ARTIS
contre le véritable esprit de l'Evangile, qu'en abandonnant leurs troupeaux, les pasteurs avaient trahi leurs devoirs.
Cette querelle souleva un mécontentement général, et d'Artis, suspendu par le consistoire, partit pour la Hollande, où il entreprit, en 1693, la publication d'une gazette hebdomadaire, après en avoir soumis le plana Bayle, qui lui répondit « qu'il lui semblait qu'il n'avait rien oublié de tout ce qui se pouvait renfermer dans un ouvrage de cette nature. » Et Bayle ayant l'occasion de citer le journaliste dans son Dictionnaire philosophique (Esechiel.note F), ajoute:
« C'est un ministre françois nommé M. Dartis, homme d'esprit et auteur de fort bons livres. » Cependant cette publication fut bientôt abandonnée. Mais étant allé s'établir à Hambourg, d'Artis la reprit le 3 sept. 1694, et la continua, sauf quelques interruptions, jusqu'au 27 avril 1696, époque où il fut rétabli dans ses fonctions à Berlin. Pendant son séjour à Hambourg, il renonça aux doctrines calvinistes pour adopter les sentiments des luthériens. Cette conversion est attestée par deux lettres mentionnées dans Joecher sous le titre : Duae epistolx gallicse pro conversatione suâ cum Bidalio et transitu ad Lutheranos.
La bonne harmonie ne régna pas longtemps entre d'Artis et ses confrères, qu'il accusa de socinianisme ; ce qui le fit suspendre une seconde fois. Une lettre de Cuper nous apprend qu'il fit alors un voyage en Hollande, d'où, l'année suivante, il passa en Suède, puis en Angleterre. Il retourna ensuite à Berlin, et remonta dans sa chaire, qu'il ne quitta définitivement qu'en 1715. On conjecture qu'après avoir erré dans les Pays-Bas et l'Allemagne, il prit enfin le parti de retourner à Londres. Il y mourut, après 1730, dans un âge avancé.
Ses ouvrages sont :
I. Oraison funèbre de Frédéric-Guillaume; Berlin, 1689, in-4°.