VII
AURILLÉ (Gui d') , sieur de La Coursaye; Anjou, v. 1550 [VIII, 240 a].
1. AURIOL, défenseur de Roquecourbe, en Castrais, 1574; — capitaine, prisonnier au combat de laCieutat, 1580 ;
— autre, délégué de Revel au synode de Grenoble, 1615. — (Antoine), commis aux aides, et Marie Sarragot sa femme.
à Pons, 1663. — (Suzanne) ou Oriol, d'Orpierreen Dauphiné, assistée à Lausanne venant de Genève, et allant plus loin, 1690; assistée à Lausanne venant de Berne, 1691.
2. AURIOL ou d'Auriol, famille languedocienne existant encore aujourd'hui en France, en Angleterre et en Suisse, et qui, si l'on en croyait les fables débitées par les généalogistes, aurait brillamment figuré en France dès le commencement du XI Vfisiècle. Sa médiocrité originaire et sa nouveauté sont suffisamment prouvées par ses armoiries : D'argent au figuier de sinople posé sur un monticule de même, et supportant deux nids de loriots au naturel suspendus aux branches par des rubans de gueules.
AUROS — AUSSY
La tige, restée en France et toujours demeurée catholique, serait représentée de notre temps v'au dire de M. Galiffi néalog. genevoises, t. IV) par M. d'Auriol de Montelar, comte de Lauraguel.
Mais à la révocation de ledit de Nantes, un de ses ascendants, Elisée d'Auriol, seigneur de Toutens, Roumens, Sa!
et autres lieux, aurait fait passer ses enfants en Angleterre. En effet, il en eut huit : Jacques, Jean, Jean-Louis.
Elisée, Pierre, Isaac, Elisabeth et Lotis, parmi lesquels deux figurent dans les listes de naturalisation anglaise données par Agnew : Jean Auriol, le 4 avril 1085 , et lsaac Auriol le 10 octob. 1G88. Elisée (le second), né à i 1691 , épousa, \ - ierite fille du marquis de Fesquet, et maria sa fille Elisabeth en 1756 à William, comte de Vismes. Jac après quelque temps passé en Analeterre, s'établit à Lisbonne où il gagna, dans le commerce, une fortune considérable, et épousa une dlle Russell, dont il eut quatre enfants parmi letquels Jacques-Pierre, employé de la compagnie des Indes, père d'un pasteur de Londres, directeur de l'hôpital français de cette ville, et Charles général dans l'armée britannique. Pierre, ii:- (le premier), devint de son coté un riche marchand de Londres, et maria sa fille, en ITi'.i. à Robert Drummond, évèque de Saint-Asaph, plus tard archevêque d'York. De ce mariage naquiren fils qui tous reçurent, suivant un usage répandu en Angleterre, le nom de leur mère, Auriol, pour nom de baptême, et dont l'aine est devenu le premier des comtes de Kinnoul actuels.
Jean-Louis, troisième fils d'£li> né en 1684. au lieu d'accomj frères à Londres, vint à Genève où il épousa Olympe tille du général Bontemps, et forma une branche nouvelle, dans laquelle on cite Pierre-Elisée
-1790), colonel au service ddaigne, et son lils Charles-Joseph (1778-1834), peintre distingué de l'école genevoise.
AUROS, voy. col. 395. — Jehan de Laminssaiis , dit le capitaine Auros, un des plus braves soldats des armées protestantes, fut à diverses reprises con-
damné à mort par le parlement de Bordeaux, 1507 et 1569.
AUROUX V). seigneur deChery-les- Rozoy. v. 1665 [IX. 476 bj. « Le sieur d'Aurou de Léry, seigneur haut justicier de Chery-les-Rosoy, y fait faire l'exercice de la R. P. R.. et comme sur la frontière des Pays-Bas et les limites de la Champagne, il y a un grand nombre de personnes et quelquefois jusqu'à sept ou huit cents qui y viennent au prêche.» Note officielle, Il Bull. VIII, 446.)
AURY (Fraxç.), de Sedan, lapidaire.
— Loms , de Metz, jardinier; réfugiés à Berlin, 1700. — (Marie), veuve. 63 ans, e à Londres,
AUSIL1ARGUES, Jacobus A liargiieus , Vallifranciscensis Cebennat, » étudiant à Genève, 1630. Sous ces noms de lieu se cache un nom de famille, Pelet. Jacques Pelet fut pasteur de Monoblet, 1646-50.
AUS1N. famille béarnaise, ré:
en Allemagne a la Révocation. Un colonel prussien de ce nom est mort en 181 '< en Bavière.
Al m INNE AU Kir: . naturalisé anglais. I7nl.
AUSSAC, capitaine à Montauban .
AU88ERON (d), capitaine.
AU88ERY [. . brave défenseur ie Montauban en 1626 IV
AUSSET ou Aucet JehaN/. « de Saint-Germain de Coberte, » reçu habitantde Genève, 1554. — Autre, ministre à Montfrin et Saint-Quentin. ltio7. — Dame Ausset, emprisonnée, à Alais ,
Al BSON (Abraham), réfugié en Hollande, 1670. — (J.-Fr.), emprisonné à la Bastille, 1685. — Voy. Jaucourt.
