BARDET — BARDIN
1693. — (François), « maçon venu des Gévennes, » réfugié au pays de Vaud,
2. BARDET du Boisneau, bonne famille de l'Aunis. Henri Bardet seigneur du Boisneau, mari, vers 1640, d'Anne Gassau, eut pour enfants : 1° Charles, sr du Boisneau, marié, avril 1674, à Marie Terstmitten par le pasteur Jacques de Tandebaratz ; 2° Hélène, dame du Boisneau en 1666, mariée vers 1680 à Laurent Elie Veronneau, sr de la Serre, assesseur criminel en la sénéchaussée de La Rochelle, qui abandonna la Réforme et en devint ardent persécuteur.
— Marie Veronneau épousa, vers 1698, Louis de Wilson sr de La Roche, habitant de La Jarne. — Anne Bardet était dame du Boisneau en 1705 et mourut vers 1720. Le fief du Boisneau touche aux maisons de la Jarne et l'on y voit encore une partie du vieux logis des Bardet (Bastard).
BARDETIS, pasteur à S.-Paul-Capde-Joux, en Lauraguais, 1591 (Tt 288).
BARDI (Moïse), du Languedoc, reçoit à Genève un viatique de 7 flor.
pour l'Allemagne, 1698.
BARDIN. Deux familles de ce nom, l'une de l'Orléanais, l'autre de Castres, toutes deux vouées au commerce de la librairie, allèrent s'établir à Genève.
1 . Noël Bardin « libraire, natifz du Puy d'Aix en Gastinoys, » fut reçu habitant de Genève, en 1555. 11 avait été fouetté comme colporteur de livres hérétiques et avait de fort près évité la mort à Dijon [II, 505 a]. Il vécut tranquillement le reste de ses jours à Genève avec sa femme Verène Mirallin de Jergeau-sur- Loire et ils marièrent, v. 1583, leur fille Marie à Claude Canon, de Paris, « tailleur d'histoires l » . C'est probablement encore de Noi;l qu'il s'agit dans le contrat de mariage passé, v. 1598, de Jacques Rogelet, libraire à Genève, avec Marie fille de feu Noé Bardin, libraire, et de Madelaine Martyre («J. Jovenon, not. t. 7).
2. Jérémie, libraire de Castres, marié vers 1647 à Germaine Roquefort, puis à Suzanne Vidal, vers 1660, avait acquis la bourgeoisie genevoise. On a un acte par lequel Isaac Gramond et son beau-
1 Graveur sur bois.
père Jérémie Bardin, tous deux libraires à Castres et citoyens de Genève, abandonnent à François Bardin , également marchand libraire et citoyen, tous leurs droits à une hoirie, 1670. En 1681, Jacques-François, né à Morges, fils de Jean Bardin, épouse Isabeau, fille de feu Jérémie native de Castres.
3. Ce sont, croyons-nous, des familles qui n'ont que le nom de commun avec les précédentes que visent ces deux actes des mêmes notaires de Genève :
1° Testament de noble Clauda Bardine, fille de feu noble Guillaume Bardin, vivante femme de noble Thomas Mohenne citoyen, 31 déc. 1534. 2° Mariage de^Guillauma, fille de] Jacques Gradelle et de feue Anne Bardin avec Wilderich Henry d'Origny, fils de feu Noël Fernand, gentilhomme de Nerpier en Finlande, 1679.
4. BARDIN, écolier, condamné par le parlem. de Toulouse en 1562. Il appartenait probablement à la famille suivante. — Jean Bardin, avocat à Puylaurens, mari de Françoise, fille de Raymond de Favarel, lieutenant de la judicature de Villelongue. Une de leurs filles, Jeanne, épousa, en septemb. 1566, Raymond Brocca, et au contrat de mariage assista : « Noble Olivier de Bardin, frère de Jean et Pierre, lieutenant part, en la judic. de Villelongue. » Olivier fut père de David de Bardin de Vénès et de Jean de Bardin, capitaine en 1630. — (Gaspard), consul de Puylaurens en 1588 et 1609, père d'un autre Gaspard, consul à son tour en 1640. — (Jacques), consul [V, 203 a] en 1627. Ce dernier paraît être Jacques, docteur en droit, qui fit constamment partie du conseil de ville et du consistoire depuis l'année 1606 jusqu'au moment où il mourut, âgé de 80 ans, 19 oct. 1666. — Un de Bardin était pasteur de « Berliac, Villemur et autres annexes » en 1637 (Pkadel).
5. BARDIN (Charles) « taincturiordr draps, natif de la Flèche en Anjouz, « id. 1559.
6. BARDIN (Pierre et David) de Qhastillon-sur-Loire, chapeliers, sont assistés à Lausanne après avoir fait réparation de leur faute (d'avoir abjuré); mare et mai 1698. — (Pierre- David), pasteur de
BARDJX — BARDOX
l'église française de Magdebourg, en
7. BARDIX, réfugié à Londres vers 1713 (Agnew II, 114) et dont les descendants servent aujourd'hui dans l'armée anglaise des Indes (Wagner).
