plairoit, car c'étoit une de ces questions dont les solutions sont Infinies.

L'ambassadeur envoie ces solutions à Adrianus Romanus, qui, sur l'heure^ se prépare pour venir voir M. Yiète.

Arrivé à Paris, il trouva que M. Yiète étoit allé à Fontenay; le bon hollandois va à Fontenay. A Fontenay, on lai dit que M. Yiète est à sa maison des champs. Il l'attend quelques Jours et retourne le redemander; on lui dit qu'il étoit en ville. Il fait comme Apolles , qui tira une ligne. Il laisse une proposition; Yiète résout cette proposition. Le holiandois revient ; on la lui donne, le voilà bien étonné ; il prend son parti d'attendre Jusqu'à Theure du dîner. Le maître des requêtes revient; le hoUandols lui embrasse les genoux ; H. Yiète, tout l)onteux , le relève, lui fait un million d'amitiés; ils dînent ensemble, et après il le mène dans son cabinet.Adrianus fut six semainessans le pouvoir quitter. » Yiète ne voulut pas demeurer en reste avec lui : il le fit reconduire à ses dépens Jusqu'à U frontière. Il eût été contre tout usage que notre savant n'eût pas aussi à soutenir quelque violente dispute avec ses confrères. L'histoire fait mention de deux . Le grandScaltp^er s'était imaginé qu'il avait trouvé l'impossible et, dans l'exaltation du premier moment, il avait publié sa Cyclométrie avec grand fracas. Yiète rabattit quelque peu de sa Joie en lui faisant voir qu'il était dans l'erreur. Scaliger, indigné de recevoir la leçon d'un aussi petit personnage,le prit tout d'abord sur un ton de matamore. Yiète répliqua. La dispute s'envenimait de plus en plu8,lor8que de Thou s'interposa entre les deux combattants. J'eus beaucoup de déplaisir, écrit-il, que Scaliger eût atta-

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qné y iète avec tant d'aigreur sur le sujet des cyclomètres ; mais cet homme illustre ne connaissait pas alors le mérite de l'adTersaire qu'il combattait^ et ainsi li ne pat souffrir d'en être repris sans témoigner quelque ressentiment^n'ayant pas encore bien examiné s'il avait démontré sans paralogisme ce qu'il avait entrepris de prouver.

C'est pourquoi il corrigea plus tard sa faute^ et se rétracta avec une franchise louabie, et depuis ce temps-là il eut toujours une secrète vénération pour lui. Notre savant fut moins bien inspiré^ si l'on en croit Montucla^ dans sa critique du calendrier Grégorien. « Le célèbre M. Viète, dit ie savant historien des sciences mathématiques , fut aussi un des adversaires du calendrier Grégorien^ et il accusa Clavius d'avoir g&té le plan de Lilius. Il y a quelque chose de vrai dans cette accusation...; mais M. Viète ne touchoit pas les vrais défauts, et ceux qu'il prétendoit y relever n'ont point la réalité qu'il leur donnoit. 11 se trompa surtout dans le calendrier qu'il adressa^ en 1600, au pape Clément VII. — Nous le dirons avec regret pour la mémoire de cet homme illustre^ cet ouvrage n'est aucunement digne de lui , et son calendrier, qu'il vante comme si supérieur à celui de Clavius^ contient plusieurs absurdités. » Son ami de Thou, à qui il avait communiqué ce calendrier a^ vaut de partir pour Lyon dans l'intention de le présenter au cardinal Aldobrandini^lui déconseilla fortement cette démarche. Je prévoyais, écrit-il, que comme ceux qui ont travaillé avec tant d'ardeur pour introduire cette correction du calendrier dans les Etats des princes chrétiens, où elle n'a enfin été reçue qu'à leurs instantes prières^ ceux-là, dis-je, suivant une maxime fondamentale de leur empire, ne confessent jamais d'avoir erré^ ou de pouvoir errer, ils ne voudraient pas par conséquent admettre un changement qui ferait voir qu'ils auraient été capables de faiUir (i).

(i) Nom ralTOBB U lndaeti<md«T«issier.

