N» LXXVIII
Trois ans auparavant, Nicolas Vignier avait été député par le Berry à l'Assemblée politique de Grenoble^ qui le nomma membre de la commission chargée d'examiner les propositions do Condé(roy. IX, p. 102). Ces preuves réitérées d'estime et de confiance prouvent lecas que ses coreligionnaires faisaient de lui. Peu de pasteurs, en eflét, s'acquittaient avec plus de zèledelears fonctions, et aucun ne se montrait un champion plus énergique de l'Eglise protestante ; aussi était-il fort mal vu du gouvernement. Tous ses écrits nous le présentent comme un ennemi ardent, violent même, de l'Eglise romaine; mais cela n'a pas empêché quelques écrivains, Nicéron entre autres, d'affirmer qu'il abjurasa religion après 1 051 . Pour réfuter cette calomnie , nous fc-
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roDS observer que ni Bemier^djms son Hist. de Blois^ pabi. en 1682, ni dom Liron y dans sa Bibliotli. chartraina, imp.en I7i9, ne parlent de celte prétendue abjuration, qu'ils n'auraient assurément pas passée sous silence. On ne trouve, non pins, le nom de Nicolas VN gnier sur aucune des listes d'apostats dressées par les Synodes nationaux.
Ces preuves suffiront à tout homme de bonne foi ; cependant, pour convaincra les esprits les plus rebelles, nous citerons encore les actes du synode pro« vincial tenu à Mer, le 3 juin 1 638, qu'il présida (l),et ceux du synode de Mer, l«rmai 1643, auquel il assista encore comme pasteurde Blois(Fon'/«S.G«rm« franc, 914. 16). Qu'on n'objecte pas qu'il s'agit ici de son fils Nicolas, qui fit ses études en théologie à Genève, où il fut immatriculé en I6i9,etqui des* servit aussi l'église de Blois; car il é* tait mort depuis longtemps, comme nous l'apprend M. Cadier, pasteur à Blois, dans sa Lettre à son troupeau (Paris, 1 853, in- 1 2); Il atteignit à peine l'âge de 24 ans.
On ne connaît pas la date de la mort de Nicolas Vignier père. Il avait é* poosé Olympe Belon (2), dont il eut^ entre autres enfants, trois fils, nommés Nicolas , Jérôme et Benjamin. Nous avons déjà parlé du premier, dont on a deux recueils de sermons imp. avee ceux de son père. Jérôme, né à Blois,
(1) La eommifMlre royal fut Dei Esiartt, T Mfistèrent : GhâlilloB-sur-LoiDg:,J Guérin^mSn,, Françoiê Bêrtranà^ lieurde Cbaamont, aoc.;L* Gbarilè. /. Ttiby^ min.; RomoraoUo, J. Brun, min,, Gabriel Marchandf anc; Argenlon, EU$ Péju; Marchenoire, Pierre ie Beaume^ anc; BoBdaroy, L. 7A«yMrf, min., Lancelot Du Plei» êii, anc; Dangeau, /. AUix, min., Cedeon Potrier^ anc ; Orléans, /.-/. Durand, min., Gillei C^yer, fient dM Bordes, anc; Blois, Vt^iiMr, »ln., Htnri Papin, anc; Ghâteaadon, CyrM Du Moulin, min., Elie Du Boit, sieur de Sene« Itères, anc; Mer, D. Jurieu, min., Tim. Bai" pioux et GilUe Rou, anc; Aobusson, /. Bon* nenu, nln.; Issondnn, René Bédé, min.; Blei, Daniel Arrab^, anc; Batocbes ei SanchefUle, Philippe Cakouetf anc; Sancerre, David de La Doyr, anc Jacob Brun (ot éla Tice-présideiity Jean Taby ei Baignons, secrétaires.
