‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 25 sur 241 · I. Joachim de Sainte-Hermineépou · texte numérisé non relu

I. Joachim de Sainte-Hermineépou

sa,en 1 635, sa cousine germaine iinn^ de PoUgnac y dont il eut : l« Elib, sieur du Fa, qui abjura en 1 668 ; — 2« Louis; •»3<»CÉSAR ; — 4* LÉON, mortcapitaine au régiment de la reine; — 5« Isaac, mortcapitaine au régiment de Béam; — 6* ALBXANDRB,sieurdeLaBarrière, qui ne fut point marié ; — 7« Dunb, femme de François Lemouzin, sieur de La Michellière; — 8<»Marib, épouse de Michel Freltart, sieur du Chastenet; — 9« Annb, mariée à Charles Vigier, sieur de Massac; — 10* Susannb. Nous ne saurions dire en quelle année lesdifférents membres de celte branche se convertirent.

H. Elle de Sainte-Hermine, sieur de La Laigne, en Aunis, mouruten 1677, laissant de son union avec Madelaine Le VaUds-de-Villette, fille de Benjamin Le Valois ei de Louise-Arihémised'AU' bigné, dame de Murçay, cinq enfants, savoir : i • Hbnri-Louis, qui futenfermé à la Bastille, en 1 686, comme protestant, et expulsé du royaume en 1 688 {Arch, gén, £. 3374). Il se retira en Hollande et suivit Guillaume en Angleterre, avec le grade de major dans le régiment de Schomberg. Il mourut en 1715. Sa femme, mise chez les Miramionesen 1686 (/6ic{.E. 3372), montra vraisemblablement la même constance; mais ses filles, qui avaient été enfermées dans un couvent, se convertirent — 2« Elib, comte de Sainte-Hermine, qui servit avec distinction dans l'armée française, où il s'éleva au grade de lieutenant-général, mais dont nous n'avons point à parier, puisqu'il abjura;— 3<>Philippb, lieutenant de vaisseau en 1686, et par conséquent converti ; — 4« Jban-Pharamond, enseigne de vaisseau et plus tard abbé;— '5•tfA- DBLAl^E-SlLVIB , femme ù* Alexandre Dei^mier, sieurd'Oibreuse(l ); — 6» Aifnb-Marib-Françoisb, qui se convertit, devint dame d'aiour de la duchesse de Bourgogne et épousa, en i 687, lecomte de Blailly.

(1) D'antres disent qu'Alexandre Desmier ép<m> îa MadeUûneSUwê d^HéUts ( Vor. IV, p. 965) . e*esl aans dovte nnt enenr.

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SAINTE-MARIE ( J acquis Di), seigneur d'Agneaax, fils aîné de Nicolas de Sainle-Marie el de Marie de Longueval, prit les armes pour la Cause dès la première guerre civile. 11 suivit Coudé à Orléans. Renvoyé en Normandie par le prince, il aida les Protestants de Caenà se saisir de la ville. Lareligion catholique y fut abolie, et les trésors des ég!ises confisqués pour être envoyés à Orléans. Il se Joignit ensuite, avec son frère Louf>, sieur deCanchy, et le capitaine François Le Clerc^ au duc deJ^out7/on, gouverneur delà province pour lui prêter main forte contre Matignon et l'aider à chàiler les auteurs du massacre de Valognes. En J563, Montgommery le laissa pour gouverneur à Saint-Lé. Pendant plus de vingt ans, Tbisloire ne fait plus mention ni de Tun ni de l'autre frère. Nous ne les retrouvons qu'à la bataille de Centras, servant toujours dans les rangs huguenots. L'alné, qui s'éleva au grade de mestre-de-camp d'un régiment d'infanterie et de capitaine de cent arquebusiers à cbeval, obtint, en récompense de ses services, le gouvernement de Granville, et mourut en f 629. Le cadet, qui était gouverneur de Carentan, décéda en 1 622. Trèsprobablement ils avaient alors abjuré tous les deux. Tout ce qu'il nous est possible d'affirmer à cet égard, c'est queSainte-Marie-aux-Agneani professait encore Ui religion réformée ea 1 596, poisqu'à cette date, il commandait à Barfleur pour ceux de la Religion {Fonds dé Brienney N« 221)..»

