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rents (les frères Henry et Jean de Rochemore d'Aygremont), et qu'il convenait de le mettre au collège des Jésuites1. Il y était encore en 1699, à Paris. Un homme dévoué, nommé Gouzon, entreprit de le rendre à son père et il parvint en effet à le tirer de sa prison. Mais le jeune garçon, qui comptait alors 13 ou 14 ans, fut repris sur la route de Genève (Arch. n. E 3385) et rendu à ses professeurs. C'est ce marquis d'Aubaïs grand ami des lettres, grand collectionneur de livres et de manuscrits, membre de toutes les académies de la contrée qui mourut paisiblement en 1777 après avoir été toute sa vie un Mécène. 11 prit une part directe à la publication de divers ouvrages dont le plus important intitulé : Pièces fugitives pour sertir à l'hist. de France (3 vol. in-4°, 1748-î paru sous le nom seul de son collaborateur, l'historien de Nimes, Léon Ménard conseiller au présidial, et contient quelques-uns des écrits les plus souvent cités pour l'histoire du protestantisme au XVIe siècle. En voici la liste ;
T. I. Voyage de Gabriel Je Luetz sieur d'Aramon, à Constantinople, en Perse, en Egypte et en Palestine, 1546-55.— Hist. des guerres du comté Venaissin etc., par Louis de Perussis, 1561-80. — Voyage de Charles IX en Franco, 1564, et itinéraire des rois de France da Louis MI à Louis XIV.— T. II. Les exploits de Mathieu Merle baron de Sahrras, par le capitaine Gondin, 1576-80. — Voyage de l'amiral de Joyeuse en Gévaudan, 1586. — Mém. sur les guerres du haut Vivarais, par Achille Gamon, 1558-86. — Hist. de la guerre civile en Languedoc. — Jugements de la noblesse de Languedoc, par M. de Bezons, 1670. — T. III. Journal des deux sièges de Sommières, 1573 et 75, par Et. Giry. — Journal de Cherbonneau sur les guerres de Lésiers, 1583-86.
— Siège de Sarlat en 1587. — Mém. du duc d'AngouIesme sous Henri IV, 1589. — Mém. du baron d'Ambres, 1586-92. — Journal de Faurinsur les guerres de Castres, 1559-1602.
— Commentaire de Louis Freton sr de Servas, 1600-20. — Mém. de Bertrand de Vignoles sur les affaires de Guyenne, 1621. — Hist. de Guyenne, par Baltazar, 1651-53.
Une partie de ces pièces sont réimprimées dans la nouvelle édition de l'Histoire du Languedoc de Dom Vaissète et
• Voy. cette lettre do Fichier, et un article de M. Labouchère & nui elle appartenait, dans le Bult. i&o:, Wl.
l'ouvrage entier doit être reproduit dans les Chroniques du Languedoc, revue publiée à Montpellier par l'archiviste La Pijardière (Louis Lacour).
BASCLE (Simon), sieur du Chay, délégué de Gemozac au synode de Saintonge tenu à Marennes, 9 oct. 1674. — (Théodore) et sa femme, assistés à Londres, 1721. — ( ) délégué de Gemozac
à un colloque tenu le 26 avril 1791 (Greffe du trib. de Saintes). — Conf. cidessus Bâcle.
BASCOUL, famille de Castres, v.
1640. — (Daniel) du Languedoc, épicier et Blanche Pélissier, sa femme, réfugiés au pays de Yaud avec deux enfants, 1740. H était probablement fils ou neveu de<> Daniel Basque ou Bascoul, du Languedoc, mis aux galères en 1701 âgé de 40 ans • X. 449], libéré en 1713.
BASDERY Joachim), udeTroyesen Champagne, fils d'un avocat, a abjuré la religion romaine à Erlang et demande [à la Bourse française de Genève] un viatique pour aller à Bàle achever ses études ; il lui est accordé 4 écus et l'on paie aussi les habits qu'il avoit fait faire; >■ 1696.
BASEILLES, capitaine, 1573 [IV.
BASIN (Jkan) de Vitré, avec sa femme et un enfant, assistés à Londres, 1706; — (François) et sa femme, ïd.
BA >X AGE, famille de Normandie dans laquelle le talent fut longtemps héréditaire. [Haag. IIIJ. = Point d'armoiries, à notre connaissance. CependantBenjamin (n° 2 ci-après) reçut des lettres d'anoblissement en juill. 1650.
1. Son premier auteur connu fut Xicolas Basnage, qui exerçait le saint ministère à Evreux en 1572 et passa en Angleterre où il fut pasteur de Norwich, puis revint en France desservir F église de Carentan. On ne sait rien de plus sur son compte ; Bayle ignorait même son prénom. Il avait épousé Esther de Messy qui lui donna deux enfants : un fils nommé Benjamin et une fille, Esther, qui fut mariée en avril 1615 à Jacques Cossin , praticien à Rouen, et qui mourut en 1647.
