‹ La France protestanteChapitre 106 sur 303 · JOURDAN · texte numérisé non relu

JOURDAN

21. ARNAUD (André), de La Tremblade, autre capitaine rochelois, vers 1620 [V, 409 b]. — Le capitaine Arnaud, exécuté à Seyne en 1586 [II, 483 a]. —

( ), capitaine camisard, d'Uzès, 1704.

[VI, 325 a].

22. ARNAUD (Etienne), de LaCharce en Dauphiné [III, 293 a; X, 405, 426], avait donné quelques leçons de musique sur les psaumes, à Dieulefit. Arrêté pour ce fait, en sept. 1744, il fut condamné par le parlement de Grenoble, 17 fév. 1745, à servir sa vie durant sur les galères du roi et à être flétri par la marque gal. à l'épaule, gauche, sur la place publique de la ville où il avait enseigné. Un volume contenant le Nouveau Testament et les Psaumes, dont on le trouva nanti, fut lié avec iui au carcan. Quelqu'un, du milieu de la foule, lui cria pour le railler : « Chante des psaumes maintenant ! » 11 en chanta plusieurs avec une grande assurance et aussi longtemps que dura sa peine. »

23. ARNAUD, famille établie dès 1560 à La Motte-Chalençon près Die (Drôme), et illustrée vers la fin du XVIIe siècle par un martyr, Daniel Arnaud, qui fut pendu à La Motte [X, 402], en 1689, pour avoir présidé une assemblée religieuse dans le domaine d'un gentil-

ARNAUD

homme catholique, nommé de Cheilas.

dont il était tenancier. Celui-ci eût pu sauver Arnaud, s'il avait consenti à ce qu'on démolit la ferme où l'assemblée s'était tenue; il s'y refusa. Il y eut aussi dans cette famille un Henri Arnaud, contemporain du colonel des Yaudois *j

Daniel avait treize frères ou sœurs dont il était l'ainé.—Conf. col. 378, lig. 39-40.

Louis-François Arnaud , descendant direct de Daniel, né le 9 fév. 1790, était au moment de sa mort (4 août 1864) pasteur de Crest depuis 52 ans. Pendant son long et très-actif ministère , il fit construire quinze temples et créer six places nouvelles de pasteur.

Fête religieuse célébrée à Crost le 25 mai «SC2, à l'occasion du cinquantième annhersaire du ministère de M. L.-F. Arnaud . Toulouse, )862. in-8".

François-Eugène Arnaud, fils cadet du précédent, auteur de divers ouvrages de théologie et d'histoire, lui a succédé, en 1865, comme pasteur de Crest.

Le cachet de la famille (remontant jusque v. 1700) représente un sapin à la tige accostée de deux étoiles, accompagné de deux rameaux de chêne s'inclinant sur le sapin à dextre et à senestre.

24. Un autre Henri Arnaud. Sr de Chamblai, venant aussi de La Motte-Chaleneon, fut reçu bourgeois d'Yverdon en 1694.

25. ARNAUD (Henri), né en 1641 aux environs de Die. = Armes sur son tombeau : Trois colombe- 1. 2 marchant à droite.

La jeunesse de ce héros est inconnue.

On sait seulement qu'il avait quitté le Dauphiné avec ceux de ses compatriotes qui avaient cru se mettre à l'abri des persécutions de Louis XTV en se réfugiant dans les vallées vaudoises du Piémont. De pasteur français, il était devenu pasteur vaudois, à La Tour. Il y remplissait ses fonctions , lorsque Victor Amédée, à la sollicitation impérieuse de Louis XIY, défendit l'exercice de la religion réformée dans ses Etats en 1686. Arnaud, après avoir partagé les douleurs d'une émigration accompagnée des plus lâches massacres,

1 En effet, voici en quels termes il est inscrit sur le livre delà Camille; « Mémoire de la naissance de nostre Dis qai est né le y jour de fev. 1646 et a esté batizé le 18 dj fev. par M. Ouabet, pasteur de la parolle de Dieu en l'égllze de La Motte; et son périn est Hennc Acbard soun oncle et sa mérine est Quatherine Arnaud, (anime de Isaac Achard et soun nom est Henric. »

se retira en Suisse avec 3,000 hommes ou femmes des vallées, reste des 15,000 que comprenait la population primitive.

Ces infortunés avaient pour lui une haute considération, qu'il méritait par la pureté de ses mœurs et sa rare énergie.

Bientôt toutes les espérances des exilés se tournèrent vers lui. Poursuivi luimême par le regret de ses chères vallées, il osa concevoir une des plus étonnantes entreprises dont l'histoire ait conservé le souvenir, celle de rétablir les exilés dans leurs foyers. Un brave des guerres vaudoises, Josué Janavel, qui en 1655, autre année d'effroyables barbaries, avait tenu en échec, avec une poignée de montagnards, les armées de France et de Savoie, et qui sous la menace des derniers supplices vivait depuis trente ans à Genève, dressa en génie militaire qu'il était le plan de cette incroyable campagne que son âge et ses infirmités l'empêchaient de conduire en personne. Pendant trois ans, on prépara en sUence l'exécution de cet audacieux projet, et à l'heure dite, dans la nuit du 15 au 16 août 1689, tout ce qu'il y avait d'hommes valides parmi les exilés , accourus de tous les points de Suisse, et plusieurs d'Allemagne, se trouva, malgré la surveillance des autorités helvétiques, rassemblé et caché sur les bords du Léman, dans la forêt de Prangins. Ils firent la prière, partirent avec quelques mauvais bateaux et abordèrent sur la côte savoyarde, à droite du village d'Yvoire, au nombre d'environ 900, ayant en tête Arnaud , leur principal pasteur. Deux autres ministres de l' Evancile les accompagnaient : le pasteur vaudois Montoux et le dauphinois Cyrus Chyon, ancien pasteur de Pont-de-Royans. Pour diriger les détails militaires, ils élurent encore un dauphinois réfugié qu'on nommait le capitaine Turrel '.

Arnaud, évitant avec soin les grandes routes, traversa une partie de la Savoie sans rencontrer de résistance jusqu'à Sallanches. Se jetant ensuite dans les

1 Au plus fort des misères de l'expédition, Turrel abandonna ses troupes, qui le remplacèrent par nn de ses compatriotes, le major P. Odiu; désertion dont il (ut bien cruellement puni, car étant tombé aui mains de l'ennemi, on le mit à mort, a Grenoble, avec le luxe que voici: on planta six potences a sa droite, six à sa gauebe, et l'on y pendit douze religionnaires rebelles; lui. couebé au milieu, fut rompu vif.