BARDOLIX (3.), pasteur à Miramon (Agenais\ en 1620.
I. BARDOX (Pierre), pasteur à Montauban, était l'un des intendants de L'acad. de cette ville en l'année 1600 (Bull. IX, 407). — (Jacques , né à Montauban, le 2 janvier 1604, de Guillaume Bardon. bourgeois (frère de Jean, ci-après) et de Marguerite Guerry, fit ses études à l'académie de sa ville natale, et fut ministre d'abord à Puyeasquier, dans l'Armagnac, de 1629 à 1632, ensuite à Saint - Antonin de 1633 à 1072. Il mourut au commencement de 1673. Il paraît avoir été un homme instruit. Il n'a pas laissé d'ouvrage imprimé, du moins à notre connaissance; mais on a de lui un cours de philosophie manuscrit, qu'il avait fait pour l'instruction de son fils aîné et dont voici le titre et les rubriques : « Curriculum totius logices, dictante D. D. «J. Bardonio, doctissimo Ecclesiaï Sanctantoniensis pastore, a me Petro Bardonio, filio, in ipsa urbe Sanctantonino excpptum, kal. decembris anno salutis 1653 » (in-4°, 125 pages), et à la suite : « Quœstiones logicx sive prolegomena in organum Aristotelis, et primo qua'stiones provinciales, a D. D. J. Bardonio, pastore fidellimo Eccl. Sanctant.
in ipsa urbe Sanct. mihi P. Bardonio traditœ,i iriceptœ kal. dec. 1653; in-4° (p. 131 à 342), Cet ouvrage est naturellement dans le genre scolastique de l'enseignement de cette époque; mais, la forme acceptée, il porte la marque d'un esprit solide et réfléchi. — (Pierre), né à Saint- Antonin, vers 1638, du professeur dont on vient de parler et de Catherine Doumergues. lit ses études à l'acad. de Montauban, où il fut un des argumentateurs sur une thèse d'André Cartel : De Lege et Evangelio. (Respondebunt : Joannes Damât igugsus Podiolaurensis, Paschalis Duca&se Pontacensis, Petrus Lesperasse Paulensis Benearnensis, Petrus Bardonius Sanctantoniensis ex Ruthenis.) Il était pas-
teur à Lacaune en 1668. 11 fut appelé à Saint-Antonin pour aider son père, peu de temps après. Celui-ci mort, il y fut nommé pasteur en titre, et y resta jusqu'en 1685, où il sortit de France. — (Guillaume), frère du précédent, né à Saint-Antonin en 1648 ou 49, il étudiait la théologie à Puylaurens en 1667. Il fut d'abord ministre à Ferrières dans l'Albigeois, ensuite à Bruniquel, près Saint-Antonin, de 1680 à 1685. Le temple de Bruniquel était alors le seul resté debout dans la Basse -Guyenne Tt 287). A la Révocation, Guill. Bardon passa en Angleterre. En 1688, il fut un des fondateurs de l'Eglise française de la Xouvelle-Patente, et l'année suivante. de celle de Leicester-Field (Burn, Hist. oftheprot. refugees, p. 134, 168, 171).
Cependant il figure en 1702 avec sa femme et ses deux enfants sur la liste des réfugiés qui sont dans le besoin. Il avait épousé, 19 avril 1679, Jeanne Sartre, fille d'un bourgeois de Puygaillard. — (Claude ], né à Saint-Antonin vers 1651, était probablement un autre fils de Jacques et de Catherine Doumergue. 11 fit ses études à l'acad. de Puylaurens. où il fut en 1671 un des argumentateurs sur une thèse d'André Martel : De sa-
marilanismo (quas propugnabunt,
Guilhelmus Quinquirinus Carmanensis.
Claudius Bardonius Sanctant. , Joannes Molles Salviensis ex Cebennis, Joannes Dumazius S. Joannis a Gardonenques ex Cebennis). Il était ministre de Castelnaude Brassac (Albigeois; en 1678. — C'est à l'un des deux précédents que se rapporte, sans doute, cette mention :
■< La dem1Ie veuve de M. Bardon, ministre en Guyenne, et deux filles, » réfugiées à Dorotheestadt en déc. 1698 (Voy. papiers Dieterici). — (Jean), né à Montauban, 7 juill. 1565, de Guillaume Bardon et de Lise .Roilz ou Arroux, était « commis au paiement des églises de la Haute-Guyenne et du Haut-Languedoc» vers 1619-1626, et à diverses reprises siégea comme ancien et comme trésorier au Consistoire de Montauban.
