AUBUS (V) ou DAUBU8. - Dans
rnières années du XVIe siècle, un savant de ce nom vivait à Orange et jouissait d'assez bonne renommée pour que la ville de Nimes, en l'année 1660, députât vers lui un de - - rats.
Jean Boileau, sieur de Castelnau, pour lui offrir la place de principal du collège es arts, que Julius Pacius voulait quitter. Il fut convenu que d'Aubus aurait la charge de principal du collège et qu'il ferait en outre le cours de philosophie, moyennant un traitement de 600 livres par an, un logement assez vaste pour lui permettre de prendre des pensionnaires, et 10 écni pour frais de voyage. La chaire de logique fut donnée à de Bons ; la lre classe à d'Aubus, en attendant qu'on eut trouvé un professeur convenable; la 2e, à Chresiien; la de Jm, Place, docteur en droit; la 4e, à Rhossaufz; la 5e. à Rail y ; la 6e, à Du Cean; la 7e, à Marjol. D'Aubus demanda à retourner à Or 1668.
Il eut pour successeur Pierre ('heiron, docteur et avocat.
2. Les registres consistoriaux de Nimes portent qu'un étudiant en théologie, nommé Charles Dobus, fut admis le 25 déc. 1619 à suivre pour cinq mois
AUBUS
les séances du consistoire, et que le 6 mai 1620, ayant terminé ses études, il demandait son attestation de bonne vie et mœurs pour se présenter au prochain synode. C'est, comme on va le voir, le fils du précédent. Charles d'Aubus, né à Auxerre, fut pendant de longues années pasteur à Nérac. Il l'était déjà en 1626 lorsqu'il publia le volume suivant, gros de plus de 1,200 pages : « L'Echelle de Jacob, ou la Doctrine touchant le vrai et unique médiateur des hommes envers Dieu, à sçavoir Jésus- Christ, contre l'intercession, l'adoration et l'invocation des anges et des saints pratiquée en l'Eglise romaine, avec la réponse aux objections des cardinaux Bellarmin et Du Perron, et des jésuites Grégoire de Valence, Fronton-le-Duc, Cotton, Gauthier, Richeome, Coster et autres. Imp. àSainte-Foy, chez Jér. Muran, 1826, in-8°. » Les ministres Daillé, Claude, Jurieu et d'autres controversistes réformés n'ont pas dédaigné de puiser des arguments dans ce vaste répertoire; c'est en faire suffisamment l'éloge. Il se termine par une table chronologique qui, à elle seule, peut passer pour un ouvrage complet et être consultée avec fruit, malgré quelques erreurs qu'on pourrait y relever. Ce livre témoigne aussi d'un certain talent poétique de l'auteur, car il commence par une sorte de dédicace adressée à Jésus, en vers latins l. A côté de cette pièce, on remarque une ode alcaïque où se trouve la preuve de sa filiation, car elle est de Charles d'Aubus, son père, qui se qualifie de principal du collège de Nérac et vieillard septuagénaire..
Le pasteur de Nérac ne nous est connu que par ses livres. Après l'Echelle de Jacob, il présenta un autre ouvrage au synode de Charenton (1631), lequel, après examen, « considérant qu'il seroit d'une grande utilité et qu'il contribueroit beaucoup à l'édification des lecteurs, » en ordonna l'impression aux frais des Eglises. Le synode ne donna pas suite à sa décision, mais le livre n'en a pas moins vu le jour sous le titre :
' On a aussi un adieu en vers latins, « Camion propemplicum, » dans un opuscule île lui , intitulé : EpïstolazA Anton. Carrissolium de imputatione primi peccati Ad»; Montauban, I0i8, in-8".
Bellarmin réformé , ou la justification de la croyance des Eglises réformées, 1631, in-8°. Charles d'Aubus soumit un nouveau travail au synode de Charenton en 164.4, mais il fut renvoyé cette fois au synode de la Basse-Guyenne, qui ne paraît pas avoir donné suite ù sa demande. Il s'était aussi occupé d'une Concordance des Ecritures, mais il l'abandonna lorsqu'il apprit que d'Artois, pasteur de Saint-Hilaire, travaillait sur le même sujet. 11 fit présent à celui-ci des notes qu'il avait recueillies, et un troisième concurrent, le sieur de Persy, imita ce louable exemple. On a enfin do Charles d'Aubus un petit livre piquant intitulé : « L'Ebionisme des moynes, ou traicté de la pauvreté et mendicité volontaire, vouée et pratiquée contre l'Ecriture sainte, l'orthodoxe antiquité et la saine raison, » 1648, in-12 (et Sedan, 1658), Ce livret, devenu très-rare, serait dirigé contre les Capucins, qui étaient venus s'installer à Nérac.