SAINT£-MARTHE(CHABLE8AB), lieutenant criminel d'Aiençon, maître des requêtes de Thétel de Marguerite, reine de Navarre, et procureur-général du duché de Beaumont, naquit à FontevrauU dans le Poitou, et mourut à Alençon, en 1555, à Tàge de 45 ans, sans laisser de postérité.

On peut regarder notre jurisconsulte comme le chef de file de cette brillante suite d'hommes distingués qu'a produits la maison de Sainte-Marthe. Il étaillesecond Ifils de Gaucher de Sainte-

Marthe, médecin de François I. Il annonça de bonne heure de grandes dispositions. Lui-même en fait ingénument la remarque diins un de ses écrits (Paraph. sur le Ps. XXXIII) : « A primis annisrarà quâdam me iiigenii dexteritate donavit (Deus), ac ad facile animo compleclendas omnes artes ade6 reddidit idoneum, ut nuila propèsit in quà non videar illarum professoribus propè œtatem consumpsisse omnem.

Non vindico equidem mihi absolutam et consummatam earum cognitionem, sed quaotulacumque est mea, sufflcientissima quidem est qus requirat à me ut dalori Oeo. . . grat las habeam . « Mais ce qu'il trouvait digne surtout de ses actions de grâces, c'est que Dieu l'avait éclairé de la lumière de son Evangile. Sainte-Marthe étudia le droit à Tuniversité de Poitiers, où 11 prit le grade de docteur. En même temps, entraîné par le grand courant du siècle, 11 s'appliqua avec ardeur à la théologie et il se mit à en faire des leçons publiques ( 1 ) . Oser pénétrer, quoique laïque, dans le Saint des Saints, et vouloir y introJiuire, sans l'aveu du clergé, la Jeunesse des écoles, n'était-ce pas bien téméraire? En tout cas, cela n'étaitguère catholique. Aussi l'orage ne lardât-il pas à éclater sur sa tête. On l'accusa de répandre parmi le peuple l'hérésie de Luther, et on l'obligea de cesser ses leçons. Il se rendit alors à Grenoble. Mais son ennemi , qui avait le bras long, l'y poursuivit. Oreux-du- Radier, qui s'obstine à voir dans Sainte-Marthe un bon catholique, ne devine pas qui était cet ennemi, et il s'étonne que Sainte-Marthe ne le nomme nulle part. N'avalt-il pas les meilleures raisons pour cela? Jeté en prison, il fut traité avec la plus grande inhumanité.

Sans la compassion d'un des membres du parlement, le conseiller Gaubert, il serait mort de faim. « Aluisti me in carcere Came propè confectum, lui dit-il,

(i) On doit éTidemmeoi lijoiiler le nom éê Sainle-Marthe au noms des novateanqalatpieal èiadié en la minittnrie de Poitiers, ei qui cherchèrent à répandre par toute la France les doctrines de ienr tédueUur. Yoj. l'art. Babdcot.

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et iimoxli rei jus perverti non es pasiOt.sDans son désespoir, il imagina de Joner l'insensé. Ce moYen lui réussit, •es bourreaux se relâchèrent un peu de leur rigueur. « Simulavi Insanlam, et sum eàconsequulus, ut qui in arclA priiis et fœtidà lurre soins languebaro, Gum pedonculis, cimicibus, soricibus et scorplonibus colluctan» , libertalem obtinuerim per quant ulascumque angusllas carceris obambulandl. » Hais âu plus fort de sa misère, sa conflance en Dieu ne l'abandonna pas. « Vilupertri ob Evangelionesllaudari,s'écriel-li; cruciari ob Evangelion est coro- Bari ; aspergi InfamiA ob Evangelion est bonorari; pelli patrià, el SQlum cogi tertere ob Evangelion, est cœlo munieipem adscribi;interimiob Evangelion est servari ; mlserum denique esse ob Ivangelion est esse feiicissimum. » Si ce n'est pas là le cri d'an disciple de Lutber ou de Calvin, c'est au moins ce« lui d'un chrétien évangélique qui n'entend mourir ni pour les décrétales, ni pour la tradition, mais seulement pour revangile. Or toute l'hérésie protes' faille est là. 11 est bon de le répéter, ear les adversaires du protestantisme ont toujours delà peine à le comprendre : comment admettre eu effet que ToD ne soit hérétique que pour être trop bon chrétien?

