‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 33 sur 241 · V. Taschenbuch fur Freymàurer^ Frankf., 1780, in · texte numérisé non relu

V. Taschenbuch fur Freymàurer^ Frankf., 1780, in

VI. Bfytrag zu einer Apologie de$ Mônchsstandes aus statistischen und religiôsen GrUnden, Strasb. , 1 783 , 8«.

VII. Von der Art die GeschichtezM schreiben, GoUing., 1784, in-S». — Trad. du français de l'abbé Mably et enrichi d'une Préface du professeur Schlozer.

Saltzmann eut aussi part à la rédaction du BûrgerfreuQd, gazette hebdomadaire in-40, publ. à Strasbourg en 1 776; enfin il fonda, en I782>une re-

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vue seientiflqne à laquelle il renonça pour entreprendre^ en 1785^ Timpression de l'Avanl-Coureur.

SALDSSES-DE-BIIOLANS (Jacques de), sieur de Cardé et gendre en comte de Tende par son mariage a- Tec Anne de Savoie, prit les armes pour la cause protestante dès 1 562. Il assista au siège de Barjols et à la défense de Sisteron. Chargé par son beaupère de poursuivre Sommerive, il essaya inutilement de l'attirer hors de son eamp y où il le tint bloqué Jusqu'à ce que la famine et la désertion Tobligeassent lui-même à battre en retraite. En 1561, Jacques de Crussol lui confia la défense de Saint-Narcellin. Quoique la Tille ne fût pas fortifiée, il y tint assez longtemps pour donner à ù* Acier et à Mouvans le temps de le secourir; mais bientôt après, il se laissa enlever cette place par surprise. 11 se re-* tira alors à Romans, où il fut assiégé iès le 23 mars 1568. Il s'y défendit bravement jusqu'à la conclusion de la paix. Lorsque la guerre se ralluma, il partit probablement avec La Coche, pour aller rejoindre en Lorraine Tarnée allemande, et mourut en Bourgogne dans le camp du duc de Deux-Ponts.

SALCSTE (Guillaume de), seigneur du Baetas, le premier poète dans le genre héroïque dont s'honore notre littérature, naquit à Montfort, dans l'Armagnac, vers 1544 (i).

On a très-peu de détails sur sa famille et sur lui. Son père, seigneur du Bartas, petite terre près d'Auch, était gentilhomme ordinaire de la chambre du roi de Navarre et trésorier de France. L'historien de Thou nous apprend ce que Ion sait de plus positif sur notre poète. « Né de parents nobles de la Tille d'Auch, et élevé dès son enfance dans les exercices militaires, il sçut a-

(1) C'est à tort que la plupart des biographes l6 font nattre an château du Barlas, on ne peut léctaer le tèoiolgiiage formel de son aai Pierre 4eBrach :

Salnsie me montra de loin un grand docber... ToUà le lieu, dil-il, de ma naliTilê; ToUà llontfort qui m'a dans ses bras allaité.

(Voyage en Gascogne.)

doucir, dit-il, ce que les armes ont de rude et de barbare par l'aimable commerce qu'il entretint avec les Muses, et il fit de si grands progrès à leur école que, quoique par un vice de son païs il ne parlât pas notre langue bien purcment,quoiqu'iin'eùt vécu que dans les armées , éloigné du commerce des gens de lettres, il mérita par ce célèbre ouvrage qu'il intitula la Semaine, dont il s'est fait tant d'éditions, et dont on a vu à l'envi tant de traductions latines et italiennes, d'être mis au nombre des plus illustres poètes de notre temps, et d'être regardé par bien des gens comme tenant en ce genre la première place après Ronsard. Je sçai que quelques critiques trouvent son style trop figuré, ampoulé et rempli de gasconnades. Pour moi qui ai connu sa candeur, et qui Tai souvent entretenu familièrement, tandis que du temps des guerres civiles je voyageoisenGuieune avec lui, je puis assurer que je n'ai jamais rien remarqué de semblable dans ses manières. En effet, malgré sa grande réputation, il parloit toujours avec beaucoup de modestie de lui-même et de ses ouvrages, se plaignant souvent de ce que Téloignomenl de son païs et les conjonctures où il s'étoit trouvé, ne lui avoient pas permis de consulter les gens d'esprit et de goût, de qui il auroit pu apprendre à connoltre ses défauts, et les moyens de les réparer. 11 avoit résolu de s'en dédommager par un voyage qu'il vouloit faire à Paris, aussitôt que nos troubles seroient appaisés; mais comme il servoit actuellement à la tête d'une cornette do cavalerie sous le maréchal de Matignon, gouverneur de la province, les chaleurs, les fatigues de la guerre, et, outre cela, quelques blessures qui n'avoienl pas été bien pansées, l'enlevèrent à la fleur de Tàge , au mois de Juillet (1590) (i), âgé de 46 ans. Il n'y avoit que peu de temps qu'il étoit de retour de l'ambassade do l'Ecosse dont il s'étoit acquitté avec beaucoup de zèle et de prudence, et pendant laquelle le

(1) Sainte-Marthe recule sa mort d'une année.

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roi Jacques VI ^ dont il avoit été parfaitement bien reçu y lai avoit fait les propositions les plas avanlagenses pour l'en^ger à rester à sa cour, n De Tboo . reproduit ces mêmes détails dans ses Mémoires. On ne sait rien d'autre sur la vie de notre poêle. Ses œuvres, que nous avons relues avec spin , ne nous ont rien appris; il évite constamment de parler de lui, même lorsque le sujet semblerait l'y convier, par exemple, dans son cantique sur la bataille dlvry. Nous espérions trouver quelques renseignements dans des lettres autographes de lui que nous avions remarquées, il y a une quinzaine d'années, dans le vol. 712 de la Collection Dupuy (1), Bibl. nat., départ, des MSS., et dont nous avions pris note pour en faire usage dans cette notice; mais depuis, ces lettres ont disparu. La vie de notre poète est donc tout entière pour nous dans ses œuvres.

On peut supposer qu'une bonne éducation développa l'heureux naturel dont Du Bartas avait été doué. On naît poëte, mais on ne naît pas savant , et Du Bartas possédait à fond toute la science de son temps avec ses erreurs et ses préjugés (2). Il parait même certain qu'il lisait les Livres Saints dans le texte original. 11 se voua de bonne heure au culte des Muses; c'est ce qu'il témoigne dans les vers suivants, en nous révélant ses tâtonnements et ses

(1) Les pièces de ce Tolame n'éUlent pu cotées. Depuis, le tolume a été relié à neuf et paginé ; on y a replacé, entre anlres, la fameuse ksttre de Montaigne qui en avait été soastraile. C'est ainsi qu'on a reperdu d'un côté ce qu'on atalt regagné de l'autre.

(S) Aiusi il croit à l'astrologie et range parmi les insensés « celui qui dit que les Astres n'ont pas Fdutoir dessus les corps qui fourmillent ça> bas; • non qu'il Teuille enchaîner Dieu auiloli de la nécessilè, Dieu tient tout sous ca main, dit-il, et nul astre ne peut i verser sur les mortels que le destin qu'il Teut. ■ Il repousse le système de Copernic ettrailea d'esprits phrénétiques» « res escri vains qui pensent Que ce ne sont les Gieui ou les Astres qui dansent A l'entour de la terre : ains que la terre fait, Chasqoe jour naturel, un tour TTayment parfait. ■ Cependant sur d'autres questions, telles que les marées, lafor> mation des rîTières, etc., il semble deTaocer ion ilèele.

incertitudes avant de s'arrêter au genre de poésie qu'il choisit et auquel il resta fidèle :

Je n'estoy point encor en l'aTril de mon aage (1), Qu'un désir d'affranchir mon renom du trespti. Chagrin, me faisoit perdre et repos et repas Par le brate projet de maint sçavant ouTrago.

Divers sentiers se présentant à lai^ Il s'y engage tour à tour :

Tantost j'entreprenoy d'orner la grecque seène D'un Testement françois. Tantost d'un ters plot Hardi, j'ensanglantoy le françois eschafani [haat. Des tyrans d'Uion, de Thèbes, do Micène.