ARNAUD

hautes Alpes à travers les rochers, les torrents, les précipices, ces intrépides montagnards arrivèrent près du fort d'Exilles, où 26 compagnies de troupes françaises, retranchées sur une hauteur, voulurent leur disputer le passage. Ils les culbutèrent en leur tuant 600 hommes, poursuivirent rapidement leur route, et au bout de onze jours, harassés de fatigue, à demi morts de faim, ils arrivèrent, le 27 août, à La Balsille, premier village des vallées. Le fanatisme ne les laissa pas longtemps jouir en paix du bonheur de fouler de nouveau le sol de la patrie. Les Piémontais, unis aux Français, se mirent à leur poursuite, les cherchant jusque dans les plus sauvages retraites, les pourchassant comme des bêtes fauves. Réduit à la dernière extrémité par cette guerre implacable, Arnaud, par des marches et contre-marches habilement combinées, fit perdre ses traces; puis reparaissant tout à coup à La Balsille , il prit position sur un rocher gigantesque, près de ce village, résolu à s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité. Il ne tarda pas à y être assiégé par les Français ; mais ces derniers, repousses avec de grandes pertes et contrariés par les neiges, durent remettre au printemps la reprise du siège. Ils reparurent le 30 avril, sous les ordres de Gatinat, qui ne fut pas plus heureux. Le marquis de Feuquières, qui le remplaça, voulant en finir, fit transporter à force de bras des canons sur les montagnes voisines, et commença un siège en règle. Une évasion semblait impossible ; mais le génie entreprenant d'Arnaud osa la tenter.

Pendant une nuit sombre, il se glissa avec ses soldats au fond d'un précipice, suivit un profond ravin qui traversait les lignes ennemies et gagna à la hâte les montagnes voisines, où ses braves furent inutilement poursuivis. Sur ces entrefaites, un revirement complet se fit dans la politique du duc de Savoie. Il se détacha de l'alliance de la France pour s'allier aux puissances confédérées, et pour gage d'amitié offert aux gouvernements protestants , il accorda le libre exercice de leur religion aux Vaudois en leur confiant la défense des vallées. Dès lors, Arnaud quitta la vie militaire , où il avait fait preuve de tant de talent, de

courage et d'énergie, et reprit à La Tour, en mai 1690, ses modestes fonctions de pasteur. Cet admirable chrétien supposait chez les autres la sincérité qui régnait dans son âme et se crut alors dans un Eden terrestre. Il écrivait, de Turin, le 6 juillet 1690, à un de ses amis de Zurich, nommé Du Cros, qu'il était tout joyeux de l'accueil qu'on venait de lui faire en Savoie, qu'il avait déjà pris langue en Dauphiné avec les réformés français, et il ajoutait : « J'exhorte et prie tous les réfugiés et autres qui aiment l'avancement du Règne du Fils de Dieu de se joindre à nous. Il ne manquera ni terres, ni argent, ni biens et il est temps qu'on rétablisse la sainte Sion... J'ai passé pour un téméraire et imprudent; cependant l'événement fait voir que c'est Dieu qui fait toutes nos affaires, et le pauvre Arnaud est avec les généraux et aimé de tous. » (Arch. d'Etat de Zurich, F 153.) Il dut être bientôt détrompé sur l'amour que lui portait la cour de Savoie. Huit ans après, Victor-Amédée ayant fait sa paix particulière avec Louis XIV, et s'étant, par un article spécial, engagé à expulser de nouveau les Vaudois, Arnaud reprit le chemin de l'exil avec plus de 3,000 personnes. Il les conduisit en Allemagne, où le gouvernemeut de Wurtemberg leur céda des terres. Il s'y établit à Schonberg.Voici, tracé de sa main, le tableau de la colonie, dans une lettre qu'il adressait de Darmstàdt, le 1er déc. 1699, à un magistrat de Zurich, Escher. zélé protecteur des réfugiés : « Il y a maintenant 2000 réfugiés Vaudois en Wurtemberg, avec cinq églises. Notre souverain est bon prince, qui a preste du bled à nos colonies pour semer et qui a donné une [terre] à la notre où nous avons déjà planté 2215 meuriers , qui dans quelques années pourroient estre d'un grand profit au pais, où nous trouvons bon air, bonnes terres et bonnes eaux. Il est vrai que notre peuple aura beaucoup de paine pour la première année; car on nous donne des terres qu'il faut défricher, des buissons et des arbres qu'il faut arracher et des grosses souches qu'il faut tirer ; mais Dieu bénissant le grain qui est en terre, il donne du pain à celui qui l'a semé , et nos ennemis auront la confusion de nous voir

ARNAUD

établie avec plus de repos que nous n'avons jamais eu sous la domination des princes papistes, qui tremblent pourtant que la réunion des Luthériens avec nous ne se fasse. José supplier Votre Excellence et solliciter sa charité, afin que cette grande œuvre n'achève. Je crois que ce soit la gloire de S. M. Suédoise et de Mons. l'Electeur de Brandenbourg.

sans y mêler des docteurs en disputes qui ne font jamais un vrai chrétien. Je dis ceci à V. E. parce que nous remarquons qu'on commence à nous aimer partout, soit à la cour, soit aux ministres mesmes, soit le peuple qui conçoit que notre ancienne religion avoit des différences infinies de la leur. Je le trouve fort raisonnable sur le principe du christianisme, hormi le sacré jour du Seigneur, que le peuple n'observe pas ligieusement comme les premiers chrestiens et les fidèles d'Angleterre. » Il termine en se louant de la réception qui lui a été faite en Angleterre, et de ce que l'évêque de Londres a placé son fils aîné à Ghelsey, où il l'entretient. Pour son deuxième fils, Vincent, il sollicite Escher de le faire recevoir à l'instruction gratuite ;'> Zurich, car on le croyait riche, dit-il, mais l'Angleterre et la Hollande l'ont seulement remboursé de ses frais.

Ce second lils deviendra, suivant son espérance, un instrument du Seigneur.

Il continua son pieux ministère jusqu'en 1703, année ou par un nouveau revirement politique , le duc de Savoie rouvrit aux émigrés les portes de leur patrie. Arnaud retourna donc dan!

vallées et y resta jusqu'en 1707. Il fit alors un nouveau voyage à Londres, où l'on essaya vainement de le retenir. Il voulait revoir une dernière fois ses vallées avant de mourir et, en 1700. il retourna en Allemagne. Il y fini' jours le g sept. 172!, âgé de 80 ans. On l'enterra dans l'église de Schonbeni. Il avait eu deux femmes. Marguerite Dastie. de La Tour, et Renée Rébondy. La première seule lui donna des enfants, savoir trois lils et deux filles : 1° l'aîné. Scipion, lui sur. - honberg et fut

ensuite pasteur à Gros-Villar. prèsSchonberg: il eut deux fils qui moururent, l'un en Hollande , l'autre en Amérique :

2° Jean-Vincent, fut pasteur dans les

vallées vaudoises ; 3<> Guillaume, commença sa carrière par étudier le droit en Angleterre; î° Marguerite, femme de h Rostan. de La Tour: .">° Elisabeth, femme de Philippe Kolb, percepteur à Bretten (Baden).

Arnaud a écrit l'histoire de son expédition sous ce titre : Histoire de la glorieuse rentrée des Vai/dois dans leurs vallées: s. 1.. 1710, in-12: nouv. éd. Neuchâtel. 1848, in-12. sous un titre un peu modifié1. Son portrait a été gTtté, d'après J.-B. Randon. par Lafeuille. 1 «">*.* 1 : et par van Sommer, à Londres, 1609.