Après trente mois de la plus dure détention, Sainte-Marthe vit s'ouvrir enfin les portes de son cachot (i). Une lettre que lui adressa Léon de Sainte- Maure-de-Uontausier, à la date du 20 }«ln 1540, et qui est reproduite à la Mite de ses Poésies Trançoises, nous

(1) Margoerile de NtTirre aurait -elle élépoor qiielqne chose dans sa dèliTranco, comme nous riivoas dU diaprés ane phrase yn peu amhigiic «"Odolanl-DesBOS (Voy, VII, p. %*% note)? Noos lOinnes porté à en douter, car Sainte-Marthe •*Uralt pas manqnè de lui en témoigner sa re- MMalssaore on an moins de rappeler le falidans MB Oraison fauèbre. D*après i>reui-d«-Radi«r, U receoTfit sa liberté vers 1540. Biais nonsé>

Conterions onelqne scmpule à admettre cette le. Sainie-Marilke serait-il resté près de trois •M aTanide remereier publiquement son bienfaimr ? U se pourrait que son séjour à Lyon et la ptAlleationdeson recueil de poésies eussent préeédé IM eoprisoBBemeot à Onaoble.

donne sur lui quelques détails intéressants. On y apprend qu'il emporta, en quittant Poitiers, tous les fegretsdela ville; que depuis il alla « en maints lieux, n qu'il soutint avec constance « plusieurs adverses Tortunes es pays lointains, » et flnalement qu'il fut reçu honorablement à Lyon, oii on le chargea d'enseigner dans le collège de cette ville les langues hébraïque, grecque, latine et française. Sainte-Maure engageait son ami à dédier quelque ouvrage à la duchesse f\'Etampes, 11 suivit ce conseil, et il n'eut pas lieu de s'en repentir. La reine de Navarre eut aussi part à ses hommages. Celte princesse le combla d'honneurs. Après sa mort (1549), les habitants d'Alençon le sollicitèrent de faire son Eloge funèbre, et il se rendit d'autant plus volontiers à leur désir que, de l'aveu de Scévole de Sainte-Marthe, son neveu, « il aimoit passionnément la réputation que l'on acquiert à la Cour etparmy le peuple. » Françoise d'Alençon honora aussi Sainte-Marthe de son estime. Lorsque le vicomte de Beau mont eut été érigé eo duché- pairie, elle le nomma son procureur-général ; les lettres-patentes lui en furent expédiées à Tours, le 18 mai 1545. Après sa mort qui suivit de près celle de Marguerite, ton flls, Antoine de Bourbon, roi de Navarre, loi continua sa charge avec de nouveaux avantages.MaisilenJouitpeudetemps.

Une mort précoce, par suite de la rupture d'un anévrisme, l'enleva à U magistrature et aux lettres.

Charles de Sdinte-Harlhe n'était pas le seul de la famille qui avait adopté les principes de la Réforme. Eo voici une preuve irrécusable. Le 3 mai 1 566, fut baptisé dans le temple protestant de Louduni46e/, flls de Scévole deScunU' Marthe ei de Renée de La Haye [qiariés eo I56i]. U eut pour parrain son grand père, Louis de Saint e^Marthe, seigneur deNenilly (frèrealné de notre Charles) procureur du roi dans le Louduitois (Àreh, Tt. 252). Nous doutons qu'Abel de Sainte-Marthe ait persévéré^ an moiDsostensiblement.Autrement, mal-

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gré lOQt son mérite, il n'jût pas été lK>noré des favears des quatre monarques qni se sont succédé sur le trône depuis Ctiarles IX.

On a de Charles de Sainte-Marthe les ouvrages suivants :

1. Poésie françoise de Ch. de Sainte^ Ifart/ie, divisée en trois ijvres, contenant I. des ^pigrammes; 11. des rondeaux, des ballades, des chants rovaux; m. des épltres, des élégies : plus, un livre de ses amys, L>on, Claude Nourry, dit le Prince^ 1540; dédié, sous la date du l«' sept., à la duchesse d'Etampes.^Dans un avis au lecteur, ad ealeem, le poêle nous fait savoir qu'il prépare pour l'impression son traité de la CijnjoncHon des quatre langues, Nous ne pensons pas qu'il ait para.