Je consaeroy tantost à l'Aonide bande L'histoire des François : et ma saincte fureur Desmentant à bon droict la trop commune erreir Faisoit le Mein gaulois, non la Seine alemudi.

Tantost je detseignoy d*une plume flatteuse Le los non-mérité des rois et grands seigneurs : £t pourmoTOir bien tost riche d'or et d'bonuenn. D'un courbas je rendoymercenairemaMu5e(f).

Et tandis [tantost] je touloy chanter le fllstol«|i De la molle Cypris, et le mal doux-amer Que les plus beaui esprits souffrent par trop aimer, Discours, où mepoussoit ma nature et monaafe.

Le poëte était dans cette perplexité da talent qui se tàte, qui s'essaye, lorsque la divine Uranie lui apparut : prends, lui dit-elle,

Pren moy donqnes pour guide : eslètean ciel im

[aile :

Saluste, chante moy du Tout-puissant l'honnear.

Du Bartas se montra docile à ce conseil, il ne traita plus dès lors que des sujets religieux.

Or toottel quejesuis, [dit-il],dntoutj*ay destiai Ce pou d'art et d'esprit que le Ciel m'a' donné A l'honneur du grand Dieu, pour nuictet jour et- Des vers que sans rougir la tiergepttis8elire.[cr1rt

N'est-il pas curieux de voir un homme

(1) Ce joli ters se retroute dans une plèM dMn(. Mage que nous atons citée ( Voy, ce nom). Le plagiaire n'a pas même cherché, par qucIqM Tarianle, ^ dissimuler son larcin. Ceci nous rappelle un plagiat plus important. Les ters qvt nous atons rapportés à la fin de l'art. Montani^ • Mais quel bruit oy-je ici ? etc. • sont pris mot pour mot du 7* jour de la Semaine.

(S) Cette rime et d'autres analogues sont fréquentes dans Du Bartas, il donnait à l'u la prtnonciation de la dipbthongue m. Une antre licMCt qu'il se permettait aussi volontiers, c'était d'adoucir la prononciation d'une syllabe par le retranchen>ent d'une consonne dure; ainsi il rina infecte atec prophète ^ Greet atec eacrez, enbhCf qu'il écrit en blot atec mot, 11 est trai qu'il emploie même en prose cette dernière expression.

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dé gnerre^ un soldat, dans ces temps de licence et de désordies , consacrer saMaseàrédiÛcatiun des familles, tandis qae des dignitaires de TEglise, des abbés, desévèques, ne célébraient dans leurs chants lascifs que la glorification des vierges folies?

Il ne reste rien des Essais profanes de Du Bar tas. Il préluda, dans sa nouvelle voie, par le poëme de Judith, Thérolne de Béthulie. Le sujet lui en avait été donné par la reine Jeanne d'Albre t. Les critiques ont eu tort de reprocher à l'auteur de n'avoir fait que mettre en vers le récit de la Bible. «Je n'ay pas tantsuyvl, dit il dans sa préface, Tordre ou la phrase du texte de la Bible, comme j'ay lasché (sans toutesfois m'es* longner de la vérité de l*hlstoire) d'imiter Homère en son Iliade, Virgile en son JEnéiûe , et autres qui nous ont laissé des ouvrages de semblable estoffe. » Que l'imitation soit faible, tout le monde en conviendra; maison ne peut cependant s'empêcher de reconnaître avec M . Sainte-Beuve qu'i 1 s'y «remue par accès un certain souffle héroïque. » Au Jugement de Scaliger, Du Bartas imita le style de Lucain : féliciter assurgil^ dit-Il^ sed sœpius duriusculas (Scaligenma). Dans ce poème, de même que dans ceux qui l'ont salvl^ Da Bartas a réussi autant qu'il le pouvait avec notre langue poétique, telle que Ronsard et son école l'avaient faite. On a beau être riche^ quand o(I n'est velu que d'oripeaux, il n'y parait pas, et surtout en France où la forme, la manière, les deliors, le style sont presque tout. C'est pourcela que nous voyons mourir, d'un siècle à l'autre, tant de nos célébrités littéraires. Sbakspeare,Millon seraient certainement morts parmi nous, Boileau ou Voltaire les eussent enterrés.

Quel ne devait pas être le malheureux sort de nos écrivains alors que la langue n'était pas fixée ! Si Du Bartas ayait eu à sa disposition la langue abondante et harmonieuse d'Homère ou de Virgile, il est certain que ses poésies feraient encore lues. Aussi n'est-ce pas iil regard del'lliade ou derEnéi4e(]^u'il

faut placer le poème ûe Judith ou celui de la Semaine pour en juger avec im-

. partialité, mais des traductions qui ont été faites de ces poèmes dans le xvi* siècle, et l'on se convaincra facilement que, comme écrivain et comme poëte^ Du Bartas était bien supérieur et à Salel, et à Certon, et à Des Masures, elc. Si ces quatre renommées se sont éteintes, ce n'est pas qu'ils aient manqué de talent, c'est que la langue dans laquelle ils se sont exprimés n'est plus parlée depuis longtemps , c'est qu'elle n'est plus comprise. La plus noble pensée perd à être présentée sous un accoutrement ridicule. Il n'y a pas de poésie burlesque, et le suranné dans le langage est presque toujours burlesque.

Si la réputation de Du Bartas ne s'est pas soutenue, ce sont donc les progrès de la langue qu'il faut en accuser. Cela est si vrai que ses poèmes, dont la lecture est si fatigante dans l'original, se lisent encore avec intérêt dans les traductions qui en ont été faites.

Du Bartas n'aurait- il eu que ce mérite d'avoir cherché à élever le ton de la poésie française, que l'on devrait lui en avoir de la reconnaissance. Il se fit le champion de la réaction huguenote contre la dépravation du siècle. «Et que si tune loués ni mon style, ni mon artifice, disait-il à son lecteur, pour le moins seras-tu contraint de louer mes

'honnestcs eflbrts, et le saint désir que j'ai de voir à mon exemple la jeunesse françoise occupée à si sainct exercice.n Ce poème de Judith a^ant été mis au jour peu après la Saint -Barthélémy, ou ne devait pas manquer d'y voir une menace du parti huguenot. Du Bartas s'en défend et se déclare hautement partisan de la doctrine chrétienne, alors si universellement reçue et aujourd'hui si généralement décriée, de l'entière soumission aux puissances établies, au moins dans les choses temporelles.

0 Ceux-là, dit-il, me font grand tort qui pensent que. .. je me suis rendu volontaire avocat de ces esprits brouillons et séditieux qui, pour servir à leurs pasf (008, témérairement, et d'un mouve-^

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ment privé, conjurent contre la vie deff princes qni, pour leurs cruautez, exactions insupportables, et desbordemens domestiques, se sont comme dégradez davénérableet sacré tiltre de royauté.»

U n'admet d'exception que pour ceux qui, comme Judith, ont reçu de Dieu « une claire et indubitable vocation; » ce qui revient à dire, pour ceux qui réussissent. Du reste, il convient que c'est là une question trop abstruse pour son faible entendement, et « il la renvoyé à ceux qui ont employé beaucoup plus d'buile et de tems à feuilter les volumes sacrez, qu'il n'avoit fait pour encore. »

Dans tons ses écrits. Du Bartas se montre un chrétien zélé, plein de Toi et de charité, aimant la concorde, haïssant la dispute, évitant avec grand soin toute espèce de provocation ; il désire voir les controverses de religion u nonfeulement du tout esteintes, ains mesmes ensevelies sous un éternel oubli. » Aussi ses Œuvres purent-elles paraître avec l'approbation de la Sorbonnc, et même en Italie, dans les Etats du pape, la traduction italienne du poëme de la Semaine fut approuvée par les autorités ecclésiastiques.

