BASTIDE — BASTIE
Genève. — La sœur de François Bastide enfermée à la tour de Constance,
6. BASTIDE (Henri ou André), pasteur du désert. Le synode provincial du bas Languedoc, 30 mars 1746, l'autorise à se rendre en Suisse pour y perfectionner ses études théologiques. Il part aussitôt pour Lausanne, est reçu ministre en 1750 et revient en Languedoc exercer le ministère ; il dessert successivement les églises de Pignan, Cette, Mauguio, Sommières et Montpellier jusqu'en 1771. En 1759 il avait été élu secrétaire-adjoint du synode du bas Languedoc, assemblé au désert les 25 et 20 avril, et chargé avec les pasteurs Pierre Redonnel et Pierre Encontre de rédiger un recueil des actes des synodes nationaux et provinciaux tenus depuis la Bévocation de Ledit de Nantes (voy. l'Évangélisie par M. Pontanès, l,c ann.
p. 13). H vivait encore en 1782.
7. BASTIDE (André), réfugié à Berlin avec les Protestants de la principauté d'Orange, au commencement du XVIIIe siècle [Haag II, 17]. Bastide avait onze enfants (voy. n° 5), qui presque tous ont occupé des postes honorables. On cite notamment Daniel, qui servit en Hollande, avec le grade de capitaine et mourut à Berlin en 1763. Le fils de ce dernier, Jean-Baptiste, était en 1785 conseiller à la Justice supérieure française ; il lut plus tard nommé membre de l'Académie de Berlin. Lorsque la Bévolution eut permis aux réfugiés de rentrer en France, Bastide vint s'établir à Paris, où il mourut le 1er avril 1810, à l'âge de 85 ans selon les uns, de 73 seulement d'après M. Quérard,qui le fait naître en 1737. Par son testament, il laissa ses livres et toute sa fortune à la Bibliothèque nationale. Il s'était appliqué avec succès à l'étude du vieux français et des étymologies, et pendant plus de quarante ans, il avait travaillé à une édition de Montaigne, pour laquelle il avait recueilli 8 à 000 leçons nouvelles; mais il ne paraît pas qu'il l'ait publiée, non plus qu'un Essai sur les près artificiels, lu en 1800 à l'Académie de Berlin. Le recueil de cette société savante (années 1790-1807) contient dcJ.-B. Bastide neuf mémoires et dissertations philologiques
sur certaines difficultés de la langue française, des observations grammaticales et critiques sur Montaigne, un Essai d'un Montaigne moderne, etc. Quérard (Hist. littér.) suppose que notre Bastide était frère de Jean-François de Bastide, né à Marseille, en 1721, et auteur de plusieurs ouvrages de littérature.
Nous sommes portés à croire que les renseignements sur lesquels il se fonde sont erronés.
1. BASTIE (Jean), originaire de Murennes, reçu pasteur par le synode provincial de Mauvesin, octobre 1664. — Isabeauet Marguerite Bas tie ou Bastye, de la vallée d'Aix-lès-Die, assistées à Lausanne, 1603. — Elisabeth Basty, assistée à Londres, 1721.
2. BASTIE (Barthélémy), né en 1777 à S. * Jean de Luzerne dans la vallée vaudoise de la Tour, fit ses études théologiques à Lausanne après lesquelles il passa quelque temps en Hollande comme précepteur. Lorsque l'exercice des cultes fut rétabli en France, S. -Jean faisait partie du dép. du Pô. M. Bastievint d'abord prêcher l'Evangile à Jarnac d'où il rayonnait aux alentours sur une contrée où l'on compte maintenant une quinzaine d'églises. Il résida à la Bochechalais, un instant à Angoulème, puis à Bergerac, et devint en 1805 le collègue du vénérable pasteur de cette dernière ville, M. Alard, dont il épousa la pupille et auquel il succéda. Il avait surtout l'activité pratique et une parole éloquente.