2. Benjamin Basnage né en 1580 fut nommé, en 101)1, pasteur à Sainte-Mère-
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Église, dont Carentan était alors une annexe. Le jeune ministre ne tarda pas à se faire remarquer parmi ses collègues, autant par l'énergie de son caractère que par ses talents et ses connaissances. En 1609, la province de Normandie le députa au synode de Saint- Maixent, et en 1 G 1 4 , à celui de Tonneins. En 1621, elle lui donna une preuve plus grande encore de son estime en le choisissant pour son représentant à l'assemblée politique de La Rochelle. Admis le 17 mars, Basnage fut, dès le 12 avril, nommé commissaire « pour travailler à l'ordre général, » avecdeBessay, de La Cressonnière, de Fretton, de Vueilles, de La Chapellière, de Malleray et les deux La Muletière. Le 25, « selon la résolution prise dès la formation de l'assemblée pour le changement de moys en moys de ceux qui avoient eu la conduite et direction d'icelle, » après l'invocation du nom de Dieu, il fut élu, à la pluralité des voix, adjoint du président, le marquis de Châteauneuf. 11 accepta avec reconnaissance l'honneur qui lui était déféré; mais à peine entré en fonctions , sa conscience s'alarma de l'obligation, que lui imposait sa charge, de signer les commissions des gens de guerre. Lui était-il permis, à lui ministre d'un Dieu de paix, de prendre, même indirectement , une part quelconque à rien de ce qui touchait à la guerre ? Il demanda donc avec instance d'être dispensé de ce pénible devoir. Ses scrupules étaient sans doute honorables; mais l'assemblée « pour très-bonne considération » refusa sa requête.
Le temps de sa vice-présidence n'était pas expiré, qu'il fut choisi, ainsi que Couvrelles, député de la Saintonge, La Chapellière et La Muletière de Paris, pour aller « avertir les pais étrangers de la persécution. » Le but réel de cette mission était de recueillir en Angleterre et en Hollande quelque argent pour subvenir aux frais de la guerre.
Les députés partirent le 1er juin. Basnage se rendit en Angleterre et en Ecosse où il parait avoir obtenu des souscriptions assez considérables. Il ne rentra en France qu'après la conclusion d(i la paix. Le rôle actif qu'il avait joué dans ces graves circonstances devait
naturellement le rendre suspect, et ce fut sans doute pour le soustraire aux persécutions du gouvernement que le synode provincial de la Normandie ordonna qu'on le placerait ailleurs ; mais le synode national de Gharenton, dans lequel Basnage siégeait comme député, annula cette décision sur les réclamations des annexes de son église et sur son propre consentement.
La province de Normandie le choisit de nouveau, en 1631, pour son représentant au synode national de Gharenton. Mais soit qu'il eût pris une part plus ou moins directe aux dernières guerres de religion, soit que Louis XIII ne lui eût pas encore pardonné le zèle qu'il avait déployé lors de l'assemblée de La Rochelle, défense fut faite au synode de l'admettre. Cette exclusion toutefois ne tarda pas à être révoquée, à la prière des députés de l'Église protestante; mais « sous cette condition, qu'il pèserait mieux ses paroles à l'avenir et qu'il réglerait ses actions selon cette modération qui est conforme à ceux de sa profession. » Le roi permit, en même temps, lit-on dans les Actes du synode, qu'on le rétablit dans son église. Nous n'avons trouvé, nulle part ailleurs, le moindre indice d'une interdiction prononcée contre lui.
En 1637, Basnage fut député au synode d'Alençon. L'Église se trouvait dans une position des plus critiques.
Elle avait, non-seulement à se défendre contre la malveillance du gouvernement et de ses agents, mais elle avait surtout à prévenir dans son propre sein une guerre théologique (voy. ci-dessus, col.