Kienne prouve que Du Bartas ait pris une part active à nos premières guerres de religion. En tout cas, les exigences du service militaire ne le détournèrent pas du culte des Muses. Quelques années seulement après la publication de son premier recueil, il flt paraître sa Semaine, magnifique poëme où des beautés du premier ordre rachètent amplement les défauts de goût qu'on y relève. Cette opinion paradoxale qui est la nôtre, nous aurions hésité à la produire, si nous n'avions eu pour nous mettra à couvert l'autorité d'un grand nom .Voici le jugement qu'en porte Goethe. «La juste appréciation, dit le grand écrivain, de ce qui doit plaire en tel pays ou à telle époque , d'après l'état moral des esprits, voilà ce qui constl'* tue le goût. Cet état moral varie tellement d'un siècle et d'un pays à un autrè| qu'il en résulte les vicissitudes le^

plus étonnantes dans le sort des pro* ductions du génie. J'en vais citer un exemple remarquable. Les Français ont eu, au XVI* siècle, un poëte nommé Du Bartas, qui Tut alors l'objet de leur admiration. Sa gloire se répandit même en Europe,etonletraduisiren plusieurs langues. Il a composé beaucoup d'ouvrages en vers héroïques. C'était on homme d'unenaissance illustre, de bonne société, distingué par son courage, plus instruit qu'il n'appartenait alors à un guerrier. Toutes ces qualités n'ont pu le garantir de l'instabilité du goûl et des outrages du temps. Il y a bien des années qu'on ne le lit plus en France^ et si quelquefois on prononce encore son nom, ce n'est guère que pour s'en moquer. Eh bien ! ce même auteur maintenant proscrit et dédaigné parmi les siens, et tombé du mépris dans l'oubÛ, conserve en Allemagne son antique renommée; nous lui continuons notre estime, nous lui gardons une admiratioà fldcle, et plusieurs de nos critiques lui ont décerné le titre de rot des poëtes français. Nous trouvons ses sujets vastes, ses descriptions riches, ses pensées majestueuses. Son principal ouvrage est un poëme en sept chants sur les sept jours de la Création. Il y étale successivement les merveilles de la nature; Il décrit tous les êtres et tous les objets de l'Univers, à mesure qu'ils sortent des mains de leur céleste auteur.

Nous sommes frappés de la grandeur et de la variété des images que ses vers font passer sous nos yeux ; nous rendons justice à la forée et à la vivacité de ses peintures, à l'étendue de ses connoissances enph\sique, en histoire naturelle. En un mot, notre opinion est que les Français sont injustes de méconnaître son mérite, et qu'à l'exemple de cet électeur de Mayence qui fit graver autour de la roue de ses armes sept dessins représentant les œuvres de Dieu pendant les sept jours de la création^ les poëtes français devraient aussi rendre des hommages à leur ancien et illustre prédécesseur, attacher à leur cou son portrait, et graver le ohlflk^dé son

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nom dans lenrs armes. Pour prouver à mes lecteurs que Je ne me joue point avec des idées paradoxales, pour les mettre à même d'apprécier mon opinion et celle de nos littérateurs les plus recommandables sur c« poète Je les invite à relire > entre autres passages, le commencement du 7«cbant de sa Semaine :

Le peintre qui, tirant un diters paysage, etc.

«Jeleur demande, continue le critique après avoir rapporté le morceau, s'ils ne trouvent pas ces vers dignes de figurer dans les bibliothèques à côté de ceux qui font le plus d'honneur •nx muses françaises, et supérieurs à des productions plus récentes et bien autrement vantées. Je suis persuadé qu'ils joindront leurs éloges à ceux que Je me plais ici à donner à cet auteur, l'on des premiers qui aient fait de beaux vers dans sa langue, et je suis également convaincu que les lecteurs français persisteront dans leur dédain pour ces poésies si chères à leurs ancêtres, tant le goût est local et instantané (?), tant il est vrai que ce qu'on admire en deçà du Rhin, souvent on le méprise au delà, et que les chefs-d'œuvre d'un siècle sont les rapsodies d'un autre. » Que ce soit là, comme le craint M. Sainte-Beuve, a le dernier coup de fortune » que notre poète puisse espérer, cela se peut, mais il est assez beau pour qu'il s'en contente. Quand on a été admiré par Ronsard, par le Tasse, par Milton, par Gœlhc, on peut se consoler de ne pas être goûté par tout le monde. Simon Goulart ra{)porte co mot de Ronsard, que Du Bartas avait plus fait en une Semaine que lui en toute sa vie; tandis que dans l'opinion de Du Bartas lui-même, sa Semaine « marchoit mille pas après la Franciade. » La modestie l'aveuglait autant que d'autres sont aveuglés par leur présomption. Quant au Tasse, lepoémedelaSeroaine lui suggéra l'idée d'un poème semblable, la Création du Monde en Sept Jours, qu'il laissa inachevé; et miion, au rapport de Hallam, ne dédaigna pas «de ramasser des perles

au milieu de ce fatras de mauvais goût et de mauvais style (la traduction de Silvester»). Mais ce qui parle encore plus haut que toutes les appréciations individuelles, ce sont les traductions qui ftirent faites de ce poème dans toutes les langues de l'Europe. Nous ne possédons pas dans notre littérature d'autre ouvrage qui ait joui de cet honneur, pas même ceux dont la gloire vivra éternellement. 11 fut traduit en latin, en anglais, en allemand, en suédois, en italien, en espagnol, comme on eût fait pour un des chefs-d'œuvre de l'antiquité.

Le magnifique panégyrique de Gœthe aura au moins ce résultat de rendre nos critiques plus réservés. Autrefois on passait Du Bartas sous silence dans l'histoire de notre littérature ; on le citait à peine pour mémoire. Mais aujourd'hui on se croira obligé, je ne dirai pas de le lire, mais d'en dire au moins quelques mots. M. Sainte- Beuve fait exception, il a consacré à Du Bartas une notice bien étudiée, et oh il lui rend Justice. (( On ne peut nier, dit-il, que la Semaine ne justifiât ce premier enthousiasme par un certain air de grandeur, par des tirades éloquentes et aussi par la nouveauté bien réelle du genre. La poésie dévote du moyen âge était dès longtemps oubliée,la Renaissance avait tout envahi; les seuls Protestants en étaient encore aux maigres psaumes de Marot. Voici venir un poète ardent et docte, qui célèbre l'œuvre de Dieu, qui racontera sagesse de l'Eternel et qui déroule , d'après Moïse, la suite et les beautés de la cosmogonie hébraïque et chrétienne. Ce que Parménide, Empédocle, Lucrèce et Ovide lui-même ont tenté chez les Anciens, il l'ose à son tour, et en des détails scientifiques non moindres ; mais toute cette physique se relève d'un sentiment moral animé, d'une teinte biblique et parfois prophétique qui passe comme l'éclair à travers les éléments. — Le malheur de Du Bartas est qu'il gâte cette élévation naturelle de ses pensées^ cette noblesse de ses

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descriptions par des traits burlesques^ par des expressions déplacées et de mauvais goût (même pour son temps), dont il ne sentait pas le léger ridicule.» On peut dire en toute vérité que pour la noblesse , l'élévation , l'ampleur du style, la richesse, la variété des images^ Du Bartas n'a pas eu de rival dans son siècle. Ronsard lui-même n'en approche pas. On rencontre à chaque page de ses œuvres d'excellents vers qui n'ont pas vieilli, des vers frappés au coin de nos maîtres. Pour ce qui est de ses défauts, il les partage avec les écrivains de son siècle. On lui a re* proche avec raison ses créations de mois. Mais on oublie qu'il pouvait se prévaloir en cela des autorités les plus respectables. Joachim Du Bellay consacre tout un chapitre de sa Défenscet Illustralion de la langue françoisc à Tinvention des mots, a Vouloir oter la liberté à un sçavant homme, qui voudra enrichir sa langue, d'usurper quelquesfois des vocables non vulgaires, ce seroit restraindre notre langaige, non encor' assez riche, soubz une trop plus rigoreuse loy que celle que les Grecz et Romains se sont donnée. — Ne crains donqucs, poète futur, d'innover quelques termes, en un long poème principalement, avec modestie toutesfois, analogie et jugement de l'oreille, et ne te soucie qui le treuve bon ou mauvais^ espérant que la postérité l'approuvera, comme celle qui donne foy aux choses douteuses, lumière aux obscures, nouveauté aux antiques, usaige aux non acoutumées, et douceur aux après et rudes. » Tels sont les principes dont notre poète fut nourri.