1. AUSSY (Adrien d';, dit Douliancourt, brûlé à petit feu à Paris en (Bull. II, ôïô.. — Jacques Autàu, galérien. 1' s
i l SSV Achille d'), fils de Jean IV d'Aussy, seigneur des Coutures, et de Charlotte de Saumery, tué en 1590, à la bataille d'l\r\ . portant la cornette de François de Coligny. Son frère François, seigneur des Barrières et de S
AUSTACHE — AUTIÈGE*
mery, capitaine des gardes de Catherine de Bourbon, sœur du roi de Navarre, avait, depuis 1588, abjuré le protestantisme pour obtenir la restitution de ses biens confisqués, et il est à supposer que son exemple fut suivi par le lils qu'il avait eu de son mariage avec Marie de La Taille, fille de Bertrand des Essars et de Louise de Bosnier. Ce fils, nommé Jacques, avait été gentilhomme ordinaire de Henri II de Condé et gouverneur pour ce prince de Saint- Jean de Laune,
3. En l'absence de tout renseignement positif, nous n'osons ranger parmi les protestants français deux oncles d'Achille d'Aussy : Claude, gouverneur de la citadelle d'Orléans , et Rolland, tué à la bataille de Saint-Denis ; mais nous n'hésitons pas à compter parmi nos coreligionnaires sa tante Jeanne, qui épousa, le 1er avril 1551, François Eschallard, seigneur de La Boulaye en Poitou, fils d'Antoine Eschallard et de Guyonne d'Appelvoisin, dame de Chaligné.
4. Notons de même François d'Aussy, sieur des Coutures, uni, en 1571, à Marie des Essarts ; (Jacques), sieur des Coutures , ancien de l'église du Plessis en 1625 ; (Marie), veuve de Jean de Guéribalde , sieur de Boisgrenier, enterré, 1657, à Charenton. Mme d'Aussy, veuve en 1672, remariée au baron de Neuville, et retirée, avec ses deux filles, en Hollande ; — une autre emprisonnée à Chartres, 1686. — Armes : d'argent au chevron de gueules accompagné de trois coquilles de sable.
5. 11 n'est peut-être pas inutile, vu les différences que présente l'orthographe des noms propres, de prévenir qu'il ne faut pas confondre la famille d'Aussy du Gâtinois avec celle à'Assy de Normandie. Un membre de cette dernière, seigneur de Plainville-sur-Dive, nous est connu par une lettre de Henri de Navarre qui, lors de son évasion de la cour, lui écrivit pour l'engager à venir le rejoindre.
6. En Normandie ce nom était répandu.Nous trouvons, sanspouvoirrojoindre les uns aux autres : Nicolas d'Aussy, quartenier de Rouen pendant le siège de septemb. 1562. — (Jacques, Pierre et
Thomas), de l'élection d'Arqués, fugitifs en 1688. — (Jean et Thomas), marchands, fugitifs de la généralité de Rouen.
AUSTACHE (M.-Judith), du Dauphiné , couturière, réfugiée à Berlin ,
AUSTARD (Antoine), greffier du juge de Gimont, condamné pour crime de lèse-majesté, comme l'un des chefs du parti protestant, par arrêt du parlem. de Toulouse, 16 juin 1570.
Autard. Voy. Bragard.
AUST1N (Jean), avec deux enfants, naturalisé anglais, 1688.
1. AUSTRY (P.), consul de Castres, 1587. — (Pierre), pasteur dans le comté de Foix, à Les Bordes, 1577-96, et à Camarade en 1603. — Autre, ancien à Regniès, 1668.
2. AUSTRY (Philippe), habitant de Cornevent, près Réalmont, se trouvait à une assemblée religieuse tenue dans le bois de Mirai, non loin de La Falgasse, pendant la nuit du 3 au 4 juillet 1754. Les dragons du régiment de Marbœufle prirent, ainsi que plusieurs autres qui étaient avec lui. Conduit au fort de Ferrières, il fut condamné, le 11 oct. suivant, aux galères perpétuelles. Pour le même fait, Françoise et Isabeau Austry furent jetées dans un couvent, attendu leur jeunesse ; et quelques jours après, par jugement du 20 octobre, la veuve d'un Austry, dit La Grandeur (peut-être est-ce Philippe), fut rasée et enfermée dans la tour de Constance. (Pradel.)
AUTEUIL (d'), capitaine, 1688 [IX, 232 a]. — (La dame d'), convertie, 1686.
AUTE VILLE (Anne), 1668 [II, 59].
— D'Autheville, ancien à Pierregourde, 1672 [VI, 33 b]. — (Marguerite d'), ou Dauteville, enfermée à l'abb. d'Avranches, 1699.
AUTHER1VE, ancien à Réalville.
1674 [VI, 57 a, note].
AUTHIÉ (Isaac d'), sieur d'Harville [III, 351 a ; IV, 493 a ; IX, 494 b].
AUTHON (d), ou Auton, famille poitevine alliée des Cumont, XVIIe siècle [IV, 147 a; VII, 449 a; VIII, 312 a].
AUTHU1LE (d'), Laurent et Philippe, mis à l'hôpital de Noyon; Madelaine el Cécile, aux Nouvelles-Catholiques de la même ville, 1713.
AUT1ÈGE (d'), capitaine huguenot.
