‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 236 sur 241 · WOL · texte numérisé non relu

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bllotb. de Gesner, dont Simler a donné nne édit. fortaagm. (Tigar.,i555^infol.)) encore améliorée par Frisias.

III. Juin Obsequeniis prodigiorum liber integritati auœ reslitutus, PolydoriVergiliide prodigiis îibri IILJoach, Camerariï de ostentis lib. //, Basil.^ 1552^in-8«; Lugd.^1555, in-12; 1 589, in-S»; Amst., 1679, in-8o;Lugd. Bat., 1 720, in-80.

IV. /. Ravisii Textoris offlctnaernendata, aucta et in longé commodiorem ordinemredacta, Basil., 1552; 1555, in-4».

V. Gnomologia eœJEneœSylvii operibuscoUecta, Basil. 1 555; 1571, in-é».

— Nicéron en cite nne édit. de Bàle, 1551, in-fol.

VI. Apophthegmatumsive respons(h rum memorabilium loci communes ad ordin, alphabet, redacti, Basil., 1 555, in-fol.;Liigd.,1561;1571;1584;159l; 1602, in-8o; Lond., 1594, ln-8«; Colon., 1603, in-8«; Gen., 1613, in-16; réimp. aussi avec le suivant.*— Extraits de 1 30 auteurs grecs et latins.

VU. Parabolœ seu similitudines ex Afistotele, Plutarcho, Senecâ et aUis autoribus ab Erasmo collectœ, nunc in locos communes redactœ, Bemae, 1 557, in-4(>; réimp. sous ce titre : Similium loci communes cum Zwingeri similitudinum méthode, Basil., 1 575; 1 595; 1602, in-8«; avec le N» VI, Lugd., 1614, in-80.

VIII. Prodigiorum et ostentorum chronicon, Basil., 1557, in-fol.; trad.

en allem., Basil., 1557, in-fol.; réimp.

dans le Chronicon Ghronic. de Gualterus (Francof., 1614, jn-8«),

L\. Epitome S/o6cp» sententiarum sive locorum communium ex grœcis autoribus, Basil., 1557, in-8o.

X. L, Domitii Brusonii Contursini facetiarum eœemplorumque Iibri VI F j Basil., 1 559, in-40; Lugd.,1 560, in-80; 1 562, in-4«».

XI. Christerdich GsangbUch, darinn der ganz Psalter Davids, in mancher* ley weyss gestelt^ sampt aller Psalmen innhalt Begriffen tvirt, Yetz neUwlich durch C. Wolffhart, diener der Kw^

ehen zuBastl in 7Vuc&^«&dn,Zurycb,

XII. Régula investi gationis omnium locorum in Tabula Uelvetiœ contento^ rum cum indice alphabetico, Basil.,

1560, in-40.

XIII. Theatri vitœhumanœ ferrago infinita, Basil., 1565, in-fol.— Lycosthènes travaillait depuis de longues années à cet ouvrage, lorsqu'il mourut, laissant à Th. Zwinger le soin de l'achever. La Sorbonne le condamna en

Herzog et Leu ajoutent à cette liste:

De repûblicd Hubeacensium ; Annotationes in Justinum, Valer. Maximum et Fenestellam; Liber de mulierum prœclaris dictis et faciis; Libellus de prisds Bomanorum legibus; Virtutum vitiorumque memorabilia exempta; Calendarium historicum, qui, à en juger par une phrase assez obscure d'Adelung, auraient été impr. avec le N« IX. Leu mentionne encore Liber de si* milibus factis, casibus et eventù, sans autre indication. Enfin Lycostbènes a mis xme Préface (sur l'utilité descartes géographiques) et des Index à ledit, de la Géographie de Ptolémée publiée à Bàle, 1552.

WtJRM (Matthias), coseignenr de Geudertheiro, flls d'un secrétaire des empereurs Frédéric et Maximilien,qui 8'était retiré à Strasbourg, où il avait acquis les droits de bourgeoisie en fl 492. On ne sait rien de la jeunesse de Wurm, qui n'est connu que par quelques pamphlets, où il défendit avec éncrgie les doctrines de la Réforme. Un procès qu'il eut à soutenir contre une communauté religieuse et qui lui attira une sentence d'excommunication, lui mit la plume à la main en 1522. Sous le titre : Balaams Eselin, Von dem Bann : das er umb geltschuld und an* dre geringe Saciten, nit mag christlich gefellt werden, Und das aller geistli»

cher Stand schuldig ist, der weltlichen Oberkeit zu gehorsamen, obsie Christen wôllen sein, il publia contre l'abus de Texconmiunication un opuscule qui prouve CQmbien la lecture de la Bible

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lui était familière, et qui eut en peu de temps deux ou trois éditions, in-4«.

L'année suivante, Wurm fit un pas de plus. Dans l'espoir de décider sa sœur à sortir du couvent où il l'avait fait entrer lui-même avant sa conversion, il lui adressa Ain christlich Schreiben, in-4°, où il essayadela convaincre, par l'aulorité de l'Ecriture, de la nullitédes vœux monastiques, et cette première tentative n'ayant pas eu le résultat qu'il en attendait, il la renouvela, la même année, mais sans plus de succès, en lui envoyant un exemplaire d'un nouveau pamphlet, intitulé Trost Clostergefangêner, 1 525, in-i», où il attaquait à la fois le célibat des prêtres et l'adoration des Saints. Cependant le curé de Geudertheim ayant, par ordre de l'évêque, lancé contre lui la sentence d'excommunication prononcée par l'official, Wurm irrité lui défendit la chaire et^ pour exposer les motifs de sa conduite^ il publia Warhafftig Verantwortung M. Wurmen von Geydertheym gegen den vyurdigen und gelerten HerrnJakob Komkauf, Pfarrherrn zu Geyder-' Iheim, 1523, in-i». Le curé ne se tint pas pour battu, il continua ses attaques contre Wurm qui opposa successivement à ses accusations d'hérésie :

