BARBE
rasée et enfermée, 1690. — (Jacques), de Pouilly, cordonnier, et sa femme, assistés à Genève, 1690-90. — (Susanne), de Corps en Dauphiné; (Isabeau), du même lieu; autre, de St-Brême, assistées à Genève, 1691-1695 ; — (Honorée), du Dauphiné, id. allant en Allemagne ; — (Isabeau), de Grenoble, id.
1702. — (Hélène), de Grenoble, assistée à Lausanne, juin 1691. — (Jean) avec sa femme, sa belle-mère, son frère et un enfant, id. 1702. — (Jacques), de la vallée de Quint avec sa femme et deux enfants, reçoit un viatique à Genève, pour retourner en Wirtemberg, 1710. — Barbe, chapelain de la chapelle de Hollande à Paris, 1719-1720.
2. BARBE (Jeanne), infortunée femme qui fit partie d'un groupe de protestantes de Guyenne et de Saintonge rasées et emprisonnées à Bordeaux en 1087, pour avoir voulu sortir du royaume ou pour avoir assistés à deassemblées religieuses, et plusieurs d'entre elles pour avoir persisté dans leur foi et encore refusé d'abjurer après qu'on les eut forcées d'être présentes au supplice et à la mort de leur père ou de leur mari. Quelques-unes cédèrent cependant, mais n'en restèrent pas moins avec les autres. Dix-huit années après, ces pauvres femmes gémissaient encore dans leur prison, mais réduites au nombre de huit, dont deux, les sœurs Elizabeth et Marie Gentillot, étaient depuis dix ans devenues folles.
En 1705 l'une des prisonnières était morte, sans aucun secours du dehors ; les six autres : Jeanne Barbe, Susanne Martin, Claude Arnaut, Madeline Foure, Jeanne Charleton et Jeanne Lemaije, désespérées, écrivent à M. le marquis de La Vrillière, conseiller secrétaire d'Etat : « Monseigr, remontrent très humblement cà Votre Grandeur huit prisonnières qui sont dans les prisons de l'hôtel de ville de Bordeaux que sur des soubçons qu'elles vouloient s'absenter du Royaume... il y a 18 années qu'elles sont resserrées dans un endroit fort étroit qui a causé depuis peu la mort d'une autre qui y étoit, par le défaut de secours qui luy a manqué; et la maladie de celles qui restent qui, joint à l'âge fort avancé où elles sont, les mettent hors d'état de suppor-
ter davantage ce rude état. Il y en a même deux de ce nombre, qui sont deux sœurs appelées Gentillotte, âgées l'une de 82 ans, l'autre de 80, absolument tombées en démence et privées de toutte connoissance et usage de leurs sens ; les autres sont dans un âge aussy fort avancé et accablées d'infirmités et de maladies continuelles. Et c'est ce qui fit que M. de La Bourdonnaye, intendant, en Guyenne, après avoir été plainement instruit par luy-mêmede ce que dessus, et après avoir veu à différentes fois l'extrême accablement des unes et la défaillance d'esprit des autres, promit de vous en écrire, Monseigneur. Et comme leurs maux redoublent par le redoublement de leurs maladies, elles ont recours à Votre Grandeur pour qu'il luy plaise d'ordonner que les prisons leur
seront ouvertes »M. deLaBourdon-
naye tint parole. Le 23 mai 1705, il écrivait au secrétaire d'Etat : « M. J'avois eu l'honneur cy-devant de vous parler des nouvelles converties dont j'ay l'honneur de vous renvoyer le placet qui sont depuis très longtemps dans les prisons de l'hô t. de ville de Bordeaux. Vous me mandâtes que puisqu'elles estoient toujours dans leur obstination, il n'estoit pas à propos de leur donner la liberté. Je croirois, monsieur qu'à l'égard des deux sœurs nommées Gentillotte, dont, la plus jeune a 80 ans et qui sont presque imbécilles, il seroit à propos de les remettre à leurs parents, et celles des autres qui donneront de bonnes cautions de ne point sortir du royaume et qui promettront de se faire instruire. » Le ministre de Louis XIV écrivit sur la lettre : « Attendre pour les plus jeunes ; sortir les deux autres. » Il parait que les malheureuses dames firent toutes les soumissions qu'on exigeait ; M. de La Bourdonnaye leur permit de sortir.
Mais alors ce fut le geôlier qui leur barra le passage. Il leur réclamait 1100 livres à chacune « pour droits de gîte et de geolage depuis tout le temps de leur détention! » Or elles avaient à peine de quoi se procurer du pain. Ce fut une nouvelle procédure qui durait encore au mois d'août et nous ne savons comment elle se termina. Mais les deux; folles furent remises à un de leurs parents,