Sainte-Marthe consacre un grand nombre de pièces à célébrer la dame de ses pensées, une demoiselle Seringue, d'Arles. Les autres sont adressées à la reine de Navarre, à François I à la favorite on à des amis. Ses amis étaient nombreux et parmi eux il comptait tous les poètes de son temps. Il avait même plus d'une liaison compromettante. Il aimait Dolei autant qu'il l'admirait. Il se glorifie d'être le disciple de Marot qn'il appelle 90n père d'alliance. C'est loi qu'il charge de faire agréer ses Poésies à la duchesse d'Etampes. Nous rapporterons une de ses épi grammes, en lai demandant pardon du rapprochement. Le chef-d'œuvre de Marotest fait pour désespérer déplus habiles quelul.

Ton lenritear le mieD «toII appris,

Îla tons deux on' esté à meffmo eschplle. 'y ai eslè, comme loy, si bien pris (hi'il ne m'est pas demeuré une oboUe.

Lt tien estoit de faint et de parolle tîn Tray gascon. Si le mien ne resloil. A tout le moins bonne mine portoit D'estre de meurs au tien fort allié.

Ga^eon ne fol, mats son gascon seoloil, Joâaat an tour d'an moyue resnié.

Dans leLivredesesam>s,on trouve des vers d'un grand nombre de poêles de son temps, soit à sa louange, soit à celle de sa maltresse. Il dédie ce livre à M. d'Avanson . secrétaire du roi, sous

date de Lyon, 15 août 1540.

îl. In Psalmum VU, et Psalmum XXXIJI, paraphraiisper Carol.Smar* thanum{?Ac}FontebraUensem,J. U.D., Lugd.,ap. Principem,] 545,pet. in-t2, pp. 204 sans l'Index ; Anvers, ] 618.— Ces deux paraphrases ont été Inspirée!

à Sainte-Marthe par les indignes trai* temeiits qu'on lui fit subir à Grenoble. Il les médita dans son cachot, où on avait eu l'humanité— si Thumanité entre jamais dans les calculs des bourreaux — de lui laisser un exemplaire des Psaumes de David. Il dédia la première de ces paraphrases à son bienfaiteur, le conseiller Gaubert, sous la date de Lyon, 15 juin 1545. Recevei,

lui disait-il en termfnanl,ce témoignage de ma reconnaissance, en attendant que Je vous envoie deux livres De re sepul" chrali et quatre autres intitulés Leo- Uones légales, 11 parait que ce premier trailéa été publié, quoiqu'on n'en trouve l'indication nulle part; c'est au moins ce qu'on peut inférer de ces paroles de Scévole de S^tinte-Marthe, que son oncle a après avoir composé un très-docte et très-utile discours des sépultures et des pompes funèbres et composé de dootes et de pieux commentaires sur les Psaumes de David, avec plusieurs autres poèmes français et latins sar de dllTérenles matières, eut soin de mettre tous ces ouvrages au Jour. » — La seconde paraphrase e^t dédiée, sous la date du i «'juillet 1543, à Jean d'Avanson, conseiller au parlement de Grer nobl^, qui avaitaussl témoigné de l'in* térét au malheureui persécuté. Enfin»

Sainte-Marthe a Joint à son livre une lettre apologétique au P. Dufour {Fur* neus) moine Jacobin, datée de Grenoble, 19 mars 1543 (i), où il lui olTre de soumettre tous ses ouvrages au Jugement de l'Eglise, a ne doutant pas que ceux qui sont vraiment théologiens, c'est-à-dire gens de probité, hommes jusles, savaiis et éclairés, ne reconnoissentson innocence.» Il marque an révérend Père qu'il va revoir son Can^

fi) Celte lettre dmi lemble todiq«er fvne manière asses préeiie le teapi 4e rilirtinemeai de Sainle-Martiie.

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mêntaire sur le psaume CXVIII, et qu'il le publiera prochainement. On ignore si ce commentaire a paru.

m. In Psalmum XC pia admodum et christiana meditatioper Car. Sanciomarthanum Fontebraldensem, J, U.

D,, s. date et s. 1. d'imp., 51 ff. sans llndex, pet. in-i2.

IV. In obitum incomparabilis Mar^ garitœ, illustrisîf, Navarrorum réginœ, Oratio funebris per Car. SanctomartJianum, ejusd. reginœ {dum illa viveret) apud Alenconienses consUiarium et suppUcum libellorum magisirum. Accessere eruditorum aliq. tnrorum ejusd. reginœ Epitaphia, Parisiis^ Reginald. Calderius, 1550, pp.