AUTOUR — AUTRICOURT
qui rendit de grands services à Henri IV, notamment à la prise de Corbie, dont le roi s'empara sur les ligueurs, en 1501, après un combat de plus de trois heures. Sous le successeur de ce prince, lorsque les protestants reprirent les armes pour défendre la liberté de conscience qu'ils voyaient menacée, d'Autiège ne balança pas à se ranger sous les drapeaux des mécontents. En 1621, Chûtillon.
informé du danger que courait \als, assiégé par Montmorency, et sentant l'importance de cette place, qui était la clef des Cévennes, envoya à son secours d'Autiège et Valescure avec 1,200 hommes. Ayant appris en route la reddition de Vais, d'Autiège se jeta dans Vallon, dont les habitants, tous protestants, l'accueillirent avec joie. L'armée royale ne tarda pas à l'y suivre. D'Autiège se défendit avec vigueur, il multiplia les sorties ; mais la lutte était trop inégale, il dut se rendre. Le duc l'accueillit avec de bienveillance et lui dit « qu'il y aurait eu plus de gloire pour son couqu'il savait très-bon, d'employer son épée pour le service du roi que pour fomenter la rébellion d'une ville séditieuse. » La capitulation portait qu'il sortirait avec armes, sans tambour et mèches éteintes, et qu'il ne porterait plus les armes de six mois ; Montmorency ne voulut jamais consentir à y comprendre les habitants de Vallon. Les plus compromis se hâtèrent donc de fuir ; leurs maisons furent rasées et la ville abandonnée pendant un jour au pillage. Ce revers, à ce qu'il parait, ne fit rien perdre à d'Autiège dans l'estime de Chàlillon. Les habitants de Ni'mes lui ayant demandé un de ses officiers pour diriger les travaux de fortification de leur ville, ce fut sur lui que son choix s'arrêta.
Al Toi lî Etienne), seigneur de Beauregard, inscrit au registre des habitants do Genève, le 2 déc. 1550, en ces termes : « Estienne Autort, seigneur de Beaulxregard en Bourbonoys, natyfz de Saint-Fiault Saint-Fiel?) en la aulte Marche. » Remplissait à Genève, 1564, le rôle d'homme d'affaires de la reine Jeanne d'Albret [IX, 311 a],
AUTOY (Denise), assistée à Londres,
ALTRAN Pierre), de Die, reçu habitant de Genève le 19 février 1689. — (Jacques), de Rosans en Dauphiné, reçu id. 16 mai 1693. — (Jean), fils de feu Pierre, de Die, maitre vitrier, reçu bourgeois de Genève le 4 déc. 1694 a en considération des jalousies soit treillis de fer qu'il a faits à ses frais pour les fenestres du nouveau bastiment des Halles.... ouvrage qui peut bien monter à la somme de trois mille florins. » Le 24 nov. 1699, il offrit au conseil de faire irais « tout un nouveau fenètrage»
dans la grande salle du collège, moyennant la réception à la bourgeoisie d'un sien neveu, âgé de 6 à 7 ans, «qu'il considéroit comme son enfant. » Cette proposition fut acceptée. En 1710. il fit recevoir bourgeois de la même manière son beau-frère, Jacob Boujon, en offrant « de refaire toutes les fenêtres de la nouvelle face de l'hôpital, plomb et verre. » La descendance de Jean Autran existe encore à Genève. — (La veuve de Pierre) et ses trois enfants, ifittî — (Louis) et sa femme, 1703. — (Esprit), avec sa femme et trois enfants, 1703, réfuuiés et assistés à Genève. — (David et Jean), consuls de Dozan et de Saint-Auban en Dauphiné signalés, 1737, comme huguenots opiniâtres. — Etienne . tils de Jean, de Saint- Auban. horloger, re<u habitant de Genève, 1751. (Dlfour.)
AITREXGUOT Jean), de Neufvillesous-Gien, barbier et chirurgien, reçu bourgeois de Genève, nov. 1555.
AITRIC DE YL\TEMILLE(G. d), 1619 [IL ffl a : Ml. 192 a].
AUTRICOURT, c'est-à-dire Valeran d'Anglure, sire d'Autricourt, chef huguenot qui se signala dans la troisième guerre de religion (1568). Forcé de fuir pour échapper aux violences de la cour. Condé avait cherché un asile à La Rochelle, et ,à son appel les protestants de toute la France accouraient sous ses étendards. Ceux de la Picardie n'avaient pas été des derniers à prendre les armes : mais gagner La Rochelle était une entreprise impossible pour cette poignée de braves. Aussi Genlis, avec les seigneurs, en grand nombre, qui l'accompagnaient et parmi lesquels se trouvait d'Autricourt, prit-il le sage parti de se joindre au prince d'Orange
AITROIGMONT — AUTUlîE
pour, tous ensemble, aller grossir l'armée allemande qui se préparait à venir au secours de Condé. Castelnau rapporte dans ses Mémoires que, étant allé demander du secours au duc d'Albe pouf Charles IX, il le trouva « fort animé contre les huguenots de France, qui avoient, incontinent après la publication de la paix et de l'édit en France, aidé à entretenir en Flandre la guerre qu'il faisoit au prince d'Orange, et Mansfeld, ayant renvoyé douze cornettes et deux mille hommes de pied sous la charge de Genlis, Morvilliers, de Renel et d' Hautricourt , Mouy , Renty, Esternay, Fenquières et quelques autres ; lesquels étant demeurés en Brabant après ces troisièmes troubles et retraites des princes à La Rochelle, ne s'étoient voulu hasarder de venir en France et la traverser : ce qu'ils n'eussent pu faire aussi sans grand péril ; lesquelles troupes ont depuis bien aidé à faciliter le passage au duc des Deux-Ponts.» Pendant la marche pénible de cette armée à travers la France, d'Autricourt donna plus d'une fois des preuves éclatantes de sa valeur. La jonction opérée avec l'amiral, il continua à servir avec distinction jusqu'à la bataille de Moncontour, où il fut tué combattant à lavant-garde aux côtés de Goligny : « Pensant avoir la victoire en main, il s'avança si fort que, se jetant au milieu de l'avant-garde, il se vit entouré et pressé d'un si grand nombre de cavaliers qu'il succomba sous le nombre. » Il avait refusé de se rendre, et fut tué à coups de lance avec quelques soldats qui l'avaient suivi. Sa mort mit le désordre dans les rangs, et le corps où il commandait fut enfoncé.