Christlicher Berivht und Vermanung,

1524, in-4S où il prouva que l'Eglise protestante est fondée sur la Parole de Dieu; — Christenlich kurtz Vermanung, i 524, in-4°, où il combattit, en s'appuyant sur la Bible, les Jeûnes, les fêtes, la confession, la hiérarchie, les images, l'intercession des Saints et autres doctrines de l'Eglise tomaine; — Jhesus. Usslegung der GeschriftS.JacobiJI, 14-26, 1524, in-4», OÙ il défendit la nécessité et l'efficacité de la grâce; — enfln Verantwortung uffdas, dass der iviirdig Kornkauff gesagt hat : Gott môg ein Menschen nit selig machen, er wôll dann auch selbs,

1 525, in-4«.

Voilà tout ce que Ton sait de la vie de ce zélé champion de la Réforme. On neconnalt même pas Tannée de sa mort.

Sa famille s'éteignit en 1558.

WDRTEMBERG-MONTBÉ- LIARD (Maison de). Famille souveraine issue deGeorges de Wurtemberg, qui obtint de son neveu Christophe, duc de Wurtemberg, par le traité de Stultgard, signé le 4 mai 1 555, la cession de tous ses droits sur le comté de Montbéliard (l), ainsi que sur les six seigneuries deBlamont, Horbonrg,Riquewihr,Granges,Clervalet Passavant.

Du comté dépendaient encore les trois seigneuries d'Héricourt, daChàtelol et de Clément, qui forent acquises, en 1506, par le duc Ulric, mais qui n'y furent réunies qu'en 1561.

A la date de cette cession^ la Réforme avait triomphé dans le comté, où elle avait trouvé de bonne heure des sectateurs et s'était propagée sous la protection du duc Ulric, qui, chassé de son duché par la ligue de Soaabe, s'était retiré, à la fin de 1 51 9, à Montbéliard, et y avait accueilli avec bienveillance Guillaume Farel (Voy. V, p. 61). Quelque temps après^en 1526, tout occupé du projet de recouvrer le Wiirtemberg, avec le secours du roi de France, Ulric avait cédé le comté de Montbéliard à son frère Georges, qui ne s'était pas encore déclaré pour la Réforme, mais qui ne tarda pas à devenir un de ses plus zélés partisans.

Eu 1 535, Georges rendit le comté à son frère, qui le vendit, l'année suivante, à François l^cpour la somme de 1 20,000 couronnes, sons la réserve de rachat. Cette somme lui permit de lever un corps de troupes et de se remettre en possession de son héritage. Son duché reconquis, il se hâta, le 26 avril 1555, d'user de son droit de rachat, et confia de nouveau l'administration du comté à son frère Georges^ qui faisait, depuis trois ou quatre ans, profession du protestantisme et qui appela à Montbéliard Pierre Toussaint (Voy. ce nom) .

Dès lors l'œuvre de la réformation marcha si rapidement que la messe fut aboli) Ce comté «Tait ptssé dans la maison de Wurtemberg, à la fin da xv« siècle, ft le mariage de Henrielte, comtesse de Mootbelitrd, atec ElMriiard le jevae, conte de WOrtemberf .

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lie dès le i 7 noT. 1 538; mais lamésintelligence qui éclata y quelques années après , entre les deux frères^ menaça d 'en arrêter les progrès. Le comte Georges^ quoiqu'il eût signé par nécessité la Con« corde de Wittenberg^ était sincèrement attaché aux opinions des Sacramentaires. Le jeune duc Christophe^ à qui Ulric confia, en 1 542, Tadministration du pays, adhérait, au contraire^ fermement à la Confession d'Augsbourg, et voulut soumettre les pasteurs du comté^ presque tous seclateurs des doctrines calvinistes, à l'ordonnance ecclésiastique du Wurtemberg. Il rencontra une forte opposition {Vay. TOUSSAINT); de là des querelles , que le règlement du 29 nov. 1 545, donné par le duc Ulric, apaisa heureusement. A peine rétablie, la paix fut de nouveau troublée par l'Intérim. Dans cette circonstance, Christophe montra un véritable attachement à la religion protestante. Malgré les ordres de son père et les menaces de Charles-Quint, il ne voulut point prêter son concours à l'établissemenl du formulaire dans le comté, et même avant la signature du traité de Paasau, il s'empressa de l'abolir, à la suite d'une enquête, qui fut faite par le procureur général, et qui révéla des faits peu honorables pour le clergé catholique.

Devenu duc de Wurtemberg par la mort de son père Ulric, décédé à Tubingue le 6 nov. 1550, Christophe céda à son oncle Georges, en toute souveraineté, le comté de Honlbéliard et les seigneuries qui en dépendaient. Né en 1498 du comte Henri et d'Eve de Salm, Georges comptait déjà 55 ans.

Il établit sa résidence à Montbéliard.

Protecteur éclairé des lettres, il fit achever l'école latine commencée parle due Christophe en 1547^ fonda la bibliothèque publique vers 1 554, et légua au séminaire de Tubingue, par un codlcile du 4 avril 1 557, une somme de 10,000 florins destinée à l'entretien de dix jeunes gens de ses États qui se consacreraient au ministère. Ces fondations ne méritent que des éloges;

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mais on n'approuvera pas la rigueur des mesures que le comte prit pour faire disparaître de ses Etats les dernières traces du catholicisme.

