‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 41 sur 241 · SA · texte numérisé non relu

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gine du titre de conseiller qal lui UA libéralement octroyé. Les petites mi* sères de la vie ont souvent une grande imporlancedans les destinées des Etats.

« En ce païâ là, écrivalt-ii , toutes leé femmes de gentils hommes prennent la qualité de dame, celle de damoiselle n'est que pour l^s bourgeoises et les marchandes. A nosire arrivée en ce païs là , ma femme ne prenant point d'aoltre qualité que celle qui lui appartenoil, ne {tassant que pour damoiselle^ alloit après toutes les dames, ou il Talloit l'emporter de haulle lutte et se gourmer. Cependant les professeurs de Leyde prennent le devant et le dessus sur tous les gentils hommes qui demeurent à Leyde. Cela rendoit donc à ma femme le séjour de celte ville lé plus odieux et lui osloit la volonté de se trouver es compagnies. De prendre après la qualité de dame,ne rayant pas prise du commencement, me sembla à moi et à elle assez impertinent. 11 est que>tiondery remener. J'ai donc voulu me surhausser de quelque tiltrequi lui coociliasl ce nom de madame, et avois pensé que celui de chevalier des coquilles [ordre de St-Hichel?] le pourroit faire et se pourroit obtenir. IHiisque cela ne se peut, pt que vous me mandés que l'on me baillera volontiers un bre* vet de conseiller au conseil d'Ei<tat, Je vous prie de me le faire avoir. — Vous savez prou que la vanité ne me commende point. » Paquotse trompe donc lorsqu'il avance que Louis XIU accorda à Saumaise, avec le brevet de conseiller, le collier de Tordre de St-Michel.

A peine délivré des provocat ions de ses envieux de la Hollande, que Saumaise tomba an milieu des embûches de ses admirateurs de la France. Il était condanmé à être sans cesse harcelé ! La gloire le plus chèrement acquise n'est souvent qu'un lit de douleur. Tous ses amis conspiraient pour le retenir. Le prince de Coudé lui-même, Henri de Bourbon, gouverneur de Bourgogne^ s'y employa activement. 11 lui flt les effres les plus séduisantes, et revint plQÉUtrs ftrts à la eliarg^. flauMdii

tient son ami au courant de cette nA^ gociation (lettre du 19 avril 1030):

« Trois Jours après, lui marque-t-il, Il m'envoia un conseiller de ce parlement (de Dijon) bien confident et favori, qui me proposa de sa part, que, si je voo» lois me faire instruire, qu'il me feroll donner un officedeconseiller en ce parlement, avec un brevet de conseille^ d'Estat, et deux mille livres de pea<^ sion. Ou si j'almois mieux demeurer à Paris qu'il feroit convertir tout eelâ en un office de conseiller au Grand* Conseil.Jelaissetouleslesaultres belles promesses qui me furent faites de si part, car ce que Je vous ai dit est le plus solide et le plus réel. Je n'eus pas beaucoup de peine à respondre à ces propositions ni à me résoudre de ce queJ'avoisàfaireentelcas.Maresponeé fut que m ce/a, nilesplus grandes char^ ges de la robe, ni touts les plus grahéà el honorables emplois que l'on me pour^ roil bailler, n'estaient f^as capables de m'esmouvoir à changer ma religion^ et que je n'en voulais ouïr parler en façon quelconque. n

Après un refus aussi catégorique^ Saumaise croyait « en estro quitte» et se disposait à retourner à son poste | mais le prince, qui, de son côté, se rendait dans le Berry, l'invita A ne paé s'éloigner avant son retour : « Vous a^ vés sceu, lui dit le prince au retour de son voyage, les offres que je vous il fait faire, et suis marri de ce que voue ne les avés pas voulu accepter. Je ne lairrai pas pou tant de procurer à ee que vous soyés retenu en France par une bonne pension qui vous sera or^ donnée. Jesçai les intentions de Mous; le Cardinal , et lui en escrirai par le premier ordinaire. Ce sera sans aaciH ne condition, il n'en fault point pre^ scrire aux gens de votre sorte. Si vous advisés quelque jour d'estre des nos^ très, je ferai monter vos appointemeni bien pins bauit. Mais quand vous von^ drés demeurer ferme dans votre opi-* nion, les gratifications que l'on yoaé veut faire veus seront toujours coa-' ttAttéei. » Pâli il lil envfya m

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pour savoir de Ini qoels étaient « ses avantages et appointemens en Hollande^ » lui faisant dire qu'il les lui feroit bailler pareiis ou plus grands.

Ces propositions du prince avaient Jet6 Saumaise dans une grande perplexité.

A quoi devait-il se résoudre? 11 demandait conseil à son ami. Il est vrai^ lui disait-il, que Ton n'exige de moi aucun changement de religion, « mais mettes d'un costé la liberté que j'ai chez les estrangersde dire^d'escrire et de faire ce que je voudrai, le repos et la tranquillité de ma conscience, une pension payée à poinct nommé louts les trois mois un quartier, sans aocun délai, et mettes de l'aulire tout le contraire. Lequel me conseillerés-vous de choisir?