Un bd esprit, coDdQit d*heiir et de jugement. Peut donner pâ8se-p«rt aax mois qui frescbement Sortent de sa boutique : adopter les estranges, Enter les sauTageons, rendant par ces meslangei Son oraison plus riche : et d'an esroail diTOrs Riolant sa parole, ou sa prose ou ses vers.

Non-seulement les poètes usaient sans scrupule de cette licence, mais les prosateurs eux-mêmes, ceux surtout qui avaient quelque originalité. Montaigne ne s'en fait pas faute. Au jugement de ee profond penseur, « le maniementet

employte des beaux esprits donneprix à la langue, » cependant il ajoute avec beaucoup de sens: «non pas l'innovant, tant comme la remplissant de plus vigoreux et divers services, l'estirant et ployant; ils n'y apportent point de mots, mais ils enrichissent les leurs, appesantissent et enfoncent leur signification et leur usage , iuy apprennent des mouvements inaccoutumez, mais prudemment et ingénieusement. » Et il blâme ces écrivains, de son siècle, à qui a il ne chault de l'efficace, pourvea qu'ils se gorgiasenten la nouvelleté,»

et qui « pour saisir un nouveau mot, quittent l'ordinaire, souvent plus fort et plus nerveux. »

Cependant on aurait tort de croira que dans ses formations de mots Du Bartas fut toujours mal inspiré. Nous en citerons quelques-uns que l'usage aurait pu consacrer. Sceptrer pour donner le sceptre (Qui sceptre les pasteurs et desceptre les rois) ; enthroner pour mettre sur le trône (Qui les pasteurs enthrone et déthrone les rois) ne nous choqueraient pas. Les mots de fuitif pour fugitif, odoreux pour odorant, dormars pour dormeurs ( — la nécessité, mère antique des arts Et res veillematin des plus oisifs dormars] nous semblent très-expressifs. Nous aiccepterions aussi volontiers martyrer pour martyriscr^les simples «an^Janter pour ensàï\g\anier, sembler pour ressembler, et surtout la charmante expression de sepaonner (Adam qui vient de mettre son premier vêtement a se paonne,'s6 remire en son ombre), bien préférable à se pavaner. Mais nous ne recommanderions pas les barbarismes (onnerreuXy tonnerreusement, murmu" ranlementj sifflantement, les oiseaux charoDgnicrs , pour vivant de charognes, les cerfs aux pieds venteux pour agiles comme le vent,les ruisseau x gargouillans, le soleil qui t;en(ouse la terre, c'est-à-dire qui pompe les vapeurs, le ventelet qui murmure frahchelet, et une foule d'autres.

Un autre écueil que Du Bartas ne sut pas toujours éviter, c'est celui que

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lai préaentait la formation d'épithètes composées, innovation dont il n'est pas Tanteur, comme on semble le croire, mais qu'il apprit à Técole de Ronsard.

Avant même Ronsard, Du Bellay avait recommandé « d'amplifier la langue Irançoyse par l'immilalion des anciens aacleurs grecz et romains. » Ce serait aller trop loin que de prétendre que le génie de notre langue s'oppose à ces aortes d'épithètes, il s'agissait seulement d'en faire un usage judicieux, et Du Barlas lui-même reconnaît avec modestie qu'il a abusé de la permission. Après avoir dit pour sajusliflcationqu'une épitliète composée lui épargne souvent « tout un vers et quelquefois mesme deux, » il confesse qu'en sa première Semaine ces épiphètes sont souvent «fortépaisses,» cependant il ajoute «que lea sçavans lui font entendre que si on les veut bien et soigneusement examiner, on en remarquera fort peu d'oisifs : de quoy tous les poêles qui sont renommez ne se peuvent pas vanter. » Ces sçavants l'abusaient certainement, personne n'approuvera les vers suivants :

Je te salae, 6 terre, A terre porte- graiDS, Forte-or,porte-santf,|K>rte-babit8,porle-huinain8, Porte-fraietSy porte-tours, rondo» belle, immobile, rallente, diTorse, odorante, fertile, Tettoe d*un maiiteau tout damassé de fleuri, de flots, bigarré de couleurs.

Le Soleil «chasse-ennuy, cbassedfieil, chasse-nuict, chasse-crainte,»

—«Et Phœbé verse-froid, verse-humeur, borne-mois,» ne satisferont pas davantage. Il est toujours de mauvais goût û' ampli fier ymétae une licence permise. Mais les expressions suivantes Torgueil hausse-sourci ;VEii\\ey monstre blesse- honneur ; Jupiter donnehiens, chasse-matix ; Apollon donnehonneurs ; l'ancre arrête-navire , etc., trouveraient grâce peut-être auprès d'un critique indulgent. Il en serait difficilement de même du Père roule-del^ du Soleil guide-dance, des Géants (ertà^nezy du pié-viste chevreuil et du cerf pié-soudain, etc.

Du Bartas n'est pas toujours beuren^noQ plu8,danslecboixde ses mé-

taphores, il tire ses comparaisons de trop bas. Ainsi il tombe dans le burlesque lorsqu'il dit a que Phœbus s'atiffa d'une perruque blonde » , que Dieu siringua l'espritqui anima le chaos, que de mille couleurs il camelote les prés, que l'œil du chrétien prend la foi pour lunettes y qu'un capitaine mesure une muraille de Vaulne de son œil ; lorsqu'il parle du perrugu^ Soleil, des c/ot» d'or du firmament, des célestes chandelles, des monts enfarinez d'une neige éternelle, de la tristesse qui becqueté, du souci amoureux qui pincète le cœur, etc. C'est ce qui fait dire à Du Perron que rélocution de notre auteur «est impertinente en ses métaphores qui pour la pluspart ne 9e doivent prendre que des choses universelles, ou si communes qu'elles aient passé comme de l'espèce au genre, comme le soleil. »

(Perroniana) . Cependant nous ferons remarquer que la bassesse de la comparaison n'est pas toujours une raison d'exclusion aux yeux de ce tyran capricieux qu'on appelle l'usage. Ne dit-on pas: pétri de fiel, d'orgueil; un cœur ulcéré ; ivre de sang ; soilZ de musique; le vent , la neige fouette ; le fléau de Dieu ; le marteau des hérétiques ; se coiffer d'une opinion, etc., etc., toutes expressions qui ont dû paraître bien hasardées et quefusage nous a rendues familières. Nous n'affirmerions pas que, le romantisme aidant, on n'en revint aux monis en farinés et aux célestes chandelles.

Une innovation qui est propre à notre poète, croyons-nous, c'est le redoublement de la première syllabe de certains verbes « pour en augmenter la signification et représenter plus au vif la chose» . Dans un ou deux cas, cette étrangeté a assez bonne grâce, parce que le verbe étant monosyllabique, on croit à une simple répétition du mot.

La Peur à qui ba-bat incessamment le fl«ne« Mais le cœur de Judil qui sans otsêt ba-bal .

Mais nous abandonnerions à la critique la ba branlante escbine du dauphin, le flo flottant séjour de Neptune, les lou^ou/^ntes voiles des vaisseaux.

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le feu pe^tiUant, etc. Cela pouvait être fort beau en grec. Nous lui concéderions du même coup toutes les excentricités d'harmonie imitative de notre poète, telles que cette peinture de Talouette queJ.-B. Rousseau lui a enviée:

Lt genlile aloaëie avec md lire-lire Tire rireaoi fuchez: et d'une lire tire Yen le pôle brillant.

Et cette bypotypose ou le tonnerre

Mamolone, grondant, la nne qnl le presse : Canonne, tonne, esionne et d'un long roulement Irè fait retentir le Tenteax élément.

On cette autre où il nous peint uneFnrie qui

dans la ehartre horrible Imyanl, eoorant, errant, terrible, horrible, rible.

