AZY
protecteur, membre des Etats de Hollande, il rappelle qu'il lui doit d'avoir été mis « au nombre des quatre pasteurs « qui seront l'objet de la bénéficence « des Etats ».
Joseph Asimont laissa entre autres un fils nommé Samuel (mss. de Court, n° 42). Samuel remplissait dans la Guyenne les fonctions pastorales [VII, 294 a], lorsque l'édit de Nantes fut révoqué. Dans le premier moment de terreur, il abjura ; mais il se releva noblement de sa chute et réussit à gagner Genève où il donna les preuves les plus évidentes de sa repentance. Il fut donc rétabli dans le ministère et partit pour Lausanne avec sa femme et ses six enfants. Cette famille nombreuse était arrivée dans le plus déplorable dénùment et fut heureuse de recevoir de la Bourse française de Lausanne un secours de 5 écus par mois. Il obtint de remplir à Berne une chaire de pasteur (voy. col. 616 note), et en 1695, il fut appelé en Allemagne comme pasteur d'un village appelé Wilhemsdorf. On dut lui donner 20 écus pour faire ce voyage. En 1704 il passa à l'église d'Erlangen, en Brandebourg. Il mourut en 1724. Court nous apprend qu'il fit imprimer (1712, in-8°, 55 p.) un Sermon sur Matth. III, 7-8, « rempli, dit-il, des marques d'un grand zèle et d'une piété distinguée. » Ce sermon intitulé : Exhortation à la repentance est « dédié à MM. les François réfugiés pour la Religion qui composent l'église de Christian-Erlang. » Un des descendants de Samuel, Jean-Frédéric Asimont, né à Erlangen le 24 nov. 1747 et mort dans cette même ville le 26 nov. 1816, conseiller de justice, a publié : « Der intrigante advokat oder die Hei-
rath durch Betrug; Erlangen, 1815, in- 8°. » — Pierre Asimont, que nous avons mentionné ci-dessus, fut pasteur à La Calivie, en Guyenne ; il était ministre du château de Montaury en 1685. — Charlotte Asimont réfugiée et assistée à Londres, 1721.— [Haag 1,204].
AZIMONT (Jean d'), d'une famille languedocienne, lieutenant au régiment du margrave Charles, blessé à Sorr et mort capitaine au rég. de Grape en 1754. — (Charles-Antoine d'), né à Milhau et mort à Berlin en 1764, à 90 ans, agronome [Haag I, 205]. Il fut chargé par le gouvernement prussien de diriger une plantation de mûriers qu'on essaya de faire aux portes mêmes de Berlin dans un terrain si sablonneux que son aridité lui avait fait donner le nom de Terre des Moabites. Une vingtaine de familles de réfugiés, la plupart d'Orange, parmi lesquels on cite Aiguillon, Fautrier, Vivet, La Pise, Custos, Juran, Thomas, Nogier, Ruchon, Charbonnet, Taron, Desca, obtinrent dans cette contrée des concessions de terrain à perpétuité et des avances considérables en argent pour se livrer à cette culture; mais le résultat ne répondit pas à leurs efforts. Malgré les soins du directeur, il fallut renoncer à cet établissement.
AZIRE (Jean), pasteur à Caen en 1576. — (Isaac), pasteur à Séez et à Laigle, 1620. — (Pierre), avec Suzanne sa femme et cinq enfants, naturalisés Anglais, avril 1685.— (Thomas, Suzanne et Pierre), assistés à Londres, 1721-23.
AZOU, victime de la Saint-Barthélémy à Rouen.
AZY (Quentin d'), orfèvre, « natif de La Fère en Tartenois, » reçu habitant de Genève, avril 1559.