Georges mourut à Deux-Ponts, le 1 7 juill. 1558, laissant son fils unique Frédébic, encore au berceau, sous la tutelle de Christophe, duc de Wurtemberg, son neveu, de Wolfgang, duc de Deux-Ponts, son beau-frère, et de Philippe, comte de Hanau-Lichtenberg.

Zélés partisans de la Confession d'Augsbourg, ces princes voulurent l'introduire dans les États de leur pupille; mais ils rencontrèrent une résistance d'autant plus vive, qu'an grand nombre de calvinistes français avaient cherché un asile à Montbéliard, en sorte qu'ils se virent forcés, pour calmer une dangereuse efTervesccnce, de suspendre l'exécution de leur projet. Ils se bornèrent à défendre, en 1562, la profession pubiiquedu calvinisme et à destituer cinq pasteurs réfugiés, Matthieu Watelet, deGuise, Benoit Pa5ca/,d'Auvergne, Jean Biney, Renaud Angon, de Lyon, et Jean Tiersaut, de Mcaux, qui refusèrent d'adhérer purement et simplement à la doctrine luthérienne.

La paix se rétablit dans l'église pour un peu de temps. Le fanatisme de Henri EfTerhen, successeur de Toussaint dans la place de surintendant, renouvela les disputes, et la situation se compliqua par la demande que Charles IX adressa à la régence afin d'obtenir l'extradition des malheureux protestants qui s'étaient sauvés à Montbéliard après la Saint-Barthélemy. Sourds à la voix de l'humanité, les princes curateurs ordonnèrent l'expulsion de tous les réfugiés. Un très-petit nombre obtinrent la permission de rester en se faisant recevoir bourgeois.

La Formule de Concorde jeta un nouveau ferment de discorde dans le comte. Non-seulement plusieurs pasteurs refusèrent de la signer, mais le magistrat, composé des IX bourgeois jurés, des XVIII et des Notables, déclara nettement « que la ville n'approuverait et ne recevrait jamais le livre dernière'

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ment signé par la plupart des ministres du comté et des seigneuries^ qu'elle ne voulait ni n'entendait non plus oon* damner aucune église réformée^ quelque part qu'elle pût être. » Le comte Frédéric, loin d'adopter ces sages principes de tolérance, sévit contre les récalcitrants, et provoqua ainsi une fer* mentation si violente que,ne se croyant plus en sûreté dans son château, il jugea prudent de sortir secrètement de la ville. Dans Tespoir de mettre un terme à ces tristes divisions, Clervant conseilla au jeune prince de tenir un colloque^ où des théologiens des deux commu* nions discuteraient les points controversés (Voy, BÈZE). Ce colloque s'ouvrit le 21 mars 1586; mais il n'eut d'autre résultat que de rendre les réfugiés plus exigeants et le comte plus sévère. Il publia sa propre confession de foi, le 22 déc. et la fit signer par tous les employés et tous les ministres. Le magistrat refusa d'y souscrire, «ne voulant se mêler de nouvelles disputes qui sont sans fln et sans mesure, » et fut cassé, le 7 mai 1 587. Ce coup d'État ne rétablit point la tranquillité. 11 est vrai que tant que le comté fut au pouvoir des Lorrains qui y commirent d'borribles ravages (Voy. II, p. 92), le comte, qui s'était prudemment retiré avec sa famille en Allemagne, no songea pas à inquiéter les Calvinistes; mai s,dèsrannéesuivante,ii recommença à les persécuter, frappant d'amendes et même de bannissement ceux qui refusaient de croire à la consubstantiation luthérienne. Contradiction étrange ! Dans le temps même qu'il se montrait hostile à ce point à l'égard des Réfugiés, il soutenait de tout son pouvoir les Huguenots de France, intercédait pour eux auprès de Henri lU, au nom des princes protestants d'Allemagne, et prêtait au roi de Navarre des sommes considérables, en garantie desquelles ce prince lui vendit, sous condition de rachat, ses possessions des Pays-Bas.

Au retour d'un voyage qu'il fit, en i 593^ en Angleterre peur solliciter de

la reine Elisabeth les insignes de Vor^ dre delà Jarretière, le comte Frédérie apprit la mort de son cousin» le due Louis de Wurtemberg, et il partit Uh continent pour prendre possession de ses Etats, eomme son plus proche bérilier. Dès lors, il ne résida plus à Monlbéliard; mais il visita plusieure fois cette ville, qui lui doit TéUblissement d'un jardin botanique (^oy, U> p. 39) et la construction de son temple principal, celui de Saint-MarUn. U mourut au mois de Janvier leoft, laissant la réputation d'un prince pieux et ami des lettres, mais d'an despote, 11 avait épousé Sybille d'Anhalt, dont il avait cinq fils : !• JKÀM-FiLt»&- RiG, duc de \Vurtemberg, qui fonda le branche de Wùrtemberg-Stuttgard;-— 2° Loui8-FRfin(RiG, comte de M onibÀliard, qui suit;— 30 Jules-FiéhériCj souche de la branche d'OEls, mori en 1635; -^ 40 Frédéric-Achille, mort sans enfant mâle, en 1631, de qui l'on a ConsuUatio (kprincipatu tnler proinncios furopcs, 1613, in-4o« «.

5» Màghus, tué, en 1 622, k la bai«a\le de Wimpfen.

Le comté de Montbéliard resta réupi auduchédeWûrtembergJusqu'enl 617.