Ce dernier trait le cède cependant encore à ce coup de pinceau donné à sa belle description du cheval (t] :

Le ehamp plat bat, abat: deslrape, grape, attrape I<e tent qui va derant.

En voilà bien assez pour faire comprendre que Du Bartas eût tenu convenablement sa place dans la célèbre Pléiade. Il en eût été le poète héroïque.

Après avoir mis en lumière les ombres du tableau , il est Juste de citer quelque morceau propre à donner une idée plus favorable du poète. Nous l'emprunterons au 3«jourde la Semaine.

0 troii et quatre fois heureux eil qui s'esloigne Des troubles citadins; qui, prudent, ne se soigne Des emprises des rois : ains serrant à Gérés ReoMie de ses bœufs les paternels guérels. La Tenimeu^e dent de la blafarde envie, Kl l'avare souci ne Iraraillent sa rie. Des bornes de son rhanip son désir est borné : n ne boit dans l'argent le philire forcené ▲n lieu de vin grégois, et parmi l'ambrosie Ne prend dans un plat d'or l'arcenic oste-vie. Sa main est son gobeau, l'argenté ruisselet Son plus doux hypocras, le fromage, le laict, £t les pomes encor, de sa main propre entées, A toute beere Iny sont sans aprett apprestées.

Nous ne pensons pas que Virgile luimême eût pu faire mieux dans notre langue, à quelques taches près. Selon nous, un grand mérite de Du Bartas,

(i) Nous éprourerions quelque pndeorà reproduire ici Tabsurde anecdote imaginée, je crois, par Nandé. Il ne faut pas que la bêllM devienae «a brerel de longée Tie.

C'est d'avoir su allier, de la manière U plus heureuse , à la cosmogonie des Chrétiens la mythologie des Anciens, si riche, si animée, si vivante. Pour être poétiques, les forces de la nature veulent être personniOées, et nous ne croyons pas que les auges, ni les archanges , ni Satan lui-même puissent convenablement remplacer les divinités de la Fable. Le tout est d'en user, comme notre poète Ta fait, avec discernement. Cependant les critiques ne loi ont pas été épargnées, et même, en bon chrétien qu'il est, il se sent tout porté à faire amende honorable, a Les autres, dit-il, voudro lent que ces mots de Flore, Amphitrite, Mars, Vénus, Vulcain, Jupiter, Pluton,etc., fussent bannis de mon livre. Ils ont de vray quelque raison ; mais je les prie considérer que je les ay clalr-semez. Et quant J'en use, c'est par métonymie, ou faisant qu( Ique allusion à leurs fables : ce qui a esté pratiqué jusqu'à présent par cens qui nous ont donné des poèmes chrestiens.

La poésie e&t de si long temps en saisine de ces termes fabuleus qu'il est impossible de l'en déposséder que pié à pié. Je lui ai donné les premiers assauts ; quelque autre viendra qui lui fera quitter du tout la place : et interdira, comme parlent les jurisconsultes, à ces monst reuses bourdes et Tean et le feu. » Je le demande, quel eei le juge assez peu sensible aux charmes de la poésie qui trouverait à reprendre à cette peinture des terreurs d'Adam après k chute :

Las ! qaels spectres bideax? quels phantosoief

[horribles?

Quels tonnerres? quels cris? quels bu rlemenster-

[ribles?

Sttis-je pas ser le bord do breyant Phlégéton? Tisipbone, Mégère et toy trif>le Alecton, Qucllan [laon] tous fait quitter les antres effroyel)e l'Enfer ténébreux? Monstres abominabl«s,[bles Mini.Htres de Pluion au renfrongné sourry, 0 filles de U Nuict que faictes-vous icy ?

Ce n'est pas Boileau ni Voltaire qui eussent bl&mé Du Bartas, car ces grands maîtres senlalent mieux que personne que, sans les ornements de la Fable, « La poésie est morte ou rampe sans vigueur. » A la faveur de la réactipn re-

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Ugiense, le poème de la Semaine eut on succès immense. Quatre ans après sa publication, l'auteur en revoyait la \T édition. On en compta par la suite Jusqu'à 50 éditions dans tous les formats, depuis l'in-fol io Jusqu'à riu-32.

Un tel succès est unique dans les annales de notre littérature ; il ferme la bouche à toutes les critiques.

Bu Bartas était à la cour de Nérac lorsque Catherine de Médicis amena sa flUe Marguerite à son inconstant époux le roi de Navarre (1 579) . il dre^saà cette occasion un petit poème en patois gascon pour l'accueil de la reine.Trois nymphes. Tune latine, l'autre françoise et la troisième gasconne, débattent, chacune dans sa langue, à qui reviendra l'honneur de saluer Sa Majesté. A la fin, la gasconne l'emporte : c'étolt de droit. Cédons^ lui dit la nymphe françoise,

— Le Gucon a h teste si Terie Oa*U Tient le plus soateot des paroles aax nains.

Dans la même année. Du Bartas dédia à la reine une édition de ses œuvres. Il lui disait, dans un langage qui aemble emprunté à la fameuse dédica^ cède Laurent Jouberty qui parut aussi vers ce temps, qu'il en était encore» es angoisseuses tranchées de l'enfantement, » lorsque, par le conseil de monseigneur de Pibrac, il avait Jeté les yeux sur elle a comme sur sa favorable Lucine. » Ce n'était là sans doute que l'hommage obligé d'un sujet.

Qu'est-ce que i/or^ot pouvait avoir de commun avec les chastes inspirations du poète? 11 en coûte toujours d'approcher les Grands. Aussi en plusieurs endroits de ses écrits. Du Bartas déplore la misérable condition des courtisans.

Son ambition à lui n'allait pas au delà de ce qu'il possédait. Puissé-je, s'écriait-il,

Puisse je, d Toul-paissant, inconnu des grands lies solitaires ans achoTer par les bois : [rois, Mon estang soit ma mer, mon bosquet mon Ardene : La Gimone mon Nil, le Sarrampin ma Seine : Mescbantros et mes laihs les mignards oiselets : Mon cher BarUs mon LouTre : et ma Cour mes

[taJets :

Co sans nul de^lourliier &ibien ton les j'entonne, Q«e la race future à bon droit s'en étonne.

Et ce cri du poète partait du cœur.

Il aimait la paix des champs , il haïssait le métier des armes , il gémissait sur DOS discordes civiles. La guerre un moment assoupie n'avait pas tardé à se rallumer. Mais cette fols ce n'était plus sous la bannière de la Foi que les partis allaient combattre. Le vertueux Du Bartas fut-il condamné à prendre part à la honteuse guerre des Amoureux? Nous le craignons. La paix qui suivit le traité de Fleix (1580) lui en parut d'autant plus précieuse ; il la célébra dans une hymne éloquente :

Saincte fille du Ciel, I)ées&o qui rameineii L'antique siècle d'or, qui belle rassereines L'ar trouble des François, qui faisrirenos champs, . Uniqoeespoir des bons, juste effroy des meschans, . Tierge, depuis vingt ans, aux Gaules incognue, OPaix, heureuse Paix, tu sois la bien-Tenue. Voy comme à ton retour ceux quide^ja poussoient Leurs eseumeux chevaux, et forcenés baissoyent Léon boys pour se chocquerjettentaux pies leurs

[armes, Etd*aise transportez s'entrebaigneut de larmes.

[etc. (1).

Ne soyons pas injustes; pourrait-on trouver un pins noble langage dans toute notre littérature classique?

Du Bartas ne s'endormit pas dans sa gloire. L'encens qu'on lui prodigua n'eut pas pour effet de l'enivrer ou de l'assoupir. 11 conçulleplan d'un vaste poème qui devait être comme l'épopée du genre humain, et auquel il donna le nom de Seconde Semaine, semaine mystique divisée en Journées mystiques, dont il avait, dit-il, emprunté l'idée à St-Augustin dans sa Cité de Dieu. Du Bartas ne publia lui-même que les detix premiers chants de ce poème, contenant l'Eden, i " jour, et TArche, 2« Jour, chacun divisé en quatre parties. Ce fragment n'est pas moins étendu que tout le poème de la Semaine. Il parut en 1584. On remarque dans ce poème les mêmes beautés et les mêmes défauts que dans ses aînés. Cependant l'auteur prétend qu'il a été plus sobre dans ses créations de mots, a Vraiment Je n'ay point souvenance, dit-il, d'avoir en toute ceste œuvre

(1) Ces beaux vers sont reprodoiu dans un des chants de la Seconde Semaine, au commencement de la 4* parUed« i«r i^ir, Intitalée kiArtifictt.

