BAILLE
huictante sept ans ; a esté ensépulturé de ceste religion reformée en l'hostel- Dieu du pont du Rhosne. » Sa femme se nommait Elizabeth de Bourdenave, et un examen attentif des registres de l'état civil des huguenots de Lyon1 n'a fait découvrir comme enfants nés à Lyon de leur mariage que deux filles : Marie qui épousa en 1624 Hugues François, maître moulinier de soye, et Anne née en 1606 et mariée, le 15 oct. 1634, à Jean Sénebier, pasteur de La Mure en Dauphiné.
5. Nous avons dit plus haut (col. 510) qu'un fils ou neveu du vénérable pasteur dont il vient d'être parlé avait servi quelque temps de secrétaire à d'Aubigné2 et nous l'avons en effet montré à l'œuvre, aidant le célèbre historien huguenot à rédiger les Mémoires de sa vie. La lettre dont nous avons, à cet endroit, cité un fragment , empêche de croire que ce soit le pasteur de Lyon lui-même qui ait rempli cet office, car cette lettre, datée de 1623, commence par ces mots : « Vos lettres, pour briefves qu'elles soient, me sont si douces que je puis dire avec vérité n'avoir gousté depuis deux mois parfaict contentement qui ne me soit venu des bords de vostre Lac. On dit que les vieillards et les enfants s'entr'aiment tendrement. Je veux bien que l'on m'estime enfant pour estre aime de vous; aussi bien ne suis-je pas encores majeur, et quand je le serai, si aurais-je toujours besoin du laict de vostre discipline que j'ai trouvé de si bon suc durant tout un hiver. Mon grand regret est que. je suis esloigné de la mammelle et, qui est pis, mon nourrissier s'avance à grands pas vers le chemin du Ciel... »
Le pasteur, alors âgé de 43 ans, ne
1 Examen fait par notrecollaborateurM.leprl'cYiiocBE.
: Nous aurions ilù, à cet endroit, éclaircir le curieux paragraphe (col. 5H, n° 10) où il est question delà troisième horreur que Henri IV ne racontait jamais sans trembler et sans sentir ses cheveux se hérisser sur sa tète, au point qu'il les faisait toucher ù ceux à qui il parlait. La première, c'étaient les visions terribles que Charles IX avait pendant la nuit, après la S.-liarttiélemy, la seconde une vision par laq. Catherine de Médius fut avertie que le cardinal de Guise était en train de mourir; quant à la troisième, d'Aubigné, après n'avoir pas osé la dire dans son flirt. Univ., n'osa pas davantage la mettre dans ses Mémoires, malgré l'invitation de Baille à qui probablement il l'avait racontée. Voyez cet lignes tragiques dans VHiSt. Univ., éd. de UilG, t. Il, liv. I, cb. vi, p. 29. Voy. aussi la Conf. de Scmçy.
pouvait parler ainsi. La pièce n'est signée que d'un double béta ((3(3), mais elle est scellée d'un cachet aux trois lettres E D B entrelacées, et, dans le volume de la bibliothèque de Bessinge qui nous l'a conservée, elle est suivie d'une autre lettre de la môme main portant le même cachet et la signature E. Baille tout au long. Celle-ci est un billet de recommandation en faveur de Guichenon l'historien bressan1. Vient ensuite une troisième lettre, aussi du même, laquelle montre que ce jeune Baille rédigeait les tables de l'Histoire universelle et proposait ses corrections à l'auteur en vue de l'Errata. (Notes de M. Th. Dufour.)
Monsieur, je n'ay rien eu de vous a ces deux ordinaires et je ne vous escrivi point au précédent parce que j'estoi vide de nouvelles. Du depuis, nous avons appris que les huguenots du Bas Languedoc fortifient puissamment et que M. de Portes se fut saisi d' Allez sans la diligence de M. de Rohan qui partit a minuit de Nismes et y arriva assez a temps pour emporter le chasteau on s'estoient retirez deux consuls, dont l'un fut tué et l'autre est en danger de mourir martyr du Roy. Les rebelles n'ont point d'armée sur pied, mais on dit qu'ils sont merveilleusement bien unis et prêts au premier coup de sifflet. Leurs députez n'ont point encores repassé par ici. Un courrier vient de dire a M. nostre gouverneur que M. de Brison, au premier jour de l'an, s'est saisi du Pouzin et a taillé en pièces la garnison de Souisses qui estoient au chasteau : c'est une nouvelle importante et qui alarme fort les bons serviteurs de S. M. et surtout les marchans de ceste ville. Je me recommande humblement a vos grâces et a Madame,
vous suppliant tous deux me croire etc.
Lion, ce 3 janv, 1625.
Je vous prie prendre un 3e volume de l'Histoire et jetter l'œil sur les notes suivantes afin que je sache si elles doivent estre mises au rang des Errata.
Page 32. Vous ne comptez en l'armée du prince de Condé que quinze vaisseaux ronds et en la première impression vingt et cinq. [D'Aubigné a maintenu quinze.]
