AVAUGOUR — AVENANT
qui se tint à La Rochelle. Le brevet royal, qui autorisait la convocation de cette assemblée, lui attribuait en même temps la nomination des six candidats à la députation générale, à condition que, le choix fait, les députés des églises ne s'occuperaient plus que de questions de discipline. Le synode, pensant que cette injonction ne lui laissait pas la liberté nécessaire, chargea d'Avaugour et le pasteur Gigord d'aller « représenter en toute humilité à S. M. les inconvénients dudit brevet. » Leur mission eut un plein succès, et il fut permis au synode, non-seulement « d'ouïr les députés généraux sur tout ce qui s'était passé durant le temps de leur députation, » mais encore de dresser les instructions des députés nouveaux. L'année suivante, les églises bretonnes choisirent de nouveau d'Avaugour pour leur représentant à l'assemblée de Gergeau qui, de son côté, lui donna une marque de son estime en le portant le second sur la liste des candidats à la députation générale. En 1609, il prit part aux travaux du synode de Saint-Maixent. En 1611, il assista à l'assemblée de Saumur; mais, le 25 juin, une grave maladie de son frère le rappela dans sa famille. Il retourna cependant à son poste dès le 9 juillet. A peine cette assemblée venaitelle de clore ses séances, qu'il fut député une fois encore, en 1612, au synode de Privas. En 1615, il le fut à l'assemblée de Grenoble, avec Bertrand d'Avignon, sieur de Souvigné, pasteur de l'église de Rennes, et le sieur Du Bordage. Lorsque cette assemblée quitta Grenoble pour se transporter à Nîmes, ce fut lui, avec Saint-Privat, qu'elle chargea d'aller avertir le roi de sa résolution. Son collègue revint seul rendre compte de leur mission. Les affaires se compliquant de plus en plus, d'Avaugour avait cru prudent de se rendre à Saint-Jean-d'Angely, dont il commandait la garnison, afin de veiller à la conservation de cette place importante. Toutes les mesures de salut ayant été prises, il s'empressa d'aller se réunir à l'assemblée qui s'était transférée à La Rochelle. Depuis, il paraît s'être rallié au gouvernement. C'est ce qui semble résulter de ce fait qu'en 1622 il fut
chargé par Louis XIII de défendre l'île de Ré contre Soubise, entreprise où il échoua.
D'Avaugour avait épousé, au mois de décembre 1599, René Tirand, dame de Péauld, fille de Renée Tirand, sieur de La Rochette. Il en eut un fils nommé Louis.
4. Louis d'Avaugour, sieur du Bois- Kergrois, chevalier de l'ordre du roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre, qui prit pour femme, au mois de juillet 1628, Anne Descartes, fille de Joachim Descartes, conseiller au parlement. De ce mariage»naquit Louis d'Avaugour, baron du Bois-Kergrois, qui fut nommé, 1661, lieutenant pour le roi dans la Nouvelle- France, et Pierre d'Avaugour, maréchal de bataille. Rien ne prouve que ces deux derniers aient persisté dans la foi réformée.
5. Quant au second fils de René d'Avaugour : Charles, un manuscrit conservé à la Bibl. de l'Arsenal et coté hist. 744, nous apprend qu'il fut colonel d'un régiment de cavalerie dans l'armée suédoise, conseiller d'Etat et l'un des députés pour l'exécution du traité fait avec l'Empire en 1649.
6. Voyez encore sur Madelaine, Renée et Bonaventure, filles de la maison d'Avaugour [III, 212, 333 b; VI, 173 a, 174 a, 225 et 226 b, 472 b]. — On trouve aussi mentionnés dans les registres du temple de La Rochelle : Catherine d'Avaugour, mariée en 1573 à François des Nouhes, sr de LaTabarière, et Guy, fils de Louis d'Avaugour et de Jehanne du Cellier, lequel figure comme parrain, 1686, d'un fils de Françoys de Tournemine, sr de Campsillon.
AVELINE, à Nantes. « Si la réponse aux soixante passages est achevée d'imprimer, « écrivait Franc. Oyseau pasteur de Nantes à du Plessis Mornay, et qu'on en envoyé une cinquantaine d'exemplaires à Nantes, chez un marchand nommé le sieur Aveline, à la Fosse dudit Nantes, il les paiera et nous fera un singulier plaisir » (22 oct. 1600.) — (Daniel), naturalisé anglais, 1686. — Esther), de Saumur, 39 ans, asthmatique, assistée à Londres, 1721.
AVENANT. Catherine et Aimée Avenant, assistées à Londres, 1702*1705. —
AVENEAU — AVESSENS
(Barthélémy), de Valence, assisté à Genève, 1709.
AVENEAU. « Un Jean Gui Aveneau, ayant eu les pieds chauffez, les soldats lui mirent du sel dans ses bas et le contraignirent de marcher dans cet état jusqu'à ce qu'il succomba. » (Benoit, h. de l'édit de Nantes, V, 890.)
1. AVENEL (Bertrand), libraire à Rennes. C'était, au dire du notaire Pichart qui nous a laissé un Journal des troubles de ce temps, « l'un des plus grands huguenots et hérétiques de ce pays. »I1 avait épousé la veuve d'un sieur J^e Bret « autre grand huguenot. • Avenel, sa femme et la fille de Le Bret, furent emprisonnés le 6 juin 1590 par arrêt du parlement. Cette mesure était fondée sur ce que Avenel vendait « un libelle diffamatoire contre la religion catholique, fait en forme de pardon et appelé Le vrai pardon et rémissionde tous péchés. » Ce prétendu libelle était un choix de passages de la Parole de Dieu, opposant à tous les moyens humains de salut : le salut par la foi et par la grâce. 11 est vrai que la forme en était celle des Pardons de l'Eglise de Rome.
Voici quelques mots de la conclusion qui feront connaître l'esprit et la
portée de l'écrit lui-même. « Nous
vous recommandons ce noble et trèscertain pardon. Car celui-ci est le vrai pardon qui se peut gagner sans or ou argent mais par la foi vive, laquelle enflamme une charité à tous ceux qui le gagnent et les incite à faire aumônes à tous indigents, et à rendre à chacun ce qui lui appartient... » Il avait aussi publié d'autres écrits de ce genre. Le parlement envoya donc faire une descente chez lui. Ce ne fut pas sans provoquer une énergique résistance et de très-vives paroles de sa femme et de sa fille. On les mit tous trois en prison. Les deux femmes n'y restèrent que quelques jours. Avenel y demeura jusqu'au 20 et n'en sortit qu'après sentence qui le condamnait à deux ans de bannissement. On le mit secrètement hors de la ville. Le peuple fut partagé à son sujet; on put craindre une émeute, et plusieurs parlaient de l'aller pendre. Avenel se rendit à Paris, et il sut obtenir des lettres qui l'autorisaient à
citer devant le conseil d'Etat les membres de la cour, pour rendre compte de leur arrêt. Il osa revenir à Rennes et peu de jours après présenter ses lettres à la cour. Les magistrats, irrités de cette bravade, voulaient, maintenant qu'il était encore en leurs mains, le pendre pour tout de bon. Il y fût peut-être demeuré, dit Pichart, sans If. de La Hunaudaye qui les pria d'user de douceur parce qu'il ne savait pas la volonté du roi. Ils se bornèrent donc à confirmer le bannissement (8 oct. 1690). Mais Avenel en tint peu de compte. Il retourna bientôt à Rennes et s'y trouvait pendant les troubles. (Vaurigaud.)
2. AVENEL (Olivier), tué à Paris à la Saint -Barthélémy. — (Judith), dame d'Houdetot [V, 540 a].