186-188) plus dangereuse en ce moment que la persécution. Le synode sentit le besoin d'avoir à sa tète un homme qui unit beaucoup de fermeté à beaucoup de prudence ; son choix s'arrêta sur Basnage. En qualité de modérateur, notre ministre fut chargé de répondre au discours sec, hautain, et quelque peu menaçant du commissaire du roi Saiat- Marc. Selon Benoit, il le ht avec une extrême timidité. Nous ne partageons pas ce sentiment. Que l'on compare la réponse de Basnage avec celles de tels autres modérateurs de synodes convoqués depuis la mort de Henri IV, et l'on
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trouvera qu'elle se distingue par une fermeté qui, relativement, pourrait passer pour de l'audace. Le début, il est vrai, est des plus humbles. Après avoir affirmé que les protestant? n'ont jamais eu la pensée de se départir de la fidélité à laquelle la Parole de Dieu les oblige, le modérateur promet.au nom du synode, de remettre entre les mains du commissaire royal, avant d'en prendre connaissance, toutes les lettres qui seront adressées de l'étranger aux églises françaises. Jl promet, en outre, que les pasteurs exhorteront les fidèles dans leurs prêches, à ne pas se permettre « la témérité impie de blâmer l'autorité souveraine », mais à se reposer fermement sur la parole de 8. M. de faire observer les édits; et qu'ils seront invités euxmêmes à s'abstenir de toute parole choquante contre ceux d'une opinion contraire, comme aussi à ne rien imprimer sans le vu de la censure. Toute cette première partie du discours de Basnage ns doute fort soumise, toutefois on doit faire remarquer qu'il s'agissait d'excuser des infractions aux édits, édits vexatoires , iniques même , mais qui avaient force de loi. La position du modérateur était donc délicate. Benoit reconnaît qu'il se montra plus ferme pour la défense des in té: -lises. Le
gouvernement voulait diminuer encore le nombre des annexes, en se fondant sur l'édit de 15IV2 qui interdisait aux ministres la prédication hors du lieu de leur résidence. Basnage repoussa fortement l'étrance prétention de remettre en vigueur un édit aboli par celui de Nantes;. 11 répondit avec non moins de force à cette accusation, que les teurs prélevaient leurs traitements sur la boite des pauvres et sur les dons faits pour des usages pieux, déclarant qu'ils étaient payés par des contributions volontaires et suppliant le gouvernement de défendre aux officiers de justice toute intervention dans les arrangements pris à cet égard entre les ministres et les églises. Enfin il rejeta, au nom de rassemblée. l'opus opération de l'Église romaine, en refusant nettement de rayer un canon du synode de Nismes qui déclarait de nulle valeur le baptême administré par une personne
âans vocation, et en reprochant au gouvernement de porter par ses exigences atteinte à la liberté de conscience que le roi avait promis de respecter. Beaucoup d'autres difficultés s'élevèrent entre le commissaire et le synode qui, on doit le dire, ne montra pas toujours la même énergie. Cependant, une autre circonstance encore se présenta où il sut maintenir sa dignité. Comme Saint-Marc voulait l'obliger à employer les mots de Beliaion Prétendue Béformée en tête du cahier des plaintes qui fut porté à la Cour par Ferrand, Gigord et Cérisy, il lui résista, et le commissaire dut céder. •
En 1044. Basnage fut député au synode de Charenton qui le choisit pour adjoint et qui, au rapport d'Aymon, ■ le chargea de plusieurs commissions très -importantes dont il s'acquitta fort bien, avec quelques autres députés, pour terminer les diflërens de plusieurs consistoires avec leurs pasteurs, comme aussi pour régler plusieurs autres affaires et pour juger définitivement des appellations que ledit synode lui donna pouvoir d'aller terminer sur les lieux où les procédures des contestans avoient été faites. » Les Actes du synode nous apprennent, en effet, qu'il fut envoyé à Vitré, sur la demande de la duchesse de La Tremoille et des fidèles de cette église pour mettre un terme aux querelles des deux pasteurs de Pesire et Jordain. Selon Bayle, il fut député aussi à la reine-mère, qui lui donna des marques de son estime.
Au milieu d'une vie si active, Basnage trouva le temps de composer plusieurs ouvrages de controverse; mais à ;>tion d'un écrit contre l'adoration de la Vierge, qu'il laissa imparfait, les bibliographes ne mentionnent spécialement de lui qu'un traité intitulé : « De V estât visible et invisible de l'Eglise, et de la parfaite satisfaction de J.-C, contre la fable du Purgatoire, sur l'occasion d'une conférence avecun moine recollé »
(La Boch., 1612, in-8° . ouvraue qui parait avoir été tort estimé. Dans les premières années de son ministère, il avait eu à soutenir avec son collègue LeBouvier. contre un jésuite Gontier et d'autres, un tournoi théologique dont le prix devait être la conversion de « noble de-
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moiselle Jeanne de Convert, dame do Saint- Pierre-Eglise, lieu voisin de Ste- Mère. Son adversaire fit imprimer sur cet épisode, en 1606, un livret (28 pag. in-8°; JBiblioth. Maz. 26231) intitulé Le Véritable, dans lequel on distingue, page 16, que la dame était gagnée d'avance au catholicisme, et que le jésuite avait arrangé avec elle un semblant de dispute où il était sûr de la victoire.
La mort de Benj. Barnage arriva en 1652. 11 avait rempli pendant 51 ans les fonctions pastorales à Sainte-Mère- Eglise, n'ayant jamais voulu consentir à se séparer de son troupeau. Il laissa de Marie Duvivier, sa femme, deux fils, Antoine et Henri, souches de deux branches également illustres, plus une fille, Marie-Jeanne Du Boussel.
3. Antoine, sieur de St. -Gabriel et de Flottemanville, né en 1610, fit ses études de théologie à Sedan, où il soutint, 1631, sous la présidence de Du Moulin, une thèse « De certitudine perseverantiœ. » Il était pasteur à Bayeux en 1637. Sa vie se passa sans doute tout entière dans l'accomplissement des devoirs de son ministère, jusqu'à ce que le gouvernement éfant pris de la fièvre de conversion et ne pouvant vaincre son endurcissement, le fit arrêter, en 1685, et jeter dans les prisons du Havre d'où il ne sortit que pour être embarqué sur un vaisseau qui le transporta en Hollande.