AUTROIGMONT (Jehan), « de Giez sur Saume en Champagne, » reçu habitant de Genève, 1551.
AUTRON, enfermé à la Propagation de la foi à Grenoble, 1740.
AUTURE (Charles d'), député des Églises du Béarn dans les circonstances difficiles que ces Églises eurent à traverser avant la révocation de l'édit de Nantes. Rétabli dans cette province par Henri IV, le catholicisme, humble d'abord, s'était bientôt fait envahisseur, et, à l'époque où d'Auture fut envoyé en cour, il ne poursuivait rien, moins que
l'interdiction du culte réformé. Le clergé était vigoureusement soutenu par le parlement, qui se montrait infatigable à traîner devant sa barre les ministres protestants sous les plus faibles prétextes. Ajournements, décrets, emprisonnements, bannissements, se succédaient coup sur coup. Le premier président Lavie déployait surtout tant de passion et de violence que, sur les plaintes des réformés portées au pied du trône par Cotière, le conseil rendit, le 3 mars 1664, un arrêt pour ordonner au procureur général de lui envoyer les pièces des procès qui avaient donné sujet à ces plaintes. Le gouvernement pensait devoir garder des ménagements avec une province où une bonne partie de la noblesse et du peuple professaient encore le protestantisme. A cette nouvelle , parlement et clergé s'empressèrent de faire partir pour Paris leurs députés, et un procès s'engagea dans toutes les formes; mais la décision du conseil se fit longtemps attendre, et les protestants restèrent, pendant plusieurs mois, exposés sans défense aux vexations de leurs adversaires. Ils finirent cependant par intéresser à leur sort le maréchal de Grammont, homme équitable, qui lui aussi avait à se plaindre du parlement et qui fit si bien que, en 1667, on le nomma rapporteur de l'affaire. Sur son rapport intervint, au mois d'avril 1668, un arrêt en seize articles destiné à régler définitivement la position de l'Eglise réformée dans le Béarn. Le nombre des lieux d'exercice était réduit de 123 à "2(1; permission était accordée aux protestants d'avoir de petites écoles; défense était faite au parlement de s'immiscer dans les questions de discipline. Un article ratifiait toutes les donations ou legs en faveur des consistoires ; un autre exemptait les réformés de contribuer aux réparations des églises catholiques, et un autre enfin défendait aux catholiques comme aux protestants d'exercer leur prosélytisme sur des enfants au-dessous de 12 ou 1 i ans, selon le sexe. Certes, cet arrêt était loin d'être favorable aux réformés ; néanmoins, le parlement refusa de l'enregistrer jusqu'à ce qu'un ordre formel, obtenu par d'Auture en 1669, vint l'y contraindre. Forcé
AUYAf.HE — AUZ1ÈRE
de céder, il s'en vengea sur la famille du député des Églises béarnaises, en enveloppant dans mille affaires son père, ses sœurs et d'autres parents , entre autres le sieur a'Idron. son cousin germain, qui avait rempli les mêmes fonctions que lui. Ces abus d'autorité devinrent si manifestes que le roi accorda à d'Auture et à sa famille une évocation générale de toutes affaires civiles et criminelles. Mais le parlement prit sa revanche. Il envoya de nouveaux députés à Paris avec une requête au conseil pour demander qu'on restreignit encore les libertés des protestants.
Ceux-ci, de leur coté, firent présenter par d'Auture un cahier de plaintes. Ii en résulta un nouveau procès, suivi, en 1670, d'un arrêt nouveau qui coûta encore aux réformés quelques-uns de leurs droits. — Jacob d'Auture, avocat au parlement de Pau, avait épousé, en 1023. Cassandre d'Idron, belle-sœur de Jean-Paul de Lescun, conseiller au conseil souverain de Béarn. (Arch. B.-Pvr.
AU VACHE René . de Ma» tes, :<3ans.
sa femme et cinq enfants, réfugiés et assi.-trs à Londres, 1702. — (Jacques . de Mantes, 60 ans : Esther, sa femme, et trois enfants, id. . 1T(»"». In Jacques Auvache avec sa femme étaient encore dans la même situation en 1721.
AUVE (Claude d'), d'Iviers en rache. réfugié à Berlin. 1698.
AU VERGXb (André;, fils d'Antoine, de Trièves en Dauphiné, potier de terre, reçu habitant de Genève, 1755. — (Charles), fils de feu Antoine, de Tremines en Dauphiné, potier de terre, id..
— Autres, de Die et de La Mure, établis à Genève au XYIP siècle.