Page 50. Vous faites mention d'un mar-
1 « Monsieur, j'aeconipaigne le sieur Guichenon advocat de lîresse de ce mot de recommandation et vous supplie lui vouloir despartir \oz lions el salutaires conseils eu tout ce que jugerez estre pont son bien et advancement puis qu'il a ce bon désir d'en despendre
entièrement J'atten nouvelles de M. de liellujon
pour demain ou dimanche, et s'il y a chose digne de
VOZ yeux je ne manquera] a le vous produire ;i I v
20 sept. t625. » (A M. d'Aubigné à Genève). — Guichenon avait alors )8 aus.
BAILLE — BÀILLEHACHE
tyr Marsillois, que vous nommez ici V Ambassadeur et en l'autre impression VAmbaleur. Dans les Mémoires de la Ligue et dans M. de Thou, je trouve cette sédition de Marseille, mais sans aucune mention desdits noms. [Maintenu V Ambassadeur.']
Page 52. Faut que vous corrigiez a vostre volonté la confusion dont est rempli l'article qui commence : « Quand l'armée d'Allemagne. > [Corrigé en mettant : « L'armée harcelée des Savoyards, au lieu de et les Savoyards.]
Page 86. En la bataille de Coutras, vous faictes prendre un prisonnier au Roy de Navarre, nommé Chasteau-Regnard, et à la page 90, vous le nommez Chasteau-Regnaud. [Maintenu.]
Page 106. Vous dites que lors de la guerre contre la pupille de Sedan, le Roy despescha des Réauts tant en Lorraine qu'a Sedan. J'ay leu l'Apologie de M. de La Noue qui le nomme Rieux. [Maintenu.]
Page 173. Vous dites qu'a l'entrée des Estats de Blois le Roy « emplit les oreilles de deux sermon ts faicts par les evesques d'Evreux et de Xainctes. » Il faut dire : « emplit les oreilles d'un sermon faict par Xainctes evesque d'Evreux. » [Adopté la correction a l'errata.]
Page 233. Faut corriger la confusion que vous trouverez après ces mots : « prenoit par composition. » [Corrigé un peu a l'errata.]
Page 247. Vous faites gouverneur de Pontoise Bourdezieres et sous lui Tremblecourt. M. de Thou en fait gouverneur Halincour et sous lui Hautefort qui y fut tué. [Maintenu.]
Page 350. Vous faites l'un des blocus de Poitiers à Ausance, que vous appelez en la page suivante aux Ances. [Maintenu.]
Page 326. Vous dites : « Paris fut donc bouclé de près, et ordonné Fervaques pour commander a la Courtille et faulxbourg S.- Martin. » Je ne scai s'il faudroit a la courtine, [Main tenu Courtille, avec pleine raison.] Page 353. Vous faites Maugiron gouverneur de Lion, qui jamais ne le fut que de Vienne. Son père avoit bien esté lieutenant de Roy en Daufiné. [Adopté la correction a l'errata.]
rage 355. Vous dites qu'en vengeance de la mort du président Brisson, M. du Mayne fit pendre Louchard, Hemeline, Anroux et Emounot « avec le bourreau qui avoit exécuté. » Ce bourreau ne fut pendu qu'après la reddition de Paris , qui fut le premier hardi arrest que rendit la Cour de parlement, a la requeste des vefves. [Adopté la correction à l'errata.]
[Etc., etc. Fin de la lettre] : J'ay de ce
troisiesme tome jusques au cayer Q inclusivement; commandez, s'il vous plaist, que l'on m'envoie le reste pour achever l'Indice.
Nous abrégeons, mais c'en est assez pour montrer que d'Aubigné avait fait choix d'un intelligent auxiliaire. — Nous n'en savons malheureusement pas davantage sur ce secrétaire de l'historien. Est-ce à lui (qui ne figure pas sur la liste des pasteurs de Lyon', estce à son père (mort dès 1647J que se rapportent les passages suivants des délibérations du consistoire de Nîmes ,;tome X\
La compagnie a octroyé a la fille de Monsr Balhe, pasteur de Lion, deux linseulz [c'est-à-dire deux draps] ; 18 mai 1650. — La compagnie a prié M" Rousselet de parler a M. Got, ancyen du consistoire de Lion, de pourvoir aux nécessités de la damoyselle Bailhe, tilhe de Mr Balhe, pasteur du dit Lion ; et au cas il n'y sera pourveu. la compagnie y pourvoira; 16 août 1651.— La comp. a donné a la filhe de M' Bailhe quarante solz et un linsul: 11 déc. 1652.
BAILLEIIACHE , noble famille de Normandie. = Armes : De gueules au sautoir d'argent cantonné de 4 merlettes de même. [Haag I, 217.]
Jean de Baillehache , seigneur de Beaumont. était ministre de l'église de Caen en 1G20. 11 seconda son collègue, le savant Bochart, dans une dispute théologique à laquelle les provoqua le jésuite François Véron et qui dura neuf jours, du 22 septemb. au 3 octob. 1628. Le pasteur Baillehache ayant perdu une fille, désira que les funérailles se lissent avec le cérémonial usité dans les familles nobles. Le cercueil fut recouvert d'un drap blanc semé de couronnes, et les coins du poêle portés par quatre jeunes filles qui portaient chacune en main une branche de romarin. Cet apparat constituait une contravention aux édits qui interdisaient toute pompe aux enterrements des protestants ; la famille fut dénoncée par le clergé catholique, et le sieur de Beaumont paya l'amende. Baillehache exerçait encore ses fonctions à Caen en 1664.