Il s'acquittait de ses fonctions avec un zèle si vif que pendant les troubles de l'année 1621 et 1625 il paya de ses deniers une partie du traitement des professeurs de l'académie et la pension ac-
BAIIDON — BARDONENCHE
cordée à la veuve du pasteur Charnier (Aymon II, 403). Le synode de Castres lui remboursa ses avances (2,159 liv.
10 s. 6 d.), mais en concluant par enjoindre « à tous ceux qui seroient chargés de pareils comptes à l'avenir que leurs- dépenses n'excèdent pas les sommes confiées, sous peine de perdre ce qu'ils aur oient avancé ». Jean Bar don avait épousé, janv. 1592, Susanne Laroque fille d'un marchand de Montauban.
Sa sœur, Ramonde Bardon, épousa, oct. 1586, le ministre Jean Constans.
Une de ses cousines, Isabeau Bardon fut la mère du ministre Jean Bayle, père de Jacob et de Pierre. — Cette famille subsiste, et après avoir abjuré lors de la Révocation, porte aujourd'hui dans la foi catholique la même intensité du sentiment qu'elle professait jadis pour la foi consciente et raisonnée (Nicolas).
2. BARDON (Moïse), pasteur à Mazamet, 1627 [V, 203 b]. — (Paul), «de Villebade près Montauban, sortant de France », assisté à Lausanne, juin 1696. — (Jean), de Bédarieux, reçoit à Genève un viatique de demi-écu, pour l'Allemagne, 1702. — Deux dames Bardon, sœurs, accompagnées des demoiselles Saint- Just et de Limosin, reçoivent à Genève un viatique de 20écus pour aller àBerlin, 1700. Les mêmes (Antoinette et Catherine Bardon), « sortant de France, allant en Brandebourg», assistées à Lausanne, 1 nov. 1700. On lit dans Erman et Reclam (IX, 16) : «Mme de Bardon.
se réfugia comme veuve avec six filles. L'une a été mariée au général du Pré au service de Russie ; deux ont pris alliance dans le pays (Prusse), l'une avec M. de la Grave, l'autre avec le conseiller Ziegler; les trois autres ont épousé : le colonel de Rivin réfugié de Puylaurens, le capitaine de Lupê et le major de Lespinasse, tous au service de Russie.
BARDONENCHE, famille illustre du Dauphiné [Haag 1, 240]. Son vrai nom était Bardonnèche et elle l'a porté tel jusque dans le cours du XVIIe siècle ; il provenait de Bardonnèche, Bardonecchia, Bardonnezzà, bourg situé au pied du versant italien du mont Cenis, sur la Dora, mais dans une vallée brianconnaise cédée par la
France, le val d'Oulx, où l'on parle encore français. = Armes : d'argent au treillis de gueules, le chef de même et chargé d'un aigle naissant de sable.
Arnoux de Bardonenche (on trouve des actes du XIe siècle relatifs à ses ancêtres; voy. Cartular. Vicieuse) était né à Vallouise (Htes -Alpes) et fut capitaine sous les ordres de Lesdiguières. Il avait pour femme Alliénor d'Abon, et mourut en 1600 (Roman).
Jean de Bardonenche, IVe du nom, fils de Jean de Bardonenche et de Claudine de Forbin de Souliers, servit sous les ordres du capitaine La Coche au siège mémorable de Grenoble, en 1565.
Il se joignit ensuite au brave Montbrun et combattit à ses côtés à la bataille de Moncontour. De retour en Dauphiné, il se jeta dans Corps avec Lesdiguières et s'y défendit vigoureusement. En 1585, il assista à la prise d'Embrun où, seul avec Les Orres, il refusa de prendre part au pillage de l'archevêché et de l'église. En 1597, il obtint de Lesdiguières le commandement du château de La Roche tte. Bardonenche mourut en 1632, à l'âge de 92 ans, laissant de sa femme, Jeanne de Rsviliart ou Revillasc, qu'il avait épousée le 27 avril 1574, dix enfants, dont cinq fils :
Alexandre, André, Jean, César, Pierre, et cinq filles : Judith, Marguerite, Jeanne, Renée et Sara.