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dernière donné lettres de naluralité à pas nnmot eslranger. — Seulement ay- Je fait de quelques noms qui sont vraiment franco is^ des verbes^ comme de limaçon^ Ilmaçoner, de Daîdale^ dœdaler^ etc. p Ces ciioix ne nous paraissent pas propres à justifier la liberté qu'il a prise. On pouvait s'en passer.

Mais ne faut-il pas permettre quelques faiblesses^ même au génie, a Lisant mon llvre^te souvienne, disait le petite à son lecteur, que Je suis bomme, voire des moindres hommes ; et par conséquent sujet à beaucoup d'inflrmités et ignorances. » Quant à ceux qui lui reprochaient de n'avoir pas suivi les règles d'Arislote et d'Horace, il leur répond que« sa Seconde Semaine n'est (aussi peu que la première) un œuvre purement épique ou héroïque, ains en partie héroïque, en partie panégyrique, en partie prophétique, enpartie dldascalique. Ici je narre, dit-il, simplement l'histoire; làj'émeu les affections : ici J'invoque Dieu; là je luy en ren grâces : ici je luy chante un hymne, et là Je vomi une satire contre les vices de mon âge : ici j'inslrui les hommes en bonnes meurs, là en.piété : ici je discours des choses naturelles, et là je loue les bons esprits. Que donques en une si grande nouveauté de sujet poétique, une nouvelle et bisarre (puisqu'ils le veulentainsi nommer) méthode me soit permise. »

Ce poëme n'eut pas moins de succès que le précédent. Mais il resta inachevé. Les maladies elles tribulations de la vie vinrent se joindre aux fatigues de la guerre pour empêcher Du Bartas de terminer son œuvre. En plusieurs endroits, il se plaint d'avoir vu s'éteindre son feu poétique : Si vous ne coules plus, ainsi que de coutume, et sans peine et sans art, dit-il à ses vers :

Accnsez, d gaincts ters, le £ouci meroager Dont la dent nuîct et Jour commence k me ronger : Accusez la douleur de mes pertes nooTelles : Accusez mt» procès, accusez mes tmlèles.

Et ailleurs, après avoir fait l'cnumératioudes principales maladies dont l'humanité est afDigée, il prend la flè-

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vreàpartieet loi jettecetteapostropbe :

Je te doy bien conoislre, d masUne traîtresse, Payant dedans mon cœur quatre ans enpoarhos- S i que je port? encor de tes pi us grands effors [tesse. Les marques dedans l'ame et les traces aa corpt. Car outre que det^ja tu m'as succé, emelle, £t des veines le sang et des os la moelle. Je sen de mon esprit esteindre la terta, L*eatottsiasme engourdi, le trenchant rabatu ; £t ma mémoire encor ei-devant telle quelle Semble, d juste doalear, k Tonde dans la quelle Un traie test aussi tost effacé que tracé. J*ay presque tout perdu mon estade pusè :

Et c'est pourquoy maugré mon plus soigneii Mes vers sont devenus fiÔTrenx parhabitnde,[lode. Vers tantost animez d'une divine ardeur, £t tantost frissonnans d'une indocte froideur.

Après la mort du poëte, on trouva dans ses papiers plusieurs parties de la 3« etdeia4« Journée, déjà achevées, qui furent jointes à ses œuvres.

La grande réputation dont Du Bartas Jouissait, même à l'étranger ou les traductions de son poëme de la Semaine l'avaient fait connaître, le désigna an choix de son souverain, Henri de Na^ varre, qui lui donna diverses missions deconfiance(t),et entre autres, auprès du roi d'Ecosse. Henri de Sponde l'accompagna dans cette dernière ambassade, sans doute en qualité de secrétaire. Quel étaitle but de cette mission? Etait-ce, comme on l'a dit, pour faire agréer au jeune monarque le refus que lui faisait le roi de Navarre de la mafn de sa sœur? Dans ce cas, cette mission aurait eu lieu en 1 586, et ces paroles do l'historien de Thou qu'il y avait peu de temps qu'il était de retour de son ambassade lorsqu'il roourut,ne s'y appliqueraient pas facilement. Quoi qu'il en soit de cette difliculté, Jacques accueillit Du Bartas avec beaucoup d'affabilité. Il y eut même entre les deux poêles — car le roi cultivait les Muses latines — assaut de courtoisie. Après avoir célébré dans un de ses chants la gloire de Saloaioii , Du Bartas ajoute par un rapprochement flatteur que« à l'exemple de la reine de Soba, il était

(1) On Toil par une lettre da roi de Navarre, insérée dans le recueil des Lettres missiTes, qu'en 1580» ce prince le chargea d'une missicn ■ atprés de son coosin M. de )ft>ntmonwcy. »

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allé en Ecosse attiré par la renommée du prince. Et quel n'avait pas été son étonnement ?

O miracle da monde ! d Roy dn ciel esleu Poar faire on grand chef-d'œaTre ! à desPrin(*e8

[la gloire !

raiTeutantique mon ame Ikmon œil ne peut croire: UncerteantoutchenQ an cherd'an joaTenceaa,elc.

Pour honorer son liéte, Jacqoes traduisit, dit-on^en vers latins un des chants de la Semaine, et de son celé, Du Bartas répondit à cette gracieuseté du monarque en mettant en vers français un poëtae que ce prince avait composé pour célébrer la victoire de Lépante.

Au rapport de quelques biographes, Du .Bartas aurait aussi été chargé d'une mission en DanemariL. Mais nous n'en comprendrions pas le motif, et nous soupçonnons quelque méprise. Si son ambassade en Ecosse avait eu lieu sur ia fln de 1589 — ce qui s'accorde mieux avec les paroles de Thistorien de Thou — voici par quel détour nous chercherions à expliquer cette prétendue mission en Danemark. Supposition du reste purement gratuite, il se pourrait qu'à son arrivée en Ecosse, le roi étant absent — dès le mois de novembre, il avait pris la mer pour aller à k recherche de sa jeune épousée, Anne de Danemark, que des vents contraires retenaient sur les cétcs de Norwège, — il se pourrait disons-nous, que, pour remplir sa mission, Du Bartas se fût décidé à aller joindre le monarque en Danemark ou il se trouvait dans les premiers mois de 1 590. Mais, nous

(1) Après une longue ènumération de ses rer- Itty bu Bartas disait en «'adressant aai Ligueurs :

X'albéisme en son caur il ne couye, bigot : n est chrestien monarque, il est pi ince dévot : Il croit qa'atee le kict de sa chère nourrice. Il a sncce de Dieu ie réforme serrice. Mdis II n*est partial, escervelè, testu : Et si le temple sainrt. à peu près abitu Par nos profoues mains, par nos plumes maUnety finperbe, doit un jour reparer ses ruines; £t si l'Eglise encor doit espérer jamais Vn estât bien-heureos, une profimde paix, Sans doute ce sera sous un prince si Tuide B^engle passion.

Xe poëte ne pretientait pas Tédifianle comédie ^1i Saltkt-Benis.

le répétons, on ne sait rien à ce sujet. Du Barlas continua à servir de sa plume et de son épée la causo de Henri IV. Son dernier chant fut un Cantique sur la victoire d*Jvry. On dit mémo qu'il prit part à cette brillante journée ; les détails circonstanciés dans lesquels il entre tendent à le faire supposer. Mais il n'eut pas la satisfaction de voir son cher héros (1) élevé sur le pavois; il mourut bienlôt après avoir fait entendre son chant du cygne, dans sa 4G« année.