Une pension en France et rien, c'est fout un, et à une personne principalement de ma profession et de ma condition. » Dans une lettre du 5 mai, il revient sur ce sujet. 11 confesse à son ami « que l'aversion que sa femme avoit pour la Hollande ne pouvoitestre augmentée et fortifiée que par des offres telles que celles qu'on lui faisoit.» Mais pouvait-on s'y fier? Et en outre, ne lui faudrait-il pas se résoudre « à n'avoir dores en avant ni voix, ni plume qui fust libre? » «Pas^se, continue- Iril, pour ne dire ou n'escrire pas ce qu'on voudroit bien, mais d'escrire ou de dire ce qu'on ne voudroit pas, c'est chose du tout insupportable à un bon courage. » Toute réflexion faite, il faudra tt user de force et de commendement absolu pour me faire demeurer.» «L'amour du païs n'a plus de charmes pour moi ; j'ai l'esprit trop libre pour lui et je voi que la liberté y a maintenant les aisles roignées si court, qu'elle ne fait plus que se débattre contre terre et n'aura bientost auUrc mouvement et aultre usage que celui des yeux pour se regarder opprimer. — Pour conclusion donc, si on me laisse faire, j'ai envie d'estrc encore Hollandois, et ne me souviens non plus des incommodités et des dégousts que j'y ai ressentis par le passé qu'une femme de bien du tfâvttil que son enfant lui a causé....

Et puis on a apporté le remède qu'il falloit au différent qui estoit cause de nos troubles. Us m'en ont envoie l'acte escrit en leur langue, afin que je n'en fusse plus en double, avec parole de le faire exécuter de bonne fol. Si celui qui par sa jalousie [Heinsius; Saumaise ne le nomme jamais dans ses lettres] a excité toute cette tcmpeste contre moi se pouvoit retirer de là, j'y jouirois d'un grand calme. » Après avoir attendu longtemps en vain la réponse du cardinal, Saumaise se décida à retourner à son poste. 11 prit son chemin par la Normandie pour aller s'embarquer à Dieppe, et arriva dans cette ville dans la première quinzained'octobre. Toutes sortes de contrariétés l'attendaient. A la fin, un bâtiment mit à la voile, mais assailli par des gros temps, il dut rentrer au port après plusieurs jours d'une pénible navigation. Saumaise jugea prudent de descendre à terre avec sa femme qui était enceinte, et qui avait cruellement souffert. Les vents contraires continuèrent à soufller avec une persistance désespérante. Les jours, les semaines, les mois même se passèrent dans l'attente d'un nouveau départ. Aux approches de la mauvaise saison, il parait que tout commerce maritime cessait. Les Etats de Hollande durent s'entremettre auprès du gouvernement de Louis Xlll pour qu'on lui accordât le passage sur quelque bâtiment de l'Etat. Quant à lui, loin de toute ressource littéraire, il se désespérait; il écrivait lettre sur lettre à ses amis pour déplorer son sort. Ce ne fut qu'à la fin de décembre qu'il put reprendre son voyage. Mais il n'était pas au bout de ses tribulations. Il en fait le récit dans une de ses lettres. «Nous n'avons esté que trois jours sur mer, dit-il, mais malades à l'accoustumée, c'est à dire, jusqucs à l'extrémité, avec la peur oii nous estions des Donqucrquois qui avoient vingt vaisseaux en mer, quinze frégates et cinq grands vaisseaux, oii nous n'avions qu'un vaisseau de guerre qui n'cust pas rendu oomteA al nous eunUona esté rouocm-

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très par quelques- ans de ces grands^ comme nous le fusmes des petits qnl nous suivirent et costoïèrent quelqoe temps pensants d'attraper à Tcscart quelques vaisseaux marchands de ceox que nostrc navire cscorloil. .. Nous Tusmes contraints d'arrester à la Briele^ où toute la nuit les glaces qui venoient choquera monceaux nostrc navire, fait* lirent à le faire perdre... qui estoit an bon rafraischissement pour des gens travaillés et malades comme nous estions. Le jour venu, Ton nous met à terre (\), par un temps on Teau du ciel n'estoit point espargnée à ceux qui marchoient sans parapluie. En cest estât, il nous [fallut rester] sur le pavé trois heures durant sans pouvoir trouver de couvert ni d'hostellerie où Ton entend ist notre langage. Car d'estre ailleurs nous ne pouvions, n'ayans personne qui pust demander ce qui nous falloit et nous avions besoin de plusieurs choses. » A la fin, un soldat a qui dasticotoit un peu de françois^o les adresse à un cabaret borgne; de guerre lasse, ils y entrent, ils s'y installent. Mais quel bouge ! « Après avoir esté un peu réchauffes, continue Saumaise, nous dcmandasmes un lieu pour aller ad requisita naturœ, car la mer nous avoit un peu laschés. On nous conduisit sur les murailles de la ville qui n'estoient pas loing delà. 11 falloit pourtant passer une assez longue rue avant que d'y parvenir. La nécessité fait tout trouver bon et aisé. Ce cabaret au reste estoit double, car c'esloit aussi un b.... » Décidément, la nécessité avait beau s'en mêler, le lieu n'était pas tenable. Dans son désespoir^ Saumaisc eut la bonne idée de se mettre en quête d'un pasteur. Le docteur Cloppenbnrg à qui on l'adressa, devint sa providence ; c'était un homme serviableet instruit, qui lui rendit toute sorte de bons services : il lui trouva un logement plus convenable, il mit sa bibliothèque à sa disposition, et par le