1 45, in-4«. — Oraison funèbre del'in" comparable Mur guérite y e\c.,traduiC' te par luy [Sainte-Martlie] en langue françoise. Plus^ Epilaphesde la dicte Dame par auîcuns poètes français. h-y est le mirouerdes Princesses y Vàr ris, ReguaultChauldière,26av. 1550, in-4«, pp. 125, sans une Epllre en versa Mesdames Marguerite de France, sœur unique du roi [Henri II] exJheanne, princesse de Navarre, duchesse de Yendosmois, par Sainte-Marthe, sous la date de Paris, 1 7 avril, et les Epitaphes qui terminent le volume, dont un chant funèbre de Loys de Saincte- Marthe, procureur du roy au pays de Lodunols. — Morceau de rbétoriqueoii rérudition surabonde.

V. Oraii>on funèbre sur le trépas de Françoise d*Alençon,duchesse de Beaumont , douairière de Vendomois et de Longueville, par Ch. de Sainte- Marthe ^docteur es drott&, Paris, Regnault Chauldière, 1550, in-4».

SAINTE-MAURE, nom d'une des plus anciennes familles de France, dont une branche au moins, et la plus célèbre, celle deMONTÀOSiER , professa pendant quelque temps la religion réformée.

Fils de Gui de Sainte-Maure et de Marguerite de Lanes, François de Sainte-Maure, baron deMontausier, épousa, en 1 572,Loutse GilUer, dame de Salles, qu'il laissa veuve, en 1 588, et qui se

remaria, en 1 606, avee ParMre. Sea enfants furent : i • Chàrlbs-Frakçois, baron de Montausier, qui combattit à Centras dans les rangs huguenots et fut tué au siège de Laon, en 1 594.

Quoique protestant, il fut enterré dans l'église des Carmes de Loudun. — 2* LÉON, qui suit ; — 3« François, sieur de Salles, tué en duel à Paris, en 1614; — 4« Gui, qui rentra dans l'église romaine ; — 5* Catherine, femme, en 1602, de Jean de GaUard-de-Béam.

Léon de Sainte-Maure prit alliance dans une famille catholique ; il épousa, en 1606, Marguerite deChàteaubriant, fille des Hoches-Baritaut; néanmoins il continuaà professer la religion protestante, et se montra même zélé huguenot. En 1 61 1 , il assista à l'assemblée de Saint-Jean-d'Angély (Vog. VIU, p.

476); en 161 2, à celle de La Rochelle, et en 1614, auSynode national de Tonneins. Il n'y a donc rien de surprenant dans cette assertion d'un écrivain protestantqu'il destinait au ministère son second (ils, Charles, né le 6 oct. 1610, qui changea plus tard de religion par des motifs dMntérétetqui futchoisi par Louis XIV pour gooverneur du Dauphin. Il est très-probable que le frère aîné, Hector, avait aussi abjuré, lor^ qu'il fut tué en lUUe en 1635, àl'àge de 27 ans.

SALADIN (JEAXf-Lonis), négociateur habile, issu d'une famille de Villefranche en Lyonnais, qui s'était réfugiée, pour cause de religion, à Genève (1), ou elle occupe encore aujourd'hui un rang distingué. Né en 1701, Jean-Lonis Saladin était le troisième fils de l'auditeur Antoine SaladineXùe Marie Buisson. Destiné au saint ministère, il fit avec succès sa philosophie, qu'il couronna par une thèse De pluralitatemundorum, Gen.,1 71 8, in- 4«; puis il passa en théologie; mais ses études terminées, il ne put obtenir une dispense d'Âge pour être reçu ministre, et, par dépit, il renonça à la carrière ecclésiastique. li se rendit

(1) SeboMliên Saladin y obtint let droiU d« hoiirgeoiiie cu 1500.

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alors en Angleterre, d ou il vint, bient6t après, à Paris. En 1731, le roi George II, comme électeur de Hanovre^ le nomma son résident auprès de la cour de Versailles. La guerre mit un terme à ses fonctions; cependant il resta à Paris. En 1 737, il travailla activement à décider le. cardinal Fieury à intervenir dans les affaires de la république de Genève, service dont le Conseil le récompensa en le faisant entrer dans le LX. En 1745, Louis XVle nomma un des administrateurs de la Compagnie des Indes, qui lui eut de grandes obligations. Au bout de trois ans, Saladin se démit de cette place, pour se consacrer avec un rare désintéressement aux affaires de sa patrie.

