‹ La France protestanteChapitre 125 sur 303 · AUBERT (Phil. de Laïque, sieur d'), 1676 [VII. 128 a · texte numérisé non relu

AUBERT (Phil. de Laïque, sieur d'), 1676 [VII. 128 a

11. AUBERT DE VERSÉ (Noël), né au Mans vers 1645 [Haag I, 147 ; — VII. 557 b]. Il étudia la théologie à Genève, où il fut immatriculé en 1665, et ses études terminées, il fut appelé aux fonctions pastorales en Bourgogne. Il n'y était que depuis bien peu de temps lorsqu'un synode assemblé à Is-sur-Thil, au mois d'août 1669, le déposa et l'excommunia comme partageant les opinions hérétiques de Socin, c'est-à-dire niant la divinité de Jésus et la Trinité. En vain allégua-t-on qu'il avait composé un traité intitulé : de Christo Deo, en vain son église insista-t-elle pour qu'on le lui rendît, sa condamnation fut prononcée.

Il se rendit alors en Hollande, et il semblerait qu'il fut pasteur dans les environs d'Amsterdam. Soit que le ministère sacré lui ait été retiré de nouveau, soit qu'il l'ait abandonné de son plein gré, il devint dans sa nouvelle patrie docteur en médecine, bourgeois d'Amsterdam, et surtout ardent écrivain, soutenant avec feu la polémique contre tous les persécuteurs. 11 offrit sa collaboration à divers journaux, entre autres à la Gazette d'Amsterdam, publiée par la veuve de Saint-Glain. Ayant attaqué Jurieu, ce ministre le dénonça, dans un factum plein d'invectives et d'accusations infamantes, à tous les souverains de l'Europe comme un homme dangereux. C'est dans ce» circonstances que le clergé catholique lui fit offrir la permission de

rentrer en France et une pension, lui demandant en retour d'abandonner une Eglise qui le rejetait et d'écrire contre ses coreligionnaires. Ces propositions furent acceptées, et Aubert vint s'établir à Paris où il mourut en 1714.

Outre une traduction du premier vol.

des Acta eruditor. Lips. et une version latine, peu exacte, de l'Histoire critique de l'A. T. par R. Simon (Amst. 1681, in 4°), on a de lui :

I. Réponse au traité de M. de M eaux [Bossuet], touchant la communion sous lesdeux espèces; Cologne [Amst.], 1683, in-12.

II. Le protestant pacifique, ou Traité de la paix de l'Eglise, dans lequel on fait voir, par les principes des réformez, que la foy de l'Eglise catholique ne choque point les fondements du salut, et qu'ils doivent tolérer dans leur communion tous les chrétiens du monde, les sociniens, les quakers même dont on explique la religion; Amsterdam, 1684, in-12. — Cet ouvrage, dirigé contre Jurieu, parut sous le pseudonyme de Léon de La Guitonnière. L'auteur cherche à prouver qu'en sacrifiant chacune quelque chose de la rigidité de ses principes, toutes les sectes chrétiennes pourraient fort bien vivre en paix. « Il faut avouer, dit Bayle, qu'il y a dans ce livre de l'esprit en bien des endroits. »

III. L'impie convaincu ou Dissertation contre Spinoza, dans laquelle on réfute les fondements de son athéisme, non-seulement ses maximes impies, mais aussi celles des principales hypothèses du Cartésianisme que l'on fait voir être l'origine du spinozisme; Amst. 1685, in-8°. — Livre rare et recherché. Quoique les cartésiens aient constamment repoussé cette solidarité, il est certain que le spinozisme n'est qu'un développement des doctrines de Descartes.

IV. Histoire du papisme, trad. du latin de J. H. Heidegger, ministre de Zurich, pour l'opposer à l'Histoire du calvinisme du P. Maimbourg, et allant jusqu'au pape Innocent XI; Amst. 1685, 2 part. in-8°. — L'auteur avait laissé sa traduction incomplète. L'éditeur a ajouté à l'ouvrage un supplément de trois années.

V. Le nouveau visionnaire de Rotter dam ou Examen des parallèles mys-

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