Le conseil était sage; Ylète^ qui ne voyait dans cette réforme qu'une affaire de chiffires, ne le suivit pas, et il eut lieu de s'en repentir. Cela Tentralna dans une dispute avec le Jésuite Clar vins qui ne lui épargna pas les injures. L'application de Ylèta à l'étude était incroyable. De Thon raconta qu'on le vit souvent passer trois jours et trois nuits dans son cabinet sans manger et même sans dormir. Ce^ excès de travail épuisa ses focces, li mourut en 1 603 (1), dans sa 63* année, ne talssant qu'une fille, Susànnb (morte, sans avoir été mariée, en janv. 1618), de son mariage avec JuUenne Leckrc, U n'y a qu'une voix parmi les savanta pour reconnaître les inmienses progrès que Yiète a fait faire aux sciences mih thématiques. Nous empruntarons au savant Joseph Fourier (Galerie françolse) l'appréciation suivante, a L'algèbre n'était encore qu'un art ingénieux, borné à la recherche des nombres; il en montra toute l'étendue et substitua des expressions générales à des résultats particuliers. Les grandeurs, connues ou inconnnes, qui sont l'objet d'une question mathématique, ont entre elles des rapports déterminés qu'il s'agit de découvrir et de rendre présents à l'esprit. Viète, qui avait médité profondément sur la nature de l'algèbre, vit que le caractère principal do cette science consiste à énoncer ces rapporta. Newton exprima depuis ta mémepensée,lorsqu'il définit l'algèbre l'arithmétiqueuniverselle. Les premières conséquences de cette vue générale de Viète furent l'application qu'il fit lui-même de son analyse spécieuse à ta géométrie, et à la théorie des lignes courbes, due à Descartes, idée capitata et féconde, qui sert de fondement à l'ar nalyse des fonctions, et devint l'origine des plus sublimes découvertes (s).

(1) En février, d'aprèi Filleaa; en dkembis, d'après MonlncU.

(a) Celle phrase ne noni semble pas claire; en tout cas, elle pèche, ainsi que la suitante, coa- Ire les règles de la constroclion. Ce ne fat q«e bien longtemps après k mort de Viète qie Descartee établit sa Uiéorie des lignes conrbes.

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EUe donna lien de regarder Descartes oomme le premier antenr de Tapplica* tion de l'algèbre à la géométrie. Mais eette découverte appartient à Viète ; car il résolvait les questions de géométrie par l'analyse algébrique^ et déduisait des solutions les constructions géomé* triques. Ces recherches le conduisirent à la théorie des sections angulaires^ et il forma les équations générales qui ex* priment les valeurs des cordes. C'est dans cette théorie qu'il puisa l'explication inattendue de la difficulté propre au cas irréductible. Il ramena la recherche des racines aune question de géométrie^ ce que Raphaël Bombelli a- Yait déjà entrevu y et il apprit à trouver les racines dans les tables trigonométriques. On ne pouvait , dans cette question paradoxale^ rien découvrir de plus décisif et de plus clair. Viète posa aussi les fondements de la théorie des équations algébriques : car il apprit à former les coefficients des puissances successives de l'inconnu ; et il n'y a aucune propriété générale qui ne dérive de ce principe. — La résolution nunérique des équations était l'objet des recherches de tous les analystes; Viète eut sur cette grande question une pensée juste et profonde. Elle consistait à découvrir successivement les différentes parties de l'inconnu par une méthode propre^ comparable à celle que l'on soit pour l'extraction des racines. Cette mélhade eœégéiique est peu connue aujourd'hui ; on ne pourrait rendre son usage général sans recourir à la notion des fluxions des divers ordres.

Dans l'état d'imperfection où l'analyse se trouvait alors^ la règle de Viète n'avait donc que des applications très-bornées... ; mais un examen approfondi fait connattre toute l'étendue et la justesse de cette première vue. » Telles sont les découvertes de Viète ; « elles lui ont acquis dans les sciences un nom immortel^ et il sera toujours placé an rang des premiers inventeurs.» Au rapport de l'historien de Thou, Viète faisait imprimer ses ouvrages à ses frais et il en distribuait libéralement tous

les exemplaires^ soit à ses amis, toit aux savants qui s'occupaient des marnes matières ; c'est ce qui explique leur grande rareté. En 1646, François de Scbooten, professeur de mathématiques à Leyde, réimprima dans un seul volume tons ceux de ces écrits qu'il pot se procurer. Voici le titre et le contenu de ce recueil.