Il négocia avec Mussard le traité de déUmitation entre la France et Genève, et le Conseil lui témoigna sa satisfaction en le nommant conseiller d'Etat.

En 1 752, il devint syndic, place qu'il remplit quatre fois. Il mourut en 1 784, avec la réputation d'un babile négociateur, d'un magistrat intègre, ferme et éclairé, et d'un homme aimable et instruit. De son mariage avec Louise MUety naquirent trois flls : Jean-Antoine, colonel, qui ne laissa que des filles, Antoine, qui s'établit à Paris avec sa famille, etMicHEL-JEAN-Louis, dont les descendants babitent Genève.

S ALENDRE (N.), natif de LaSalle^ martyr. N'ayant point voulu renier sa foi, Salendre fut enfermé, en 1 686, dans les prisons d'Aigues-lUortes. Sans autre instrument qu'un briquet à battre le feu et un bàlon, il parvint à forcer quatre portes et à percer la muraille ,* puis, au moyen d'une corde faite avec la toile de sapalllasse, il descendit dans les fossés de la ville, suivi de trois de ses compagnons de captivité, et gagna heureusement les champs. Pénétré de reconnaissanceenversleTout-Puissant, 11 se crut obligé de consacrer à son service la liberté qu'il venait de recouvrer si miraculeusement, et rarement une assemblée religieuse se tenait sans qu'il y assi.^fàt au mépris de tous les périls. Arrêté à celle de Lédignan, ii

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fat pendu à Lédignan même avec so»

compagnon d'infortune Meyritu, En face de la mort, son courage ne se démentit pas et sa constance fut digntdt son zèle. Un de ses frères, nommé Fratk^ çoiSy fut embarqué pour l'Amérique, ait rapport de Jurieu, et il fut du petit nom* bre de ceux qui échappèrent aunaufr** ge. Nous devons faire observer que son nom ne se trouve pas dans la liste dea. naufragés dressée par Benoit.

SALETTES (Arnaud de), ministre protestant, est auteur de Los psalmoi de Damd metuts en rima berne^e, Ortès, Louis Rabier, 1583, in-8*. On ne doit pas le confondre avec le pasteur d'Eymet, Pierre Salettes, qui eut avec un Jésuite une dispute dont nous avons trouvé une relation msc. dans le T.XVIU de la Collection Conrart, sous ce titre : Dispute faite entre le pasteur d'Aymet Salettes et le jésuite Richard, Nous ne savons si ces pasteurs étaient parents del'apostat Jean de Salettes fiïs ùeJean de Salettes, premier président du conseil souverain du Béam et de la chambre des comptes^ qui travailla à la cou* version de Henri IV, ce qui Ini valut une place de chanoine dans le chapitré d'Evrenx, et qui rendit à Du Perron, lors de la fameuse conférence de Fontainebleau, des services dont il fut récompensé par révèché de Lescar, en 1609. Ajoutons que c'est lui principalement qui, par ses intrigues, provoqua les malheurs du Béarn en 1620 {Voy, III, p. 256).

SALGAS. Voy. PELET.

SALIGNAG (Jean de), en latin SolincBus ou Salignatius y docteur en théologie, lecteur du roi et professeur d'hébreu, était natif du Pérlgord. La Croix-du-Maine le qualifie d'homme fort docte es langues et principalement en hébreu. Le catholique Genebrardet le protestant Louis Des Masures le comblent à l'envi d'éloges. Postel le regarde comme « primae notas et eruditionis thcoIogus.))Sca/t^er, enfin, le plus compétent des Juges en semblable matière, l'appelle « thcologus non minus linguaruni pcrilus quùra theo-

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logis, atqne in omnibus maximi veriafns. » Il est prouvé que. dès 1 5S0, Sa- Ifgnae était partisan de la Réforme ; mais, comme son maître Valable y soit fMir crainte^ soit par intérêt^ il resta longtemps encore dans les rangs de ses ennemis. En 1543^ François I«Mechoiafl pour un des arbitres de ia dispute de Uaimus avec Govéa. En 1561, Bàhnn lui adressa une lettre magniflque dans laquelle, tout en louant la pureté de ses mœurs, il l'exborta chal^reusement à donner gloire à Dieu.

ftsriignac ne s'offensa pas des vives remontrances du réformateur, mais Une Jugea pas à propos de suivre ses conseils, puisqu'il assista encore en qualité de député de la Sorbonne au colloque de Poissy : il est vrai qu'il s'y Inontra extrêmement modéré. Il finit pourtant par se décider à embrasser ouvertement la religion protestante.