Nommé pasteur à Zutphen, Antoine Basnage vécut jusqu'en 1691. De ses deuxfils, le cadet, nommé François, suivit la profession des armes et mourut en 1685, tandis que l'aîné, Samuel, embrassa la carrière ecclésiastique et se fit une grande réputation par ses travaux littéraires.
4. Né à Bayeux, en 1638, Samuel Basnage, sieur de Flottemanville, desservit l'église de Vaucelles d'abord, puis de Bayeux jusqu'en 1685. Il accompagna son père en Hollande et lui succéda à Zutphen, où il mourut en 4 721. Bayle l'appelle un des plus habiles ministres qui soient sortis de France.
1. Exercitationes historico-criticx de rébus sacris et ecclesiasticis ; Ultraj., 1692, in-4°; 1717, in-4°. — Critique des Annales de Baronius. Après les travaux de savants tels que Gasaubon,
LJsher, Petau,Noris, Pagi,Noël Alexandre, on aurait pu croire la matière épuisée; cependant notre savant a encore trouvé d'abondantes moissons dans ce champ fertile en erreurs de toute espèce.
II. Annales politiço - ecclesiastici annorum 645 à Cœsare Auguste- ad Phocam usque; Rotterd., 1706.3 vol.
in-fol. — Cet ouvrage sert en quelque sorte de suite au précédent. Moins estimé que l'Histoire de l'Eglise de Jacques Basnage, il n'en est pas moins fort recommandable. L'auteur relève notamment un très-grand nombre d'erreurs chronologiques on comparant l'histoire profane avec l'histoire sacrée.
III. Morale théologique et politique sur les vertus et les vices de l'homme, Amst., 1703,2 vol. in-12.
5. François avait eu d'autres enfants, notamment Nicolas-Antoine qui épousa Catherine de Claravaux dont il eut Pierre sieur du Castel. Celui-ci se fit catholique, suivit la carrière des armes et profita des iniquités de la Révocation pour mettre lamain sur la fortune de ses cousins, notamment les Basnage de Franquesnay (qui suivent), et pour s'emparer de l'héritage du pasteur Jacques au préjudice du gendre de celui-ci, le sr de la Sarraz (du canton de Vaud). 11 fit plus: il fit enfermer sa propre mère au couvent des religieuses de Thorigny-sur- Vire.
6. Henri Basnage, sieur de Franquesney, second fils de Benjamin Basnage, naquit à Sainte-Mère-Eglise, le 16 octobre 1615. Bayle l'appelle un des habiles et des plus éloquents avocats du parlement de Rouen, éloge que confirme Servin en le répétant. Doué d'une imagination vive, d'une éloquence brillante, profondément versé dans la connaissance du droit, possédant, en un mot, toutes les qualités qui font le parfait avocat, Basnage se plaça bientôt au premier rang parmi ses confrères, on même temps que par son intégrité et la douceur de ses mœurs il s'acquit l'estime générale. Il jouissait d'une si grande considération au barreau de Rouen, où il avait été admis dès 1636, que malgré son zèle pour l'Eglise réformée (zèle dont il avait donné des preuves en 1677,
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dans l'exercice des fonctions de commissaire pour les affaires de la religion), il n'éprouva aucune persécution lors de la révocation de l'édit de Nantes, mais continua à exercer sa profession avec autant de réputation que de dévouement. Il mourut à Rouen, 20octob. 1695, à l'âge de 80 ans. Il a laissé deux ouvrages qui ont suffi pour lui assurer le titre d'un excellent jurisconsulte. Nous voulons parler de ses Commentaires sur les Coutumes du pays et duché de Normandie 'Rouen, 1678 et 1681, 2 vol. in-fol.; 2e édit. revue, corrigée, et augm. , Rouen, 1694, 2 vol. infol.), et de son Traité des hypothèques (Rouen, 1687,in-4°; 2e édit., 1724, in-4° et in-12). L'un et l'autre ne tardèrent pas à faire autorité. Ils sont écrits avec tant de clarté et d'élégance, l'auteur a su répandre tant d'intérêt sur des matières d'ailleurs arides, et dissimuler sous des formes si agréables l'érudition qu'il y a semée, qu'on les a réimprimés quatre fois, sous le titre à'Œuvres de H. Rasnage (Rouen, 2 vol.
in-f°) de 1709 à 1778.
De Marie Coignard, sa femme, Henri Rasnage eut trois enfants : 1° Marie, 1651-1721, mariée à Louis de Dousquet sr de Vienne, qui obtint la permission de revenir en France après la Révocation, en considération des services de son frère Jacques; 2° Elisabeth; 3° Jacques ; 4° Madeleine, mariée à Paul Rauldry, s' d'Yberville, professeur d'histoire sacrée à Utreeht ; 5° Henri, s' de Beauval, 1656-17 lu : 0° Mar toine, sr de Bellemare, né en 1659, capitaine de cavalerie au service des Provinces- Unies, marié à Madeleine de Brachon de Bevilliers, mort en 1732, dans son manoir près d'HarfJeur, où il avait obtenu en 1718 la permission de rentrer.
