AVET — AVICE
près 1599, laissant de son mariage, avec Riquette Marion, quatre fils, Jacques, Marc- Antoine, Odet et Germain. Tous s'étaient signalés à la défense de Montesquieu, en 1586. Cette place incommodait beaucoup Toulouse. Le parlement requit Joyeuse de s'en emparer. Le duc qui, par jalousie contre d'Espernon, commençait dès lors à appuyer les desseins de la Ligue, saisit avec empressement cette occasion de satisfaire à la fois sa passion pour la gloire et sa haine contre les huguenots. A la tète de 7 à 8,000 hommes, il alla mettre le siège devant Montesquieu le 23 juin. Le seigneur du lieu, Jacques d'Avessens, n'avait à lui opposer que 130 hommes, tant habitants qu'étrangers. Secondé par ses frères, il fit néanmoins une vigoureuse résistance; mais, après avoir essuyé plus de 1,500 coups de canon, il dut enfin accepter, le 3 juillet, une capitulation, qui fut aussitôt violée que conclue. A peine maîtres de la ville, les catholiques la livrèrent au pillage et la réduisirent en cendres.
On ne nous apprend pas ce que devinrent les deux derniers des quatre frères. Nous voyons seulement, par les actes de l'assemblée de Lunel en 1613, qu'Odet d'Avessens y assista, et comme il y est qualifié de seigneur de Mourmoyrac, nous soupçonnons qu'il est identique avec le colonel Mourmoirac qui servit avec distinction sous Rohan, et fut tué en 1626 [VIII, 490 b].
Quant aux deux autres frères, ils fondèrent deux branches, l'aîné celle de Montesquieu, le cadet celle de Saint- Rome.
1° Branche de Montesquieu. Jacques d'Avessens épousa, le 24 octobre 1581, Anne Durban qu'il laissa veuve, avant 1610, avec un fils nommé César. Ce dernier eut deux fils, Marc-Antoine et Joseph. Marc- Antoine vivait encore en 1667 et avait un fils qui portait le même nom que son grand-père.
Joseph, sr de Masaribal, assista aussi en 1613 à l'assemblée de Lunel. Le Mercure françois le mentionne comme ayant pris part en 1621, à la tête d'un régiment dont il était colonel, au funeste combat de Fauche dont nous allons parler. Il avait épousé en 1678 Jeanne
de Montgros, veuve de Jean de Vitales, sr de Vallongue.
2° Branche de Saint-Rome. Marc- Antoine d'Avessens épousa, le 15 avril 1596, Anne Atari qui le rendit père de Jean-Antoine, seigneur de Masaribal.
En 1604, la noblesse de Lauraguais le députa aux Etats-Généraux, où il s'opposa à la publication du concile de Trente. L'année suivante, en récompense de ses services, Louis XIII lui accorda le brevet d'une compagnie de trente lances. En 1620, l'assemblée de Milhau lui donna pouvoir d'armer les protestants de Lauraguais. L'année suivante, Rohan se disposant à marcher au secours de Montauban, en donna avis à Malause , Léran et Saint-Rome qui commandaienten son absence, le premier en Albigeois et Rouergue, le second en Foix, et le troisième en Lauraguais, afin qu'ils missent sur pied les forces desdits Colloques. Mais Malause commit une faute qui eut des suites désastreuses.
S'élant laissé « emporter à l'importunité des peuples, » lit-on dans les Mémoires de Rohan, il alla assiéger une église fortifiée nommée Fauche. Le mestre de camp Boyer périt dans la reconnaissance. A peine Malause s'en fut-il rendu maître, que le duc d'Angoulême l'y vint « enclorre » avec toutes les troupes qu'il commandait. La lutte était trop inégale. Saint-Rome, apprenant le danger où il se trouvait, accourut à son secours en se faisant jour au travers des ennemis. Mais leur bravoure réunie ne put les sauver ; après une vigoureuse défense qui leur coûta 400 hommes tués, 200 blessés et 100 prisonniers, ils durent capituler, le 3 sept. 1621, en Rengageant à ne porter de six mois les armes pour le parti. Le fils de Saint- Rome épousa Léa de Villette et mourut avant 1655. Il eut trois fils, Jean-Jacques , seigneur de Saint-Rome, Pierre, seigneur de Moncal, et Germain.