Son fils, également nommé Jean, sieur de Beaumont, fit ses études de théologie à Sedan, comme le prouve une
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thèse que l'on a de lui, en date de 1645. Celui-ci s'attira une procédure semblable à celle qu'avait subie son père. Ministre de Géfosse et de Criqueville, églises presque toutes composées de gentilshommes, il crut que l'on fermerait les yeux s'il se permettait une légère infraction aux règlements. Il fit donc, malgré les édits, deux enterrements en plein jour, auxquels assistèrent plus de trente personnes. C'était un double délit. En conséquence, il fut cité en justice et condamné à 100 liv. d'amende par le juge de Bayeux. Il en appela au parlement de Rouen qui, considérant l'éloignement des cimetières, le déchargea de l'amende. Mais cette indulgence déplut à l'évêque de Bayeux; sur sa plainte, le Conseil rendit, le 20 février, un arrêt qui cassa celui du parlement et lui défendit d'en rendre à l'avenir de pareils.
Nous ne savons lequel, du père ou du fils, est l'auteur d'un «Catéchisme contenant les principales veritez de la religion chrétienne, par de Beaumont, cidevant pasteur de l'église réformée de Caen; nouv. édit. où l'on a ajouté les passages tirés de l'Ecriture sainte ; Rotterdam, 1719, in-12; ibid. , 1722, in-12. » Il semble que l'auteur fût un réfugié vivant en Hollande.
La famille Baillehache, outre la branche de Beaumont, comptait aussi celle de Bienville comme professant la religion réformée. Celle-ci possédait le fief de Montgobert où elle avait une chapelle, et en 1671, Julienne, fille de Gédéon Baillehache sr de Bienville et du Montgonbert et de Catherine de Normanville, fut mariée dans le temple de Charenton, à Michel Le Comte sr de la Pommeraye.
Cependant un Baillehache était diacre de l'église de Southampton dès 1665; un Louis Baillehache était réfugié à Londres en 1670, ainsi qu'un Jacques de Baillehache sr de Fontenay, de Caen, en 1685; un Daniel.de Rouen, et un Jacques marchand de Morlaix.
Mais de ceux qui purent gagner l'Angleterre, plus d'un n'y put trouver sa subsistance ; on trouve sur les listes de la charité anglaise : Daniel Bailhache, de Caen, 71 ans, et sa femme, en 1702 ; Pierre de Baillehache, de Caen, 50aû8,
et sa femme, en 1705 ; Anne Bellehache, veuve d'Isaac , de Bolbec , 73 ans , 1705-1710. — Madelaine Bilhache, âgée de 92 ans, 13 liv. 15 sh. pour sa nourriture depuis le 5 nov. 1705 jusqu'au 10 mai 1707. — En 1688, deux jeunes Jacques et Henri de Baillehache, étaient enfermés aux Nouveaux-Convertis de Caen et cinq demoiselles du même nom, en 1686, 1687 et 1693 aux Nouvelles-Catholiques de la même ville.
BA1LLEREAU (Jacques) , charpentier de navire, était ancien de l'église française de New-York en 1729. Il habitait déjà cette ville en 1702 lorsqu'il épousa Jeanne Audart ou Odart. Cinq enfants de ce mariage furent baptisés dans l'église française, parmi lesquels Marie, qui épousa Pierre Quintard, également d'une famille réfugiée. Baillereau mourut en 1733 à Rye, village à neuf lieues de New-Y/ork (Baird).
1. BAILLET (Pierre), teinturier de la rue S.-Denys, victime de la S. -Barthélémy. Eveillé au milieu de la nuit par le bruit des armes, et averti par un de ses serviteurs de la cause de ce tumulte, Baillet comprit que sa dernière heure était venue. Il fit à l'instant lever sa femme et ses enfants au nombre de sept et ils se mirent en prières. La sonnette de la maison annonça bientôt l'arrivée des assassins. Baillet descendit et se livra entre leurs mains, les suppliant d'épargner sa famille. Les meurtriers, qui espéraient tirer de lui une riche rançon, l'enfermèrent à S.-Magloire; mais ne pouvant obtenir la somme considérable qu'ils exigeaient, soit que Baillet fût hors d'état de la payer, soit qu'il ne voulût pas nuire à ses enfants, ils l'entraînèrent hors du cloître et l'assommèrent devant la porte, sous les yeux de deux de ses fils (Haag).
2. BAILLET (Jean) massacré à Troy es en 1562; (Claude), précipité du pont de la Marne et noyé à Meaux, 1562. — (Denis) condamné par le parlem. de Bordeaux , 1562. — (Anne et Moyse) frères, condamnés par le parlem. de Toulouse à diverses amendes applicables à des couvents, 28 mars 1568. — (François), sieur de La Brousse, commissaire du roi au synode de Ste-Foy, en 1681, et commissaire pour l'exécution de