AYRAULT (Pierre), l'ancêtre de
AYRES — AZIMONT
plusieurs familles très-estimées dans les Etats-Unis, et l'un des associés qui, avec Gabriel Bernon, firent, en 1686, l'acquisition des terres de Rhode-Island, appropriées pour former une colonie de réfugiés français. Malheureusement , cette colonie échoua au bout de peu d'années. Le plus grand nombre des réfugiés qui la composaient se transportèrent à New-York. Mais Ayrault persista et voulut rester en Rhode-Island, où quelques-uns de ses descendants se trouvent encore aujourd'hui, à Providence, à Newport et en d'autres endroits. Il était natif d'Angers et sa profession était celle de médecin. On dit qu'il avait rempli quelques fonctions en France dans le gouvernement. C'était un homme de grand caractère. On a conservé de lui des lettres et diverses pièces qui annoncent beaucoup d'intelligence et de fermeté. Son fils, Daniel, habita Newport (Rhode-Island) et épousa Marie Robineau, parente de Elie Neau. Nicolas Ayrault, autre fils de Pierre, suivant toute probabilité, se maria avec Anne Berton, et s'établit à Wethersfield, en Connecticut, où il est mort en 1706.
(G. W. Baird.)
AYRES (u), consul de Meyrueis [Cévennes), en 1619 [VI, 204 a].
Ayrolles, voy. Clausel et Liron.
AYSSÉ, capitaine dans l'armée de Montpellier, 1562 (Mém. de Gondé, Y, 657).
AZAÏS (David), fugitif du Languedoc, 1695. (Daniel), fugitif de Castres, 1686. — La même famille persécutée en 1723 et années suivantes (Bull. VII, 3g^ 83). — (Catherine), enfermée au couvent de Sainte-Claire de Castres, 1741; son frère aux jésuites de Toulouse. — (Paul, fils de David), « de Zironnay, dioc. de Castres, » armurier, reçu habitant de Genève, 1747.
AZALBERT (Jean), « de Carman, en Languedoc, » faiseur de bas, reçu habitant de Genève, janv. 1706. — (Jean), sa femme et son enfant, assistés, ibid., 1708. — (Antoine), de Caraman, reçu habitant de Genève, ibid., 1739.
AZAM ( Pierre- Ant.), représentait l'église de Viane au synode du Haut- Languedoc, tenu à Réalmont le 21 sept.
1679 (Tt 258). Il fut un des derniers
consuls protestants de Viane, 1680.
L'année suivante, par délibération du conseil d'Etat, toute charge municipale fut interdite à ceux de la religion dans les communes de Lacaze, Sénégas, Vabre et Viane (dioc. de Castres), «parce que étant en grand nombre, ils ont toujours fait prendre des délibérations désavantageuses à la religion catholique. » Un de ses fils, Jacor Azam, se réfugia en Hollande où il mourut laissant une veuve chargée d'enfants, qui était « confiturière » à Maestricht en 1738 et dont un fils nommé aussi Jacob, était alors étudiant en théologie à Groningen.
(Pradel.)
AZARD (la femme d'Antoine), « de près de Montélimar, » qui pendant sa « maladie a tout dépensé ce qu'elle avoit » , assistée à Genève, 1690.— (Antoine), de Venterolles, en Dauphiné, 1698 ; etFrançoise Azarde, 1703, assistés en passant à Genève pour se réfugier en Suisse. — Daniel Azar, dauphinois, reçu habitant de Genève, 1707.
AZÉMA (Philippe), de Caraman; ses biens confisqués en 1622.
AZÉMAR (Jean), libraire, « natif de la ville de Tholoze, » reçu habitant de Genève, sept. 1558. — (Bernard), de Vallongue, dioc. de Montpellier, id., mars 1550. — (Jean), fils d'Etienne, né à Saint- Affrique, en Guyenne, d'une famille de Lacaune en Languedoc, fut régent au collège de Genève au mois de mars 1689, et reçu bourgeois, avec ses fils, en 1705. Il mourut en 1728.
Azémard (famille Guérin d'), voy.
Adhémar.