C'est lui, comme nous l'apprend Clouée de La Grange, dans son Histoire de la guerre civile, qui, en s 565, invita de la manière la plus pressante Turfièhe mourant à ne plus déguiser ses véritables sentiments :«PurioremTuriiebus religionem animo amplectabafur : metu tamen periculi, suam eà de re senteutiam occultabat. Verùm cùm SB mortifère morbo urgeri sentiret, inonitu et hortatu Jobannis Saliniaci, ]parislensis tbeologi, qui palàm à Pontlfidis ad Evangeiicos transierat, eam ae probare professus est Fidei confes- Blonem quam Evangellci sex antè annis publicassent. )> La Croix -du-Maine attribue à Jean de Salignac « plusieurs livres tant en latin qu'en françois. »

le savant Prosper Marchand ne connaissait que sa/{<^pon5e à Calvin, insé- 1^ dans les Lettres du réformateur; mais il croyait qu'on pouvait le regarder comme l'auteur de Sophoniœproéhelia latine versa et interpretataper joan. SàUinœum, msc. in- 4» qui se trouvait parmi ceux d'A. Petau.

SALLE (ClàuubJ, peintre ordinaire des bâtiments du roi. Nous ne savons rien sur son compte. Il était sans doute fils d'im peintre du même nom.

dont une fille fiit présentée au bapt., le 1 7 nov. 1610, par Charles Martin, peintre et valet de chambre du Roi (enterré le 27 mai 1 646). Sa femme. Afodelaine Montallier^ fille de Mathurin et d'Anne Larchevéque , qu'il épousa en nov. 1625 , lui donna trois filles : 10 Màdblàine, bapt. le 8 janv. 1629, qui épousa, en janv. 1648, le peintre Aubin Berthier, fils de feu Jean Berthi*r, peintre, et en eut Jean, né le 2 août 1 656 et présenté au baptême par le peintre /ean Voisier (enterré le 6 Juin 1663); — 2* Anne, bapt. le 14 mal 1633;— 30ANNE, bapt. le I 4 mai 1 645.

SALLENOVE (Henbi de), à qui nous donnons place dans la France protestante sur la foi de M. Benj. Fillon, était fils deRégnaud de Sailenove, médecin de La Rochelle, qui s'était établi à Fontenay, où Henri naquit en 1508.

U fit son droit à Poitiers et fut ensuite nommé commissaire à la perception des taxes. Il ne s'est fait connaître dans la littérature que par une trad. des deux premiers livres de la 4* décade de Tite- Live, imp. à Poitiers, 1559, in-4«. Il mourut au mois de sept. 1570 sans laisser d'enfants.

SALLES (Jeàn-Bernàkd de), gouverneur de Navarreins, en 1 620, «vieillard vénérable, âgé de 80 ans, dit Poeydavant, avait, malgré son attache* ment au calvinisme , toujours rempli sa charge avec fidélité depuis plus de trente ans.»Aumoisd'oct., Louis XIII, qui ne voulait pas laisser entre les mains d*un huguenot la place la plus forte du Béarn, lui manda par le sieur Du Lau ou Saint- Lô (comme l'appelle Du Plessis-Mornay),son neveu, que son intention était de visiter la forteresse, et il se mit en route sur-le-champ. De Salles, qui, selon La Force, était «assez méfiant de son naturel et grandement aOectionné à sa religion, » soupçonna un piège et se montra peu disposé d'abord à ouvrir les portes de Navarreins au roi; cependant il finit par se rendre aux bonnes raisons de l'émissaire de Louis XIII, dont l'éloquence fallacieuse toi récompensée par un

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don de 20^000 livres, une pension du mestre*de-camp et an brevet de la première place de sûreté vacante » à ce qu'on lit dans les Mémoires de Momay.