Brai 1; attirions rveorery fty Vie f'au-

etc.-. London, tSJï, in-8\ - HUt. de Henri Arnaud, par Théod. Muret; l'aris, DucJoux. t85.{. Tu p. in-12. — Biographie du Davphiné, (856, par A. Rochas. — Et surtout : l'Israël des Alpes, par A. .Muston i;i-l2; liucloax, 1801.

•20. ARNAUD 'Etienne}, pasteur du désert qui souffrit le martvre en 1718 [Haagl. 127 h: IV. 93 a: X. 406 . Il fut un des cinq pasteurs qui les premiers assistèrent Antoine Court dans l'œuvre difficile et périlleuse qu'il avait entreprise de réorganiser les églises du midi, après l'extermination des camuards. De cinq qu'ils étaient , quatre périrent par le dernier supplice, et Arnaud, qui était l'un des plus jeunes, monta le premier sur l'éebat'aud. Il avait assisté aux deux synod umient convoqués par

G mit en 1710 et 1717, et se dévouait aux nobles projets de ses compagnons avec toute l'ardeur d'un« jeune ministre plein d'espérance. » lorsqu'il fut découvert et jugé à Nîmes, puis immédiatement pendu à Alais, le 22 janvier 171^. gentilhomme d'Alais, bien connu pour avoir employé sa vie et sa fortune ùirir les persécutés, Ben}, du Plan.

écrivit à la mère du jeune pasteur * :

« ... Ce fidèle confesseur de la vérité, après avoir été détenu prisonnier environ un mois, pendant lequel tous ceux qui aiment la Religion et qui le connoissoint oll'roint a Dieu leurs prières pour sa délivrance, il a été condamné à la mort la moins cruelle de touttes celles que la justice peut infliger. Cet arrêt a

1 Le ms. original d'Arnaud est à la bibliot. de Berlin. Voyez l'Israël des Alpes, par A. Muston (III, jsj. .. livrai d'une rare perfection pour la méthode et l'abondance des informations.

« La lettre est datée do Niuies le l« têt., et porte pour adresse : « A M. Arnaud, chez M. J. I.iotard fils, po»/r rendre à Jeanne ; à Genève. »

ARNAUD

été prononcé à Nismes et exécuté à Alais. Jamais on n'a veu une personne plus tranquile et plus resignée à la mort que ce pauvre agneau. Ses ennemis les plus cruels en ont été touchez , presque tout le monde a versé des larmes. Le jésuitte, quoiqu'il ait été rebutté avec force à cause de ses exhortations importunes, a été obligé de confesser que s'il avoit été dans l'église romaine on devroit le regarder comme un martyr.

L'officier qui l'a conduit et même un archer m'ont dit qu'il avoit parlé, et qu'il étoit mort comme un saint. Le boureau en larmes a prononcé qu'il avoit fait mourirun ange. Je ne saurois enfin vous raporter tout le bien qui a été dit de ce cher enfant. Sa douceur, sa patience et sa charité avoint tellement gagné ou attendri le cœur do tout le monde que personne n'oseroit en dire du mal sans s'exposer au mépris et à la haine du public. Je ne doute pas, ma chère sœur, que vous ne vous soumettiés avec joye aux ordres du ciel qui avoit prédestiné vostre cher fils a être du nombre des martyrs. Les nommes n'ont fait qu'exécuter les décrets de Dieu... »

Papiers d'Ant. Court, n° ), t. II, p. 15.

27. ARNAUD, dit La Plaine etDuperron, natif duVivarais et proposant, quitta le Dauphiné en 1745, après le supplice des pasteurs Ranc et Roger, et étudia au séminaire ou école de théologie de Lausanne jusqu'en 1748. A peine rentré en Dauphiné, où il avait été déjà condamné à mort par contumace, le 17 mars 1745, pour avoir présidé des assemblées religieuses, il fut dénoncé, et arrêté le 17 juillet 1748, près de La Baume- Gornillane. Le souvenir des martyrs ne put soutenir son courage, et il apostasia en face du gibet. L'année suivante, on publia à Grenoble les Motifs de l'abjuration, etc., et le prisonnier, bourrelé de remords, fut retenu captif jusqu'au 4 avril 1750. Alors, dit un écrivain du temps, « il alla se jeter entre les bras de ses an- « ciens frères, avec des marques de sa « repentance qui perçoient le cœur. Sa « douleur l'épuisa si promptement qu'il « mourut le 26 mai de la même année, « plein d'horreur pour son apostasie et « pour les cruelles mains qui la lui « avaient arrachée. » (Réponse an sieur

Jean Molines , dit Fléchier ; Villefranche, 1753, in-8°, p. xxiv.)

28. ARNAULD, pasteur du désert évangélisant la Saintonge v. 1756 [V, 260 a]. — D'Arnaud, pasteur à Sancerre en 1794.

Nombre d'autres familles du même nom. venues surtout de divers lieux du Dauphiné, et aussi du Vivarais, de Gastres, de Nîmes et de Bordeaux, s'établissent en 1698-1700 à Berlin, Halle, Magdebourg, Prenzlau, Wesel etc.

29. ARNAUD deBedoez (Antoine d'), condamné à être pendu; Florac, 1659 riX, 193 a].

30. ARNAUD (Daniel d'), d'Uzès, proposant, abjure et reçoit en récompense une pension de 300 livres, 1675 [IX, 6 b].

31. ARNAUD (d'), de Puylaurens, ancienne famille du Lauraguais. Paul d'Arnaud, consul de Puylaurens en 1629, mourut en 1640 [V, 203 a]. Il avait épousé Marguerite De Toulouse, de laquelle il eut : 1° Antoine; 2° Paul, mort le 26 juillet 1670, à l'âge de 33 ans, pendant qu'il occupait la première charge municipale de Puylaurens ; 3° Gaspard ; 4° Jean, notaire de Poudis. — Antoine d'Arnaud naquit en 1630, et fut d'abord greffier de la judicature de Villelongue au siège de Puylaurens, puis avocat jusqu'à sa mort, arrivée le 23 septemb. 1706. Antoine n'émigra point à la révocation de l'éditde Nantes, comme l'ont cru MM. Haag [I, 126 a]. Il avait épousé, en 1655, Marie de Mascarenc, fille de Daniel, sieur de Labarthe et de Marie de Bardou , qui lui donna :

1° Moyse; 2° Daniel; 3° Honoré; 4° Marie, laquelle, seule entre ses frères, resta en France : elle se maria en 1699 avec Jacques deVialattes, de Pémille. — Né le 27 août 1658, Moyse était étudiant en théologie à l'académie de sa ville natale lorsqu'il sévit obligé de s'expatrier. Le 29 octobre 1685, il partit avec François Cordes, son condisciple, alla à Montpellier se présenter au duc de Noailles, commandant du Languedoc, suivant l'ordre donné à tous les ministres et proposants, et reçut là un passeport pour Gênes, d'où il s'embarqua immédiatement pour Amsterdam. Il arriva dans cette dernière ville le 3 juillet 1686

ARNAUD — ARNAUDEAU

seulement, après avoir couru de grands dangers sur mer. Moyse d'Arnaud mourut pasteur à Franeker, dans la province de Frise, le 20 novembre 1697. — Daniel, second fils d'Antoine, naquit en 1667, se réfugia en Hollande dès qu'il eut atteint l'âge de vingt ans, mourut le 10 juillet 169-2. et fut enterré dans le temple de l'académie de Franeker en sa qualité de proposant. — Honoré d'Arnaud, né à Puylaurens le 19 décembre 1670, se réfugia auprès de ses frères en 1689, et fut reçu pasteur au synode de Nimègue, en octobre 1693. (Pradel.)