(1) Pans le désordre da débarqaement, ■ il perdit toots les papiers qu'il aToit escrits pendaDl soa s^OttT à Paris. •

Charme de sa conversation, il adoucit les ennuis de sa captivité, Saumaise lui rend ce témoignage : a Domus toa^ bibliotheca, pectus ita mihi tum par luere, ut quodcunque benevolentiœ ae benignitatis ostendi et prsstarl potett homini peregrino, nullà inre defueris quin prsestileris, quod homo Galios ab homine Hollande posset in tali re ae tempore desiderare. » Qnl aurait pu sa douter qu'une liaison commencée sous d'aussi heureux anspices et cimentée par la reconnaissance, aurait une mauvaise fin? Mais la susceptibilité des auteurs explique bien des choses invraisemblables. Saumaise ne passa pas moins de trois semaines à La Brille, retenu par les glaces. Dès que a l'ouverture fut faite, n il profila du premier bateau qui partit pourRotterdam.

Ainsi il lui fallut près de quatre mois pour un voyage qui se ferait commodément aujourd'hui en 2i heures. A ce point do vue, la moyenne delà vie humaine aurait centuplé. Notre savant élail d'une nature très-ardente. Un mot tombé dans une conversation, le désir d'un ami suffisait souvent pour lui faire entreprendre des travaux de longue haleine, et quelquefois même plus ou moins étrangers à ses études habituelles. Une conversation qu'il eut à La Brille avec le pasteur Cloppenbnrg le mit sur le sujet du prêt à intérêt^ et l'entraîna dans une série de travaux qui lui suscitèrent une guerre de plume interminable avec les théologiens et les jurisconsultes. Ce ne fut qu'au mois de février 1637 qu'il fut de retour à Leyde. Sa position, vis-à-vis de ses collègues, s'était améliorée. Mais son ennemi capital, Heinsius, ne s'était pas rapproché de lui et il continua à lui faire une guerre sourde. Cette persécution lui était d'autant plus pénible que tout en méprisant le caractère de l'homme, il était forcé de rendre justice aux talents du littcrateur. Quant à lui, malgré son humeur batailleuse, il était, au rapport de La Monnoye, «le plus honnête et le plus sociable de tous les hommes. » Mais il aimait la vérité

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par dessus toot, et il la disaitsansmésagement, a Vous sçavez^ écrivait-il à André Rivet, comme Je suis couslumier de juger librement^ et vous diray qu'avec celte liberté qui m'est naturelle el m'a toujours esté fort familière^ je n'espargnerois pas mon père propre, s'il serenconlroit qu'il eustdit ou Tait chose où ma censure peust mordre avec raison ; bien lolng de là estimerois-je devoir pardonner à un ami qui auroit fait le pourquoy àneluy pasestre pardonné, et surtout moins encore à un tel ami qui se seroit Tait de gayelé de cœur ennemi de la cause de Dieu, et par conséquent rendu indigne de Tamltié et de la Taveur de (outs les gens de bien, ainsi que Tait le sieur de La MUtière (sic). » Que Ton rappiochede cette accusation d'indignité lancée contre un vieil ami, et surtout de la déclaration si netle qu'il opposa aux séductions du prince de Condé (nous ne parlons pas de la déclaration non moins formelle qu'il flt à l'article de la mort), qu'on en rapproche ce que Grotius écrivait de lui à peu près vers le même temps à l'ambassadeur de Suède en Hollande (Paris, 22 déc. 1640) et l'on en comprendra le peu do fondement.

« Ipse, loi disail-il, muUa vera agnoscit qoœ vulgèà Rerormalis negantur.

Sed et videt quse peccentur in romanà communione. Si in hâc esset, putare $e ait ie non exiturum ; nunc ciim aliis seroper adhœserit, non vidcre se satis graves mutandi causas.» Si Saumaise avait eu ces sentiments d'indiTférence que Grotius lui prête, aurait-il rompu violemment avec lui, avec La Millet ière et avec d'antres, lorsqu'il les vit incliner du côté de Rome ? Aussi Rome ne s'y est-elle pas trompée, en le déclarant dans son Index hérétique au premier chef. Les insinuations do Grotius ne sont à nos yeux que le coup fourré d'un ami. Pour ce qui est des ii^nres que Saomaise n'épargnait pas à ses adversaires, il faut l'excuser, car c'était encore le bon ton de la polémique. Il écrivait à son ami Gronovios, qui •'était formalisé de quelques mots