A rapproebe de S. M. , de Salles sortU de la ville, les clers de Navarreins en main, et les lui présentant : Sire, dit* il, j'ai longuement et fidèlement servi le feu roi votre père et Votre Majesté en cette charge; je la supplie très-bumblement que J'y acbève de 6nir mes Jours. Le roi continua son cbemin sans lui répondre un seul mot; mais aussitôt arrivé au logis qui lui avait été pré* paré, il lui fit dire qu'ayant égard à son grand âge, il voulait commettre sa cfaarge à un autre et lui accordait 100,000 livres en récompense de ses services. Le vieillard dut se soumettre. Après le départ de Louis XIII , le neveu de Salles, Benzin, sieur de La Cadée, qui avait représenté les églises béarnaises à l'Assemblée politique de Loudun, et qui venait d'être encore député à celle de La Rochelle (où il fat remplacé par Loubie)^ voulut, autant peut-être par esprit de vengeance que par zèle pour sa religion, essayer de rentrer dans la place. Ses mesures furent si bien priées que, sans la trahison d'un de ses complices, l'entreprise aurait probablement réussi . La découverte de la conspiration ne lui laissa d'antre vole de salut qu'une prompte fuile.

Il réussit à se sauver avec Maisonneur ve, en se faisant descendre le long des murailles de la ville, le 8 déc. 1620. La plupart des conjurés parvinrent é- ^ement à s'écbapper . Il n'y en eut qne dii qui fuKnt pendus, après jugement sommaire, sur la place du Marché.

Benzin ne se découragea pas. H savait qu'il pouvait compter sur les sympalhies des habitanls de Navarreins, qui étaientextrémement irrités des violences de Poyane, le successeur de Salles, et sur celtes de tous les Béarnais, fort mécontents de la réunion de leur pays à la France, il se saisit donc, par ordre de l'assemblée de Pau, de la tour de Montgiscard, qu'il Ût fortifier. Cette iour, iwisine de Mavarrein», loi per-

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mettait de tenir en échec la garnison et de surveiller la place. L'actif et vigilant Poyane Ty assiégea dès le 5 marf 1621. Au bout de six Jours, Benzin a(| rendit par capitulation. Aumoisdema!, il voulut se retirer à Montauban; mail, en route, il tomba dans un guet-à-pent qui lui avait été dressé par MiossenSj et fut tué en combattant vaillamment, ainsi que Maisonneuve, LerUiHao et Casenave, qui l'avaient secondé dans son entreprise {Arch. gén, K. 112). «Après cela, raconte un bistorien^ Poyane fit de grandes cruautés aux bik* bilans de la ville, et quoique la conspiration ne fût ou attestée ou conletsée que par des gens apostés, et qne tous ceux qu'on mena au supplice niassent constamment qu'ils eussent connoissance d'aucune entreprise sur la place, on en fit tant mourir sous le nom de conjurés, que cela pouvoit plutôt passer pour un massacre que pour un exemple de justice. On ôta même aux innocens qui échappèrent de cette boucherie l'exercice de leur religion, et on mit le ministre hors de la ville. »

SALlliON(CHARtESOUCHARlLAUS),

fils aine de l'excellent poète latin Salmon Macrln , naquit à Loudun vers 1555 (1). il n'est connu dans rbistolrè que par sa fin tragique. Ilavaitétudié sous le célèbre Ramus. On a dit qu'Q avait hérité du talent de son père pour la poésie latine. Quoiqu'il n'ait rien publié, à notre connaissance, la charge depréceptcurde Catherine de Bourbon, dont il (VLihonoré^àr Jeanne d'Albret,

(1) Dtns les registres de Téglise réformée et LottdoD {Arch. Tt. 23*2), se llfeoi les nomi sat- Tantg, qui nous prooTent que Vhérésie avait fortement envahi la famille de Salmon; Salmonlhcrin lai-même, le disciple de Li Fèvre à^Etapif^ est loin d'être tout à tait pur à nos yeux. Mari»ge6 : en 1571, ijiui»e Salmon avec âené BoU' greau; François Salmon avec Berthelmt jRocari; en 1574, Etienne Salmon avec Prançoiêi Berthin; en 1578, Simon Salmon avec Jeamm If arftn.— Baptêmes : en i.S66, Eêlher Salmon^ flile de Marins SalmonH de Catherine Areham^ hault: parrain, René Soil; Pierre Salmon, Mi de François et de Jacgwtte Bonday : parraia Pierre Des Cerisiers ; A naslase Boisseau^ flls éi Claude et de Camille Salmon : parr., Adrien Breux ; Théodore Salmon, tils de Théophikti et Barb4 Bufour : parr., Chudi Doisteau,

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