Honoré d'Arnaud fut nommé, en 1728.

pasteur de l'église wallonne de Franeker [Haag I, 126], et il y remplit ses fonctions jusqu'en 1763. 11 eut la douleur de voir son fils , George, le précéder dans la tombe. Né le 10 sept. 1711 , ce fils montra de bonne heure de rares dispositions. Dès l'âge de douze ans, il publia des vers grecs et latins qui lui méritèrent des éloges flatteurs. A dixsept ans, encouragé par son savant professeur Hemsterhuis, il fit paraître un ouvrage qui lui assigna tout d'abord un rang parmi les plus savants philologues de son temps ; nous voulons parler du Spécimen animadversionum criticarum ad aliquot scriptores gnecos, nominatim Anacreontem, Gallimachum, Hephirstionem, Herodotum, Xenophontem et ^Eschyium (Harling, 1728, in-8° . Deux ans plus tard, les Lectionum gra'carum libri duo, in quibus gnecorum BCripta passim illustrantur atque castigantur, in primis Hesyehii, Arati, Theonis, Oppiani et Appolonii Rhodii (La Haye, 1730, in-8^, vinrent confirmer la haute opinion que les érudits avaient conçue du jeune critique. Un savant commentaire, De Dits r.xzizzv.^ sive adsessoribus et conjunctis, publié à La Haye, 1732, in-8°, et inséré plus tard dans le IIe vol. du Not. supplément, ad Thés. Gnevii etGronovii, accrut encore sa réputation.

Si la faiblesse de sa poitrine le lui eut permis, il se fût voué, comme son père, au ministère évangélique ; mais sa santé délicate s'opposant à son inclination, il se décida pour l'étude de la jurisprudence. Dès le 9 oct. 1734, il soutint, sous la présidence d'Abraham Wieling, une thèse De jure servorum apud Romanes

(Franek. 1734, in-4°; réimpr. Leeuward. 1744, in-4°). et quelques mois après, il fut autorisé à ouvrir un cours particulier de droit. 11 justifia bientôt cette faveur par la publication de ses Variarum conjecturarum libri duo, in quibus plurima juris civilis aliorumque auctorum loca emendantur et explicantur (Franek. 1738, in -4°; réimprimé sous un nouveau titre à Leeuw. 17 ii, in-4°). Cet ouvrage fut suivi d'une dissertation De Us qui prefii participandi causa sese venundari pa tiuntur |F ranek.

1739. in-4°: nouv. édit. revue. Leeuw.

174i, in-4°). Ces écrits désignaient d'Arnaud pour la première chaire vacante ; aussi lorsque Wieling fut appelé à Leyde, lui offrit-on la place de son ancien professeur; mais la mort ne lui laissa pas même le temps d'en prendre possession. Il mourut le 1er juin 1740. Aux ouvrages que nous avons cités, nous devons ajouter des Obsertationcs in Alciphronem et in Euripidem, insérées dans les vol. IV, V et VI des Observât, miscell., et les Vitx Scœcolarum, publiées à Utrecht. 1767. in-*°, par Arntzenius, ouvrage faible auquel il n'avait pas mis la dernière main. — Un G. d'Arnaud était encore en 1770 IV, 540 a ancien à Cassel.

3-2. ARNAUD (Jacques), capitaine d'infanterie, v. 1640 1 \ ' , 2 1 T fc] . — (Jacques, receveur général à Menin (Flandre.), ibid. — (Pierre), sieur de La Cantinière, 1648 [VIII, 323 b].— (Jean), réfugié en Angleterre v. 1686 [V, 127 a].

— ( ), ancien à Durfort, 1679 [IX,

352 ft]. — Charles), de La Mothe en Dauphiné, étud. à Genève, 1720.

1 . ARX AU DEAU (du mariagede Laurent), avec Suzanne Chaperon, béni au temple de La Rochelle en 158Ô, naquirent Jehan, baptisé le 3 septembre 1685, qui eut pour parrain Jehan Gendrault , d'une vieille famille municipale et Ozée, baptisé le 31 janvier 1588. qui eut pour parrain Louis Berne, pair du corps de ville. Ces diverses familles ont persisté dans la profession de la foi évangélique, et la révocation de ledit de Nantes les a chassées de La Rochelle. (Rjchemond.)

2. ARNAUDEAU (Claude), fils de Claude, notaire à Niort, naquit dans cette ville en 1631. Il fit ses études à

AltNAUDEAU — ARNOl

Saumur [IV, 513 b; VI, 311 b] et il était pasteur àLusignan en 1659. Il y mourut vers la un de 1682 (Lièvre III, 297). Sa fille Claude-Louise, épousa /. de Beausobre [II, 123 b]. — MM. Haag écrivent, à tort, dans ce dernier passage Arnaudot et dans les deux autres ArnaudeZ.

ARNAUDET, de Bellocq (B.-Pyr.) ; ses deux fils cadets poursuivis comme protestants par arrêt du parlem. de Pau, 20 oct. 175(1.

ARNAUDIN (Jacques}, chirurgien, réfugié de Maronnes, naturalisé anglais, 15 avril 1687. — (Anne), de Marennes, 4 l ans, assistée à Londres, 1702. — (Judith), de Marennes, 40 ans, veuve avec deux petits enfants, id. 1705. — (Madeleine), et deux enfants, id. 1721. — (Anne-Marie), enfermée au couvent de Notre-Dame de Saintes, 1728.

Arnaudie (l'), variante du nom de ha lienaudie, fournie par des titres périgourdins du XVe siècle (Archives des Basses-Pvr. E, 850).

ARNAUD Y (Anne d"), 1614 [VI,

AR1SAUDON ou Amodon (la veuve), de Serres en Dauphiné, 1690 ; — (Jean), de Vennes en Dauphiné, allant en Allemagne, 1700; — (Daniel), de Vennes, allant en Allemagne avec sa mère aveugle, 1708. — (la veuve), du Dauphiné, avec trois enfants, allant en Allemagne, 1709; assistés à Genève.

ARNES (d'), capitaine, 1572 [III, 400 b].

ARNIF, famille protestante d'Aulas (Gard), aujourd'hui éteinte.