AUYERGXE (le comte d), molesté pour l'exercice du culte religieux dans son château de Lourquais (ou Lourquen, Landes?), 1685.
t. AUVRAY (4 abrielle), dame protestante d'Argentan qui. au dire du Mercure de France, se serait convertie en demandant à Dieu de mourir dans la religion la meilleure, et serait morte en effet le lendemain, (itéré, de 1687.)
VI Y RAY. famille de libraires parisiens. Jacques Auvray, fils de Pierre, libraire, épouse au temple de Charenton,
avril Ib^y, Elisabeth Forest, veuve de J.-B. de La Croix, peintre à Paris. Il se remarie, juill. 1045. avec Susanne, fille de feu Charles Parmantier . receveur de la terre d'Hérion, et de Susanne Dubus. Jacques meurt v. 1656, et sa veuve se remarie, 1657, avec le libraire Louis Yendosme [IX. 459 b]. Il avait eu de sa première femme : Dominique né en juin 1044 , et Pierre, libraire, qui épousa, mai 1663, Elisabeth Yanqueulle (c'està-dire VanCœulen\ Les registres du temple de Charenton. d'où ces renseignements sont tirés, mentionnaient encore un Pierre Auvray. libraire, mort en septemb. 1660, à l'âge de 48 ans. et la veuve d'un Jacques Auvray, libraire, morte en septemb. !
VUYRAY Jean): — Marguerite) et ses trois enfants, assistés à Londres.
AUXÉPAUI sieur de
Sainte-Marie du Mont. m. en U>77 VU, 441 a]. — Henri, son fils, mort en I0"7 [Yll." 52i h]. — Judith. 1562 Vil, 166 b .
Al'ZA ! .à lssoire v. 1550 [11,
AbZEE. f.ailleuse à Vieillevicne. près Xantes, s'enfuit en Angleterre av> cob, orphelin, 1685.
\1ZKT. .< Rpnedictus Auzetu* I tellionis Dombarum Bressiie seu potius -ianus. » étudiant à Genève. 1566.
v. Baschi.
AUZIA8, ancien à Marcols. W74 |\I.33a].
AUZIÈRE François), ancien de l'Église de Montpellier, assiste comme député au synode du bas Languedoc tenu à Sauve le 4 octobre 1 570 (Bibl. nat. mss. fr. 8069, f° 57). Il s'y opposa à la demande faite par M. de Chambrun au nom de l'Église de Ximes. pour obtenir Paya comme pasteur de Montpellier, lequel resta en effet dans cette dernière église jusqu'en 1591 Ibid. f° 65). — (Jean), bourgeois de Montpellier, 1623 [VII, 206 b]. — Jean Auzier,de Saint-Laurent en Langue loc, reçu habitant de Genève, Il mai 1697. — Jean Auzière, fils de feu Pierre Auzier, de Saint-Laurent
:ouze on Languedoc, épouse à nève, en 1699, Madeleine Bramond, de Ximes. — Simon Avzières. fils de feu
AUZY
Pierre, de Saint-Laurent, reçu habitant de Genève, 12 sept. 1713. — Etienne Ausières, «de Touras, proche Aies, galérien, condamné en 1701 pour avoir voulu sortir du royaume (Liste des pr.
quisouf., 1711). — Le même, inscrit sous le nom à'Aussière [X, 419]. — Louis Auzière, né à Saint-Laurent d'Aigouze, janv. 1788, étudia à Lausanne et fut d'abord suffragant à Vallon, puis pasteur titulaire à Durfort, à Anduze (1821-4 7), et à Sainte-Euphémie, où il mourut en 1847. D'un premier mariage, avec Suzanne Serméas, de Valls, il eut un fils et deux filles. L'aînée des deux filles, Pauline Auzière, épousa (1840) M. Jacq.
Bastide, pasteur encore aujourd'hui de Ribaute ; et la plus jeune, Fanny, épousa (1843) M. Phil. Néel, de Jersey, ministre de la Société wesleyenne en France. Le fils, Louis, né en 1815, étudia la philosophie à Genève (1831-33) et la théologie à Strasbourg, où il fut consacré en 1836. Appelé en 1836 à Generargues (Gard) comme suffragant de M. le pasteur Fraissinet, il le remplaça en 1843, et dessert encore aujourd'hui (1876) la même Église. L'histoire du protestantisme français lui doit des travaux dont il a principalement enrichi la bibliothèque du consistoire de Nîmes.
AUZY (d'), ou Dauzy (quelquefois Ausy, Auxy. Dozy), très-ancienne famille de l'Agenais transportée en Poitou et Angoumois, en 1493, par le mariage de Bertrand Dauzy, escuier, avec Louise Raimond, héritière du fief de Lestortière, situé en la paroisse de Soudan, près de Saint-Maixent. = Armes :
d'azur à 3 fasces d'or.
Les nombreux descendants issus de cette union témoignèrent de leur attachement aux principes de la Réforme lorsque arriva l'heure décisive de la persécution déclarée, de la Révocation et du culte pourchassé au désert; mais on ne la voit figurer en rien dans aucun fait, aucun document, aucun registre protestant pendant le XVIe siècle. Cependant Philippe, petit-fils de Bertrand, marié à Saint-Maixent, le 31 octobre 1564, avec Marie Moysen, eut 6 fils (outre 4 filles) dont les noms de baptême annoncent une maison où la Bible était vénérée : ils s'appelaient Gédéon, Joachim, Pierre,
Benjamin, Josias et Philippe. Ceux de ces fils qui se marièrent prirent femme dans des familles protestantes : Judith Newport mariée à Gédéon, Madeleine de La Forge à Joachim, Esther Aymer à Pierre, Renée de Marsac à Josias. Le même fait se continue à la génération suivante, les trois enfants de Gédéon, savoir : Charles, Marguerite et Judith, sont mariés, le premier, 1635, à Marie de Bonnevin; la seconde, 1628, à Philippe Janvre delaBouchetière[VI, 35b] ; la troisième, 1631, à César Lhuillier de Chalendos [VII, 87 a]. Gabrielle, fille de Josias, épousa, en 1640, Josué Pandin de Lussandière [VIII, 99 a], etc.
