‹ La France protestanteChapitre 103 sur 303 · AUX A LU · texte numérisé non relu

AUX A LU

autour de laquelle y avoit gravé en lettres d'or ce qui s'ensuit : Ci gist Noble homme Maistre Claude Arnauld , vivant Conseiller, Notaire et Secrétaire du Roy, Maison et Couronne de France, et des finances de S. M., Trésorier-Général de France en la Généralité de Paris et ordonné par le Roy près la personne de Monseigneur le Marquis de Rosni, pour V administration des Finances de S. M. , sous le commandement dudit Seigneur.

Au haut de la tombe étaient gravées les armoiries du défunt, et au milieu, en lettres d'or, une courte sentence pour exalter ses vertus ; le tout était terminé par ces mots, en latin : Mœstissimo fratri ptura non permisit dolor. ce qui prouverait qu'un seul des frères d'Arnauld avait contribué à lui élever cette tombe. « Quinze jours ou trois semaines après, continue L'Estoile, on couvrit de plâtre ce beau tombeau . de peur que la populace envieuse de tels monumens n'achevât de le gâter, comme elle avait déjà commencé, et qu'enfin elle ne le brisât et le rompit du tout ; comme aussi on fut averti qu'on avait délibéré de le faire en une nuit. Et voilà comme d'un tombeau de marbre en fut fait un de plâtre, et quelle est la durée de nos ambitions. »

6° Louis, srde Pontchevron, Montaudon et Ghateaugaillard , était le moins bien doué de la famille. Voy. Tallemant (III, 105). Il avait l'office de conseiller secrétaire du roi et contrôleur des Restes. Il ne se maria point, demeura fidèle huguenot, et fut enterré au cimetière des SS.-Pères le 26 sept. 1645 [VIII, 3G5 b].

7° Pierre. Celui-ci fut illustre comme guerrier. On l'appelait Arnauld Du Fort parce qu'au siège de La Rochelle (1622 il s'était distingué contre les Rochelois. comme commandant du Fort-Louis qu'il avait achevé en partie de ses deniers.

Ayant abjuré la foi protestante, il avait apporté dans cette guerre le zèle du nouveau converti. Il devint maréchal de camp et mourut le 14 sept. 1 6*2 î (Voy. les Mèm. de Pontis).

8° Marie Arnauld, sœur des précédents [VII, 542 bj, avait épousé Hilaire Lhoste, sieur de Montfermeil, conseiller secrétaire du roi. Elle était veuve lors-

qu'elle fut inhumée au cimetière des SS.-Pères, le -23 mars 1G51 (Voy Le Laboureur. Addit.aux Mèm. de Castelnau- III, !98, et le P. Anselme VII, 770.)

9° Jeanne Arnauld, née vers 1583, demeura fille et huguenote. « C'étoit un original, » dit Tallemant, en racontant au sujet de cette dame quelques anecdotes qui décèlent une femme d'esprit.

3. Judith, sœurd' Antoine I, tante des précédents [IX, 391 a], fut mariée à Paul de Tournemine, baron de Campsillon1. et était veuve lorsqu'elle fut inhumée au cimetière des SS.-Pères. le 28 oct. 1642 (Voy. Tallemant).

On trouve aussi dans les reg. prot. de Paris Isaac Arnault , intendant des finances, inhumé le 10 mars 1608; — Marie Arnault . dame de La Rrossardière, vers 1615 [VIII, 52 a' . — Anne, fille de Claude Arnauld. vers'l 630 [VIII, 194 h].

Xous ne saurions mieux terminer cette liste qu'en rappelant deux passages des Mémoires de la mère Angélique Arnauld, la célèbre abbesse de Port- Royal (I, 90, et II, 255). dans lesquels elle avoue qu'elle et une de ses sœurs flottèrent pendant un temps entre le calvinisme et le catholicisme, et qu'elle fut très -incertaine si elle ne se retirerait pas à La Rochelle, où une partie de sa famille était restée dans le sein du protestantisme.

lz Mercure galant, dec. J693. — Moreri. - Bayle. — Tallemant des Reaui.— Port-Royal, par Ste-Benve,

1 et 11.— La Feritt sur les Arnauld, par Pierre Varin,

2 vol. ia-i'. (Paris, I'oii-miIjuc. (847.)