I. Honorable et discre-t homme Pierre Arnif, marchand d'Aulas, est le premier de son nom qui ligure dans les registres de l'église d'Aulas. Il eut trois enfants : 1° Jacques, qui suit; 2° Philippe, bachelier; 3° Framboise, qui était en 1550 femme de noble Guillaume de La Court.

II. Noble Jacques Arnif, sr de Roquesedal, mort entre 1566 et 1580, épousa damoyselle Françoise Serre, lille de noble Guidon Serre, s1' de Fromental, laquelle testa le 6 mai 1618. Il en eut : 1° Jacques, qui suit; 2° Elisaiseth, mariée le 19 déc. 1580, avec noble Fi$Jiçois Beaoiat, du Caylou, de Bréau ; 3° Autre Eusahetii, mariée l" le 30 août

1592 avec Jacques Baudon, 2° avant 1618 avec Estienne Cabanis.

III. Jacques d' Arnif, sr de Roquesedal, consul d'Aulas en 1595, épousa le 1 février 1592 An thoinette de LaValetie, fille du sr de Cassanas. Il mourut le 22 août 1621, laissant : 1° Jacques d' Arnif, s1- de Roquesedal; 2° Jean, qui suit; 3° Marc d' Arnif, s1- de Peyrelade; 4° Catherine, vivant en 1621 ; 5" Anne, épousa le 10 déc. 1624 Jehan Aldebert, d'Aulas, et testa veuve le 26 août 1639 ; 6° Claude, née le 18 avril 1613, épousa Lois Pognet, fils de Lois et de Sarah de Quatre/âges. Elle était veuve en 1652; 7° Anthoinette, née le 24 avril 1617 ; 8° Françoise, née le 16 janv. 1621, épousa le 17 nov. 1639 Philippe Fabri, notaire royal de Cornus, dioc. de Vabres.

IV. Jean d'Arnif, sr de Roquesedal, consul d'Aulas en 1628, épousa dlle Gileite de Combes, et mourut le 31 déc.

1675, laissant: 1° Thomasse; 2° Gilette; 3° Hannibal ; 4° Pierre, qui tous abjurèrent à la Révocation.

IV b. Marc d'Arnif, sr de Peyrelade, 3e fils de Jacques et d'Antoinette de La Valette , fut consul d'Aulas en 1612, et mourut le 21 juin 1670, laissant de son mariage avec Thomasse de Caladon :

1° Jean; 2° Susanne, 3° Françoise; 4° Marguerite ; 5° Isabeau ; 6° Philippe ; 7° Jacques.

V. Jean d'Arnif, sr de Peyrelade, fils aîné du précédent, né le 24 juin 1644, et marié en 1671 avec d1Je Louise de Caladon. Les d'Arnif de Peyrelade abjurèrent comme ceux de Roquesedal et à la môme époque. (Teissier.)

Papiers de la famille Quatrefages du Fese, chez M. P. Cazalis de l'oiulouce. — Registres de l'église d'Aulas. — Compte des consuls à la mairie d'Aulas.

ARNOU ((Jonathan h), sieur de Yaumondois, figure au registre des réformés de Pons enSaintonge, XVIIe siècle.

ARNOUD, Arnoulu, Arnout, Arnou.v, et autres formes dérivées lïArnoldus, comme on a vu plus haut, aux articles Arnal et Arnaud, celles d'Arualdus.

Thon// Arnous, de Beaucaire, reçu babiLaut de Genève, 27 juill. 1556. — Aiithouic Arnoull, « de la ville de Melg»er, dioc. de Montpellier, » id. 7 déc. I55li. - Arm.'ii/, ministre du sieur de

ARNOU — AROXDEL

.Serres, 1996 flX. 134 au — André Arnold, de S. -Simon en Âunis, vers 1648 [III. 33-2 b]. — André et Abraham Ar~ noult, naturalisés anglais, 8 mars — Plusieurs autres familles de ce nom, originaires de Generac en Languedoc, de Courcelles au pays Messin, de Ste- Croix, Chdtel et Fressinière en Dauphiné, s'établissent, de 1692 à 1702, à Berlin, •1 et Magdebourg.

ARXOUX. pasteur à Besse en Dauphiné, IGCO. — « Le procès contre François Arnoux et Catherine Bouv; femme iau parlem. de Grenoble] est fait ra poursuivi jusqu'à la torture : ■ 20 mars 1686 Bull. VII, 137;. — (la veuve de François) et son fils, d'Embrun, réfugiés et assistés à Genève, 17ul. — Arnoux, d'Embrun. 1704 ; —autre Xoël. du Buis en Dauphiné, 1766; — deux frères Arnoux, de Montmeyran en Dauphiné, 1707; réfugiés et assistée à Genève. — Reçus babitants de Genève :

Etienne Arnoux, fils de feu Jean, de Quint en Dauphiné. 1700; PaulArnoul, fils de feu Antoine, de Montmeran, 1710 ; Jérôme Arnaud, fils deCharles.de Montélimart. 1718; Antoine Arnouz, fils de feu David, de Xyons en Dauphiné, demeurant à Genève depuis 1 S tpaa et inspecteur des cardeurs de soie à l'hôpital, 1724; François Arnoud, fils de feu André, de Moulin en Poitou, tisserand, reçu habitant de Genève, 1734; Pierre Arnoux, fils de Pierre, de Gayols en Dauphiné, 1743.

ARXOUL et Arnoclt: famille figurant sur les registres protestants de La Rochelle, à partir de 1604. Le i1» août, fut baptisé Jacques, fils de Daniel Ai noul et de Judith Dolla. Le 22 oct.

1(08, id. Daniel, fils de Daniel et de Judith Daule.— En 1684, Antoine Arnnul épousa Catherine Rousselet, dont un fils François, baptisé le 10 juillet 1635. — (Jean), La Rochelle. W64 V.127 b\— Un des plus ardents persécuteurs des huguenots porte le nom de cette famille, sans lui appartenir autrement que par l'homonymie; c'est Pierre Arnoub gneur de Vaucresson et de La Tour, intendant de la marine du Ponant. iRi-

CHEMO

ARXnl'L Guillaume, aalérien en 171:; V

ARXOLLLET ;Balthasar), libraire à Vienne vers 15Ô0 [IX. .

ARXOYE (Charlotte d'), 1609 "II.

199 b]. — (Antoinette à), 1649 ,'IX.

147 hi

AROLES (Antoine d), ancien de Figeac, 1594 [II, 183 b; X. 21.V.

ARUMBEL J u:.j it;s, notaire à Puylaurens, consul de cette ville en 1031 et

AROX; Bédarieux. 1685 III. > (Marie,, de S.-Vincent en Dauphiné, assistée à Genève. 1 î

ARuXDEAU Pierre;, né dans 1 Angoumois, s était établi à La Rochelle, en et y exerçait le métier de colporteur. On le soupçonna de fréquenter -emblées des hérétiques. Pour s'en assurer, des prêtres l'abordèrent un jour et lui demandèrent où il allaita lan.