La tranquille obscurité dans laquelle s'étaient toujours enfermés les d'Auzy ne les protégea nullement lorsque le roi eut décidé la suppression de l'édit de Nantes. Le personnage le plus apparent de la famille à ce moment était, à ce qu'il paraît, Josias, sieur des Granges, petit-fils du Josias mentionné ci-dessus, et fils issu du mariage d'un second Gédéon d'Auzy avec dlle Bienvenue des Nouhes. Il était né en 1646, et avait épousé, en 1676, Anne, fille de Jacques Chalmot, escuier, sieur du Teil et ministre de Cherveux, près Niort. Le 23 octobre 1685 on lui remit le billet suivant, daté de Couhé :
Le marquis de Vérac, commandant pour S. M. en Poictou. Sur l'ordre du Roy qui nous a esté envoyé d'assembler la noblesse de la R. P. R. du hault Poictou à Poictiers, nous ordonnons de la part de S. M. au sieur Dauzy des Granges de se rendre audict Poictiers le 1er novembre prochain pour lui expliquer les intentions de Sa Majesté.
Le sieur des Granges était probablement fort mal noté auprès du gouverneur du Poitou. En effet, un autre d'Auzy, son cousin, Louis, sieur de Saint-Romans et de Maisonneuve, capitaine des fauconniers du roi, avait été poursuivi peu de temps auparavant à cause d'assemblées religieuses qui s'étaient tenues sur ses terres, à La Bonnelière, paroisse de Montmercure, où deux ministres. BarillaudetSaint'Paul, avaient prêché, et auxquelles avaient assisté « un grand nombre de personnes, surtout de nobles du pays, parmi lesquelles on remarquait
AUZY
les dIIe» d'Auzy de Saint-Romans. »
Dans les premiers jours du mois (5 oct. 1685), une autre parente, Elisabeth d'Auzy, veuve d'un sieur de La Fontenelle, remariée à Anne Durcot, sieur du Plessis Puytesson, avait été arrêtée au bourg de Montebert, avec quatre de ses enfants, de 16 à 4 ans, Jeanne-Honorée de La Fontenelle, Marie, Jean et Esther Durcot, plus avec un de La Fontenelle, son beau-frère, et ses deux filles, Louise et Marie, de 16 et de 8 ans, plus encore avec deux laquais, tous gens de la religion qui paraissaient vouloir gagner Nantes pour sortir du royaume.
Toute la famille était mal pensante, témoin encore le billet suivant, émané d'un simple commis de l'intendance :
M. Du Peux [Pierre Pandin, sr du Peux et de Chasteauneuf, fils de Gabrielle d'Auzy], nouveau converty , pour n'avoir depuis sa conversion esté à la messe, logera deux dragons jusqu'à nouvel ordre. Faict le 3 mars
La famille d'Auzy se soumit; elle abjura sans doute, elle alla vraisemblablement à la messe, et elle fit certainement inscrire ses actes de baptême et de mariage sur les registres de sa paroisse.
Angélique, fille de Josias, sieur des Granges, baptisée le 4 mars inscrite sur les registres du consistoire de Cherveux par de Saubé et H. Mestayer, ministres ; mais ses sœurs et ses frères, Gabrielle-Benigne (1687), Marie- Anne (1688). Gabriel et Jean-Gêdéon, jumeaux (1691), furent baptisés par les curé ou vicaire de Saint-Maixent, et il en fut longtemps de même pour la suite de la famille. Cependant, si contrainte et forcée elle avait refoulé ses principes, du moins ne les avait-elle nullement oubliés, et ses membres mouraient dans leur foi en repoussant le curé loin de leur chevet. Une déclaration royale, en date du 9 avril 1736, ayant ordonné qu'en ce cas l'inhumation du défunt ne put avoir lieu que sur une demande adressée par les héritiers au lieutenant de police, on voit MM. d'Auzy formuler ces demandes dès le mois d'avril 1739 (pour dame Gabrielle-Angélique de Clervaux, bellemère de Gabriel, sieur des Granges, iils de Josias) et les poursuivre jusqu'aux
temps voisins de la Révolution, jusqu'en 1782, 1786 et 1787. Le lieutenant de police, faisant droit à la requête, accordait l'autorisation d'inhumer « nuitamment et sans scandale. »
Louis d'Auzy, fils de Gabriel, n'avait d'autre contrat de mariage que celui dont voici l'extrait :
Je soussigné et certifie que l'an 1760 et le 6 du mois d'août, j'ay béni après la publication des promesses et sans aucune oppausition le mariage de messire Anthoine-Loois- Bienvenu d'Auzy des Granges, escuier, sieur du Breuil de S. Christophe, etc... avec dame Marie Lériget, fille de M. François Lériget, sr des Rouchères..., fiancés par acte public au désert en présence des témoins, etc. Germain, ministre du S. Ev.