Par le traité dit des cinq frères, conclu le 28 mai de cette année, il fat oé^ dé en toute souveraineté, sous la clauM de retour, à défaut d'enfants mâles» en faveur de la branohe de Wùrtemberii;- Stuttgard, au prince Louis-Frédéric, né le 29 janv. 1 586. Le nouveau comte rétablit entièrement la paix dans les églises du comté par son administration douce et paternelle; il rnoorut le 6 janv. 1631, après avoir été marié deux fois, en premières noces (i€Li7), avec EUsabeth de Ue^e^ et en secondes (1625), avec AnM^EUonoTê de Nmsau. 11 eut deux fils, LtOFOLD-Fai- DÉRic, qui suit, et GrorgkSji dont nous parlerons après son frère.

1. Né le 30 mai 1624, Léopold- Frédéric succéda à son père au milieu des horreurs de la guerre de Trente ans.

Dès la fin de déc, 1629, les Impériaux avaieAt pris l0arsquerUeri4'U^rer dans

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le comté et y avaient levé de fortes contributiODS.Aux Impériaux succédèrent, en 1635^ les Lorrains elles Espagnols, qui commirent de nouvelles déprédations. Hors d'état de défendre les Étals de leur pupille, le duc de Wurtemberg, Jules-Frédéric, et celui de Hesse-Darmstadt, Georges, implorèrent Tappui du roi de France, qui mit garnison dans Montbéliard sous les ordres du marquis de Bourbonne, le 21 sept. 1633.

Le 23 mars 1633, le marquis de La Force entra dans le comté à la tète de quelques mille hommes et remplaça Bourbonne par le comte de La Suse (Yoy. III, p. 326], à qui succéda, en 1 636, le comte de Grancey, depuis maréchal de France. Ravagé tour à tour par les deux partis, dépeuplé par la disette et la peste, le pays, à Texceplion des villes murées, ne présentait plus qu'un vaste champ de carnage et de dévastation, lorsque les traités de Westphalie (1648) terminèrent enfin celte horrible guerre. Un article spécial remit la maison de Wùrtemberg-Monlbéliard en possession du comté et de ses dépendances ; cependant ce ne fut que deux ans plus tard, le 21 juillet 1650, que les Français évacuèrent le pays.

Léopold-Frédéric mourut d'apoplexie, le 15 juin 1662. Gomme il n'avait point d'enfant mâle de sa femme Sybille de Wurtemberg, qu'il avait épousée en 1647, sa succession passa à son frère consanguin Georges, né le 5 oct. 1 626. II. Le duc Georges, lit-on dans le Précis delà réformation dans le comléde Hontbéliard, était un prince d'un caractère bixarre, mais sévère observateur de tousses devoirs religieux et animé de Tamour du bien. Il avait reçu une partie de son éducation en France et avait même soutenu avec succès des thèsea en Sorbonne. Versé dans la langue latine, admirateur de Tacite qu'il savait par cœur et qu'il commenta plus tard, lecteur infatigable de la Bible, partisan enthousiaste de la philosophie de Descartes, il a laissé, sur la philosophie et la théologie, im grand nombre de dUeortalions mannscritesy et on Jowr»

ruU curieux, qui embrasse une période de dix annéesde sa vie privée, depuis 1662, sans parler de deux ouvrages, pleins de rêveries apocalyptiques, qui ont été imp. sous ces titres : Traité de la Bible close et d'Elie qui la doit ouvnV, Monlb., 1667, in-4», pp. ll2,et Sur la manière de comprendre la Bible, 1671, in-1 2, en allem. Ce prince lettré réalisa un projet de son aïeul Frédéric, en dotant Montbéliard d'un collège. Cet établissement d^instruction supérieure, où l'on enseignaitlathéologie,les sciences politiques, le droit, la philosophie, les mathématiques, la médecine, fut solennellement inauguré, le 30 juin 1670; mais il n'eut qu'une existence éphémère. Six ans plus tard,lorsque Louis XIY, violant la neutralité que le duc Georges voulaitgarder etqui était reconnue par les puissances belligérantes, Ût occuper Montbéliard par Luxembourg, professeurs et élèves furent expulsés du collège et remplacés par des capucins !

Justement indigné de la mauvaise foi du général français, qui s'était emparé de Montbéliard par un stratagème déloyal, le prince se retira à Bàle avec sa famille, puis à QEls,et ne rentra dans sa ville qu'après la conclusion de la paix de Nimègue ( 1 679),quilui restitua son comté et ses dépendances en toute souveraineté. Malgré cette clause formelle, Louis XIV continua à occuper les quatre seigneuries, et non content de cette usurpation, il fit casser par son conseil d'Etat, le 5 fév. 1680, un arrêt du parlement de Grenoble, rendu le 1 5 juin. 1614, qui avait reconnu l'autonomie du comté de Montbéliard et des quatre seigneuries d'Héricourt, Blamont. Clément et Cbàtelot, contrairement aux prétentions du roi d'Espagne, alors souverain de la Franche-Comté.

Le parlement de Besançon, à qui la décision de la cause fui renvoyée par le conseil d'Etat, rendit,le 31 août 1 680, un arrêt qui déclara le comté de Montbéliard fief de celui de Bourgogne et ordonna au duc Georgefl d'en faire les foi et hommage dans le terme de six semalne8^90oapeine(taQ<WAi4e. Uda^

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ne voulant point se soumettre à cette spoliation, se retira en Allemagne^ et Louis XIV envoya à Montbéliard, au mois d'octobre^ deux commissaires, qui forcèrent les habitants à lui prêter serment de fidélité. Le roi de France agit dès lors en souverain dans le comté.