7. L'aîné des fils, Jacques, étudia la théologie. Né à Rouen, août 1653, il était encore fort jeune lorsque son père l'envoya à Saumur suivre les cours de Tannegui Le Fèvre, qui le prit en affection et ne négligea rien pour le détourner de l'état ecclésiastique. « Vous ne connaissez cet état que par son beau coté, lui disait-il souvent, et vous ignorez combien il est dégénéré de sa première ori-
gine. » Les motifs de plainte que le célèbre humaniste avait ou croyait avoir contre les pasteurs de Saumur le rendaientinjuste. Ces paroles acrimonieuses n'ont été que trop réfutées par les événements de la Révocation. Basnage, au reste, ne se laissa pas ébranler dans sa résolution, et sous l'habile direction de son maître, il fit de rapides progrès. H connaissait à fond les littératures grecque et latine, il parlait l'espagnol, l'italien, l'anglais, et il n'avait que dix-sept ans. Ses études classiques terminées, il se rendit, 1650, à Genève, où il commença, sous Mestrezat, Turrettin et Tronchin, son cours de théologie qu'il alla continuera Sedan, sous Jurieu et Le Blanc de Beaulieu. Il s'attacha principalement à ce dernier, aussi doux et aussi modéré que son collègue était impétueux et intolérant. Jurieu en conçut une jalousie dont il lui fit sentir les effets en plus d'une occasion.
De retour à Rouen, Basnage fut attaqué d'une maladie qui l'empêcha, pendant quelque temps, de songer à obtenir une place de pasteur ; mais à peine rétabli, il prêcha avec tant de succès que le consistoire de Rouen le choisit d'un commun accord pour remplacer le célèbre Etienne Le Moine, qui venait d'être appelé à Leyde comme professeur de théologie. L'installation du jeune ministre eut lieu au mois d'octobre 1676. En 1679, Basnage fut désigné pour prêcher devant le synode provincial de la Normandie, assemblé à Saint-Lô; il s'y fit admirer.dit Bayle. En 168'», il épousa Susanne Du Moulin, fille de Cyrus Du Moulin, ministre de Chàteaudun, et petite-fille de l'illustre Pierre Du Moulin. Bien que ses fonctions pastorales réclamassent la plus grande partie de son temps, comme il n'était pas, dit Le Clerc, « de ceux qui se croient assez chargés de faire quelques prêches », il ne cessa de s'occuper avec ardeur d'études historiques, et de bonne heure il acquit la réputation d'un savant consommé.
L'église de Rouen ayant été interdite en 1685 (Voy. Ph. Legendre , Basnage obtint lapermission de se retirer en Hollande. Le brevet qui lui accordait cette faveur est une assez curieuse exception pour trouver place ici.
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Aujourd'hui, 9 oct. 1685, le roi étant à Fontainebleau, ayant égard a la très-humble supplication que lui a fait faire le sieur Basnage, ci-devant ministre de la R. P. R. à Rouen, de lui permettre de se retirer en Hollande avec sa femme prête d'accoucher et une nourrice l, et de faire transporter ses livres, S. M. leur a accordé la permission qui leur étoit nécessaire a cet effet, en faisant toutefois ledit Basnage ses soumissions par-devant l'intendant de ladite province de renvoyer ladite nourrice (nommée Le Fèvre) en France dans deux ans, au plus tard. Au moyen de quoi S. M. les a relevez et dispensez de la rigueur de ses ordonnances, etc.
Basnage resta ministre pensionnaire jusqu'en 1691, où il obtint l'église wallonne de Rotterdam, malgré les efforts de Jurieu. Il avait, en effet, retrouvé dans cette ville son ancien professeur, dont il était devenu le beau-frère. Toutefois, ces liens de parenté n'avaient pas été capables d'entretenir longtemps entre eux la bonne intelligence. La révolte des Camisards vint encore ajouter à leurs discussions de nouveaux éléments d'aigreur. Imbu des doctrines de l'obéissance passive prêchées par Calvin, Basnage condamnait le soulèvement des montagnards cévenols, et surtout les excès dont ils souillaient leur cause. Jurieu, au contraire, justifiait leur insurrection par les principes du droit naturel, et excusait leurs violences par la nécessité de la défense. Ces querelles devaient être pénibles pour Basnage; cependant lesjouissances intellectuelles qu'il trouvait dans le cercle d'un petit nombre d'amis choisis, lui firent supporter avec patience les brusqueries de son beau-frère ; il refusa même la place de pasteur de Leyde qu'on lui offrit, •en 1695, mais quelques années plus tard, en 1709, il ne put résister aux instances du grand-pensionnaire Heinsius, qui l'aimait beaucoup et qui désirait l'avoir auprès de sa personne.
Il accepta donc l'église française de. La Haye.
