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ARTAUD de Montauban-Jarjaye, vers 1650 HT, 198 b

3. ARTAULD « (Cray), « arballestier de Ast en Provence, » reçu habitant de Genève, 17 avril 1559. — (George), de Chastillon, dioe. de Die, reçu habitant de Genève, 8 mai 1550. — (J.), condamné à mort, 1509, à Bordeaux [BÎ, 415 b\ — (Vincent', « de Clavans, » mercier, reçu habit, de Genève, 4 novembre 1572.

4. ARTHAUI). de Grenoble, étudiant à Genève, 1091. — le sieur Pierre), de Grenoble, procureur et notaire impérial, réfugié à Berlin, 1698. — (Pierre), de Grenoble, parfumeur, réf. à Duisbourg, 1700. — (veuve), de Lyon, as-

à Genève, t693. — (J.-M. Pauline,, 1775 [IX. 142 b].

ARTEMOT Philippe), naturalisé anglais. 5 janv. tl

ARTERAC Tr.), «lit Le More, condamné à mort à Bordeaux, 1509 [II, i 1 5 h] .

ARTERE (d'), maréchal des logis dans les grands mousquetaires de Prusse, mort âgé de 72 ans à Rentzlow, 171 3 Erman IX, 9).

ÂRTHOY Pierre d , « d'auprès de Chalon sur Saône, » reçu habitant de Genève, 19 janv. 1573.

ARTHUR la femme de Jean), réfugiée et assistée à Londres avec un enfant, 1702.

1. ARTHUYS, familleoriginaired' Angleterre, mais établie dans le Berry depuis la lin du douzième siècle. [Haag I, 136]. = Armes : D'argent au chevron de sinople, accompagné de trois feuilles de houx de même.

2. Jean, seigneur de l' Arthuys. de Yillesezon, aujourd'hui Villesaison, et du Figuier, conseiller, procureur du roi et de Marguerite de Valois, duchesse de Berry, garde de leur scel à Issoudun, favorisa de tout son pouvoir l'introduction de la Réforme dans cette ville. Le 2 février 1523, il avait épousé Catherine

1 Nous maintenons ce nom, mais le registre porto MtaïUt.

Bigot, fille de Nicolas, seigneur des Fontaines, et sœur de Nicolas Bigot, procureur général au grand conseil. En 1536, il prit part à la rédaction et à la réformation de la Coutume du Berry. Ce fut quelques années après que les nouvelles doctrines commencèrent à se répandre à Issoudun. Leurs partisans, parmi lesquels se distinguaient Antoine Dorsatne, lieutenant général d'Issoudun.

et Jean Arthuys, jouirent d'abord d'une sécurité parfaite, grâce aux précautions qu'ils prenaient pour cacher leurs assemblées ; mais ils finirent par être découverts. Pierre Yillerets fut assailli dans sa maison et blessé grièvement pour avoir chanté un psaume ; Pierre Goutereau, servent royal, fut maltraité er jeté en prison pour la même cause. Dorsaine voulut essayer de garantir ses coreligionnaires contre les violences de la populace : mais son intervention ne servit qu'à le rendre suspect lui-même. Dénoncé au parlement, il prévint les poursuites en se retirant à Genève. Trop âgé pour l'y accompagner, Jean Arthuys fut arrêté, retenu huit mois en prison et suspendu de ses fonctions. Cette persécution obligea la plupart des protestants d'Issoudun à se réfugier à Bourges avec leur ministre Thomas Chrestien ; mais tous ne furent pas assez heureux pour tromper la vigilance des catholiques. On saisit, entre autres, dix avocats ou procureurs, parmi lesquels on cite • Augei, Jacques de Touzelles, Jean de Chambelly et Jean Arthuys. frère cadet du procureur du roi, avocat au bailliage d'Issoudun et époux de Catherine de Chambelly . On les accusait de s'être opposés à l'exécution de l'édit de Romorantin. Mais la reine mère, inquiète du pouvoir des Guises, s'étant un moment rapprochée des protestants, le parlement prononça l'acquittement des dix prévenus qui furent rétablis dans leurs fonctions.

Ce fut vers cette époque que Jean Arthuys, avec son fils aîné, François, lequel avait commencé par être hostile [VIII, 305 a], fit profession ouverte du protestantisme, ainsi que Dorsaine, rentré en France au mois de septemb. 1561, et la plupart des avocats et des procureurs du siège OTssoudun.