(S) Elle était fille, selon Nicéron, de H. Bo* Ion , antenr, dit-il , do Trùor de lame ehré' tienne f el de Roberte Mougne,
en 1606, étudia le droit et prit ses licences à l'âge de 1 6 ans. Quelques années après, son père lui acheta la charge de bailli de Beaugency. S'il faut en croire Bernier et dom Liron, il s'était dès lors converti, mais son directeur lui avait permis de cacher son chan^ gement de religion. L'apostat poussa la dissimulation jusqu'à ses demièree limites. En 1627, il accepta les fonctions de commissaire du roi au synode tenu à Chàtillon-sur-Loing, et l'on sait que ces fonctions n'étaient alors exercées que par des Protestants. 11 joua donc dans ce cas le rôle le plus vil, celui d'espion. Le procès-verbal qu'il envoya à la Cour se conserve. Fonds de Brienne, N«2l 7. L'année suivante, son père désirant le marier à une demoiselle protestante, il n'hésita pas à engager sa foi, et ce fut au dernier mo* ment seulement, la veille du Jour ob leur union devait être bénie, qu'il retira sa parole, se déclara catholique et se jeta dans un couvent de Chartreui, qu'il quitta bientôt pour entrer ches les Pères de TOraloire. Il mourut en 1 661^ laissant la réputation d'un savant antiquaire et d'un bon généalogiste. 11 n'a» vait rien négligé pendant sa vie pour décider sa famille à suivre son exemple; mais, dit Bernier, « Dieu ne lui accorda qu'une de ces âmes pour lesquelles il faisoit tant de vœax. » « Il travailla beaucoup pour la conversion de ses proches, dit aussi dom Liron; mais Dieu ne lui en accorSa qu'un. »
Or, comme par son testament, il institua son frère unique Benjamin pour son héritier universel, ne léguant que sa confession de foi « à ceux de sa famille qui demeuroient dans Texerciee de la R. P. R. », il est évident pour nous que celui de ses proches qui se laissa séduire fut son frère Benjamin^ el non pas son père.
Il nous reste à donner la liste des ouvrages de Nicolas Vignier, pasteur à Blois.
I. Cantiques sur la naissance et paS' sion de Notre Seigneur, Leyde^l699^ in-d».
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II. Diss. de Venetorum excommu^ fiicatione contra Baronium , Salm.^ 1606^ in*8«; Francof.^ 1607^ in-4*; trad. en angl., Lond.^ 1607^ in-io. — Drolesqne et plaisante^ mais bien falte^ dit L'Etoile.
m. Traicté de la vraye participation du corps et dusangdeJ.'Ch.y avec une homélie de la disposition que le chres» tien doit avoir pour se préparer à la taincte Cène, Gen., 1607, in-8». — Le capocinSylvestrede Laval attaqua avec violence cet écrit.
IV. Examen des erreurs avancées en quelques propositions et écrits par F, Sylvestre. Avec le Discours de ce qui s'est passé sur le défi faict par tcetuy au ministre, Saamar^ 1 607^ in-4<'.
V. Confirmation de la doctrine de la vraie participation du corps et du sang de N. S. J.'Ch, contre la prétendue correction de Sylvestre Du Val, prédi* cateur capucin, Saumnr^ Tli. Portau, i608Jn-l2.
VL Théâtre de l'Ante-Christ, 1610, in-fol.; Gen., 1615, in-S». —Ce livre fut composé par Vlgnier à la demande dn Synode national de La Rochelle^ et présenté par Ini au Synode de Saint* Maixent, qui en renvoyarexamenàrAcadémie de Saumur. Dès son apparition, il Ot beaucoup de bruit. Le roi en ordonna la suppression. D'un autre côté, le Synode de Privas accorda à l'auteur une somme de 2200 francs dans le double but de le récompenser de son travail et de lui rembourser les frais de l'impression (i).
VIL Apologie catholique de la doc»
trine des Eglises réformées contre un écrit du P. Coton [l'Abrégé des controverses], Saumur, 1617, in-8*.
VIII. Traicté des quatre propriétés, une, saincte, cathoÙque, apostolique, attribuées à l'Eglise, Charent., 1618, in-8«. — Contre Daniel Molard,
(1) Cette brûlante qnestion de l'AntechrisI é- Uil à Tordre du jour el y resta longiompa. Moui atons déjà meDiionoé bien des écrits sur celte matière; ajoutons-y encore un traité présenté par Barré f docteur en droit civil et avocat à Montélimart, au Synodo national de Castres, ^ai l'approuva. Noos ne satoni s'il fut imprime.
IX. Thèses LXll de satisfactione Christi, Leidœ, 1 622. — Peut-être un ouvrage du fils.