piquants : « Hoc mihi plerumque vitium est, ut prout scribrndi impetus me cœpit, ita nunc demissius, nuno inflalius, animœ sensa in chartas effundam. Qui me norunt, facile mihi ista condonant, quia sciunt nihil Intus latere occulti vencni, quod Ûdentes et ignares obscure morsu premat. » On l'a accusé d'une présomption excessive, a Les grands critiques lui reprochent, écrivait Ba>le (lettre du 27 déc. i 672), qu'il avoit une si bonne opinion de lui-même, et une si grande confiance en son esprit, qu'il ne croyoit pas que rien manquât à ses premières saillies; enfin, qu'il estinioit que toutes ses pensées éloient sanclitlées dès le ventre de leur mère. Cela faisoit qu'il nedaignoit pas repasser sur ses écrits.» Ce reproche est un peu mérité. Beaucoup des productions de notre savant n'étaient pas faites pour vivre; elles pèchent surtout par la forme et l'ordonnance, le style en est en général très-négligé ; mais nous accuserions plutôt la précipitation que la présomption de l'auteur. Il mettait moins de temps à composer un de ses livres les plus savants que d'autres n'en mettraient à le transcrire. Qu'un de ses nombreux correspondants vint à lui demander quelques éclaircissements sur une question, il lui répondait de suite par un volume, et sa science à lui n'était pas, commepour nous autres, dans sa bibliothi^que, elle était toute dans sa tête. Les livres méditéïi, mûris, travaillés, portent, il est vrai, des fruits plus sucx^u lents et plus durables, mais combien y en a-t-il qui ne parviennent Jamais à écloie (i). Saumaise se mon-

(l) Une lettre de Sorhière au P. Mersenne, datée de 1618, conûrme les remarques que nous avons faites. Il dit an père je»aite que du temps qu'il demeurait «ver S lumjiise el qu'il était du nombre de ses meilleurs amis, il atait été témoin de la négligence qu'il apportait à ses écrits; qu'il tFavaillail presque toujours an milieu d'un grand bruit qui se faijtait autour de lui cl dans desdistrac'ions continuelles ; qu'il écrivait toujours >ans méditation, commençant ses oarragessans en a- >oir dresse le plan ; «juc leopen^ées lui naissaient les unes après les aulreji et semblaienl pendre an bout de Ml plume, ne se souciant point d'en faire le choix, ni de leur donner aucun ordre; tnfln.

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tre dans ses lettres familières sous un Jour trè8-favoral>le ; il y est modeste aniant que savant : a U n'y a rieu au monde^ écrivait-il à l'avocat Dupuy, que je fasse plus volontiers que d'apprendre^ et il n'y a personne à qui je sçactie plus de gré qu'à ceux qui m'enseignent ce que je ne sçavois pas. Mais J'ay bien plus encore d'obligation à ceux qui me corrigent et me redressent^ et qui me font Thonneur de remonstrer me? fautes. Car Je tiens qu'il y a moins de péril à ne pas sçavoir du tout une Ohose> qu'à la sçavoir mal. Quant à ce qui est de mes opinions, elles ne me tiennent jamais. Je leur fais prou l'amour à toutes y et n'en espouse pas une ; tellement qu'il m'est toujours libre de m'en séparer quand Je veux, et Je le veux toutes et quantes fois que Je trouve un meilleur parti ailleurs. »

Est-ce là le langage de la présomption?

La santé de Saumaise avait toujours été fort délicate. Son extrême application à l'étude n'avait pas contribué à la renforcer. Le climat de la Hollande ne lui était pas, non plus, salutaire.

« Je ne suis plus ce que j'élois, écrivait-il en it>37. Cbaque année m'enlève quelque chose de mes facultés, non-seulement du corps, mais aussi de l'esprit. » L'air natal lui avait cependant fait du bien. La mort de son père ne tarda pas à le rappeler en France.

U demanda un congé et l'obtint. On se souvint des difficultés de son dernier voyage , et le prince lui-même voulut pourvoir à son départ. U mit un bâtiment de l'Etat à sa disposition, et le fit escorter par sa flotte jusqu'à Dieppe. Jamais savant n'avait reçu de tels honneurs. Mais la joie de celte ovation fut troublée par la perte qu'il fit de sa fille

qu'il ne reliMit jamais ce qa'il atait écrit. — Dans l'opinion de son ami Gronotius, une des causes des imperfections qne l'on remarnae dans les litres de ce grand homme, c'est qu'il euii ordIoAirement entraîne par l'abondance de son èra« ditlon, dont il nepoQTail modérer le coars ; quand U était en train de produire, il n'y aT^il pas de copiste capable de suirre Temportement de son fénie.

atnée pendant la traversée. Le oonsef Iler au parlement de Rouen, Sarrau, le retint quelques jours. Le pasteur J,'M. de VÀngU écrivait à À. Rivet, sous la date de Rouen, 9 nov. f 6iO : a M . Saulmaise a été ici 1 0 ou 1 2 jours [il y était arrivé vers le i 4 octobre] et mon frère Bochart l'y est venu voir, et s'est séparé d'avec lui avec la même satisfaction que reçut autrefois la reine de Séba quand elle vinttrouverSalomon.»