ARTHUYS

Il faut que le parti protestant se soit dès lors senti bien fort dans cette ville, pour que les Arthuys, de concert avec Dorsaine, aient pu espérer, l'année suivante, de faire exécuter une mesure qui était tout à fait dans l'esprit rigide de la Réforme. Ils défendirent les réjouissances du carnaval, malgré l'opposition des catholiques. Mais le parlement dp Paris prit fait et cause pour les carême-prenants ; Arthuys et Dorsaine furent suspendus de leurs fonctions et ajournés personnellement devant la cour, ainsi que le lieutenant particulier Valentiennes.

Dans ces circonstances arriva à Issoudun la nouvelle (1562) du massacre de Vassy et de la retraite de Condé sur Orléans. A l'instant l'inquiétude se répandit dans la ville; mais comme les deux partis redoutaient également d'en venir aux mains, ils convinrent entre eux que huit personnes de l'une et l'autre religion veilleraient à la conservation de la tranquillité publique. Lesaffaires sepassèrent différemment dans la campagne. Là, les catholiques avaient la supériorité du nombre, et ils le firent cruellement sentir à leurs adversaires. Leur première victime fut Jean Brun « qui, raconte Bèze, étant avec sa femme et ses enfants et trois de ses voisins en un sien jardin hors la ville, et chantant un pseaume après souper, fut assailli si étrangement par certains vignerons, que lui et sa femme furent laissés pour morts, et à grand'peine ramenés en la ville par leurs amis. » Quelques jours après, treize jeunes gens, qui allaient probablement rejoindre un des chefs huguenots, furent assaillis à Ste-Lisaine, à deux lieues d'Issoudun, par les paysans ameutés par le curé, qui les garrottèrent, et les chargeant sur des charrettes, les allèrent jeter à l'eau.

Cependant la tranquillité ne fut pas gravement troublée à Issoudun, jusqu'au 9 juillet 1562 où Sanzay, nommé gouverneur par le roi de Navarre, y entra comme dans une ville conquise. Après s'être saisi des portes et avoir ordonné aux catholiques de s'armer, il se rendit au temple protestant. Furieux de ce que les deux ministres, Robert Barbier dit Tm, Croix, et Ambroise Le Balleur dit

La Plante, lui avaient échappé, il se déchaîna contre la chaire, qui n'en pouvait mais, contre les bancs, contre tout ce qu'il trouva dans l'église. Les débris portés sur la place publique, au pied d'une potence, furent livrés aux flammes par la main du bourreau, à la grande réjouissance du menu peuple. Les protestants s'empressèrent de fuir. Jean Brun, dont les plaies n'étaient pas encore guéries, se fit descendre avec une corde par-dessus les murailles de la ville. Dorsaine et l'avocat Jean Buret se sauvèrent avec peine, laissant à Issoudun leurs femmes et leurs enfants qui furent exposés aux plus mauvais traitements. Les violences redoublèrent encore après l'infructueuse tentative d'Ivoy qui, ayant attaqué Issoudun le 5 août, fut contraint de se retirer si précipitamment que plusieurs de ceux qui l'avaient suivi, entre autres Arcambal d'Issoudun , Claude Pignon, Claude Baude , Pierre des Bergeries médecin de Bourges , et Mathurin Chapuys procureur, n'étant pas avertis de sa retraite, furent surpris en leur logis par les catholiques, traînés dans la ville et les uns pendus, les autres rançonnés. «Trois jours après, dit Bèze, on commença de forcer les consciences , commandant à toutes les personnes de la religion d'assister à une procession générale

D'un autre côté, les soldats, par le commandement de Sanzay, prenoient les petits enfans baptisés par les ministres et les faisoient rebaptiser par les prêtres, leur imposant d'autres noms. Même fut rebaptisée une fille de l'âge de treize ans, laquelle ils dépouillèrent toute nue sur les fonts, et toutefois les petits enfans qui commençoiont seulement à parler, déclaroient tant par paroles que par signes évidens qu'ils ne vouloient point être rebaptisés, nommément la fille dudit Brun, dont il a été parlé ci-dessus, de l'âge de deux ans, étant toute nue sur les fonts , après s'être bien tem- ' pétée, dit à haute voix que cela étoit trop vilain et qu'elle n'en vouloit point, et disant cela, frappa le prêtre de toute sa puissance, comme aussi lit le fils de Jean des Hayes de même âge , qui printle prêtre par la barbe et se défendit tant qu'il put. Mais pour cela les