Sans être exposés aux mêmes persécutions que leurs coreligionnairesdeFrance, les Protestants du pays furent soumis à toute sorte de vexations. Cet état de choses dura Jusqu'à la paix de Rys- ^ick (1697) qui rétablit « les princes de la maison de Wurtemberg dans la possession pleine et entière du comté de Monlbéliard el des quatre seigneuries d'HérIcourt, Blamont, Clément et Cbàlelot, pour en jouir et les posséder comme ils en jouissaient et les possédaient avant les guerres, toutes prétentions contraires étant abolies, et sans qu'on pût jamais les faire revivre^ sous quelqueprétextequecefùt.))LouisXIV, en signant un traité, se réservait tacitement le droit de le violer, si son intérêt Texigeait; celui de Ryswick ne fut pas mieux observé que celui de Nimègue. 11 serait trop long de raconter toutes les atteintes que ses agents portèrent à la liberté civile comme à la liberté religieuse des habitants de ce petit pays. Le 9 janv. 1699^ par exemple, un corps de troupes envahit Monlbéliard et établit à main armée le culte catholique dans le bâtiment du collège.

Le comte Georges dut se borner à protester. 11 ne survécut que peu de mois à ce nouvel outrage, étant mort le 1 1 juin suivant. Sa femme, Anne de Coli' gny (morte le 23 janv. i 680), qu'il avait épousée à Paris en 1648 (Reg, de Char.), ne lui avait donné qu'un fils^ nommé Léopold-Ebbrhàrd; mais il en avait eu plusieurs flUes^ entre autres, loELÉONORE-CHARLOTTE.néele

20 nov. 1 656, femme,en i 672, du duc de Wurtemberg -OEls, qui abjura en 1 702, comme nous l'apprend un opuscule intitulé : Abjuration du luthéranisme par la princesse Eléonore-Charlotte de Wùrtemberg-Montbéliard^ ducbesse d'OIss en Silé8ie> dans l'église

royale de Maubuisson, entre les mains du P. D. de l'Oratoire (Paris, 1702, in- 1 2) ; — 20 Anne , née le 30 déc. 1 660 et morte fille en i 733 ; — 30 Elisabeth, née le i 7 mars 1 665, mariée, en 1 689, avec le duc deWûrtemberg-Weilttngen, et morte en i 720; — 40 HBDWiGB,née le 22 mars 1667.

Né le 21 mai 1670, Léopold-Eberhard, prince infâme qui étonna l'Europe par le scandale de sa vie privée, et mérita la haine de ses sujets par ses exactions, ses confiscations, ses vols, les atteintesviolentes qu'il portaà leurs franchises, avait appris le métier des armes sous le drapeau de l'Empereur et jouissait d'une certaine réputation militaire, que lui avait méritée sa défense de Tokay contre les Turcs. Il rentra à . Montbéliard avec son père, le 7 fév.

1 698, menant à sa suite Ânne-Salnne Hedwigety fille d'un boulanger de Liegnilz , qu'il avait trompée par un mariage feint, en 1695, et qu'il fit décorer par l'Empereur du titre de comtesse de l'Empire sons Je nom de Sponeck , ainsi que deux autres couriisancs, Henriette-Edwige et Elisabeth' Charlotte Curie, filles d'un tailleur de Montbéliard, qui furent nommées baronnes de L'Espérance. Dix-neuf bâtards naquirent de ces trois concubines et de quatre sœurs des baronnes de L'Espérance, « qu'il recevait à la fois dans sa couche. » Par le traité de Wildbade , signé en 1 7 i 5 avec son héritier présomptif Eberhard-Louls,duc de Wurtemberg, Léopold-Eberhard déclara ses enfants illégitimes et incapables de lui succéder; mais, dès Tannée suivante, violant ce pacte avec la plus insigne mauvaise foi, il obtint pour eux du duc d'Orléans, régent de France, des lettres denatnralité; puis, en 1718, des lettres de légitimation.

Par un mandement du 8 nov. 1721, l'empereur Charles VI défendit aux bourgeois de Montbéliard et aux habitants du comté de reconnaître pour princes les enfants du comte, ce qui n'empêcha pas, après la mort de Léopold-Fiberhard, arrivée le 25 mars

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i 723^ le comte Georges de Sponeck de prendre possession du comté, oomme Tatné de cette race bâtarde. Le duc de Wurtemberg^ prince brave et belliqueux^ qui s'était signalé dans les guerres contre la France^ l'en expulsa à main armée ^ et le Conseil aulique réduisit tous les enfants illégitimes de Léopold-Eberhard à une pension alimentaire. D'un autre cété^ le gouvernement français séquestra les seigneuries de Blamontj Clément^ Héricourt^ ChÂtelot^ Granges^ Clerval^ Passavant, Horbourg et Riquewihr, sous prétexte de sauvegarder les droits des divers prétendants. Comme les bâtards de Léopokl-Eberhard s'étaient faits catholiques^ les prêtres et la gent dévote prirent leur parti ; mais , à la suite d'un procès scandaleux qui surgit entre eux ku sujet des neuf seigneuries portées dans la maison de Wurtemberg par Anne de Coligny^ et qui fut plaidé à la Grand'Cbambre du parlement de Paris, ils les abandonnèrent^ honteux, au rapport de Saint-Simon j d'avoir protégé des gens aussi méprisables.

Eberbard-Louis s'appliqua à réparer les maux causés par l'arbitraire et les prodigalités de son prédécesseur.

Il pourvut par d'utiles règlements à Tadminislralion civile, et employa tous ses efforts pour rétablir la discipline dans TEglise. L'instruction publique eut aussi part à sa sollicitude. Le 18 sept, i 753 se fit l'inauguration du nouveau gymnase ou école latine, dans lequel six professeurs, sous la direction d'un recteur, enseignaient la grammaire, les humanités, la rhétorique, la logique, la morale, l'hébreu, et plus tard, 1 histoire^ la géographie et les mathématiques.