Arondeauleur répondit qu'il n'\ étaitque trop allé à son grand regret, mais que, Dieu lui ayant ouvert les yeux par sa sainte parole, il savait maintenant que la messe est une abomination inventée par Satan. Il fut à l'instant dénoncé et le lieutenant criminel le décréta de prise de corps. Quoique averti du danger qui le menaçait, Arondeau refusa de fuir.

Sur les instances de ses amis, il consentement à interjeter appel de la qui le condamna à mort. Le lieutenant criminel l'envoya en conséquence à Paris sous bonne Après plu-

sieurs mois de détention à la Conciergerie. Arondeau en fut tiré !e \~> nov., et conduit sur la place de Grève où il fut brûlé vif, conformément à l'arrêt du parlement confirmatif de la sentence du lieutenant criminel de I^a Rochelle. Il souffrit le supplice avec une constance digne des premiers martyrs de l'Eglise. (Hjulg.j

ARONDEL Madeleine], veuve du peintre Bunel. morte à Paris en 1637 {Bull. XII. 288). — Pierre Arondelle, mercier à Montargis, reçu habitant de Genève, 8 janv. l.")73.

AROXDEL (Christophe d;, seiizneur de La Lande, marié à Marguerite Bonnet, dame de Sançay, en eut une fille, Renée, présentée au baptême au temple de I.rft Rochelle par le prince René de Rohan et Ma/yuerite de Beaumont , 15 oct. = Armes : De gueules au lion d'argent.

AROTIS — ARPAJON

AROTIS, d'Orthez(ou peut-être d'Arrot), vieillard âgé de plus de 80 ans, noyé par ordre de Tarride et de ceux qui avec lui s'étaient retirés à Orthez, « pour ce qu'il estoit de la religion réformée et avoit un fils dedans Navarrens ; et d'autant qu'il s'eflbrçoit de sortir de la rivière, le firent tuer parharquebusades,»

1569 (Bordenave, p. 262).

AROUE (Tristan et Charles d'), gentilshommes béarnais [II, 168 a et b].

AROUIIET (Jacques), condamné à mort; Bordeaux, 1569 [II, 415 b]. — Jacques Arrouhet, conseiller au siège présidial de Saintes et Nicolle Mipin, sa femme, oct. 1570 (Regist. de Saintes).

Arpaill argues, voy. Barge ton.

ARPAJON (Les vicomtes d'), marquis en 1720, illustre maison languedocienne, une des plus anciennes de France [Haag, I; 130] . = Armes : D'argent à quatre pals de gueules, qui est Séverac.

Antoine, fils de René d'Arpajon, seigneur de Séverac, et de Géraude du Prat, fille du célèbre chancelier de François Ier, donna de bonne heure des preuves de son zèle pour la propagation et la défense de la foi protestante. En 1561, le synode de Villcfranche le pria de prendre sous sa protection les églises du Rouergue.

Quelques mois après, Arpajon alla rejoindre Condé qui venait de s'emparer d'Orléans ; mais ce prince, connaissant l'influence qu'il exerçait dans sa province, ne tarda pas à le renvoyer dans le Midi avec ordre d'y lever de nouvelles troupes. Tandis qu'il s'occupait de ce soin, les protestants de Toulouse députèrent le baron de Lanla à Condé pour lui communiquer le projet qu'ils avaient conçu de se rendre maîtres de la ville et lui demander de les appuyer. Condé promit. Le vicomte d'Arpajon qui avait rassemblé un corps de douze cents hommes dans les environs de Montauban, reçut en conséquence l'ordre de se porter sur Toulouse; mais comme il mettait peu d'empressement à exécuter ce mouvement, plusieurs des seigneurs qui s'étaient joints à lui, perdant patience, partirent sans l'attendre. Malheureusement ils tombèrent entre les mains des catholiques, et n'obtinrent leur liberté que sous la promesse de ne plus porter les armes durant toute cette guerre. Un

d'entre eux, le seigneur de S .-Lèophaire , ne se contenta pas de tenir la parole donnée, il passa dans le camp ennemi.

Les historiens n'expliquent pas clairement le motif des lenteurs d'Arpajon.

Bèze semble l'accuser de mauvaise volonté, ou tout au moins de négligence ; d'Aubigné, au contraire, attribuait ses retards aux faux avis qu'il recevait de Saux. Quoi qu'il en soit, il perdit un temps précieux, et lorsqu'il se mit en route, il trouva les chemins gardés.

Craignant avec raison que ses nouvelles levées ne pussent soutenir en rase campagne le choc des soldats aguerris de Monluc, il prit le parti de retourner à Montauban. Cette ville se vit bientôt après menacée d'un siège. Ne la jugeant pas capable de défense, il proposa de l'abandonner et d'aller tous rejoindre Condé ; mais les consuls lui ayant fait sentir l'impossibilité pour une population de délaisser ainsi ses foyers, ilfut décidé que de La Tour et Rapin resteraient dans la place, tandis que Arpajon, Marchastel et Montledier iraient chercher des renforts dans l'Auenois [III, 213 a; VI, 15 a, 62 b; VII,°39i a; IX, 93 a, 196 a, 503 b].

Cette province avait été placée par le synode de Ste-Foy sous le commandement du sieur de Mesmy, qui jouissait d'une grande influence dans le Périgord. C'était lui qui en apprenant l'arrestation de Condé et du roi de Navarre, avait décidé les protestants des provinces de l'Ouest à prendre les armes, sinon pour les délivrer, au moins pour vendre chèrement leur vie. Le synode de Villeneuve l'avait confirmé dans cette charge importante, qui demandait plus que du zèle dans les circonstances présentes. Etranger au métier des armes, de Mesmy était assurément un trop faible adversaire pour Monluc. Arpajon le comprit, et plutôt que de rester spectateur de fautes qu'il ne pouvait empêcher, il retourna auprès de Condé. Peu de temps après, il fut tué à la bataille de Dreux.

Comme il ne laissait point d'enfants, ses titres et ses biens passèrent à son oncle, Jacquks, qui soutint dignement la réputation que son neveu s'était acquise moins par ses talents guerriers que patson caractère. Lorsque la guerre éclata

ARPAJON — ARRAC

de nouveau, en 1567, Jacques d'Arpajon se joignit à l'année des vicomtes avec un corps de troupes levé dans le Rouereue, et l'accompagna dans sa marche hardie à travers presque toute la France IV, 18 b, 134 a, 481 b; V, 397J. Après la signature de la paix sous les murs de Chartres, il retourna dans ses terres; mais Catherine de Médicis, en forçant Condé à reprendre les armes, ralluma bientôt la guerre civile. Les habitants de Castres confièrent à Arpajon un des quatre régiments qu'ils avaient levés pour le service de la cause, et qu'ils mirent avec empressement aux ordres de Montgommery pour recouvrer le Béarn.