Voltaire a écrit que Basnage était « plus propre à être ministre d'Etat que d'une paroisse. » Il est fort probable que, dès cette époque. Heinsius
' Cette nourrice eïnit la soeur de Basnage, M™« Bauldry, qui par cette fraude parvint à sortir de France.
avait de lui la même opinion; au moins l'employa-t-il dans plusieurs négociations importantes que Basnage mena toutes à bien. Cependant, en 1709, aux conférences de Gertruydenberg, qui préparèrent la paix d'Utrecht, il échoua dans les efforts qu'il fit, au nom des Réfugiés en Hollande, pour obtenir la liberté de conscience à leurs coreligionnaires de France. La réputation de diplomate habile que Basnage avait acquise, s'étant répandue à la Cour de France par le marquis de Torcy, le maréchal d'Uxelles et le cardinal de Bouillon, avec qui il avait eu des rapports, elle lui valut une marque signalée de la confiance du Régent. Lorsque l'abbé Dubois fut envoyé à La Haye, en 1716, pour négocier le traité de la triple alliance, il eut ordre de s'entendre avec Basnage et de se gouverner par ses avis. Oubliant les justes motifs deplaintes que ses coreligionnaires, sa famille et lui-même avaient contre le gouvernement français, et ne gardant aucun ressentiment du refus qui lui avait été fait, 29 oct. 1715 (Bib. nat. ; mss. Mortemar, n° 67), de se rendre en France pour quelque temps, il n'écouta que l'amour de la patrie pour s'employer à cette négociation, et l'alliance fut conclue dans le mois de janvier 1717. Les expressions ambiguës de Lemontey, dans un endroit de son Hist. de la Régence où il parle des relations de Dubois avec Basnage, pourraient faire croire que ce dernier s'était laissé gagner parla restitution de ses biens. Bientôt, en effet, le Régent put craindre que les brillantes promesses d'Albéroni, ce prêtre intrigant qui rêvait pour son maître la monarchie universelle, ne séduisissent les Protestants du Midi et ne rallumassent la guerre des Camisards. Dans son inquiétude, il eut l'idée de s'adresser à Basnage à qui il dépêcha un de ses gentilshommes. Le pasteur de La Haye mit le gouvernement français en rapport avec Antoine Court, qui donna au cabinet du Palais- Royal les assurances les plus formelles que la tranquillité ne serait pas troublée; en même temps, Basnage adressa à ses coreligionnaires, sur les instances du comte de Morville, ambassadeur en Hollande, une instruction pastorale qui
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fut imprimée à Paris, par ordre de la Cour, et répandue à profusion dans les provinces. (Voy. col. 941.)
Cependant la santé de Basnage. affaiblie par ses immenses travaux plus encore que par l'âge, dépérissait de jour en jour. Il dut renoncer à des publications de longue haleine, pour se borner, comme ses fonctions d'historiographe des États aénéraux lui en faisaient un devoir, à recueillir et à coordonner les matériaux des Annales des Provinces-Unies. Ce travail, joint à l'active correspondance qu'il entretenait dans l'Europe, remplit les dernières années de sa vie. Il mourut le 22 décembre 1723. ne laissant qu'une fille mariée à M. de La Sarraz. conseiller privé militaire de l'électeur de Saxe, roi de Pologne.
L éditeur des Annales des Provinces- Unies, dans une Préface qu'il a mise en tète du second volume, fait le plus bel élose du caractère de Basnage. « Il étoit vrai, dit-il. jusque dans les plus petites choses. Sa candeur, sa franchise, sa bonne foi ne paraissent pas moins dans ses ouvrages que la profondeur de son érudition et la solidité de ses raisonnements. L'usage du plus grand monde lui avoit acquis une politesse qu'on trouve rarement. Affable, prévenant, populaire, officieux, il n'avoit pas de plus grand plaisir que celui de rendre service et d'employer son crédit en faveur des misérables. » Ce jugement de Le Vier est confirmé par tous les écrivains qui ont parlé, ne fût-ce qu'incidemment, de cet homme illustre.
Il nous reste à faire connaître ses nombreux ouvrages.
I. « Examen des méthodes proposées par MM. de rassemblée du clergé de France en l'année 1682, pour la réunion des Protestant? avec l'Église romaine, » Colog. [Rotterdam], 1*82; in-U2. — Ouvrage anonyme, fort bien écrit. L'auteur se fait un malin plaisir d'opposer à la doctrine (presque protestante) de Bossuet sur le culte des imagos, celle d'un autre théologien éminent de l'Église romaine, le cardinal Capisucchi.
IL Considérations sur l'état de ceux qui sont tombez, Rott., 1686, in- 12. — Recueil anonvme de huit lettres adressées à l'éclise de Rouen sur sa chute.
III. Réponse à M. Vévêque de Meaux, sur sa Lettre pastorale, Colog. 1686, in-12. — Basnage réfute avec beaucoup de Torce ce que Bossuet dit de l'unité de l'Église, de l'invocation des saints, du culte des images, de la succession non interrompue des évêques. « Il y a peu de livres de controverse, selon Bayle, où les raisonnements vifs et non communs et les remarques savantes se suivent d'aussi près que dans celui-ci. »
IV. Divi Chrysostomi epislola ad Cœsarium monachum, cui adjunctae sunt très epistolica? dissertationes :
1° de Apollinaris rneresi ; 2° de variis Athanasio suppositis operibus; 3° adversus Simonium [Richard Simon], Rott.. 1687, in-8°, réimpr. sous le titre Dissertât, historico-iheologicz, Rott.,
in-8°, avec une réponse au P.