BABAULD(ou bault, baud, baut), famille de l'Orléanais. Deux pasteurs de ce nom et aussi du même prénom exerçaient le saint ministère dans la première moitié du XVIIe siècle : Isaac Babaud, pasteur dans l'Orléanais et le Berry , à Sully-sur-Loire en 1610, à Henrichemont et Aubigny en 1626, à Chastillon-sur-Loire en 1631, à Gien en 1636 ; — Isaac Babaud, pasteur en Bourbonnais et Berrv, à Chirat, 161 -i : à Moulins, 1620; à Bourges, 1626. Ils étaient sans doute parents. Deux frères, Paul et Jean Babaud , probablement fils du pasteur de Gien, allèrent étudier à Genève (Paulus Babault Genabensis, 1672 ; Joannes Babaldus Genabensis, 1G77; liv. du Bect.); tous deux, expatriés presque aussitôt après leurs études, étaient pasteurs à Londres vers 1685, l'un de l'Eglise française de Wheler street l'autre de celle de Graspin street (Burn. p. 174-77). On trouve encore en Angleterre Guidon Babault naturalisé en 1696, Simon-Pierre en 1701 et Jeanne Babault en 1721. Jean Babaut, médecin, et sa femme Anne, sœur d'Henri Brazy, ministre à Sedan, avaient abandonné le royaume, 1689, laissant leurs biens à leur fille Louise. De même un autre Jean Babault, sieur de la Coudrière, et sa femme Marguerite Jeandoin, étaient partis avant 1689, remettant leurs biens à César et Charlotte leurs enfants. Enlin Paul de Bennes et Anne Babault sa femme, tous deux de Gien, étaient également partis avant 1687, laissant tout ce qu'ils avaient entre les mains de leur fille, Suzanne, qualifiée de « nouvelle convertie » en 1690. D'autres n'ayant pu fuir restèrent en France, cherchant à supporter l'oppression : Pierre et
Isaac Babault sont emprisonnés à Blois, et Mlle* Babault sont mises aux Nouv.- Cath. de la même ville, 1699. Une autre dUe du même nom est emprisonnée aux Nouv.-Cath. d'Orléans en 172 i ; enfin Louise Babault est cloitrée aux Hospitalières d' Aubigny en 1725.
C'est en Suisse qu'on retrouve le nom des fugitifs. A Genève, Jacques Babauld, fils de feu Jacques, natif de Gien, et Jeanne Besard, dudit lieu, sa femme, se font donation mutuelle de leurs biens en 1691. Noble Pierre Babault, sieur de La Motte, fils de feu nob. Jean Babault, sieur de Bardelay et de défunte dlle Elizabeth Odry, épouse Théodora fille de feu nob. Abraham Dumont et d'Elizab.
Lullin, 1692. Antoine, fils de «feu Jean Babault de Gien- sur-Loire, vivant faiseur de bas, » donne quittance à Isaac. Jeanne et Anne, ses frère et sœurs, de marchandise et métier à filer, 1594. Une demlle Babault réfugiée était, en 1694, inspectrice de l'hôpital de Lausanne.
« Jacques Babault, de l'Orléanois» , assisté à Lausanne, juill. 1694, va résider à Genève, mars 1695. Jacques Babault de Gien (le même sans doute) baille son neveu Louys en apprentissage chez Esaïe de Normandie drapier, à Genève, 1697,» etc. Cette famille nombreuse paraît s'être éteinte à Genève à la fin du dernier siècle et s'être fondue dans celle du poète genevois Petit-Senn. — Il y avait aussi des Babaud ^Sébastien Babaud marié avant 1676 à Françoise Boissard) à La Jarne, près La Bochelle ; mais ils abjurèrent à la Bévocation.
BABAURY, capitaine, en Auvergne, 1588 [IV, 335 a].
BABELOT , pasteur à Marennes ,
BABIN
BABINOT
BABIN (Marie, veuve de Pierre) de Dieppe, avec un enfant de 4 mois, assistée à Londres, 1705. — (Marie veuve de Jacob) du Havre, 63 ans, id. 1706.
BABINET (Hugues) marqué au liv.
du Bect. à Genève en ces termes : Huguo Babynetus parisiensis, 1618; ministre de Langres, puis de Bezu; déposé en 1626 (Aymon II, 416).