AVET (Simon), d'abord ministre à Bellevaux, bailliage de Thonon, est nommé pasteur aux Ormonts-dessus en 1594, et y meurt en 1596. — Avet, du mont Dore, « Abrahamus Avetus Aurimontanus, » étudiant à Genève, 1638.
Avèze (d'), voy. Vabres.
AVICE (Ezéchiel), ministre à Bou-
A VICE AU — AVOISOTTE
logne, 1637. — (Philippe), ancien de l'Eglise de Roucy en Picardie, 1681. — (La femme délaissée de François), de Blois, assistée à Genève, 1691. — (Nicolas), de Mer en Gâtinais, marchand, réfugié (5 personn.) à Berlin, 1700.
A VICE AU (Moïse), naturalisé anglais avec ses quatre filles, 1686.
A VIENNE (Jacques), de Nîmes, assisté à Genève, 1685. — (Jacques), du Yal Queiras, sa femme et un enfant et Antoine Avienne, du même lieu, assistés en passant à Genève pour aller à Cassel, 1697. — (Pierre), de Briançon, établi en Wurtemberg, assisté à Genève pour y retourner, 1700. — (Antoine), du Dauphiné, cordonnier, réfugié à Berlin,
1. AVIGNON (Bomface) était l'un des récents du collège de Nimes dès 1590. Il est difficile de ne pas le supposer fils ou neveu de « sire Boniface Avignon,»
comme disent les notaires de Genève (Et. de Monthoux, vol. '2 et 3), riche bourgeois venu d'Arles et habitant Lausanne vers 1585-87.
2. AVIGNON (Bertrand), seigneur de Souvigné, s'était fait cordelier, vers 1588, à une époque où sans doute il était très-jeune. Après avoir été moine pendant 17 ans, il abjura avec éclat dans le temple d'Ablon, le 29 mai 1605, et publia les motifs de sa conversion au protestantisme dans un livret (de 35 p. in-8°, sans lieu) intitulé : « Lédarafion de B. Avignon, naguères de l'ordre qu'on appelle des Cordeliers, esta'nly en la ville de Paris, bachellier en première licence, et présenté le premier dudict ordre en la faculté de théologie et Sorbonne. Par laquelle il déduict les raisons qui l'ont meu de quitter la religion romaine pour embrasser la vérité de l'Evangile. » C'est un écrit remarquable de style et de logique. 11 ne serait pas facile de faire mieux en un si petit nombre de pages (Bull. III, 153). En voici la fin : « C'est là mon espérance et ma foy, en laquelle Dieu me fera la grâce de persévérer jusques au tombeau. Que si, en servant Dieu, je perds la bonne affection de ceux que j'ayme et honore, je me consoleray en Dieu et diray : Le Seigneur est mon roc, ma forteresse et mon libérateur; en luyje me confie etl'invo-
queray en le louant et seray sauvé de mes ennemis. Cependant je ne laissera/ de prier Dieu pour eux, à ce qu'il les délivre d'erreurs et de superstitions et de jugements qu'il a préparez a ceux qui combatent sa vérité. » Cet homme droit était parti pour Genève aussitôt après son abjuration, car il y est inscrit sur le registre académique à la date du 8 juill. 1605 *. A son retour en France, il devint pasteur de l'Eglise de Rennes; il assista en cette qualité à l'assemblée de Saumur, qui se tint en 1611. En 1612, il fut député au synode de Privas ; en 1615, à l'assemblée de Grenoble et au synode de Charenton en 1623. toujours comme pasteur de Rennes. On le trouve encore mentionné au même titre dans les listes de pasteurs dressées par le synode de Castres en 16Î6, et par celui d'Alençon en 1637 ; après quoi il n'est plus nommé, ce qui donne lieu de croire qu'il est mort en 1637 ou 1638. Il est quelquefois appelé d'Avignon. — Madelaine d'Avignon est citée par les registres catholiques de Blain comme ayant abjuré la foi protestante le 29 déc. 1685. (Vaurig. 11,