Eberhard-Louis mourut le 51 oct.

1755. N'ayant pas laissé d'enfant mâle^ il eut pour successeur dans le duché de Wurtemberg et dans la principauté de Montbéliard^ son cousin Charles- Alexandre 3 né le 24 janvier 1084, qui avait embrassé la religion romaine dans sa jeunesse^ alors qu'il

servait sous le drapeau autrichien et qu'il était loin de prévoir quMl succéderait un jour aux atnés de sa race. A peine venait-il de ceindre la couronne ducale que la guerre éclata entre l'Empire et la France et que Louis XV fit occuper Montbéliard, qu'il garda deux ans. Une mort subite l'enleva le 12 mars 1737. Son fils aîné, Charles-Eugène, âgé de neuf ans, lui succéda sous la tutelle de Charles-Frédéric^ duo de Wiirtemberg-OËls, zélé protestant, qui calma les alarmes des habitants de Montbéliard, inquiets pour leur religion et leurs libertés , en ordonnant que les Protestants seraient seuls admissibles aux emplois publics dans le comté. Charles-Eugène atteignit sa majorité en 1744. Une convention signée à Paris, le 10 mai 1748, lui rendit les seigneuries que le roi de France avait séquestrées, il y avait plus de vingt ans, et qu'il n'avait jamais voulu restituer malgré les stipulations du traité de Vienne et les représentations énergiques de la diète de Ratisbonne; mais il dut sacrifier ses droits de souveraineté. Louis XV, de son côté, promit d'y tolérer la religion protestante, promesse qui fut violée comme tant d'autres , en sorte que les protestants des seigneuries restèrent exposés à toute sorte de vexations jusqu'en 1 790, qu'un décret de l'Assemblée nationale les rétablit dans leurs droits.

En i 769, le duc Charles-Eugène permit à son frère cadet Frédéric-Eugène, né le 21 janv. 1 752, officier général au service de Prusse, d'établir sa résidence dans le château de Montbéliard, et en 1786, il le nomma stathouder à vie de la principauté. Frédéric-Eugène avait épousé une princesse de Prusse, nièce du grand Frédéric^ et quoique catholique, il faisait élever ses enfants dans la religion protestante, circonstance qui disposa en sa faveur la population. 11 se l'attacha plus fortement encore par ses bienfaits et par la douceur de son administration. Ami des arts et des lettres,il prenait plaisir à s'entourer de savants et d'artistes^qu'il traitaiUvec une

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ftCTeetnease bienveillance. Voltaire^ Lt Harpe^ Florian^ l'abbé Raynal> Lavater, le philosophe Hollande le peintre Huber et beaucoup. d'autres hommes célèbres trouvèrent l'accueil lopins cordial dans sa petite cour, dont les mœurs patriarcales ont été si bien décrites par la baronne û'Oberkirch,

Frédéric^Eogène continua à gouver* ner la principauté jusqu'au mois d'avril 1 792, qu'elfrayé des progrès de la Révolution, il se sauva en Allemagne.

Le 10 oct. 179S) Bernard de Saintes^ membre de la Convention, prit posses* «ion du pays au nom de la République française. Cédées k la France^ en 1 796, la principauté de Montbéliard et les neuf seigneuries qui en dépendaient n'en ont pas été séparées depuis.

Retiré en Allemagne^ le prince Fré* déric-Eagène succéda dans le duché de Wurtemberg à son frère Louis-Eugène, en 1795, sous le nom de Frédéric I. Il mourut en 1 797. De son mariage avec Frédérique-DorothéeSophie de Bran* debourgSchwedt , célébré en 1753, naquirent cinq enfants : IoFréoérig- GciLLAUMB- Charles, né le 7 nov.

1754, duc de Wurtemberg après son père, nommé roi par Napoléon enl 806.

Son Ois Guillaume occupe aujourd'hui le trône de Wurtemberg; une de ses Allés épousa le roi de Westphalie Jérôme ; — 2o FRÉDÊRIG-LOUIS-ALBXA!!- DRB,néle30aoÛt 1756; — 3o£UGÈIfB<»

Frédéric-Henri, né le 21 nov. 1758, lieutenant général au service de Prusse et auteur des ouvrages suivants : L Die Wichtigkeit der Christusreligion, 1784; 1787, in-8o; — IL Freymaurerische Versammlungreden , Francf.

und Leipz., 1785, 2 vol. in-8o; — III, Erinnerungenan die liebe Menschheii, Breslau, 1786, in-8; 2«édil. revue et augm., 1786, ln-8o;— IV. Ueber dos Betragen der Gelekrten bey Vertheidigung der Wahrheit, 1789, in-8«;— V. Ermunterung lur Goitseligkeit , 1 789, ln-8» ; — VI. Der Christ in den Gefahren, B.irby, 1791, in-8o;— VIL Der glUckselige Tag, ein Schauspiel,

9eli, l79i^in-8«;*>-vui. VmGHê^

|0r»0hefi, pubL dans k Berlin. Ifeiiat-

BChrift (1 786).— 4«S0PHnD0]|{>TËÉI-

AuGUfiTB-LouiBB, qui rcçut le nom de Marie Féodorowna après son mariage, en 1776, avec le grand-duc Paul^ de* puis empereur de Russie}— 5* ÊlisaaBTH,néeeni767,quiépoufliararcliidac François, depuis empereur d'Antrlehe.

WUtlTZ f GBORGBS-GHlklBTOPHB)^

docteur en médecine, né à Btraeboorg, en 17 56 et mort à Versailles^ le 9 sept. 1823, était le frère de Jeem-Gtoffroi TVUrtZf né à Strasbourg, le 8 déc.