De sa femme, Catherine de Marias (2), naquirent deux tils (une épigramme de J,de Chandii'u sur la mort de leur père nous en lévèlc l'existence sans nous faire connaître leurs noms) et au moins deux filles : !<> Anne (? ) (que nous avons dit à tort flUe unique, d'après les généalogistes) ; elle épousa N. Du Faur^ flls du chancelier de la reine de Navarre ; une de leurs flUes, Anne, fut unie en mariage à Barthélémy de Frère (serait-ce Defrèze?), sieur de Hardosse^ et eut un flls^ Corioïan de Frère-de-Saluste-Du- Bartas , marié , en mai 1657 dans l'église deCharenton, avec Henriette Carré, Olle de feu Moïse Carré, médecin du roi, et de Susanne de Normandie ; — 2® Isabeau, mariée, en 1 603, à Jonathan de Preissac, et morte avant 1 624 .

Notice bibliographique.

I. La Muse Chrestienne, Bordoûux, Symon Miianges, 1574, in-4». — D'après La Croi\-du-Maine,on trouve dans ce recueil la Judith, le Triomphe de la Foi , VUranie et plusieurs Sonnets [sept]. Du Verdier y ajoute à tort le Poëiiie dressé pour l'accueil de la reine de Navarre, qui ne fut composé qu'en 1579. Un des sonnets, adressé à Florimond de Rœmond, conseiller au parlement de Bordeaux, nous donne quelques détails sur la vie de l'auteur. Nous le rapporterons :

(Q| M. de VilleneuTO (Hist. de Nérac) l'appelle Defri ze^ et prrtend que Du Bartas tenait d'elle le chftican de Hardosse, où, selon lui, il rnmposa M première Semaine. Danf ce cas, il eût été marié deux (oit.

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Mon cher Rémond qui lais deitremenl mariw Lftlire dePhpbas ans textes de S^évole, Tb t'enqnif rs al depuis qne j*ai quitte l'érole, J'ai suivi le barreau ou bien le train g:uenrier7 .

La tente des étais, le mépris couiumier De la sainte Thémis qui de çi-bas s'envole. L'horreur du fer civil qui notre Prani^e affole, M*ont fait tant dédaigner l'un et l'autre métier,

Que loin d^Mmbitioo, d'avarire et d'envie, Je passe olëlvement en mon BArtas la vie, Me conieniant do bien par les miens acquéié.

Biais tel, mon rher Rêmond, et nuictet joorse Pour k'immorlaliser, dont peut-être la peine[peia6 Ne sert tant au public que mon oisiveté.

II. La Semaine ou Création du monde,Vàr\s^Wichc\GaLÛou\\eà\i (\), 1578, in-4<»; trad. en'vers iatins pàv Gabriel de L^rm (et non de Lorro), sous ce litre : GuilL Salluslii Bartashii HtbdO' maSy opus gaUicum à Gairiele Lermeo Volcâ latinitate donatum, Paris., Michel Gadouleaa, 1575 [l585], in-l2; privilège daté de sept. 1585; dédiée par le trad. à la reine Elisabeth; réimpr. à Londres, d'après Goujet, en 1591^ et insérée dans le Deliciœ poetarum Gallorum de Gruter; en vers italiens^ par Ferrante Guisone, sous ce titre :

LadivinaSettimana, iradoUa di rima francese in verso sciolto iialiano ,TourS| Giamelto MeUieri, 1 592,pet. in-i 2; la (rad. terminée à Paris le 1 5 août 1 587; dédiée à Vincent Gonzague, 4» duc de Hantoue; La Monnoye met cette trad.

au-dessus de l'originul; en allemand, Leipzig et Cœlhen,au rapport de Draudius ; en espagnol, par Jacques de Carcerès, selon La Monno)e (Franc, de Cazères, d'après Baillet), Anvers^ 1612^

(1) M. Sainte-Benre ne commettrait-il pas une •rrenr en avançant queceite première édition parut rbez le libraire Jean Fèviier? L'édition qui porte le nom de ce dernier est de 1379. Cependant un Avili au lecteur qui se lit an devant du poAne pourrait faire supposer que c'est une première édition. DuBartass'y phint de ce < qu'ayant été rx)ntraint de faire transcrire à la lu«te ce livre pardWersescrivainSfft «*b.-icun d'eux ayant retenu son orthofçrapbe accoustumée : il est advenu que l'imprimeur qui a suivi reste copie, a escrit ou mesme mot tantosl à l'antique, tantôt t h la nuu<* Telle façon ; et quelquefois eneor a suivi une orthographe du tont penrertie. * L'indication quft ■Aus donnons est prise du Catalogne Imprimé de laBibl. royale. Du reste, nous forons remarquer qQ*ooe apostille qui se lit au bas du privilège, nous apprend que Du Bartas transmit son droit aux dMx li^ires ieao Fènier et Michel Gadoulleas. Ceta fMinlt espliqufrdeuéditioof fiimltaDéfi.

ln-8« ; en anglais, par Josaé SilTe0tor| en danois, parArreboe, et en suédoiSt par Spegel, au témoignage de M. X.

Marmier; — trad. iibrem. en vers la»

tins sous le litre : Bartasia^ty Htye de Mundi cfea/ton/*,Edimb., 1 600, in-8*; Watt n'indique pas le nom du tradoo* teur; serait-ce le flamand Bystervoldt qui dédia sa trad. au roi d'Ecosse? — imitée plutôt que traduite par Jean-B?

doard d u Mon in dans son poëme latin iih tit. Beresiihias (i ) ; et finalement parodiée par Ch. de Gamon(Voy.ce nom)^ qui pensait Taire mieux. C'est sans doute pour faire preuve d'érudition qoià Colletet a prétendu que la Semaine était une imitation de l'Hexaémeron dft George Pisides, diacre de l'église d»

Constantinople, au vii^ siècle, poèma qui Tut trad. en vers latins, en 1584, par Fédéric MoreL

m. Les Œuvres de G, de Salustê, seigneur du Bart4is,revUes et augmefp' iées par l'autheur et divi^sées en trci» parties, Paris, Gabriel Buon, 1579^ in-4«; très-belle édiiion,c<iractcrp8 il** liques ; dédiées à Marguerite de France, reine de Navarre, a Je scay bien^ madame, lui dit le poéie dans sa dédicace, que vous trouvères en cet ouvrage beaucoup à redire. Car tant s'en faut qu'il puisse contenter les plus délicates oreilles, qu'il ne peul mesme satisfaira à son autheur. J'avoue qne son style marche d'un pié mal asseuré : que \tê inventions en sont froides : et que léé frases ressentent un peu mon naturel ramage. Mais je vous supplie considérer que la pluspart de ces poèmes oal élé par moy composés presque en mon enfance, ainsi que beaucoup de gens d'iionneur qui les m'ont, il y a pins de douze ans, ouy réciter, porteront témoignage. — U y a bien plus, que ma destinée, et la calamité de mon siècte m'ayant appelé à autre profession que celle des lettres : nul ne se doit ébahir si jo ne puis suy vre que de bien loin ces excelleus espris^ qui n'ont au-

(1) ff«r<>«r/ii(A, nu commencement, mat qui ou.wn le récit de la Genèse et sous lequel ou <J^N gB8 1# premier litre du Peulatcaque.