Hardouin. qui avait critiqué l'histoire de l'apollinarisme. — L'histoire de cette lettre de Chrysostome est singulière.
Pierre Martyr la découvrit dans le monastère des Dominicains de Florence, et s'en fit une arme contre la doctrine de la transsubstantiation. Les catholiques l'accusèrent de l'avoir supposée, et pendant un siècle, l'authenticitéen fut vivement contestée. Bigot l'ayant retrouvée, la joignit à son édit. de la Vie de Chrysostome, par Pallade ; mais sur un ordre du roi. elle fut retranchée de tous les exemplaires qu'on put saisir. Un bien petit nombre échappèrent à cette mutilation. Allix parvint cependant à s'en procurer un, et il ne manqua pas d'en tirer parti (col. 149). Basnage enfin, à qui Bigot, son ami intime, avait communiqué cette lettre, la publia avec une histoire abrégée de rapollinari?me, beau sujet de laquelle elle avait été écrite.
V. Histoire de la mort des persécuteurs de l'Eglise primitive, trad. du latin de Lactance sur la version anglaise deBurnet. Utrecht. Halma, 1687, in-12.
VI. La communion sainte ou traité sur la nécessité et les moyens de communier dignement ; Rott.. liiNS.in-S".
— Cet ouvrage fut tellement goûté, qu'il s'en écoula rapidement dix éditions. La dernière est de 1721. On en fit même, à Bruxelles et à Rouen, deux éditions
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à l'usage des catholiques. L'abbé de Flamare, qui avait abandonné la religion protestante pour rentrer dans le giron de l'Église romaine, l'a inséré en entier dans son écrit intitulé: Conformité de la créance de l'Église catholique avec la créance de V Eglise primitive et différence de la créance de l'Église protestante d'avec l'une et l'autre, Rouen, 1701, 2 vol. in-12. — Le traité de Basnage est divisé en deux livres.
Dans le 1er, l'auteur fait ressortir l'importance de la communion ; dans le 2e, il peint les caractères des passions.
L'édit. de 1690 a été augmentée de deux autres livres traitant, l'un de ce que l'on doit faire lorsqu'on communie ; l'autre de la nécessité de la reconnaissance après la communion. Basnage a ajouté à la 7e édit., publiée en 1708, un 5e livre où il énumère les devoirs de ceux qui ne communient pas. Cet ouvrage a été, dit-on, traduit en allemand et imprimé à Bâle.
"VIL Histoire delà religion des églises réformées, Rott., 1690, 2 vol. in-12; réimpr. en 1699 dans la 4e partie de l'Hist. de l'Église, in-folio, puis séparément, avec des augm. considérables, en 4721, 5 vol. in-8°, et après la mort de l'auteur en 1725, 2 vol. in-4°. — Cette dernière édition est la plus complète et la plus estimée. L'auteur y fait remonter la succession des églises réformées jusqu'aux temps apostoliques, tandis que, dans les édit. antérieures, il s'était arrêté au VIIIe siècle. Le but principal de Basnage était de réfuter l'Histoire des variations, en montrant la perpétuité de la foi protestante et en rejetant sur l'Église catholique le reproche que Bossuet adressait à l'Église réformée. Profondément versé dans la connaissance de l'histoire ecclésiastique, et habile à tirer des faits leurs déductions qu'il développe avec un rare talent, Basnage a démontré, pour quiconque le lit sans prévention, que l'Église catholique n'est pas aussi unie qu'elle voudrait le faire croire; qu'elle a varié et varie encore beaucoup, nommément sur les doctrines de l'autorité et de l'infaillibilité du Pape, sur les dogmes de la justification et de la grâce, sur les sacrements. Mais, en bonne con-
science, n'était-ce pas dépenser des trésors d'érudition pour un objet qui n'en valait pas la peine? La meilleure, la seule réponse à opposer à Bossuet, à ce prélat superbe qui ne craignait, disait-il, qu'une chose, — de faire trop voir le faible de la réforme, c'était pour les Protestants de déclarer, sans détour, que dans cette prétendue faiblesse ils voyaient, eux, leur véritable force, dans le présent comme dans l'avenir, et qu'ils regrettaient sincèrement de ne pas mériter encore davantage ses imputations et ses reproches. Ces variations, ces fluctuations de doctrine prouvent qu'ils sont restés fidèles au grand principe du libre examen dont la conquête a coûté tant de luttes et de sang. Trop heureux s'ils n'avaient jamais eu, eux aussi, des prétentions à l'infaillibilité!
VIII. Traité de la conscience, Amst., 1696, 2 vol. in-12. — Basnage examine dans ce traité la nature de la conscience, ses erreurs, ses craintes, ses illusions, ses doutes, ses scrupules et sa paix ; il s'attache à y réfuter ce que son ami Bayle dit des consciences errantes dans le Commentaire philosophique. Les catholiques ont aussi adopté ce traité dont ils ont publié deux édit. à Lyon, 3 vol. in-12.