1768^ et mort à Paris^ le 28 avril 1841, chef de rimportante mais<m de librairleTreuttel et Wûriz.

Wiirtz reçut son éducation scientifl»

que dans sa ville natale. Après avoir pris ses degrés, il fit, pour perfectionner ses connaissances, un voyage en Allemagne, oh son premier essai littéraire lui avait acquis une certaine rèpn* tation, et où il fut bien accueilli. La Société des Curieux de la nature l'admit dans son sein. Frappé de l'excellenle organisation de l'école de médecfne conique devienne, il voulut appeler Taltention de ses compatriotes sur cet établissement, et publia k cet effet un mémoire qu'il flt imprimer à Paris, oh il vint s'établir. Peu de temps après, il fut nommé secrétaire général du Ma* sée et membre correspondant de l'Ecole royale de médecine. Il partagea dès lors son temps entre la pratique de son art et la composition de quelques ouvrages dont les titres feront siuffl* samment connaître le but.

1. Diss, inauguralùt de prœstantiâ methodi geographicœ in detineandis eorporum naturalium affinilatibus, Arg., 1777, ln-4*;n6nv..édiL augm., sous ce titre : Conamen mappœ gene^ ralis medicamentorum simplicium se^ cundùm affinitates virium naturctlium, novd methodo geographicâ dispositarum, Arg., 1 778, in-4». — Wùrti classe les substances médicales, par genres, espèces et degrés, dans diverses régions, selon qu'elles participent plus ou moins de la terre^ de l'eau, de l'air QQ da feu,

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II. RHsê êinêê aUftcârtioên Afii^ tes von Ftag naeh CarUbaa, Leipi<>

ni. MémoiféiuT Véiahlisêemmtdet ééoUs de médecine pratiqué d former dans les principaux hôpitauœ civils de la France à Vinstarde celle de Vienne, pour perfectionner l'art de la médecine pratique et la faciliter aux jeu^ nés médecins^ Paris, nSA, in-8«.

IV. Prospectus d'un nouveau cours théorique et pratique du magnétisme ftnimat réduit é des principes simples de physique, de chymie et de méded* ne, Slrasb., 1787, in-8«.

V. Moyens de rendre la francfiemaçonnerie plus utile à l'humanité, Slrasb.,1790, ln-8«.

VI. Sur la police des remèdes secrets, Amst. et Paris, 1808, in*8*.— > Anonyme.

VIL Mémùire adressé au consistoi-

re de V Eglise évangélique luthérienne de Paris sur une institution pieuse, Piiris, 1811, in-8*.

VIII. Mémoire sur le moyen de réparer les torts faits au oùmmercê de France par l'insurrection de St'Domingue, Paris, 1830, in-8«.

IX. Second mémoire relatif auwan^ eiens colons de St-'Domingue, Paris, I823,in-8«| réimpr. avec le précédent BOUS ce titre : Mémoires sur l'amélioration du commerce maritime de la France par la colonisation de la Guyane française, Paris, 1822, ln-8o.

flous ne grossirons pas cette liste de deni on trois brocliares que Wiirlz écrivit pour recommander des préparations pharmaceutiques ; mais nous ne pouYons pas passer sons silence Tédilion qu'il a donnée du traité d'Alex.

Schumlansky : De structura renum, Àrg.) 1788, ln-80.

YVER (Jean), ministre à Saint-Jean d'Angély, sortit de France à la révocation de l'édit de Nantes et se retira en Hollande, d'où il passa plus tard en Atigleterre. Il desservit différentes ègllses fondées à Londres par les Réruglés , entre autres celles de la Pyramide, de Grlspin-Street ^ de Wheler- Street. On a de lui : La véritable cause des maux de l'Eglise ou Sermon prononcé dans l'église françoise de la Patente en Soho, le 11 oct. 1721, jour déjeune célébré en mémoire de la révocation de l'édit de Nantes, elle 22, dans l'église de West-Street, par Jean Yver, un des pasteurs de ces églises , Lond., J. Delage, 1721, in-8*. Dédicace à la duchesse de La Force, Il parait qu'Yver repassa plus tard en Hollande et qu'il mourut à Harlem, en 1 732.

Jean Yver descendait, selon toute vraisemblance, ûe David yt>^r, pasteur à Angouléme en 1640, dont Golomiès l^ftriei dans sa Galliaorientalis, comme

d'on homme très-ven é dans la littérature hébraïque. On doit sans doute regarder comme ses fils, Marc Yver, mort pasteur à Embden en 1755, et Pierre Yver^ qui desservit longtemps l'église de Paramaribo et mourut entre 1759 et 1763. On a de ce dernier :

Sermons (XIII) sur le chap. IX de l'Epitre de saint Paul aux Romains, Amst., 1 763, in-8\— Dans une liste de pensions payées à des convertis, nous trouvons porté, pour 300 livres, xokYver, ancien ministre du Berry.

YVON (Paul), sieur de Laleu, associé de son beau-frère, le banquier Pierre Tallemant, acquit une fortune considérable qui lui permit de se livrer sans souci à son goût pour les mathématiques. En 1 6 1 6, il fut élu maire de La Rochelle, mais il mécontenta la population par son dévouement à la Cour au point qu'on l'insulta dans les rues. Renonçant alors aux aflfoires pu- Uii^aee^ il se mit à do|;matiBer sur les

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questions les plas ardues de latbéologiei qu'il prétendait expliquer mieux que tous les théologiens, parce qu'il étaiti disait-il, TAbrabam de la nouvelle Loi. Le consistoire l'ayant sommé de rétracter ses erreurs, il refusa de le faire et en appela au synode de la Saintonge, qui confirma le jugement.