Le même empressement raccueillit à Paris; tous les savants, tous les dignitaires de l'Etat se firent un devoir d'aller le saluer. Richelieu et le roi voulurent ie retenir, et iui donnèrent, au rapport de Clément, « carte blanche » pour toutes les conditions qu'il voudrait y mettre. Paquet avance que le. cardinal lui oflfrit une pension de 1 2,000 livres, et que Saumaise se sentit un moment ébranlé; mais, lorsqu'il apprit du sieur de Chavigny, qui avait été chargé de lui transmettre ces offres, qu'on y mettait pour condition qu'il travaillerait à une histoire du cardinal^ Il répondit qu'il n'était pas homme à vendre sa plume, et il se hâta de partir pour la Bourgogne afin de se soustraire aux obsessions. — Après la mort du cardinal, notre savant pensa a\Dir recouvré sa liberté; mais U n'en était rien. Mazarin ambitionna aussi la gloire de ceiie conquête et mit en Jeu de nouvelles machines. Combien d'autres auraient succombé ? Saumaise supporta tous ces assauts avec une fermeté inébranlable. Les affaires de la succession de son père étant réglées, il retourna en Hollande sur la fin de 1 643. Comme un témoignage de l'estime publique, le magistrat de Leyde lui accorda la faveur de résider, lui et sa famille, dans le palais du prince. Mazarin ne se tint pas pour battu. Avec sa persévérance accoutumée, il poursuivit ses tentatives de corruption. Il ne tint compte de l'opposition que le nonce du pape faisait au rappel de l'hérétique, il fit dresser un brevet et l'envoya avec ses lettres aux Puissants Etats de Hollande. Ce brevet portait : «Estans bien

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informés que rémlnente doctrine du steur de Saumaise^. conseiller en nostre conseil d'Eslai, et sa singulière érudltionen toutes sortes de sciences Joinctesaux bcllesqualitésqui accompagnent ordinairement ceux qui ont de si grandes lumières d'esprit, l'ont fait rechercher par divers Princes et Républiques, pour servir d'ornement à leurs Estais, et les rendre plus illustres par la demeure qu'y ferolt un si grand personnage ; nous avons estimé à propos, ledit sieur de Saumaise estant né nostre subjcct, d'ancienne et noble race de nostre duché de Bourgogne ^ de l'appeler — et luy donner moyen dans nostre Royaume parmy les siens^ do produire avec repos et tranquilliléd'eepril ce que ses longues et laborieuses estudes luy peuvent fournir de plus rare et de plus exquis. ))Par ces motifs, il lui était accordé une pension de 6,000 livres. Ce brevet est daté du 25 sept, f 6i4. Sarrau (alors conseiller au ^parlement de Paris) écrivait au pasteur de L'Angle, àRouen,que, depuis huit jours, il avait en main ces lettres de rappel. « J'ay empesché etempescberai encor pour quelque temps, lui marquait-il, qu'elles ne soient envoyées en Hollande, dont je leur ai donné et fait donner avis, afin qu'ils travaillent honnestement et utilement,àle prévenir et retirer (1) ; s'ils sont si négligents ou si ménagers de ne s'en pas soucier, elles partiront quand ]e voudrai.» Ces craintes n'étaient pas fondées. Saumaise refusa une fois de plus les offres du cardinal, et, comme pour couper court à toutes ces obsessions, il fit paraître (I6i5) son traité sur la Primauté du Pape où il sapait la hiérarchie romaine. L'hérétique était décidément endurci, inaccessible à la corruption. 11 continua sa vie de luttes et de combats. Son livre pour la défense de Charles I est la plus importante des dernières productions de sa plume, mais non pas la meilleure. 11 n'avait ni les qualités de Thistorien, ni les qualités du publicisle. La reine Christine éprouva le désir de faire la

(I) Il faol saofl doul6 lire retenir.

connaissance personnelle de notre savant. Elle lui écrivit les lettres les plus aimables et les plus pressantes pour l'inviter à venir à sa cour. Hâtez-vous, lui disait-elle, ou sinon, j'irai à vous : Je l'aurais déjà fait, si des raisons d'Etat ne m'en avaient empêchée. Ne pouvant se soustraire plus longtemps à une obligation aussi flatteuse, il se mit donc en route, en juill. 1 650. On raconte que sa femme qui était fort entichée de noblesse, le travestii de la manière la plus ridicule, a Elle lui fit prendre un buflle avec des chausses d'écarlate, afin qu'il parût, disait-elle, dans la Cour où il alloit, en homme de qualité, et non pas en homme de lettres. » Le modeste savant eut la faiblesse de se soumettre à cet indigne traitement. Il subissait avec résignation l'humeur impérieuse de sa femme, ce qui faisait dire à la reine qu'elle l'admirait encore plus pour sa douceur que pour toute sa science.

Christine le combla de prévenances.