ARTHUYS

prêtres De laissoient de passer outre. » Jean Arthuys, que les infirmités de la vieillesse avaient empêché de fuir, fut jeté dans an cachot d'où il ne sortit qu'en payant une rançon de sept cents écus. Jean Furet, arrêté sur une plainte de l'avocat du roi , fut, sans forme de procès, livré au bourreau. Il avait déjà gravi la fatale échelle lorsque le prévôt observa qu'il serait bon cependant de faire quelque procédure. Furet fut donc reconduit en prison, confronté avec quelques témoins apostés, condamné, renvoyé au gibet et pendu : tout cela fut l'affaire de quelques minutes. Enfin, après avoir tourmenté les malheureux protestants de toutes les manières, Sanzay donna ordre, le lî octobre, à tous les habitants d'Issoudun suspects de professer la religion réformée, de quelque âge, sexe, qualité ou condition qu'ils fussent, de sortir de la ville sous peine d'être pendus ou étranglés, u De là s'ensuivit un misérable spectacle, sortans parmi les autres plusieurs femmes avec leurs petits enfans au col, en pleurs et en larmes : joint qu'étant sortis, tout étoit détroussé et pillé jusques aux souliers et jusques aux drapeaux de leurs petits enfans. » Jean Arthuys, vieillard septuagénaire et si caduc qu'à peine il pouvait se soutenir, fut obligé de monter à cheval et de vider les lieux comme les autres. Son fils François, au contraire, fut jeté en prison et y resta jusqu'à la conclusion de la paix. Des femmes éprouvèrent le même sort ; Bèze cite plus particulièrement Catherine Sausson, femme de Nicolas Cosson, et Jacquette Cubart , veuve de Louis Ghartier, qui résistèrent à toutes les menaces et persévérèrent constamment dans leur foi.

Jean Arthuys succomba bientôt à tant de chagrins et d'inquiétudes. Il mourut en 1563. Le Dict. de la Noblesse prétend qu'il rentra dans l'Eglise romaine avant sa mort, et que son lils François suivit son exemple. Quelque suspect que son témoignage nous semble, nous devons dire que nous n'avons rien trouvé qui l'infirmât ou le confirmât.

3. Son fils François qui fut pourvu, en 1564, de la charge de procureur du

roi exercée par son père, resta toujours un des plus fidèles partisans de Henri IV; il contribua beaucoup à ranger Issoudun sous son autorité, et il fut assassiné par un parti de ligueurs en 1593.

D'où l'on peut conclure que s'il retourna réellement au catholicisme, il n'y fut jamais très-zélé. François Arthuys avait épousé en 1558 Claude des Marais. Un Arthuys, peut-être était-ce lui, fut secrétaire des commandements du duc d'Alençon, et contre -signait ses proclamations en 1575, à l'époque où ce mauvais frère de Charles IX et de Henri III paraissait, suivant de Tbou, « se montrer aux protestants comme un chef prêt à se mettre à leur tête. »

François avait plusieurs frères et sœurs sur lesquels nous ne possédons que des renseignements fort incomplets. Nicolas n'eut de Catherine Joulin que des filles ; Claude mourut sans postérité ; Guillaume fut la souche de la branche de Villesaison. Catherine, l'ainée des filles, épousa Claude Robert, conseiller, avocat du roi au bailliage d'Issoudun; Marie fut femme de Jacques Lévrier, procureur du roi, et Françoise fut mariée à Claude Pignon, appelé Pignot par le Dict. de la Noblesse, et en secondes noces à François Guillot, avocat au siège royal d'Issoudun.

Parmi ces noms, plusieurs sont connus et nous autorisent à croire que quelques-uns des enfants de Jean Arthuys, sinon tous, appartenaient à l'Eglise protestante. Leurs descendants persévérèrent-ils? Cela est certain, au moins pour ceux de Guillaume.

4. Ce Guillaume qui fut conseiller et secrétaire du roi sous Charles IX, puis contrôleur général des guerres sous Henri IV, mourut à Gisors où il se trouvait pour le service du roi. Son corps, porté à Issoudun, fut inhumé le 18 nov. 1590, dans l'abbaye de Notre-Dame, circonstance à noter parce qu'on y a quelquefois attaché, comme nous le verrons à l'art. d'Ambroise Paré \ plus d'importance qu'elle ne mérite. Il eut de sa femme, Marie Brébard, trois fils :

Jean, Jacques et David.

' MM. Haaç ont en effet prouvé [\ III, 136 b, notel que 1 inhumation d'un huguenot dans une église catholique n'implique nullement qu'il eût abjuré Vov. sur cette question Bull. IV1I, m.

ARÏHUYS — AUT1GUEL0NGUE

5. Jean, qui suivit avec honneur la carrière des armes, avait été baptisé le 5 fév. 1576 « au temple de Dieu *, » à La Rochelle; son parrain fut Jehan Haste, seigneur des Marais. Il épousa Marthe Couronné, dont il eut : Elisareth, femme, en 1656, de Jean Vauquet, d'Oisemont (Reg. de Gharenton). Il eut deux fils, Jacques et Paul, qui épousèrent les deux sœurs Elisabeth et Louise de Gallot, de l'Orléanais.