C'est sur les registres de baptême du désert que furent inscrits les enfants nés de ce mariage : Gabriel-Bienvenu vrier 1763), Charles-Auguste (17 février 1764), Gaspard-Louis (avril 1765), Jacques-Alexandre (nov. 1766), Esther- Bienvenue (avril 1768), et Louis-Benjamin nov. 1771), la plupart baptisés par le ministère du pasteur Pougnard. Mais ce ne fut pas sans difficultés que les choses se passèrentainsi. Quelques jours après la naissance de son premier enfant, le 12 mars 1763, Louis d'Auzy était cité devant le procureur du roi en la sénéchaussée de Saint-Maixent :
Pour y étant se voir condamner a rapporter dans huitaine son extrait d'épousailles de son mariage avec dame Marie Lériget sa prétendue épouse, faute de quoy ils seront tenus de se séparer de corps et d'habitation; comme aussi le dit sr d'Auzy sera condamné par les voyes de droit de faire porter a l'église paroissiale du dit S. Léger [a Saint- Maixent], sans délai, l'enfant dont la dite dame Lériget sa prétendue épouse est accouchée le 28 fév. dernier, pour y recevoir les cérémonies du baptême observées par l'église C. A. et R. et pour avoir été refusant de le faire malgré les sollicitations du dit sr curé de S. Léger, le sr d'Auzy sera condamné en l'amende de 300 liv. et sera la sentence à intervenir exécutée nonobstant opposition attendu qu'il s'agit de l'exécution des règlements de Sa Majesté.
Même procédure pour le second enfant le 20 mars 1764, et vraisemblablement pour les autres ensuite. Le père I. 20
AUZÈS — AVARET
refusait de répondre à la citation, se laissait condamner, puis se laissait saisir plutôt que d'accepter l'injonction. Pour ses fils, baptisés au désert, l'âge d'homme arriva en même temps que l'époque révolutionnaire. Des cinq que nous avons nommés, deux étaient morts en bas âge; les trois autres, suivant l'usage de leur famille, avaient embrassé la profession des armes : Gabriel-Bienvenu mourut sous-lieutenant au régiment de Guyenne dès 1786; Louis-Benjamin fut capitaine à la 41e demi-brigade; Jacques-Alexandre parvint au grade de chef de brigade pour finir d'une manière affreuse : fait prisonnier par les noirs dans l'expédition de Saint-Domingue, avec deux autres officiers, tous trois furent sciés entre deux planches (1800). Un d'Auzy d'une autre brandie, Augustin-Charles, petit-fils de Josias et d'Anne Chalmet, avait été capitaine au régiment de Guyenne; son fils, Armand- Charles, qui avait épousé une demoiselle Janvre, est mort sans enfants en 1842. Ce l'ut le dernier des d'Auzy protestants.
Papiers de la famille en la possession de son héritier actuel, M. le comte J. de Clervau*. Cf. col. *5, uote.
AUZÈS (MUeD), enfermée aux Nouv.- Cath. 1690.
AUZOLLE (Guyot d'), sieur de Serre, vers 1560 [VII, 385 a].
AUZOU(d'), gentilhomme du Poitou, nouveau catholique, redemande son fils, nommé de Puygreffier, qu'on avait enfermé au collège de Puygarreau, 1701.
Avalon, voy. Chastelus.
AVANCON (Alizette d'); à Béziers, v. 1580-1620.
AVANTTGNY (François d'), fils de Louis, gentilhomme de la chambre, seigneur de la Brenallerie, de Montbernard, etc., s'est acquis par sa brillante valeur un rang distingué parmi les chefs huguenots [II, 243 a, 300 a, 470 b; III, 391 a; VI, 70 a]. En 1568, il quitta Sancerre avec quelques gentilshommes du pays pour se joindre à l'armée protestante, et à Moncontour il combattit à l'avant-garde sous les ordres immédiats de Coligny. A la Saint-Barthélémy, il réussit à se sauver à Genève, et y fut admis en qualité d'habitant le 4 septembre 1572. Plus tard, en 1576, lorsque le duc d'Alençon, ayant réussi à
s'échapper de la cour, s'allia aux huguenots, il fut admis dans le conseil de ce prince, qui lui ôta, dit- on, sa confiance en 1582, c'est-à-dire peu de temps avant sa mort. La même année, il fut choisi par le synode du Berry, avec les ministres Eude et Barbin, pour correspondre avec le roi de Navarre au nom des églises de la province (Tt, 321). Avantigny s'attacha ensuite au fils de Condé, qu'il accompagna, à la tète de sa compagnie, dans la fatale expédition d'Angers et qu'il suivit dans sa fuite en Angleterre. De retour en France, il continua à défendre la cause protestante sous les ordres de ce jeune prince, et il assista, en 1586, au fameux combat où le régiment de Tiercelin fut détruit. Il y déploya une grande bravoure et y reçut deux blessures, l'une à la main, l'autre au genou, qui le forcèrent à renoncer dans la suite à un service actif. Le 9 sept. 1588, Turenne l'établit son lieutenant dans le Castrais ; mais Montgominery ne voulut pas lui céder un gouvernement dont il était eu possession [VII, 482 a], et il sut s'y maintenir, grâce à la faveur du duc de Montmorency. — Avantigny avait une sœur qui épousa, en 1584, Charles de Mesnil Simon, seigneur de Beaujeu.