IX. Lettres pastorales sur le renouvellement de la persécution, 1698, in-4°, sans nom d'auteur. — Recueil de 14 lettres destinées à exhorter à la persévérance les Protestants restés en France.
X. Histoire de l'Église depuis J.- Ch. jusqu'à présent, Rott., 1699, 2 vol. in- fol. — Cet ouvrage se divise en quatre parties.^ La lre traite du gouvernement de l'Église dans les diocèses d'Alexandrie, d'Antioche, d'Afrique, des Gaules, de Constantinople et de Rome.
La 2me contient l'histoire des dogmes, du canon des Écritures, de la tradition, des huit premiers conciles œcuméniques, celle des doctrines de la justification et de la grâce, celle enfin de l'eucharistie. Dans la 3me l'auteur recherche l'origine de l'adoration du sacrement, et suit dans ses développements successifs le culte des anges, de la Vierge, des Saints; il prouve qu'on a dressé des autels à un grand nombre de saints imaginaires et
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qu'on a amplifié les persécutions pour avoir le droit dégrossir le catalogue des martyrs dont les reliques et les images étaient, pour le clergé, une source abondante de revenus. Cette partie, la plus curieuse et la plus détaillée de tout l'ouvrage, semble être aussi celle qu'il a travaillée avec le plus de soin ; nulle part il n'a déployé plus d'érudition. La 4me n'est, comme nous l'avons dit plus haut que la réimpression de l'Hist. de la religion des églises réformées; seulement, pour éviter des répétitions, l'auteur a dû y faire des retranchements considérables. L'étude approfondie des sources, la finesse et la justesse des aperçus, l'indépendance des jugements, une critique éclairée, une impartialité à laquelle les catholiques rendent euxmêmes hommage, un talent synthétique éminent, un style facile, correct, toujours agréable, parfois éloquent, telles sont les qualités qui distinguent cette Histoire de l'Église et assignent à Basnage le premier rang parmi les écrivains qui se sont occupés de l'histoire ecclésiastique dans l'Eglise protestante de France. En composant cet ouvrage, Basnage avait principalement en vue de prouver que la papauté n'a pas de fondement dans la primitive Église; en même temps que son intention était de réfuter l'IIist. des Variations en démontrant que le vrai et pur christianisme a eu dans tous les siècles des sectateurs, et que depuis la Réforme, les doctrines protestantes n'ontpas varié sur les points essentiels. Son livre avait donc une tendance polémique ; mais ami de la paix, chérissant par-dessus tout la vérité et la justice, libre de tout préjugé fanatique, il n'y a donné à la controverse 'que le moins de place possible.
XI. Traité des préjugés /aux et légitimes, Delft [Rott.], 1701, 3 vol. in->°. — Ouvrage de controverse dirigé contre les Lettres pastorales des archevêques de Paris et de Rouen, et des évêques de Meaux et de Montauban, qui avaient avancé que pour reconnaître l'Église catholique comme l'Église véritable, il n'était pas nécessaire de discuter ses dogmes ; que les dehors seuls suffisaient pour lui assurer incontestablement ce titre. A cette doctrine qui mettait fort à
l'aise les controversistes romains, Basnage répondit en prouvant la nécessité de l'examen en matière de religion. Bossuet répliqua dans une seconde Instruction pastorale à laquelle Basnage opposa la Défense du traité des préjugés [Rott.], 1703, in-S°.
XII. Histoires du V. et du N. Testament, représentées par des figures gravées en taille-douce par Romain de Hooge, avec des exj lications dans lesquelles on éclaircit plusieurs passages obscurs, etc., Amst., 1704, fol. — Ouvrage recherché pour les figures dont il est enrichi; au-dessous de chacune se trouvent quelques vers de la façon de La Brune. D'après le sentiment de l'abbé Lenglet, les catholiques ne doivent faire aucune difficulté de lire ce livre qui est très-instructif. Neuf éditions prouvent le succès qu'il obtint. Dès l'année 1705, il fut réimprimé à Amst.
: il l'a été depuis sous différents formats, entre autres, in-12 à Genève.
Il fut aussi contrefait, sous le titre Grand tableau de l'univers. Les données des bibliographes sur ce livre sont fort confuses. D'après M. Brunet, les grav. dans ledit. in-4° de 1705 ne sont pas les mêmes que dans celle de ce (iui nous porterait à croire qu> une édit. contrefaite. D'un autre côté, une édit. de 1714 in-fol. présente les mêmes figures que ledit, princi ce; endant elle a paru sous le titre de Grand tableau de l'univers ou Hist. des événements de l'Église depuis la création du monde jusqu'à l'Apocalypse de saint Jean. Nous n'avons aucun moyen d'éclaircir cette difficulté. Au reste, la part que prit Basnage à cette publication se réduit à de courtes explications d jets représentés par les gravures. Dans les édit. postérieures, il y a ajouté les Annales de l'Eglise et du monde depuis la création jusqu'à lamort des apôtres, ainsi qu'une Géographie sacrée.