Comme le climat lui était contraire et qu'il était souvent alité, elle passait des heures auprès de son lit, s'entretenant familièrement avec lui et lui rendant toute sorte de petits services avec toute lasollicilude d'une garde-malade. Lorsque sa santé se fut un peu raffermie, il désira repartir. Mais la reine s'opposa à son départ, lui faisant les offres les plus séduisantes pour le retenir. Les curateurs de l'académie de Leyde durent entrer en négociation pour ravoir leur savant, u Haud dilBcilius mundum Sole , quàm Academiam nostram hoc Musarum sacrario privari, » écrivaient ils à la reine avec une emphase un peu burlesque. Christine ne se rendit qu'avec peine à leur désir, et lorsque Saumaise partit (été de 1651), comblé de ses présents (1), elle lui fit promettre de revenir dans le plus bref délai. Il prit sa route par le Danemark. Le roi Frédéric m raccucillit honorablement et le fit conduire jusqu'à la frontière de ses Etats. Entre autres présents, il lui

(l) Eniro autres, sonportriil pelnl, dit-on, par Bourdon. Dans ce ras, rc peintre aurait eié à la ccur do Suède avant 1632.

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donna son portrait et celai de la reine. De fréquentes attaques de goutte avaient depuis quelques années miné là santé de Saumaise. Ce dernier voyage ne lui fit pas de bien. De même que le savant Henri EsiiennCy il était quelquefois pris d'une souveraine aversion pour l'étude, a Je n'ouvre plus un livre que Je n'y sois forcé, d disait-il à Huet vers les derniers temps de sa vie. N'est-ce pas du savant qui, comme Saumaise, s'use de bonne heure le corps et l'esprit par des travaux excessifs, qu'il faut dire avec raison que c'est un animal dépravé? M""» Saumaise ayant été envoyée aux eaux de Spa, en juill. 1653, il l'y accompagna, espérant que ces eaux lui seraient aussi salutaires. Les premiers jours de la cure, il parut s'en bien trouver. Pour tuer ie temps, il se mit à réfuter Milton. Déjà, rapporte Clément, il avait achevé quelques chapitres, lorsqu'un accès de goutte,qu'accompagnait un léger mou>ement de fièvre, le força d'interrompre son travail.

Le mal s'aggravant, il flt appeler un médecin et demanda qu'on lui fit une saignée, moyen qui lui avait toujours réussi. Mais le médecin s'y refusa et prescrivit un autre traitement. Un second médecin appelé de Maëslricbt s'accorda avec son confrère pour purger le patient. On le purge donc et on le repurge malgré ses protestations, si bien que, de purgation en purgalion , le mal flt des progrès rapides. Il n'y eut bientôt plus d'espoir. Le pasteur David Stuart assista Saumaise dans ses derniers moments. Avant de mourir, il fit promettre à sa femme de détruire toutes les diatribes qu'il avait écrites adversùs Maximos Viros et qu'il tenait renfermées dans une cassette particulière (l ). Sa conscience de chrétien déchargée de ce poids, il ne songea plus aux intérêts

(1) M">' Saumaise rempHl fidèlement sa promesse, ce qui lui allira de sanglants reprocbesde la part de Christine, t Estes vous si ennemie de Toslre propre gloire et de la mémoire du deffunct, que TOUS ayez osé proraner yos mains par on tel sacrilège ? Vostre obéissance est cruelle, et je ne tous pardonneray jiamais d'avoir fait mourir pour la seconde fois celuy de tous les hommes qui mê< riioit le mieux d'estre immortel. •

T, IX

de la terre. Il rendit son Ame à Dieu le 3 sept. 1653. Son corps transportée Maèstricht fut enterré sans pompe dans le temple de St-Jean. Les curateurs de l'académie de Leyde firent prononcer son oraison funèbre par le professeur Adolphe Vorstius. La reine Christine^ qui avait pour Saumaise « des sentimens de tendresse aussy véritables qu'elle les auroit pu avoir pour un pè* re, » s'associa à la douleur de la famille et se chargea de l'avenir d'un des fils. Saumaise laissa six enfants en vle^ dont cinq fils et une fille : 1 • Benigiib- Isàac, tué, en 1 655, à Paray, en Ch»roloiSi^ par Théophile de Damas, baron de Digoine. — 2^ Claude, sieur de Mur* saut, né en 1 633, le seul de ses fils que Saumaise ait destiné aux études. Luimême lui enseigna les lettres grecques et latines. Il promettait de marcher sur ses traces, mais une mort prématurée l'arrêta dans sa carrière. La reine Christine l'avait pris sous son patronage.

«Pour ce qui est de vostre fiis,dont vous me parlez, répondait-elle à ta mère, sachez que je prétends d'avoir part à son éducation (l), et que je veux que vous mesme m'en rendiez conte, puisque je veux contribuer autant qu'il dépendra de moy à le rendre digne fils d'un si grand père. » Après Tabdicalion de la reine, il quitta la Suède et alla s'établir à Beaone. Il mourut dans cette ville, le 1 8 avril 1 667, à l'âge de 34 ans. On lui doit la publication de la Réponse de son père à Millon. Le conseiller Legoux possédait de lui enmsc. un^^^r^^^ de la philosophie de Sexlus Empiricus, un Recueil de vers français et quelques autres ouvrages. 11 légua sa bibliothèque, qui renfermait un grand nombre de mss. de son père et de livres annotés de sa main, aux deux conseillers au parlement de Bourgogne Ph il. de La

(1) Nous ferons remarquer que ces paroles s'appliqueraient difBcilement à Claude, dont l'éducation deiait être terminée. Si Papillon nes'eet pas trompé sui* son âge, il deyail être dans saSO' année. Au témoignage du même biographe, Saumaise aurait laissé ce fils en Saède lors de ton voyage, et Christine lui aurait donné l'emploi de cornette des choTau-léçcrs de sa garde. Mais U ta confond êtidemmeot tTec son frère Josiai.