Cette rapide expédition terminée , les vicomtes retournèrent à Castres, et s'occupèrent de réduire les villes voisines tenues par les catholiques. Dans une de ces entreprises dirigée contre Montech, Jacques d'Arpajon reçut une blessure mortelle, le 1er mai 1569. Sa mort engagea les assiégeants à se retirer.

Il avait eu de Charlotte de Castelper s \ de la maison de Panât [III. "243 b], deux fils appelés Jean et Charles. Jean, qui avait été nommé, en 1568. capitaine d'une compagnie de cavalerie et qui avait fait vraisemblablement la campagne du Béarn avec son père, continua de servir la cause de la Réforme et plus tard celle de Henri IV avec autant de fidélité que de valeur. Ce prince lui confia, en 1592, le gouvernement du Rouergue. Jean de Valette, qu'il avait remplacé, ayant été rétabli en 1594, Arpajon rejoignit le roi qui se préparait à chasser les Espagnols de Ham. Il reçut à ce siège une blessure des suites de laquelle il parait être mort peu de temps après. Il eut pour héritier son frère Charles qui ne nous est connu que par un trait d'autant plus honorable pour lui que, mèmeàcette époque, beaucoup se montraient moins scrupuleux.

Le roi Henri III voulut le comprendre dans une promotion de l'ordre du Saint- Esprit : mais comme il ne pouvait acheter cet honneur qu'au prix d'une abjuration, il le refusa. Il eut de sa femme, Françoise de Montai, fille d'honneur de Catherine de Médicis, plusieurs enfants, entre autres Jean d'Arpajon qui ne sut pas résister, comme son père, aux séductions de la cour. Ce qui nous le

prouve, c'est que plusieurs de ses enfants entrèrent dans les ordres, et qu'un autre, du nom de Louis, combattit contre les protestants au siège de Montauban en 1621. Cette illustre famille, qu tirait son origine des comtes de Toulouse, et par son alliance avec celle de Séverac, des rois d'Aragon, s'est éteinte en 1736 en la personnede Louis, marquis d'Arpajon, lieutenant général et gouverneur de Berry. — [ Voy. encore H, 253 b.]

ARPAJON de Broqciés ,'d' , famille languedocienne distincte de la précédente.— (Samuel d) maria sa fille PA//£berte, en 1633, à Jacques Launai, bailli de Gevaudan [VI, 427 a\ et à l'époque de la Révocation, Eléonore d'Arpajon, femme de Pierre de Montcalm, conseiller au parlem. de Toulouse, se réfugia à Genève où elle mourut en 1705 [VII, 462 bj. C'est peut-être de cette famille que proviennent les armes d'Arpajon parlantes inscrites dans quelques armoriaux : De gueules à la harpe d'or.

ARPENTIGNY le sieur d'), 1649 [TV, 356 a, note].

ARPENTIS (Louis, sieur des) , v. 1570 [Vil, 395 a].

ARPIN Durand), fils de feu Guide, de Lyon, reçu bourgeois de Genève, 7 sept. 1596.

ARQUAIS ou Arquel (Pierre), peigneur de laine, réfugié avec sa femme et trois enfants à Magdebourg, 1700.

ARQUEMBOURG (Charles de), a natif/ de la ville de Arraz, » reçu habitant de Genève, 2 mai 1"

ARQUEVAI I.\ Laubsss d), drapier, « natif de Meaulx en Brie, » reçu habitant de Genève, li nov. 1558. — Svmon d' Orque vault, foulon, de Meaux, id. 1559.

ARQU1ER (le capitaine Axmbal), de Manosque )X, 47 1|, supplicié vivant, en 1562. (Nous n'oserions dire de quel supplice. Voir la liste des massacres de Provence dans YHist. ecclès. de Théod. de Bèze et dans Crespin). — (L.), pasteur à Montauban, 1592. — (Jean), de Montauban, secouru à Genève pour gagner l'Allemagne, 1705.

ARRAC ^Bertrand d'), ministre à Audaux, puis à Gan, place son frère Jean apprenti chez Jusan, a soldat et maitre tailleur et chaussetier à Navarrenx, »

AHIiAC — ARHIGRAND

1565; achète un pré à Audaux, 1572; donne quittance à sa sœur Domenge d'Arrac, 1586. 11 avait un autre frère, Arnaud (Arch. des B.-Pyr.).

ARRACHE (Marie), veuve, assistée à Londres, 1702.

ARRAGON (André), « facturier de bas, » du Languedoc, réfugié avec sa femme et trois enfants à la Villeneuve en Prusse, 1698.

ARRAGUE (Louise), fille des Cévennes (Vigan), réfugiée à Magdebourg,

ARRAS (Mathurin d'), « natifz de Beauvays en Beuvaisin, sargier, » reçu habitant de Genève, 8 mai 1559. — (Antoine d'), boursier au collège d'Orthez,

ARRAULT, nom d'une famille de l'Orléanais, que les scribes du XVIe siècle ont souvent écrit Arraut, Araut, Arraud, Arrot, Aro, etc. Plusieurs de ses membres durent quitter la France pour échapper aux persécutions religieuses. — (Pernette ou Perrettè), « de la paroisse de Notre-Dame d'Ormes, »

née en 1515, femme, vers 1543, de Guillaume Bordxer, de Ghanteau, avec lequel elle se retira d'abord à Londres (1551), puis à Genève (1554). Elle mourut dans cette ville le 10 mai 1570. — (Paquière ou Paquette), « de la paroisse de Bucy-S.-Liphard, » femme en premières noces de Mathurin Periguet, de Gidy, réfugié à Genève, et en secondes noces (1570), de Claude Vernet, bourgeois de Genève; morte le 20 déc. 1589, âgée de 60 ans. — (Symphorien), d'Orléans, sergier, reçu habitant de Genève 6 août 1554. — (Jacques), « natifz de Notre-Dame d'Ormes prez d'Orléans, »

reçu id. 11 juillet 1558. — {Jean, le jeune), sergier et taffetatier, reçu id. le même jour, marié le 18 sept. 1558 avec No'êle Langlois, d'Orléans, dont il eut Marie, bapt. 13 déc. 1559. — (Jean, l'aîné), « d Ingrô en Beauce, » comme le précéd., reçu id. 19 juin 1559, épousa le 23 oct. suivant Leone Vallée, de Givraines en Gàtinais, veuve de Jean Guyot.

Ces six réfugiés du nom à'Arrault étaient frères et sœurs. Il est probable qu'une parenté tout aussi étroite les unissait à Etienne Jrrault, sergier et taffetatier, « d'auprès d'Orléans, » reçu

habitant à Genève le 26 juin 1554 (à cette occasion le regislre l'appelle par erreur1 Aioud), et qui y prit pour femme, le 22 juillet de la même année , Guillauma, fille d'Odry Macheré de Fontainevive.

C'est sans doute le même « Etienne Arrau, sargier, » rentré en France, qui, au rapport de Crespin, fut massacré à Orléans en 1569 avec sa femme enceinte [IX, 401 b, note]. — Symphorien, Jacques et les deux Jean Arrault paraissent également avoir profité de ledit de janvier 1562 pour revenir dans leur patrie. On trouve ce Symphorien établi en 1586 à Orléans, et en 1593 à Jargeau. A Genève, il avait eu de sa femme Martine, Sellier un fils, Daniel, baptisé le 3 janvier 1554.