L'aîné, Alexandre, seigneur de Tourannes, de Saint-Martin de Clelles et autres lieux, se distingua au combat de Pontcharra, où il commandait les gens de pied. Il fut fait prisonnier lors de l'entreprise sur Aiguebelle, et mourut dans un âge très-avancé, en 1666. Il avait été marié deux fois, la première avec une dame Blosset, dont il n'eut que des filles. Il eut la douleur de s'en voir enlever deux par le clergé catholique qui les envoya à Avignon avec deux filles du baron Des Adrets, doux du seigneur de Blanlouet, un fils de Saint-Sylvestre bourgeois de Marseille, et un enfant de Guyard habitant du Puy, arrachés comme elles à leurs familles. Malgré les plus actives poursuites, il fut impossible à leurs pa ; de les tirer des mains des prêtres qui résistèrent aux arrêts même des tribu-
BARDONENCHE — BARDOU
naux. De son second mariaae avec Lucrèce de Montchenu , Alexandre de Bardonenche laissa deux fils, Alexandre et César. Le premier fut conseiller à la chambre mi-partie de Grenoble. Forcé d'abjurer à l'époque des dragonnades, en 1682, il fut récompensé de son apostasie par le titre de conseiller d'Etat. Quant à sa femme, à qui l'on avait enlevé une de ses filles, elle résista à toutes les prières et à toutes les menaces. Enfermée d'abord dans un couvent de Grenoble, elle fut ensuite transférée à Valence: mais l'évêque, apprenant qu'elle avait gagné l'affection des religieuses chargées de sa garde, craignit qu'elle n'infectât le troupeau, et la retirant de là, la fit enfermer dans un couvent de Vif avec défense aux nonnes de lui parler [Bull. XI, 390). Il est probable qu'elle persévéra dans sa foi, autrement les Jésuites n'auraient pas manqué de se vanter d'une conversion si difficile. On ignore le lieu et l'époque de sa mort; son mari vivait encore en 1711. Quant à César, qui était seigneur de Champiney, plus attaché que son frère à la religion réformée, il se réfugia en Prusse à l'époque de la révocation de l'édit de Nan tes. Il mourut avant 1687. Sa femme, Anne de Peccaf. décédée à Berlin en 1691, ne lui donna, selon Chorier, que deux enfants nommés César et Lucrèce. Dans ce cas, MM. Erman et Reclam se seraient trompés dans leur supposition, que César était le père d'ÂLEXANDRE de Bardonenche, sieur ■rnau qui, après avoir servi en France dans le régiment de Sault, entra dans l'armée prussienne, et fit les guerres d'Italie avec le grade de major. Il nous reste à parler des quatre frères d'Alexandre Ier de Bardonenche.
André épouse, en iG2'i. Ennemonde de Raynard, dont il eut deux fils:
André, sieur d'Esternau, et Alexandre, sieur de Morgeat. Cette branche ne subsista pas longtemps.
Le sort de Jean est inconnu. Il est probable qu'il mourut jeune.
vr, souche de la branche de Souslieutenant au régiment de Sault en lij;!ti, épousa la même année Jeanne de Clarens et mourut en 1671, laissant douze enfants, six fils et six filles, dont:
Sanson sieur de Tourres, Jean sieur de Sousville, Pierre sieur de Chourons, Ju vénal sieur du Rivet, Etienne sieur du Planet. Suzanne mariée à François de Centon. Sanson avait épousé en 1659, dans l'église de Serres, Madeleine de Charenci; mariage dont un seul enfant nous est connu : Justine, qui fut présentée au baptême à Serres, oct. 1666, par le Sr de Sousville et par Justine Adhémar de Castellane. veuve de Jacques de Charenci. Toute cette branche de Bardonenche s'établit dans le Brandebourg après la révocation de l'édit de Nantes. Un Sousville, major de la compagnie des Grands-Mousquetaires, excellent officier, fut tué dans un duel avec le comte de Dohna. son chef, et au milieu du siècle passé, l'église française de Clèves comptait parmi ses membres des Sousville de Kreutzfurlh (Erman).
Enfin, Pierre. ayant abjuré la religion protestante, entra dans les ordres et fat prieur de S.-Laurent de Grenoble.
1. BARDOU, famille protestante de Castre- qui ilurissavt au XVIIe siècle et était alliée, dans la même ville, aux familles Poulie (16-20). Batailler 1627), Lombard (1630), Vayssète (1664) et Durand (1666).
Le ministre (S.-Florentin) à l'intendant du Languedoc (S.-Priest', 29 juil.
1771 : < M. l'évêque de Castres vient de me marquer que le nommé Bardou et les nommées Ileraïl et Guiraud qui étoient par ordre du Roi, le premier auxNouv.- Convertis de Castres, et les deux autres à la Présentation et aux N.-C. de la même ville, étoient assés affermis dans la religion pour être rendus à leurs parens. J'ai expédié en conséquence les ordres du Roi nécessaires pour leur faire rendre la liberté et je les envoyé au prélat » (Arch. n., O.1 f° 187). — Bardou de Couserat, de S. -Jean d'Angely, reçoit une pension de 200 liv. en récompense de son abjuration, 1686.
2. BARDOU. Deux artistes de ce nom ont joui de quelque réputation en Allemagne à la fin du siècle dernier. Ils descendaient d'un réfugié du Languedoc, fabricant de bas, qui, après quelque séjour à Bâle, désespérant de pouvoir obtenir la maîtrise sans changer de