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IfareetJ.-B. Lantin. — ?oJosiàs^ sieur du PlessiS; suivit en Pologne le roi de Suède, Cbarles-Gustave, et y fut tué en 1665. — 40 Louis, sieur de St.-Loup, appelé en Angleterre par Charles II, ou ne sait en quelle qualité. Papillon prétend qu'il était à Leyde en 1 688 et qu'il soigna redit, de Touvr. poslh. de son père De Homonymis HiUs Jatricœ; mais nous croyons qu'il se trompe ( 1 ). «- 5<> Louis-Charles, page de Télectear palatin. Papillon nous apprend que de son temps il subsistait encore des descendants de ces deux derniers en Hollande. — 6« Elisabeth-Bénigne, revenue en France avec sa mère. Au rapport de BenoU,clle ne put, quoique née en HoUandeetmalgréde puissantes protections,oblenir la permission de sortir du royaume, qu'après avoir souffert de longues perséculions. Sa mère qui vivait à Paris, était morte dans les premiers mois de 1657.

NOTICB BIBLIOGRAPHIQUE.

I. Nili, arckÎHpiscopi ThessalonicensiSy Ubriduodi^Primatu Papœ ra» mani, et Uber de Purgatorio iyney gr, 4t lai., ex inlerpret, Bonaventurœ Vukanii. Item, Barlaami, morutchi, liber de Primatu Popœ, gr, et Int., ex interpr, Joannis Luydi ; omnia ex editione et cum notis ClaudiiSalmasii, Hanovis, typis Wechelianis, 1608, in-8o; Ueidelb., 1608 et 16l2,in-8<>; Lugd. Bat., 1645; dédié à Louis Servtfi, avoc. génér.au parlem. de Paris.

Ce fut, au rapport de Clément, à la demande de Bongars, que Saumaise édita ces deux ouvrages.

II. Lucii Annœi flori,Rerumroma' narum libri IV, cum notis Jani Gru^ ieri, nunc priniûvi accesserunt \otœ et Castigationes Cl.Salmasii, Heidelb.^ Commelinus, I609,in-12. — Saumaise nous apprend que cette édition lui coûta à peine dix journées de travail.

Aussi se ressent-elle de cette précipitation, qui n'est, dans aucun cas, ni une excuse ni une recommandation.

(1) Ne serail-il pas le même qu'oD sieur de StMmaiie^ tteigoeur de St-Loup, qui (aitail par* Mode l'eglis* de Beaaoe en 1670 T

Plus tard, il écrivait àGronovins, sons la date de Le>de, 30 août 1637, que dans cette édition tant d'erreurs, à lui étrangères, étaient venues s'ajouter aux siennes propres, ((u'il n'avait jamais reconnu c«t enfant pour sien. Cependant, ajoutait-il, j'ai remis le tout sur le métier et lorsque le livre paraîtra, si jamais il parait, il Tera voir la différence qu'il y a entre les œuvres de l'adolescence et celles de l'âge mûr. Une allusion maligne de Gronovius l'avait piqué au vif. Les Notes furent sup* primées dans l'édit. de Florus qu'il publia l'annéû suivante et à laquelle il joignit Lucius Ampelius,ècod, rnsc., nunquàm antehac editus, Lugd. Bat.j ap. Elzevir., 1638, pet. in-l2. a Je suis en cholère contre les Elzévirs^ écrivait-il à la date du 1 0 mai 1 638, de ce qu'ils ont mis mon nom au Flo« rus à mon insceu et contre ma volonté.— Je suis meshui trop vieux pour rechercber de la réputation par de si petites rubriques, oultre que de tout temps j'ai tousjours esté ennemi de la vanité. Ces gens ne sont dévoués qu'à leur proffit, et ne se soucient point aux despens de qui. » Et ailleurs(l 7janv.) : a S'ils eussent voulu imprimer mon commentaire sur cet auteur,Je l'ai tout prest. » Ce commentaire ne parut que dix ans plus tard dans une nouv. édit. del'bistorien lat. cum plenioribus ani' madversionibus, Lugd. Bat., 1648 et 1655, ap. EIzev. Les notes de Saumaise ont passé dans les édit. du Florus Yariorum,Amst.,El£evirii, 1660, in* 8«, et dans une foule d'autres postérieures. Nous ne savons ce que sont les Excerpliones cbronologicse ad L.

Fiorum, Oxonix, 1 658, in-8o, que Baillet attribue à Suumaise.