6. Jacques, le second fils de François, inscrit à l'acad. de Genève en 1605 sous les noms de « Jacobus Arthusius "Villesaisonius Yssoldunensis, » perfectionnait alors les études de théologie qu'il avait déjà faites à Sedan, où il avait passé une thèse, en 1604, sur le 4e commandement du Décalogue [IX, 386 a].

Il fut pasteur c\ S. -Gilles-sur- Vie en 1620 [X, 320] ; à Benêt (et non Benaist), vers 1622, puis à La Mothe-S.-Héray en 1637 [I, 138; X, 320, 345].

7. David, sieur de Cormes, frère cadet du précédent, n'a laissé aucun souvenir.

8. Nous devons citer encore: 1° Paul, sieur de Villesaison, qui vivait en 1669, où il assista, avec Philippe Périllau, docteur en médecine, à l'inhumation de Siméon d'Andigny , gentilhomme de Touraine, mort cette année le 28 mars ; 2° Une dame d'Arthuys, qui n'ayant pu être réduite au catholicisme malgré les rigueurs d'une longue détention à l'hôpital général, fut expulsée du royaume en 1688 (Arch. gén. E, 3374). C'est trèsprobablement la même clame qui figure, en 1702 et années suivantes, dans les listes de la charité anglaise en ces termes : « Elisabeth d'Arthuys, d'Auton au Perche, confesseuse *; » 3° Jacques Arthuys, écuyer, et Marie Chefdeville, sa femme, avaient pour fils Jacques- François, natif de S.-Savin en Poitou, directeur des aides en l'élection de Saintes, qui épousa à La Rochelle, par contrat du 2 sept. 1739, Elisabeth, fille de Jacob Bremer, négociant. Nous ignorons si cette dernière branche avait conservé la foi protestante.

ARTIÉRES (Joseph), directeur de

1 Désignation consacrée par la piété des protestants, à La Itoclielle et ailleurs, aux églises do l'Evangile. ' Voy. la note 1 ci-dessus, col. 70.

l'hospice des réfugiés français à Londres, 1765.

ARTIGALOIS (Pierre d'); Issoudun, 1581 [II, 167; IX, 485 a].

ARTIGANOUE (Amadour d'), capitaine de La Garnache, château qui appartenait à la maison de Rohan, ancien de l'église de Blain vers 1560 [VIII, 470 b]. — (François d'), écuyer, sieur de S.-Légier, rendit hommage pour ledit fief le 23 fév. 1620; il signait encore comme parrain dans le temple de La Rochelle en 1628. — Pendant le siège de 1627 Jean d'Artiganoue, non d'Artiganeau [II, 216 a], écuyer, sieur de Beauregard, faisait partie ainsi que son frère du corps rochelois qui le 6 novembre, donna l'assaut à la citadelle de S. -Martin de Ré; le frère y fut tué et Jean blessé à la cuisse (Voy. Mervault). Furent blessés aussi dans la même action le capitaine Bazan, Samuel Meschinet, écuyer, sieur de Richemond, Pluviau, Du Breuil cadet et de Guire.

Jean d'Artiganoue épousa en 1636 Marie Bernon, laquelle était veuve deux ans après et mourut en 1671. à 62 ans. — (Jacques d'), écuyer, sieur de l'Epinette, demeurant à S.-Genest d'Ambure en Poitou, prit pour femme au temple de La Rochelle, 25 mai 1670, Sara de La Ronde, veuve de Pierre Duguorry.

Il mourut à 40 ans, le 18 fév. Ki72, laissant un fils, Jacques, né le 14 août 1671. (Richemond.)

ARTIGNALOBE (Arnauld n'), « natif/ de Morlane en Béarn, taffetatier, » reçu habitant de Genève, 8 mai 1559.

ARTIGUELONGUE (P.), condamné parle parlem. de Bordeaux, en 1562 [IV, 502 a]. — D'Artigue tonne l, gentilhomme béarnais qui lors de la révocation de l'édit de Nantes, se laissa ruiner par les dragons plutôt que d'abjurer, puis mourut de douleur [II, 501 a] on apprenant que sa famille avait abandonné l'Eglise pour laquelle il souffrait, avec tant de résignation, — (Jean d') ou Dartiguclongue, médecin, réfugié en Hollande, a publié : Apogfûpkè rrnon physiologico-medicarum contra Carresium pluresque alios tàm physiros quant medicinœ doctores eeloberrimos, Ants-

1 Peut-être est-ce irliguelouve. nom d'une commune des Dasses-Pyrénées.

ARTIGUELONGUE

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