‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 51 sur 241 · I. Lettre sur les avantages des se · texte numérisé non relu

I. Lettre sur les avantages des se

mailles hâtives et profondes (Mém. de la Soc. économique de Berne, 1764), —Saussure était membre de cette société.

II. Produits des blés tirés des pays méridionaux, semés au printemps de 1772 e^ sur la fin de l'automne précèdent, 1773, in-l2.

III. Manière de provigner la vigne sans engrais, Berne, 1775, in-8^.

IV. Essai sur la cause de la disette du blé qu'on a éprouvée dans une par^ tie de l'Europe pendant i ou8 années, qui ont précédé 1 775,e/ sur les moyens de la prévenir, Geu., 1776, in-12.

V. Articles : Vignes, Baisins, Yen* danges et Vins, tirés de VEncyclop^ die (ide Diderot et d'Alembert), et ank" très morceaux intéressants, Laus.,

1778, in-12.

VI. Béponse aux objections d'tsn membre de la Société d'Auch conttt une brochure sur le produit des blée étrangers semés en 1771-72, Geikr,

1 779, in-8«. — Saussure était égii^ ment membre de cette Société économique.

VII. Essai sur la taiUe de la tigm et sur la rosée, 1780, in^«.

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Vlli. Le feu, principe de la fécor^ dite des plantes et de la fertilité des terres, 1783, in-8».

IX. Mémoire sur la manière de cultiver les terres. — Ce mémoire obtint un accessit dans un concours ouvert par la Soc. économ. d'Auch.

II. Horace-Benedict de Saussure, géologue et physicien, marcha sur les traces de son père et porta au plus haut la gloire de son nom. Nous emprunterons à son Eloge historique par Georges Cuvier, prononcé^ le 3 janv.

1810, à l'Académie des Sciences, la meilleure partie de notre notice. Grâce aux exemples qu'il avait sous les yeux, et à la sage direction de ses parents, Saussure trouva de bonne heure dans l'étude les plaisirs et les distractions que d'autres recherchent en vain dans l'oisiveté ou la dissipation. Dès l'âge de 20 ans, il se sentit assez fort pour disputer, dans un concours public, une chaire de mathématiques à l'académie de Genève. Il échoua, mais il y a tels revers qui sont ips avant-coureurs du succès. Deux ans plus tard, il obtint la chaire de philosophie (1762), qu'il remplit jusqu'en 1786. A la même époque remonte son premier écrit. Au jugement de Guvîer, ses Observations sur l'écorce des feuilles et des pétales forment un beau supplément au livre de Charles Bowiet, son oncle par alliance, sur r Usage des feuilies. Il fait connaître, ce qui n'avait pas encore été sudisamment étudié, le réseau cortical qui enveloppe les parties du végétal, les pores réguliers dont 11 est percé, leur communication avec la substance intérieure et leur iniluence sur la nutrition, a Mais de Saussure était destiné à d'autres études, il devait dévoiler des secrets plus profonds. C'était à lui qu'il était réservé de porter la premier un œil vraiment observateur sur ces ceintures hérissées qui entourent le globe, et ou les substan* ces qui composent le noyau de notre planète se montrent au physicien; de faire connaître avec détail la nature de ces substances, leur ordre, ou plutôt

le désordre qu'y ont mis les catastrophes qui les ont ainsi entassées ; de jeter enfin quelque lumière sur les événements qui ont précédé l'état actuel du monde, et sur lesquels on n'avait presque avant lui que les idées les pins vagues ou les systèmes les plus hasardés. » On peut dire que Saussure frayala route aux géologues modernes; esprit positif et rigoureux, ne se contentant pas d'hypothèses plus ou moins ingénieuses, il a grandement contribué pour sa part à retirer les sciences physiques des langes où on les maintenait de toute ancienneté. Dans le but de s'instruire par l'observation, il entreprit de nombreux voyages: en 1768, il parcourut en géologue la France et l'Angleterre; en 1 772, il explora toute 'l'Italie. Les Alpes furent surtout le théâtre de ses excursions ; il les traversa 14 fois par huit passages différents. Le 3aoùt i 787(1), il parvint jusqu'au sommet du Mont-Blanc. C'était alors une entreprise regardée comme très-périlleuse, aucun savant ne l'avait encore tentée. Mais depuis qu'un de nos amis, M. Ed. Ordinaire, a fait deux fois celte ascension dans le court espace de huit jours, on n'y voit plus qu'une partie de plaisir. La dernière course de Saussure, «et la plus instructive pour la théorie de la terre, » fut celle du Mont-Rase. « La connaissance des pierres ou la lilhologie était encore confuse et pauvre; Saussure entieprit de lui donner de la rigueur et du détail, et il le fit avec un succès que Komé-Delille et Werner ont eu peine à surpasser. On lui doit la connaissance de plus de 15 espèces de minéraux; la plupart se trouvèrent aux environs de Genève, et surtout parmi les cailloux roulés,... circonstance qui devint pour lui une preuve des débâcles et autres catastrophes subites que le globe parait avoir éprouvées. Il inventa un instrument propre à comparer la dureté des pierres, et fit de belles recherches sur

(i) GuTier, dans son Éloge, se trompe sar eetle daie. U i'esl trop fié à sa ménoire.