1. BABINOT (Albert), jurisconsulte etpoëtede Poitiers1, un des apôtres de la Hé forme en France [Haag I, 206]. Florimond de Bémond, dans son livre sur l'origine des Hérésies, raconte que Babinot, lecteur en droit à l'université de Poitiers, n'ayant pas su résister aux séductions de Calvin, fut chargé par le réformateur de répandre l'hérésie dans le Midi et spécialement à Toulon. Ce Bémond, écrivain papiste et peu estimable, mais d'un style vif, agréable et coloré, raconte ainsi les choses (VII, eh. 11), et elles s'étaient passées presque sous ses yeux, car avant d'être détracteur de la Béforme il en avait été partisan : « Calvin de retour en France (1534) prit sa retraite à Poitiers, où il trouva moyen d'acoster des hommes de sçavoir qui avoient jà ouï parler de luy. La science tout ainsi que la vertu fait aimer et chérir. C'est un commerce qui unitetralie les personnes les plus estrangères. Elle fut cause que Calvin, ayant donné quelques mois à avancer ses cognoissances , eust en peu de temps fait provision d'amis ; mesmement du prieur des Trois Moustiers, nommé François Fouquet qui le receut chez luy, et de Charles Le Sage, docteur régent, natif de la mesme ville ou Calvin avoit pris sa naissance, homme de grande estime, surtout envers madame la Bégente, mère du Boy, laquelle fut sur le point d'estre ébranlée et séduite. Calvin entretenant les hommes de lettres et se promenant ores avec les uns, puis avec les autres, es environ de Poitiers, leur
parle de la religion Mais ce n'es toit
pas assez d'avoir ouvert la boîte devant ces gens d'escole, il falloit pratiquer les personnes de qualité plus relevée, com-
1 Babinot et surtout Babinet paraissent particulièrement Poitevins, il y u l'i Babinets dans le Dictionn. îles familles du Poitou par Bcaucbet-Filleau. C'est un diminutif des noms Babin, Balbie, Babut, Babou, Buboiu et autres, employés pour désigner le type simien.
me il fit peu après, ayant trouvé moyen de s'introduire en la maison de Renier, lieutenant-général au siège, père de La Planche qui s'est fait signaler depuis comme un grand négociateur des affaires de ce party. Estant un jour avec ce lieutenant en son jardin , accompagné de quelques autres hommes de lettres de l'Université, ils entrent sur le propos de la religion et des opinions de Luther et de Zuingle, car c'estoit desjà l'ordinaire entretien, non-seulement des gens de sçavoir, mais du commun peuple,
voire propos de table Comme nos
premiers pères furent premièrement enchantez et deceus dans un jardin, aussi dans ce jardin du lieutenant, cette poignée d'hommes futenjollée eteoifée par Calvin : car encore qu'il n'eût pas cette grâce ny la facilité de bien dire comme il avoit à bien escrire, il faisoit aisément bresche en l'âme de ceux qui luy prestoient l'oreille. C'est là où le premier concile calviniste fut tenu, qui cousta depuis si cher à la France, ou se trouvèrent un docteur régent nommé Anthoine de la Duguie, Philippe Veron procureur au siège , Albert Babinot un lecteur de la Ministrerie (ainsi s'appelle la salle ou se lisent les Institutes) et Jean Ver?iouû\s de Poitiers. Cette petite troupe s'entrevit souvent depuis, aux caves de Saint-Benoist , Crotelles et autres lieux cachez, aux champs et en la ville, laquelle accreut de Jean Boisseau sieur de la Borderie, advocat et d'un autre appelé Saint-Vortumien Ceuxci se font forts de seconder Calvin, gagner les âmes et déniaiser le monde ; c'estoic leur mot. Il fut arresté entre eux que Yernou feroit la conques te à Poitiers et aux environs, que les autres deux tiendroient la campagne. Une petite cueillette est faite pour leur despense. Ces deux prindrent les champs et, selon leur coustume, empruntèrent des noms nouveaux et incognus : l'un se fit appeler « le Bon homme, » et parce qu'il avoit esté lecteur des Institutes en la Ministrerie , Calvin et les autres le nommoient M. le Ministre...
Le troisième se nommoit «leRamasseur, » comme celuy qui vouloit entreprendre de ramasser les brebis esgarées du Seigneur. Ce Ramasseur employa
BABINOT
BABUT
plus de vingt ans à ce mestier, allant, trottant et furetant partout, portant les nouvelles de la vérité ; et posé ores qu'il ne sceut presque rien, il avait ceste prérogative d'estre excellent surtout à mesdiredes gens d'église. Il avoitfait son emplaitte auprès de Calvin duquel il portait quelques escrits, en faisant montre par grand merveille, comme si c eussent esté des vers de Sibylles. Ces trois bons apostres furent les exécuteurs de ses mandemens, les boute-feux de la France et premiers autheurs du schisme françois ».... — « Estant Calvin de séjour à Genève, il se resouvint de ces trois bon s marchans qu'il avoit laissé en France.