L ARNAUD Bernard), seigneur de LaCassaune [HaagI, 127: — III, 107], fut un des premiers parmi les notables habitants de Ximes qui se déclara pour la Réforme. En 1562. il fut nommé membre d'un conseil chargé de prendre soin de la police et de veiller aux besoins de L'église. En L568, lorsque le vicomte de Joyeuse voulut mettre garnison dans la ville, il fut député avec François Barrière , seigneur de Xages, et Pierre de Monteils, avocat au présidial, pour lui faire des représentations; mais ils ne purent rien obtenir. Déjà la réaction marchait tète levée, lorsqu'éclata la troi-

1 Cansitlon, dans le registre d'inhumation; Canziilon, dans Tallemant.

AliNAUB

sième guerre civile, qui fut souillée à Nimesparle massacre de la Michelade.

Arnaud fut compris dans la sentence rendue à ce sujet par le parlement de Toulouse. Ce fut évidemment dans la crainte de perdre la vie au milieu des troubles qui agitaient le pays, qu'il fit son testament le G sept. 1568, si toutefois le Dict. de la Noblesse ne commet pas une erreur de date ; car ni l'âge ni la maladie ne lui faisaient prévoir une fin prochaine. En 1570, il fut élu second consul, et trois ans plus tard, pendant le siège qu'eut à soutenir Nîmes, on lui confia le commandement d'un des quartiers de la ville, charge dont il ne sedémitqu'enl576,àla conclusion de la paix.

Il avait épousé, le 18 mai 1556, Marguerite Choisinet. Il en eut un fils nommé Daniel, qui fut honoré de la dignité de premier consul en 1593, et qui prit pour femme, la même année, 8 décembre, Anne Boileau. Le temps de ses fonctions étant expiré, il fut chargé de diverses missions dans l'intérêt de Nîmes. Son fils Paul [I, 127; II, HO; III, 424 a; V, 88 a] fut à son tour élu premier consul en 1629. Partisan zélé du duc de Rohan, en faveur duquel il avait contribué à faire déclarer Nîmes en 1625, il resta fidèle à la fortune de ce chef illustre jusqu'à la conclusion de la paix de 1629. Son attachement à la Réforme le rendit longtemps suspect. En 1632, le marquis de La Force voulut le faire sortir de Nîmes, mais la ville s'y opposa, et dans une assemblée convoquée à ce sujet par les consuls, le 30 juillet, on prit une délibération portant « que MM. les consuls rendront témoignage que les sieurs de La Cassagne, de Vesiric, de Fourniguet et Gattigues sont gentilshommes d'honneur; qu'on n'a jamais connu par leurs actions et desportemens qu'ils soient autres que bons serviteurs du roi, et d'ailleurs qu'ils sont des plus nobles familles de la ville, attouchans de parenté ou alliance au reste des principaux habitans, tellement que cette compagnie juge que leur sortie hors de la ville seroit préjudiciable au service du roi. » En 1638, lorsque les espagnols investirent Leucate, Arnaud s'empressa de prendre les armes. Il fut nommé capitaine de chevau-légers par

commission du 12 fév. 1636, et se signala parmi les plus braves. Quatre ans plus tard, le 1 i juin 161 2, il fut promu au grade de mestre de camp d'un rétriment de cavalerie, et en 1643 , il obtint une pension de 2,000 livres. Il testa le 3 sept. 1647. II avait épousé : 1° le 25 mars 1627, LouiseTroupel, qui l'avait rendu père de Marguerite-Anne, femme, en 1651 [II, 140 b], de Louis Du Roure. et de Claude Arnaud, marié, le 24 nov. 1659, avec Marthe Farter; 2° Marguerite de Chaumont [III, 424 a]. C'est sans doute de ce Claude Arnaud que Mme du Noyer parle dans ses Mémoires sous le nom de La Cassagne. Après avoir supporté courageusement d'horribles tortures pendant les dragonnades, le vieux gentilhomme dut succomber et signer son abjuration. — Pierre Arnaud de La Gassaigne, étudiant à Genève.

5. ARNAUD (Jacques), seigneur de Saint-Bonnet [Haag I, 127 b], qui appartenait également à l'Eglise protestante , était d'une autre famille que les précédents. Par son testament du 10 août 1622, il institua pour son héritière universelle Jeanne Baatide, fille de Jean Bastide, premier consul d'Uzès, et de Claude Gazagne, qu'il avait épousée en 1599, et dont il eut plusieurs enfants qui rentrèrent dans le giron de l'Eglise romaine.

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