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leur fasibilité. Les eaax courantes, principale cause des dégradations des montagnes [n'estn^pas la moindre?

l'action des variations atmospbéri* qnes, des vapeurs^ des gaz, n'est-eUd pas beauconp plus paissante ?] forent aussi examinéessous tous les rapports.

Saussure cherche à mesurer leur vitesse^ leur température^ la quantité et l'espèce des matières qu'elles charrient; il remonte àleurs sources^c'est-à-dire aux glaciers^ et à la source des glaciers euxmêmes, aux vapeurs suspendues dans l'atmosphère, et qui se déposent en neige ou se précipitent en pluie.» Une grande difficulté que Saussure avait à vaincre dans ses recherches, c'était rimperfection ou même l'absence des instroments nécessaires. Il s'ingénia donc pour y suppléer et le succès répondit à ses efforts; il perfectionna « le thermomètre, pour mesurer la température de l'eau à toutes les profondeurs; l'hygromètre, pour indiquer l'abondance plus ou moins grande des vapeurs aqueuses; rcudiomèlre, pour déterminer lapureté de l'air, et savoir s'il n'y a point autre chose que les vapeurs dans les causes de la pluie ; l'élertromctrc, pour connaître l'élat de rélcclricité, qni influe si puissamment sur les météores aqueux; Tauémomètre, pour doi.ncr h la foib la direction, la vitesse et la force des courants d'air; et inventa enfin le cyanomètre et le diapbanomètro pour comparer les dogrés de la transparence de l'air aux différentes hauteurs. » Outre un certain nombre de savants Mémoires qu'il publia à différentes époques, il consigna le résultat de ses observations dans ses Voyages dans les Alpes. Cuvier résume ainsi ce que la science lui doit pour la théorie de la terre. Il est inutile de faire remarquer que la première des découvertes qu'il lui attribue, est une erreur,aujourd'hui bien constatée.

C'est ainsi que les plus savants et les plus habiles sont toujours condamnés à passer par toutes les vicissitudes de l'enfance avant d'arriver à l'âge d'homme. Tant de leçons ne devraient pas

être perdues pour nos Jeunes savants; le peut-être du philosophe sied à tous les âges. Saussure, du reste, comprit cette vérité, et après toute une vie d'études et d'observations, il eut la sagesse de ne pas blktir de système. « n a détruit, dit Cuvier dans son Eloge, l'idée que l'on s'était faite Jusqu'à lui d'un feu central, d'une source de chaleur placée dans l'intérieur de la terre : ses expériences prouvent même que l'eau de la mer et des lacs est d'autant plusTroide qu'on la puise plus profondément [sans doute par suite des courants sous-marins venant des pèles].

11 a constaté que le granit est la roche primitive par excellence, celle qui sert de base à toutes les autres; il a démontré qu'elle s'est formée par couches, par cristallisation dans un liquide [? ], et que si les couches sont aujourd'hui presque toutes redressées, c'està une révolution postérieure qu'elles doivent leur position. Il a montré que les couches des montagnes latérales sont toujours inclinées vers la chaîne centrale, vers la chaîne de granit; qu'elles lui présentent leurs escarpements, comme si leurs couciics se fussent brisées sur elle. Il a reconnu que les montagnes sont d'autant (las bouleversées, et que leurs couches s'éloignent d'autant plus de la ligne horizontale, qu'elles renriontent à une formation plus ancienne. Il a fait voir qu'entre les montagnes de différents ordres, il y a toujours des amas de fragments, de pierres roulées, et tous les indices de mouvements violents.

Enfin, il a développé l'ordre admirable qui entretient et renouvelle dans les glaces des hautes montagnes les réservoirs nécessaires à la production des grands fleuves. »

En i 795, Saussure fut choisi comme professeur d'histoire naturelle pour les Ecoles centrales de la France. C'était un dernier hommage rendu à l'astre qui allait disparaître. Dès 1 794, notre savant avait été frappé de paralysie; trois attaques successives le conduisi* rent aux portes do tombeau; les bains

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de Plombières^ qu'on lui ordonna^ n'améliorèrent point son état; cependant il voulut mourir sur la brèche, 11 finit comme il avait commencé, par une étude sur la botanique : « après avoir donné, en 1 790, des observations sur le mouvement d'une tremelle d'Aix-leS'* Bains, il lut encore, en 1 796, quelques mois avant sa mort(?), à la Soc. d'hist. natur. de Genève des Conjectures sur la cause de la direction constante de la tige et de la racine au moment de la germination. » Mais le terme était arrivé, il expira, après 4 années de souffrances, le 22 janv. 1799, à l'âge de 59 ans. Il était membre de plusieurs sociétés savantes. La Société des Arts de Genève prit naissance dans ses salons vers 1772; il en fut nommé président et il ne cessa jusqu'à sa mort de s'intéresser à sa prospérité.

Voici la liste de ses publications :

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