Il leur escrit, les prie le venir trouver. Tous trois s'assemblent, et par divers chemins s'en vont à Genève, rendent conte de leur charge, des conquestes qu'ils ont fait et de l'espérance qu'il y a de faire mieux à l'advenir. Saint Vertunien, qui fu du conseil estroit de Poitiers, y fut aussi. Calvin les renvoya bien instruits de ce qu'ils avoient à faire, surtout parmy la jeunesse dos universitez.
Gestoit leur principal dessein. Le venin jette dans les escoles s'espandit bientost par tout. L'un et l'autre de ces envoyez travaille selon son projet, mais non à pareil succez : car leurs affaires réussissent à souhait parmy ces jeunes esprits de cire estudians à Poitiers, faciles à recevoir toutes les impressions, aussi es environs de la ville pàrmy la noblesse ; car le Bon homme gasta fort le plat pays, mesmes les maisons des gentilshommes. Les premières infectées furent colles du Fa en Angoulmois ; de Vérac en Poitou et Mirambeau en Xaintonge, dont le seigneur avoit fait sa première emplaite à Ferrare. Il n'advint pas de môme à Tholose ou [estoit] un qui veilloit sur les actions des escoliers...Vernou retournant encore un coup à Genève fut bruslé, avec quatre de ses compagnons, en la ville de Cambery. Le Ramasseur, après avoir fort tracassé, mourut en Auvergne et le Bon homme on ne sait où. » Florimond de Rémond dit encore, en un autre endroit (VIII, ch. 7), que Babinot fut le premier Diacre désigné par Calvin et que dans les dernières années de sa vie il s'était fait marchand de caques pour les harengs. C'est tout ce
que nous savons de la carrière de cet homme dévoué qui avait débuté par enseigner le droit romain à l'Université de Poitiers et qui a laissé un petit poëme français intitulé : « La Christiade. contenant plusieurs sonnets chrétiens avec quelques odes et cantiques; » impr. à Poitiers, par Pierre et Jean Movnes, 1559; 2e édit. 1560. C'est un petit in-16 d'environ 152 pag. (Bibl. de l'Arsenal, 7732) commençant par une dédicace en vers à Marguerite, duchesse de Berry, sœur du roi Henri II, laquelle épousa le duc de Pavoye à la fin de 1559, et pourrait, sur cette simple dédicace, encourir le soupçon d'hérésie. Voici l'un des 200 sonnets dont le volume se compose :
Qui veut de Dieu tons les secrets comprendre. Ses saints conseils, sa haute majesté.
Ses jiiîcmens. Veitèt de sa bonté.
Quand il a fait çà-bas son fils descendre.
Qu'il vienne icf en un criMe entreprendre. Tarir la mer. compter l'infinité Des dois enflas par le vent irrité, On mesurer la phrigienne cendre.
Dira-t-il pas qu'il n'v peut parvenir ?
Et moins son foiMe esprit peut contenir Du Tout-Puissant l'infinie puissance.
Mais sa grandeur a l'œil nous apparoist
En Jésus-Christ, qui tout seul le cognoist. Et seul de luy nous donne cognoissance.
2. BABINOT , ministre de l'église de Passavant (Champagne?) en 1621.
Bull. XXI. 323.
BABOT (Jean) sieur de Lespaa, mis à mort à Moulins, comme protestant, vers 1560 [II. 514 bj.
BABUT. Il y avait une famille de ce nom à La Rochelle au commencement du XVIIe siècle. En 1607 fut baptisée dans le temple de La Rochelle : Betzabée fille de Jehan Babu et de Judith Joslin ; on 1628, François, fils de Jehan Babu et Jehanne Dutermant. En 1682, un marchand de la généralité de Bordeaux, nommé Babut, ayant acheté la seigneurie de Saint-Cybard, prétendit, mais bien vainement, y faire l'exercice du culte réformé. La révocation de l'édit de Nantes porta le trouble dans ces familles, et c'est seulement sur le registre tenu à La Rochelle par un pasteur du désert, le pr Martin, qu'on trouve inscrit, au 25 mai 17 11, le mariage de Jean, fils d'Isaac Babut et de Marthe Meynardie, avec Marie-Eliz. Cherbonneau. De cette union naquirent quatre fils et quatre filles dont les des-