Francisci Vi$ta Opéra mathemati" ea in unum Volumen cangesta ao r#* co^'ta, operd atquê studio Francisci à Schooten, Leydemis maiheseoi prth fessoris, Logd. Bat., Elzev., 1646, infol., pp. 554, sans les pièces prélimin.^ très-belle édition. On y trouve : 1 . Isa» goge in artem analyticam. — S. iid logisticen speciosam Notœ jpriores, «> 3. Zeteticorum libri quinque, — 4.

De jEquationum recognitione eiemen»

datione Traciaius duo. — ft. /^ nti« merosd potestatum ad eœegesin Resolutione, — 6. Effectionum geomeiri^ carum canonica Recensio, — 7. Sup^ plementum Gêometn'œ. •— 8. Pseuda* Mesolabum et alia qucedam adjuneta capitula. — 9. Thwremata ad sectio»

nés angulares, ^10. Responsum ad ProblemOy quod omnibus MathemaU'»

cis totius orbis construendum propos suit Adrianus Romanus, —il. Apol^ lonius Ga//u6. — i 2. Variorum de r»* lus mathematicis Responsorum Hber VIII . — 13. yunimen adversùs nova Cyclometrica, — 14. Ratio Kalenda rH verè Gregoriani. — 1 5. Kalenda^ rium Gregorianum perpetuum.'-^ î 6.

Adversùs Christophorum CtaviumEx* postulatio. — On n'y trouve pasle re* cueil de Tables trigonométriques que Viète publia sons ce titre : Canon ma* thcmaticus seu ad triangula cum ap* pendicibusy item , Canon trianguto' rum laterum rationalium ; unà cum universalium inspectionum ad cano* nem mathematicum libre singulari, Lut.-Paris., ap.Joann. Mettayer,l579, gr. in-fol. « Il faut convenir, écrit Montucla, qu'à l'exception de ce qui a trait à la géométrie ancienne, le reste est aujourd'hui presque illislble,tant le style analytique a changé et tant ViMe,

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trop familiarisé âveo le grée, y aYoil Introduit de dénominations nouveiiee^ qni n'ont pas été adoptées. Parmi ceia de géométrie ancienne , on y lit son Apollonius Galluâ, seu Apollonii Créa* me tria de Tactionibus restitula, qui est on modèie exqnis d'élégance géométrique. On y trouve aussi une par»

tie intit. Besponsorum mathematico' rum liber VIII, qui fait regretter, par ee qu'il contient, que les autres soient perdus. » De Thon nous apprend que Yiëte, à sa mort, laissa beaucoup da manuscrits que ses héritiers confièrent à Pierre Aleaume (1 ), d'Orléans, «dont il se servait pour l'exécution de ses dessins. D C'est dans ce trésor, ajoute i'btstorien, qu'Aleaume, Alexandre Andersen, écossais, et d'autres, ont puisé beaucoup de traités qu'ils ont publiés^ et qui excitent l'admiration de tous ceux qui s'intéressent aux mathématiques. Enfin, dans ses Eloges des mathématiciens, Yossius cite de notre savant^ d'après hmaifl Boulliau (Prolég.

de l'Astronomie de Philolaûs) un HoT' monicon cœleste. Ce traité aurait été dérobé au P. Merscnne, à qui Pierre Dupuy l'avait prêté. On tronve des lettres de Vlète dans le recueil des lettres deJ.Csitelius, impr.àFrancf.enl687.

VIEU (Pibrbb), ministre des Bordes dans le Haut-Languedoc, passa dans le Brandebourg , à la révocation et fût donné pour pasteur à la colonie de Buchholtz. Appelé, en 1 689,à Spandaa, il fut remplacée Buchholtz par La Char» Hère, le plus inconstant des ministres, qui permuta six foisen moins de quinze ans, et par Bonafons, Vieu publia à Berlin, en 1 695, un poème sur le bonheur dont les Réfugiés Jouissaient dans le Brandebourg; mais le consitoire condamna son œuvre comme satirique el indécente.

VlEUSSECX (Gaspard), descendant de Pierre Vieusseux, marchand drapier de Saint-Antonin, qui avait été

(f) Jaeqvêê Àteaumêf ntUf d'Orlétot, iigè- Qitar ordinaire da roi, logé dans les galeries da LoavTe, était probablement son flls. Il fat enterré n ehnetièr* de GbarenUm, le 8 od. i6i7.

reçu bourgeois de Gmiève le 20 dée.

1702, naquit dans cette ville en 1746, et prit à Leyde, en 1766, le grade da docteur en médecine. Il mourut à Genève, le 20 oct. 1814, après avoir publié:

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