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Ire bnl qn'bonorer la Fraooe par rimuortcl labeur de leurs plumes. »»La première partie du recueil renrerme le poème de Judith, VUranie, le Triom' phe de la Foi, ff. TA, saijiBja préface et ravis au lecteur^ plus âirax ïï^k la fin eonleuaut le Poëme pour l 'accueil de la Beine de Navarre, — Vient ensuite La Sepmaine, ou Création du Monde, de G, de Salluste (sic)^ seigneur du Bartas^ Paris, Jean Février, 1579 ; privilège daté de Paris, 21 févr. 1 578 ; approbation des doct. de Sorbonne ; nouv.

pagin., pp. 244 ; mêmes caractères et mkae Justification que dans la première partie. Dans un Avis au lecteur, Du Barias se plaint, comme nous l'avons dit plus baut, des variations que les eopistes ont fait subir à son orthographe. Ce poëme n'est pas indiqué comme formant la 2« partie du recueil, et U n'y en a pas de 3*. — Les Œuvres de G. de Saluste, seign. du Barlas, revéûes etaugm, par l'autheur. En ceste dernière édition ont esté adjoustez Commentaires sur la Sepmaine , propres pour l'intelligence des mots et matières y contenues : Argumens généraux et sommaires bien amples au commencement de chasque Uire, avec Annotations en marge, Paris, Pierre Huet, 1 583, pet. in-i2,ff. 415 sans la Table et les pièces prélim. Les Commentaires, très-étendus et intercalés dans le texle, sont de S. G. S. (Simon Goujon/ Seul isien). A l'art, consacrée ee laborieux polygrapbe , nous citons une édition antérieure d'un an ; y aurait-il quelque erreur? L'édition que nous indiquons était la dix-septième ; l'auteur la dit « plus correcte que nulle des précédentes.» Elle contient les mêmes pièces que celle citée plus haut.

Dans le Catalogue impr. de la Bibl.

royale, on lit, sous la même date de 1583, l'indication d'une édition avec commentaires qui parut chez Michel Gadoulieau, même format.

IV. La Seconde Semaine [ou /'£nfance du monde, d'après Du Verdier •C La Croix-du-Haine], premier et se* cond jour, Paris , Pierre L'HuUlier,

1584, in-4«. — Chaque Journée est divisée en 4 parties, la première contient : l'Eden, V Imposture, les Furies et les Artifices; la seconde : l'Arche, Babylone,les Colonies et les Colomnes, — Nouv. édit. reveile et augm, par l'autheur, avec argument général, amr pies sommaires, annotations en marge, et explication des principales difficultez,par Simon Croulard, Rouen, Th.

Mallard, 1596, in-l2.— Trad. en vers latins par Samuel Benoist : G. SalL Bartasii Hebdomasïl latinitate donata à Samuelc Benedicto, Lugd., Barth.

Vincentius, 1 609, in-l 2;^les 4 chants de la Seconde Journée trad. en anglais sous ce titre : FoureBookes ofDuBar^ tas:l, The Arke; II, Babylon;lil. The Colonnyes ; IV. The Columnes or Pyllars ; in french and englisch, for tfie instruction and pleasurc ofsuchas de^ Uyht in bot h languages, by William Vlsle of Wilburgham, esq, ; together with a large commentarybyS, G, S., Lond., 1637, pet. in-4*.— L'£(/t7i fut publié à part avec commentaires par Claude Durct, Lyon, Benoist Rigaud, 1594, in-40; le commentateur, dans sa dédicace au roi, promettait une suite si son travail ne déplaisait pas à S. M.

V. Brief advertissement de G, de Saluste, seign. du Bartas, sur quelques points de sa première et seconde Semaine, Paris, P. L'Huillier, 1584, in-4o,pp. 15 avec les pièces prél. — On lit en tète un sonnet du grand prieur de France , H. d'AngouIesme,à la louange de notre poète, et un éloge pompeux (5 pp.) par Salomon Certon, C. II. en vers héroïques.

VI. Les osuvres de G. de Saluste, seign. du Bartas, reveiies, corrigées, augm . de twuveaux commentaires, annotations en marge et embellie de figures sur tous les jours de la sepmaine. Plus a esté adjousté la première etseconde partie de la suitte avecque Vargument général et amples sommaires au commencement de chacun livre par S.G.S.Paris,J.deBordeanlx,16n,infoL, pp. 534, sans les Index et les pièces prélim. ; commentaires intercalés

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dans le texte ; dédiée an Boi ; Pari8> Cl. Rlgandy iGll^ in-rol. d'après Brunet; Toussaint du Bray, 1614, in-fol.; Go* nève, Samuel Crespin, 1615, in-24.

Cette édition de Gonlard est la pins complète ; outre les poëmes indiqués plus haut, on y trouve : l^ le» Pères^ fragm. où le poële-^-aconte la tentation d'Abraham;— 2* la Loy;— 3» les Trophées, chant consacré à l'histoire du roi David;— 4* la Magnificence de Salomon ; — 5* l'Histoire de Jonas, épisode; cescinqmorc^aux avaient déjà paru dans des éditions antérieures; — 6<» la Vocationy ou l'histoire d'Abraham ;— T les CapitaineSy ou l'hlst. de Josué et partie de celle des Juges; — 8» le Schisme de Samarie et la division des Tribus ; — 9» la Décadence^ ou récit des soufTrauces qui ont accablé le peuple de Dieu en divers temps. Ces quatre dernières parties sont dédiées au roi d'Ecosse, d'Angleterre et d'Irlande par un nommé Du Pin qui lui dit que res vers, « luy avoient esté destinez avant qu'esclos. d Enfln on y trouve les trois petits poëmes suivants que nous n'avons pas encore eu l'occasion de mentionner : 1« Hymne de la paix , composée vraisemblablement en 1 580, après le traité de Fleix; l'estimable Simon Goulard, qui se perd souvent dans les détails d'érudition les plus Tutites, a négligé de nous l'apprendre; — 2* Cantique sur la victoire d'Ivry jOhlenne par S. M. contre ses ennemis ligueurs près Mante, au mois de mars 1590; traduit, la même aunée^ en anglais par J. Silvester ; — s» La Lépanthe de Jaques VI y roy d'Escosse, faite française. —Les difTérents poëmes de Du Bartas furent traduits successivement en vers anglais par Josué Silvester; on les réunit dans le recueil suivant : Du Bartas, his divine Weekes and Workes, with a rompleqte collection of ail the other most delightfull Workes translatedand xcritten by the famous Philomusus, Josuah Sylvester, gent,, London, Humphray Lownes, 1 62 1 et 1 633 ; Robert le Jeune, 1611, In-fol. — Le poème de Judith fut, en outre, trad . en anglais par

Tb.Hudson,Edinb.,l584,in-12,etriA ranie, en vers latins par Ashley, Lond., 1589, in-4».— Les OEuvres de Du Bartas offraient une ample matière aux commentateurs. Panlaléon Thévenin, de Commercy, en 1584^ et Valerlos Hartungus, en Allemagne, rivalisèrent avec Simon Goulard : les commentaires de ce dernier parurent avec une version latine à Leipzig, 1 635, in-8* (l). — On trouve au Britisb Muséum (Cotton. libr. MSS., Nero. B. VI. 277) une lettre de Du Bartas, datée de Montaiiban, 12 sept. 158.., à Bacon 4 Bordeaux.

SALVART(FBÀNÇois),pastenrprotestant envoyé de Genève à Castres tn 1582, présenta, l'année suivante, au Synode national de Vitré, une Harmonia confessionum, que le synode approuva. La pro\inceda Haut-Languedoc fut Invitée à la faire traduire. Cette traduction, présentée au Synode national de Gergeau, en 1601, fut renvoyée au synode du HautrLanguedoc pour être examinée et publiée, le cas échéant, avec les annotations de Simon Goulart. Nous ignorons si l'impression de cet ouvrageaeulieu. François Salvart ne vivait plus en ICOI.

SeraJt-ii identique avec Sa/tar^ deLa Charité, qui prêcha l'Evangile à Nevers vers 1 562, cl qui eut beaucoup à soufTrir du fanatisme delà population catholique, ainsi que son collègue La Barrel (Voy. ce nom). En tout cas, on ne doit pas le confondre avec un autre Salvart ou Sahard, qui desservit l'église de Lyon et fut appelé^ en 15Ï2, à Francfort. Celui-ci était originairede la Savoie.

SALVAY (N. de) ou StUvey, pasteur d'Annonay, présida un synode assemblé, au mois de Juin 1 596, à Saint- Fortunat, dans le but de réorganiser les églises du Vivarais et de les pourvoir de ministres. Ce synode est intéressant en ce qu'il est un des plus anciens dont nous ayons retrouvé les ac-

(1) C'est évldeinment par erreur que Vnvôint atlrihne à notre poète: Olympe ou 5fét«norphofê 4*0Tide, L70D, Jean 4e Tcfirset, 1597, «■ iS.

ÀAL

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