3. Isaïe d'Aubus, fils du précédent, naquit en 1637 et fut, comme son père, ministre à Nérac. A la révocation de l'édit de Nantes, il obtint l'autorisation de se retirer en Angleterre avec sa famille, mais il mourut en route, entre Paris et Calais. Sa veuve débarqua sur la terre d'exil avec trois enfants et l'autorisation royale, en date du 2 juillet 1685, signée Louis et contre-signée Seignelay, que la famille conserve encore.
(Agnew.)
4. Ces trois enfants furent : 1° une fille qui épousa un autre descendant de réfugiés, nommé La Roche, et plus tard Porter; leur fils fut sir James Porter, ambassadeur d'Angleterre à Vienne; 2° Louis ; 3° Charles. Ce dernier, né en Guyenne en 1674 et arrivé en Angleterre à l'âge de onze ans, fit ses études à Cambridge, se livra aux sciences théologiques, devint bibliothécaire de l'Université et fut investi en 1699 du vicariat de Brotherton, qu'il occupa jusqu'à son décès, 14 juin 1717. 11 avait une grande érudition biblique et composa : 1. Une dissertation : Pro testimonio Flavii Josephi de Jesu Christo(London, 1700, in-S", réimpr. clans le Josèpbo de Havercamp, Amst,, 2 vol. in-fol., 1726); II. Un commentaire sur l'Apocalypse qui fut publié
ADBUSSARGUES — AUDEBERT
en 17 12 (nouv. éd. 1720), sous ce titre : « A perpétuai commentary on the révélation of S. John, etc.» C'est un volume in-fol. de 1,068 pas. que la plupart des dictionnaires modernes du symbolisme prophétique ont pris pour base. Il en a été publié une édition abrégée (en 1 vol. in-4° de 630 p.) par Peter Lancaster, en 1730. — Théophile Daubuz, fils de Charles, est la tige des familles anglaises de ce nom encore existantes. (Agnew, II, 210. 2
*). Notons d'Aubus, ministre de Montagnac, et d'Aubus le jeune, ministre de Monpon et Lussac: 1G3T X 347~ :
Sébastien d'Aubus, frère du pasteur de Nérac, ministre à Commonde, professeur de philosophie à Montauban, qui abjura le 1er août 1658; et d'Aubuz, pasteur de Pujols en 1G79 et 1681.
aubcssargles. voy. \ "ergèze.
aubcsson, petite seigneurie dont le titre a été porté par quelques membres de la famille de La fin ; voy. ce nom.
Al'BUZUX, Pierre Audibert, et treize autres, condamnés à Bordeaux, en 17'.i'. pour irrévérence commise à l'Eglise envers le Saint-Sacrement.
AUC1IEZ ;Noel), « de Pont-Sainte- Maissance. ■ reçu habitant de Genève, 13 juin 1574 ; testa en 1500, laissant son bien à sa mère Marie Germain, aux enfants de son frère, à ses sœurs et à son oncle Toussaint Auchez.
AUCLAX Svmon), «navatier1, natif d'Avarenes, au pays de Gevaudan, »
reçu habitant de Genève, 10 juill.
Al CONTE (Louise), de Gien, réfugiée à Berlin, puis à Cologne, 1698.
Al DARD (Marie), épouse Robert Mollet, v. 1660, à Genève. — Pierre Audard, naturalisé Anglais, 8 mai — Daniel Audard. ou Odart, et Marthe Jaufray, sa femme, membres de l'Eglise française de New- York en 1 0
audaux (le sieur d'), fidèle officier de Jeanne d'Albret (col. 99), s'appelait Armand de Gontaut ; voy. ce dernier nom.
AUDEAXT (Arnaud), fils de feu David, de Chabol en Dauphiné, reçu habitant de Genève, 15 nov. 1749.