Laleu indigné porta l'affaire devant le Synode national de Cbarenton, qui approuva les procédures du consistoire et du synode, en dispensant toutefois le dogmatiseur de la pénitence publique, mais en le menaçant d'excommunication s'il retombait dans les mêmes erreurs. Qu'Yvon ait fini ou non par se soumettre à «une rétractation, il n'en persista pas moins dans ses opinions ridicules. Pendant le dernier siège de La Rochelle, il obtint du roi un sauf-conduit, sortit de ia ville avec l'autorisation du maire, et se retira à Paris, où il ne tarda pas à faire abjuration. Il avait épousé Marie Tall€mant,qm\\ïi donna au moins deux enfants: un fils, noyé dans le combat naval livré par Guiton à la flotte royaleenl622 {Voy, V, p. 4) 0), et une fille Susanne, baptisée àCharentonen 1613. On a quelques ouvrages de cet apostat à moitié fou ; mais nous n'avons point à nous en occuper, aucun de ceux que nous connaissons n'ayant été pubUé avant sa conversion.

YVON (Pierre), le plus célèbre des disciples de La6a(/ie, naquit à Montau* ban en 1646. Dès l'âge de six ans, il fut conduit par sa mère aux sermons du fameux mystique, pour qui il conçut la plus profonde vénération. Devenu grand, il continua à y assister régulièrement, et lorsqu'il alla faire, en 1 665, sa théologie à Genève (MSS. de Genèce, N« 1 5 T), son premier soin fut de payer son tribut de respect et d'admiration à l'ancien pasteur de Montauban, dans l'intimité duquel il vécut dès lors, et dont il ne voulut plus se séparer. Après avoir été le fidèle compagnon de Labadie pendant sa vie si agitée, il lui succéda, après sa mort, dans la direction spirltueilo de la pe-

tite église retirée du monde. En 1678, il alla s'établir avec son troupeau à Wiewert, dans la Frise, dont il devint plus tard le seigneur par son mariage avec une demoiselle de Sommelsdyck, à qui cette terre appartenait.On ne sait rien de plus sur sa vie et l'on ignore la date de sa mort. Voici la liste de ses publications.

I. Deux ennemis amis ou preuve de V accord des sentimens de Loitys Wo^ zoQue, Amst., 1669, In-S».

IL Examen der XXI Arttkeln ràr kende de Staet der Ordinare gereformeerden Kercken, Herv.,1672, in-8«.

III. Essentia religionis ehristianœ patefacta, seu Doctrina plena et ge»

nuina fœderum Dei omnium, impri-mis verù notA ei evangeUci, ab antiquo israelitico essentialiter distincti, et cum gratià, regeneratione et sanctiiate semper conjuncti, Allons, 1673, in-80.

IV. Kurtzer Begriff unterschiedUcher gotllosen und irrigen Reden und Salze, so itch bepnden in A . Bouri* gnon zwey Bïlchern, Licht der IVeli und Grabe der falschen Théologie, Alton., 1673, in-s».

V. Wahre und reine Lehre von der Prœdestination, Alton., 1673^ in-8*.

VI. Tractât van de rechlverdig-mo' kinge door't Geloove, hmsU ,1616, 8».

VII. De la prédestination et de la grâce, poème chrétien. On y a joint, pour Vaffinité de la matière, le poëme de saint Prosper contre les Ingrats avec une description de la grâce d'Adam et de celle de J.-Ch,, second Adam, selon les sentimens et les paroles de saint Augustin, 1680, Jn-4«; reproduit en latin, comme appendice, à ia suite d'une Epistolade prœdestinalione et gratiâ ad S. B,, August.

Confess. theoloy., Amst., 1681, in- 12.

VlU. Epist. de Sabbaiho Christianoru7n perpetuo, in-12. — Cité par G.

Arnold dans son Histoire ecclésiastique.

IX. Petit catéchisme, en franc, et en flamand, 2» édit., 1681, in-S». — Nous ne connaissons pas la date de la première. Peut-être le même ouvrage '

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que le cathéchisme de Du Lignon,

X. Uimpiété convaincue en deux trcdteZy dont le premier établit l'existence de DieUy et le second contient la défense deVE. S. ^r la réfutation du livre de Spinoza nommé Traité Ihéologique-politique^ Âmst.> 1681^in-8«.

XI. Emmanuel ou la- connaissance du Seigneur Jésus, selon divers de ses principaux états en cinq traitiez , Amsl., 1681, in-12.— Le premier traite deJésusDiea;le 2% de Jésus Christ ou Messie i le 5% de Jésus eafant; le '4« de Jésus rédempteur^ le 5«, de Jésus cruclâé. C'est évidemment le même ouvrage que VEmmanuel de Du Lignon; ils y auront sans doute Ira- .vaille tous les deux.

XII. L'homme pécheur ou la connaissance véritable de soy-méme, selon tous les caractères du vieil Adam^ en trois livres, Amst., 1682, in-8<». — Le f traite de l'homme selon son état naturel et corrompu; le 2% de l'homme pécheur; le 3% de l'homme criminel.

XITT. Voyeau ciel ou Traitté de la prière, Amsl., 1682, in-12; trad. en flam., Amst., 1682, in-12.

XIV. Fidelle narré des états et des dernières paroles et dispositions de di^ verses personnes que Dieu a prises à soy du milieu de l'église réformée recueillie à Wiewert en Frise, Amst., 1682, in-12.— Cet ouvrage parut d'abord en flamand, Amst., 1681, in-12.

On y trouve quelques Lettres ûeP, Du Lignon,

XV. Explication de la parabole de l'yvraye, Amst., 1683, in-12.

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