Peu après la S.-Barthélemy, un autre Symphorien Arau, d'Orléans, fut reçu habitant de Genève le 14 oct. 1572; la requête qu'il présenta à cet effet avait été appuyée par Nicolas Bordier, fils du Guillaume susdit. Enfin Jean Araud, « jadis procureur du roi à Bois-Commun près Orléans, » fut aussi admis à l'habitation de Genève le 2 novembre 1573.

(Dufour.)

Arre (le baron p'j.Voy, Du Vigneau.

ARRECHE (Laurence d'), naturalisée anglaise, 18 nov. 1687.

ÀRRIBAT (Susanne), femme du pasteur Jean Daillé, morte à Paris en 1631.

Arrieu, voy. Lajus.

ARRIGAUD (Éltsareth d'), veuve de Jacques d'Arros, seigneur de Louvie, puis de Pierre de Lavedan, seigneur de Monblanc, teste à Jurançon, 1594, assistée d'Archambaud de Colomiès, ministre du lieu (Archives des B.-Pvr. E, 201 3) .

ARRIGRAND (d'), nom de plusieurs jurats d'Orthez au XVIe s. — (...), ministre dans le Vic-Bilh (B.-Pyr.) en 1 64 i ; syndic du colloque du Vic-Bilh, 1649.— (Isaacd'), ministre, peut-être le même que le précéd., assiste au mariage ci-dessous coté, du 11 avril 1680.— (Bernard d'), fils d'Isaac, et ministre à Maslacq, épouse Marguerite , sœur de Jacques de Vis-

1 Cette erreur est à noter. Elle montre que quelquefois les secrétaires de la chancellerie genevoise inscrivaient les réfugiés sur la production de paniers que ceux-ci présentaient, tandis que le plus souvent c'était sur la dictée des parties qu'ils se livraient a ces déformations de noms qui remplissent nos pages, et qui, selon nous, ont un certain intérêt philologique.

ARRIGRAND — ARROS

pâlie, sr de Crouzeilles (0,000 liv.de dot, plus 750 pour ameublement), à Orthez, 9 nov. 1676. Le même assiste au mariage d'Isabeau de Vispalie, sa bellesœur, avec Joseph du Pont, 11 avril 1680 (Arch. des B.-Pyr. E, 1 -258,59).

— Le document que nous avons cité déjà, intitulé « Liste des protestants qui souffrent sur les galères : 9 sept. 1711, » contient l'article suivant : « Monsieur d'Arrigran, ministre de l'église de Marlacq dans la province de Béarn, étant embarqué à Bayonne pour obéir à ledit du Roy qui révoquoit celui de Nantes et qui banissoit tous les pasteurs, il fut arrêté par ordre de Mr Foucaut intendant de Bearn, sans que ledit sieur d'Arrigran en ait jamais sou le prétexte. Il fut envoyé à la citadelle de St Jean de Piéde-Port, et mis dans un cachot où il resta deux ans ; pendant lequel temps il souffrit un traitement si cruel, qu'il en eut l'esprit affaibli. Il y contracta une maladie dont il n'est pas encore revenu. On supposa pour le faire sortir de sa prison, qu'il avoit abjuré sa religion; ce qu'il a protesté de n'avoir pas fait, ou de ne s'en souvenir point. Il demeura dans sa maison jusqu'à la paix de Risivick, sans avoir jamais fait aucun acte de la religion romaine. Et vers l'année 1698, il fut relégué à Lescar petite ville de Béarn, après avoir subi un interrogatoire par devant un conseiller du parlement de Pau, dans lequel il protesta qu'il n'avoit point abjuré, et qu'il vouloit vivre et mourir dans la religion réformée. On ne sait pas précisément si ce pasteur a été renvoyé chez lui, ou s'il n'est point mort depuis quelque temps.

Mais s'il vit encore, il est très digne d'être mis en liberté. Sa femme et ses enfants furent aussi retenus lors de sa détention et doivent jouir de la liberté de sortir selon l'édit d'octobre 1685. » — Jeanne Arigrand, assistée à Londres, 1721. — = Armes : De gueules fretté d'or à la fasce de vair. brochante.

ARRIOLAT; • Arriolatus génère Aquitanus, » étudiant à Genève, 1567.

Voy. ci-dessus Armen. — Pierre Arriula, ministre en Béarn (Arch. des B.- Pyr. B, 316) en 1610.

ARRIPE (Guicharnaud d'\ diacre à Bielle en 1627 (ibid. B, 3731).

ARROQUÈRES (Daniel d',\ seigneur d'Aurit , cousin de J.-P. de Lescan, 1649 ((tWA E, 1310).

1 . ARROS (d') . maison célèbre, une des douze baronnies du Béarn, située près la petite ville de Nay (B.-Pyr.) = Armes : De sable à la bande d'argent chargée de trois molettes d'éperon, de gueules.

2. Déjà au commencement du règne de François Ier, un baron François d'Arros, dans le désastre de Pavie (1524), s'était distingué par le courage avec lequel il avait affronté tout danger pour rendre la liberté à son maître Henri 11, roi de Navarre, compagnon de captivité du roi de France. (Bordenave, p. 30.)

3. Au temps des guerres de religion, le titulaire de la baronnie était Bernard d'Arros, l'un dos plus tidèles soldats de Jeanne d'Albret [Haas 1, 132. — Vov. encore 1, 49 a, 1 \\ a. 192 b, 19 1 b: II, 500 b; IV. 556 a; VIII, 144 a; et cidessus col. 105, 111].

Jeanne lui accordait une confiance sans bornes. Ce fut lui qu'elle chargea do faire échouer les projets de la cour de Franco sur ses Etats, mission d'autant plus délicate, qu'elle désirait sauver les apparences et éviter de blesser le roi do France par une opposition directe.

D'Arros. pour mieux pénétrer b crots du parti français, feignit d'abord d'entrer dans ses vues; mais dès qu'il fut initié, il se hâta d'assembler le conseil avec toute la noblesse de la Navarre et du Béarn. et leur dévoilant les intentions du roi de France, il leur peignit sous des couleurs si vives la honte dont ils se couvriraient s'ils se prêtaient à la spoliation de leur dame, qu'un cri d'indignation sortit de tous les cœurs et que. d'une voix unanime, ils jurèrent de mourir les armes à la main plutôt que d'accepter une domination étrangère.

L'enthousiasme de l'assemblée se communiqua rapidement à tout le peuple, en sorte que la cour de France comprit qu'il lui fallait ajourner ses projets ; mais elle se vengea on privant la maison de Bourbon de toutes ses charges pour élever à ses dépens les Guises, et elle attendit une meilleure occasion. En 1566, le parti catholique navarrais, qui était aussi le parti de la politique espagnole, prit les armes ; mais la révolte fut promp-

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