AZIMONT, ou plutôt ASIMONT (Joseph), quelquefois Azimon ou d'Azimon, né à Lectoure en 1618, alla étudier la théologie à Genève, où il s'inscrivit en ces termes sur le livre du Recteur : « Josephus Asimont Lectorensis Vasco, 13 junii 1636. » A son retour il devint pasteur de Bergerac. 11 jouissait dans son église d'une influence justifiée par son zèle, et il n'était pas sans quelque crédit auprès de la cour, à qui il avait rendu un signalé service, celui de retenir dans l'obéissance, au temps de la Fronde, la ville de Bergerac prête à se révolter. Il reçut en remerciement la lettre suivante :
AZIMONT
De par le Roi. A notre cher et bien amé Azimont, ministre de notre ville de Bergerac. Cher et bien amé, ayant été informé de la fidélité et affection que vous témoignez avoir pour les choses qui concernent notre service, par de la du désir que vous avez de nous en rendre les effets, nous avons voulu vous faire cette lettre pour vous faire connoître le bon gré que nous vous en savons, vous exhorter de persévérer en votre résolution et bon devoir, et de prendre une entière confiance, et ajouter toute créance a ce que vous dira de notre part le sr marquis de S. Luc, notre lieutenant général en notre province de Guienne, assuré que nous considérons le mérite de vos services pour vous en reconnoitre par les effets de notre bienveillance quand il s'en offrira le sujet. Donné à Paris, le 21 avril 1654. Louis. Et plus bas Phelippeaux.
Cependant on ne sait quelle malignité fit accuser Asimont devant le synode provincial d'irrégularité dans ses mœurs. Il se justifia pleinement, puisque ce synode passa outre, et que le suivant, assemblé en 1650 à Montpazier. le choisit pour son secrétaire.
Ce dernier synode est remarquable parce qu'on accusa les protestants d 'y avoir conclu une ligue avec les Anglais. Un acte secret, qui contenait tout le plan de la conspiration, devait avoir été mis en dépôt entre les mains du ministre de Nérac, Viguier. A sa mort, arrivée six ou sept ans plus tard, son collègue Mounier s'en serait emparé et, au bout de dix ans, ayant abjuré le protestantisme, irritéqu'ilétaitd'avoirété suspendu de ses fonctions, il aurait, à l'article de la mort, remis cetacte à l'évêque d'Agen qui l'aurait fait parvenir au roi par le cardinal de Bourbon. 11 n'est pas nécessaire de faire ressortir toutes les invraisemblances de ce conte ; elles ont été parfaitement relevées dans l'écrit anonyme intitulé X Esprit de M. Arnaud, dans XEtat des Réformés de France, et dans la 18e Lettre pastorale, lre année. Qu'il nous suffise d'y renvoyer, pour revenir au pasteur de Bergerac.
Deux ans avant ces affaires, ce zélé pasteur avait publié un sérieux ouvrage de controverse intitulé : « L'Accord de la Foi/ avec la Raisofi, traité contenant dix-neuf demandes que M. l'évesque de Sarlat a faict proposer en di-
vers lieux sur quelques articles de foy et autres poincts controversés entre l'Eglise romaine et la Refformée, avec les responses de Jos. Asimont, pour servir d'instruction à un catholique romain »; Montauban, P. Bertié, 1657, xxx et 229 p. in-4.— L'évêque de Sarlat se crut obligé de faire réfuter ce livre en chaire par un prédicateur nommé Chiron, qu'il avait fait venir pour prêcher contre les protestants dans le diocèse. Asimont répondit par : « L'Antichiron ou Défense de l'accord de la Foy avec la Raison, contre la réfutation et la réplique de maistre Jean Chiron prestre et bachelier en théologie, dédié à Madame la duchesse de La Force » ; impr. à Bergerac, 1665, in-4° de 1051 pages.
En 1671, il prit part, en qualité de député de Bergerac, au synode tenu cette année à Nérac et s'y distingua en faisant la proposition de prêcher sur les ruines des temples démolis; il n'hésita même pas dans l'interrogatoire que l'intendant de la province lui fit subir sur ce point (24 juin 1672) à convenir franchement du fait.
Aussi répugnons-nous à croire qu'il soit le même auquel une nouvelle décision synodale, en 1673, ait interdit la chaire. Peut-être s'agit-il d'un Pierre Azimont qui vivait à la même époque.
Du reste, un arrêt du Conseil, du 20 déc. 1675, cassa les décisions du synode, condamna la conduite du modérateur Betoule, de l'adjoint Garissolles, et du secrétaire Du Cros . et interdit aux ministres La Ramée et Descairac l'entrée du synode suivant. Cet Asimont se soumit; il s'abstint de prêcher jusqu'en 1677, et quoique le nouveau synode l'eût maintenu dans ses fonctions, en lui défendant seulement d'exercer son ministère dans la province, il renonça à la chaire pour se faire instituteur. La révocation de l'édit de Nantes chassa de France et Joseph et Pierre qui se réfugièrent en Hollande. Le premier y reprit l'exercice des fonctions pastorales, car on a de lui le recueil suivant imprimé à La Haye en 1686 : « L Ecole de la pénitence ou divers sermons d'exhortation à se repentir prononcés en divers temps dans l'église françoise de La Haye » (92 pag. in-12). Dans sa préface adressée à un i. 21
AZIMONT