111. Poëme latin, de 140 vers ïambiques, dans la Défense du délit comh mun parMtUelol. édit. deDijun,l6il, in-80. — Casaubon loue, dans ses lettres, la beaulé des vers de Saumaise.

Huet est dumêmeseutimcnt; selon lui, notre savant avallun goûtexquispour la poésie et il excellait à tourner en grec ou en latin les vers écrits dans l'une

SAU

oa Taulre de ces langues. Dans Toocasion, il versifiait aussi en français.

W .Duarumintitcriptionum oeterum, Berodis Altici rlietoris et Rfffillœcork' jugis honori posilarurrif Explicatio, ^-Item , Ad Dosiadœ Aras; Shnmim Rhodii Ooum, Alas, Seiurim; Théocriti Fiatutam, Noiœ, I^arls., Hieron.

Drouart, 1619, in-40, pp. 248;réimpr.

dans le Musa^um de Thomas Crenius (Lugd. Bal., J700, in- 12).

V. Ami iad amicum de Suburbicariis rrgionibus et Ecclesiis suburbicctriis Epislola, s. n. de vilie, 1" janv. 1619, pp. 18 in-8«; réimpr. à la suite du Recueil des Lettres de Saumaise par Ant. Clément. — La question avait été soulevée par Ja ques Gwiefroy. Le P. Sirmond a>ant répondu par des injures au jurisconsulte hugueno^ Saumaise se jeta dans la mêlée pour prendre la défense de sou ami. Le Père jésuite ût face à Tun et à Tautre et la lutte se prolongea longtemps. Baillet attribue à Saumaise l'ouvrage de Godefroy : Conjectura de suburbicariis, etc., et sa réponse au P. Sirmond :

Vindiciœ pro conjectura. Le critiqua est sujet à de pareilles négligences.

"VI. Historiœ Angusiœ scriplores sex : jEUus S^tartianus, Julias Capi* tolinus, jEUus Lanifjridins, VulcatitàS Ga'Ucanus ,TrebMus Pollio, Fia»

vins VopiscuSy CL Salmasius ex veteribus libris recemwt, et librum adjecit Nolarum ac Emendationum:

quibus adjectœ suuf Xotœ ac emendationes haav.i Casauboiii jàm antea editœ, Paris. (Jérôme Drouarl),l620, in fol.; nouv. cdil. conlen., en outre, les Notes de Gruter, Lugd. B., i6T0- 71, 2 vol. in-80. — Dans une letlrc du mois dejanv. 1617, Sauinaiseécrivail à Dupuy, prieur de Sl-Sauveur, que depuis longlemps ce trd\aileluit achevé, « cl si je n'eusse craint, ajoutaitil, que parmi toutes les confusions de maintenant, les libraires n'eussent perdu courage, [mes Notes] fussent desja entre vos mains. » Au jugement de Bail.et, ce travail acquit à Saumaise Bue merveilleuse réputation, d'autant

plus, ajoute-t-il, «qu'on ne croyoit pat qu'on pût ajouter grand'cbose à ea qu'avoit fait Ca.4aubon. »

yW.Eucharistkon Jacobo Sirmun^ do S. J. P. pro adventoriâ de Regio^ nibus et Ecdesiis suburbicariis, Pt»

ris.. Hier. Drouart, 1621, in-io.— La p. Sirmond y répondit par son Prepempticon Cl. Siilmasio, 1622.

VlII. 0 S^pt. FlorentisTertulliani Uber de Pallia; Cl. Salinasius reoen' suit, explicavit, notisilustravii, Paris., H. Drouart,t622,in-8o, pp. 452, sans l'Index et la préface ; le Traité de Terlullien n'occupe que 64 pages, les Notes de Saumaise en remplissent 452, nouv. pagin.; nouv. édit. revue par l'auteur, cum verâ ad viimm ejm effigie, Lugd. B., Joann. Maire, 1656, ln-8« depp 4' 5, sans les tables et la dédicace ; dédié par l'auteur à son père, sous la date de Paris, 7 avril 1 622 ; trad. en français, Paris, 1665, ln-8*.

— Saumaise traite au long dans cetoujragede Re veatiariâ des Anciens.— bèsleSdéc. 161 4, il écrivait à l'avocat au parlement Dupuy : « Je suis maintenant après le livre e/e Pallto et espè* re le donner dans Pasque; et verres qu'un novice l'aura manié d'autre façon que cevieux rouller))[Josias Mercier?] (1). Le P. Petau,donl Saumaise avait critiqué quelques opinions, releva le gant.

iX. Coîtfulatùf animgdversorum Antonii Cercoetii [le P. Petau] ad Cl.

Salmasii Notas in Ttrtullianum de Pallia ; aucl(yre Francisco Franco /.

C. [Saumaise], MidelburgI [Paris], 1623, pp. 269, in-8», sans une lettre prélim. au même Cercoelius et rindex, terminé par une petite pièce de vers hexamètres où l'auteur compare le Père Petau k un singe cercopithèque. — Le P. Petau ne se tint pas pour battu, il riposta, et Saumaise lui renvoya la balle.

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