AVARET (d'). Le nom sous lequel ce gentilhomme est connu lui vient vraisemblablement de la terre d' Avaray, dans l'Orléanais. Lors de la première guerre de religion, 1562, Avaret fut nommé lieutenant de Genlis. Ce dernier ayant abandonné Condé sous les murs de Paris, mécontent, disait-il, de ce que le prince refusait des conditions acceptables, mais dans le fait, irrité du peu de considération qu'on lui témoignait depuis que son frère eut mal défendu Bourges, gagné qu'il était (dit Mézeray) par Catherine de Médicis, son lieutenant fut chargé de commander à sa place. Dans ce nouveau poste, d'Avaret se signala à la bataille de Dreux en enfonçant avec de Mouy le bataillon des Suisses. Laissé à Orléans par Coligny pour seconder d'Andelot dans la défense de cette place importante, il fut une des nombreuses victimes qu'y fit alors le fléau de la peste (conf. col. 471). Sa mort fut déplorée des siens, au té-
AYAUGOUR
moignage de tous les historiens. Brantôme parle de ce guerrier comme d'un bel homme de haute taille et l'un des galants de la cour.
AVAUGOUR, nom d'une des plus anciennes et des plus illustres familles de Bretagne. = Armes: d'argent au chef de gueules.
Cette maison s'était divisée en plusieurs branches, mais nous n'avons à nous occuper que de celle du Bois- Kekgrois, qui seule professa la religion réformée.
1. René d'Avaugour, fils de Louis d'Avaugour, seigneur de Kergrois,J,a Bonlrière et Saffré, et de Jeanne du Cellier, dame du Bois, abandonna la religion romaine, probablement à l'époque du voyage que A'Andeloi fit en Bretagne, L660. Taillandier, l'historien de cette province, nous apprend qu'au moins en 1561, il appartenait déjà à la Réforme. En 1569, nous le trouvons à La Rochelle dans le conseil de la reine de Navarre.
Son frère Guy sieur de Yay suivit son exemple. Nous les voyons cités l'un et l'autre parmi les gentilshommes composant, en 1561, l'église de Blain. Obligé par les persécutions de se réfugier à La Rochelle, ainsi qu'un grand nombre de nobles bretons, tels que de Ponthus, Du Chaffaut, de La Babinaye, de La Chevraiière , de La Boutardière , de Bran sac, de La Mortraye, de Bouveran, de La VUleblanche, de Saint-James, Rouillart. de Laudebec, Cadio, Trimaut, Jean Guichard sieur de Lorme, de Brou, Jean Vigneu, Jean Heslon, Jean Le Goux, et Mme de La Trcvinière, il tint, dans la maison qu il possédait en cette ville, au mois de juin 1586, une assemblée pour aviser aux moyens de lever sur les protestants de la Bretagne une somme de 1.200 écus, destinée aux frais de voyage de deux ministres et d'un ancien à la suite du roi de Navarre qui se disposait alors à marcher au-devant de l'armée, allemande. Ce prince en effet avait demandé au synode national de Vitré, « qu'on lui envoyât des députés, gens de qualité et bien entendus dans les affaires, qui pussent demeurer auprès de sa personne pour l'informer du véritable état des
églises, et auxquels il pût aussi communiquer tout ce qui serait le plus important pour le bien et la conservation desdites églises. » Une partie de cette contribution fut couverte immédiatement.
2. René d'Avaugour eut de son mariage avec Renée de Plover, deux fils, Louis et Charles, et une fille, nommée Céleste, qui épousa Jean de Lanloup.
3. Louis d'Avaugour commença sa carrière militaire, en 1585, sous les ordres de Guy de Laval, fils de d'Andelot, à qui il facilita le passage de la Loire, lorsque ce jeune chef partit de Vitré pour se réunir au prince de Condé. Nommé son lieutenant, il suivit sa fortune et se fit remarquer par sa valeur. A la tête de quelques gens d'armes, il préluda à la défaite du régiment de Tiercelin en mettant en déroute la cavalerie de Saintes, et prit ensuite part à la destruction de ce régiment; mais il reçut dans le combat un coup de feu au genou. On le perd de vue depuis cette époque jusqu'en 1588, où Henri de Navarre le nomma gouverneur de Beauvoir-sur-Mer, dont il venait de s'emparer. Les procès-verbaux manuscrits des assemblées politiques des protestants (Bibl. nat., Brienne 220-225J nous apprennent qu'en cette qualité, il fut invité à se présenter à celle de Loudun, mais qu'il s'excusa, en promettant toutefois de rester fidèle à la cause de ses coreligionnaires. L'assemblée s'étant peu après transférée à Châtellerault, il s'y rendit, en effet, muni des pouvoirs des églises de Bretagne, et il demanda, en leur nom, que cette province fût séi'arée de Normandie, requête qui fut accordée plus tard par l'assemblée de Sainte-Foy, du consentement des églises normandes. Il fit ensuite un voyage à la cour. A son retour, il se présenta, 30 mai 1600, devant l'assemblée politique de Saumur, et la décida à s'opposer à l'établissement d'une chambre mi-partie à Rennes, avant que le gouvernement eût demandé l'avis des protestants de la province. La même année, il fut nommé, avec le sieur de Turcan, commissaire exécuteur de ledit de Nantes pour les Réformés de la Bretagne. En 1607, il fut choisi, comme ancien de l'église de Nantes, pour assister au synode national