11 desservit l'église de Bergerac pendant 37 ans, fit élever dans les campagnes voisines, à une époque où rien encore n'était organisé, trois temples qui ont subsisté jusqu'aujourd'hui, ceux de Tuilières, La Force et Pomport; enfin il s'occupa spécialement du chant religieux et composa un Becueil de psaumes et cantiques (chez Marc Aurèle à Valence, 1824) qui fut très-utile alors et trôsapprécié. Il est mort à Bergerac en déc. 1841% — M. Charles Bastie, lils du précédent, né à Bergerac le 27 février 1811, fit ses études à Genève, 1826-30, passa ses examens de théologie à Strasbourg et fut consacré en 1832. Il fut successivement suiïragant à Pons, pasteur à S.-Denis-lès-Bebais (Seine-et-Marne) en 1837, en 1830 à Saint-Quentin où il resta
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dix années. Pendant son séjour dans cette ville, il écrivit de nombreux articles dans le journal religieux l'Espérance, publié à Paris par le past. Grandpierre, et continua durant trente ans dans ce journal une collaboration qui fut tarés* goùtée de ses lecteurs et fit à M. Bastie une réputation de penseur et d'écrivain. Sa santé altérée par le climat du Nord le rappelait dans son pays natal, lorsqu'en 1849 il put reprendre la chaire de
■rac que son père avait occupée. Au mois de juin 1 S 7 *2 lorsque. le synode général de l'Eglise réformée se réunit à Paris, la majorité de cette assemblée rendit un grand hommage à son caractère en le choisissant pour président sous le titre, historique, de Modérateur. M. Bastie a publié divers ouvrages dont les principaux sont : I. La lecture de l'Ecriture sainte, 1839, in-S". Ce sont quatre discours suivis de notes dans lesq. sont réfutées les objections de
se romaine. — II. Le premier tiare de Moïse; commentaire traduit de l'allemand de Schroeder, in-12.— III. Sermons, lre séri rie, 1866, 2 vol. in- 10 ; dédiés à M. Louis Dufour. — IV. De l'affaissement du sens moral et des moyens de le relever. in-8°, ouvrage auquel fut décerné le premier prix dans un concours ouvert par i ciétés des- traités religieux, de Londres et de Paris réunies. — M. Cli. Bastie ne s'est pas marié, et ce nom n'est plus porté que par un petit-neveu de Barthélemv.
BA8TIEN HaaglI. 17|. Sébastien de Roux, dit le capitaine Bastien, né à Montorcier dans Je Champsaur en Daupbiné maintenant commune de St-Jean- St-Xieolas, canton d'Orcières, Ht*
ippartenait à une des plus vieilles familles du pays, laquelle a donné des châtelains au Champsaur et à Corps depuis le XIVe siècle. Il fut. dès le début des guerres de religion, d'abord un brave soldat puis un des meilleurs lieutenants de Letdiguières dont il avait à peu
A la bravoure il joignait une fidélité à toute épreuve. Lesùi::uières, le sachant de ceux sur qui l'on peut compter, lui confia, en 1571, la défense de l'important château d'Ambel. Bastien. ne vit dans cette récompense honorable qu'un
motif de plus de se dévouer à la cause qu'il servait. Aussi rejeta-t-il avec indignation les propositions de Gordes, qui voulut essayer de le gagner. En 1572. il attira la garnison de Grenoble dans une embuscade où il lui fit perdre beaucoup de monde, et ilaidaLesdiguières à remporter, dans l'affaire duBuson, un avantage signalé sur les catholiques de Gap. Toujours le premier à l'attaque, il montrait en toutes circonstances une audace qui ne pouvait manquer de lui être fatale. 11 fut tué, en 1574 ,à la prise de La Mure, par les protestants.
BASTIER (Pierre), de Montpellier, reçu habitant de Genève, juill. 1553. — Jean Bastier, plus connu sous le nom de Fédou et Antoine Bastier, tous deux de Lampeaut, condamnés par arrêt du parlement de Toulouse, I570i — Bastier, ancien de l' église de Meyrueis, délégué au synode d'Alais, 1666.
BASTIXG (JAbâhik), né à Calais, en d'une famille originaire des i Bas, qui s'était réfugiée dans cette ville pour échapper à la persécution [Haa?
. Il lit ses études à Brème, à Genève, puis à Heidelberi.', et acquit une profonde connaissance des langues anciennes, surtout du grec et de l'hébreu. Appelé à remplir à Anvers les fonctions de pasteur, il dut bientôt abandonner son église, le duc de Parme s'étant rendu maître de cette ville, en Basting se retira à Dordrecht et obtint, quelque temps après, la chaire de pror de théologie à l'université de Leyde, que l'on venait de fonder. 11 mourut le -26 octobre 1598. Meursius [Athenx Batavx) lui attribue un Catéchisme avec des Commentaires, tandis que, d'après d'autres renseignements qui semblent plus exacts, il aurait écrit mment. sur le catéchisme de Heidelberij.
BASTBÉE Marie et Jeanne), enfermées au couvent des religieuses de Maries. 1702 Arch. n. E
BATAILLARD (Judith;, «du Pontde-Velle en Bresse, vieille femme
à Lausanne, déc. 1691. — (Catherine , du Pont-de-Velle, « arrivée de France pour glorifier Dieu », assistée, 16. — (Jeanne), id. 1697; — iPerretle) du Pont-de-Velle. id, I
BATAILLARD — BATALLY
— (Jeanne), veuve et sa fille, du Pontde-Yeyle, assistées à Genève à 18 sols par semaine, 1700 (Bourses franc, de Lausanne et de Genève).
1. BATAILLE. Pierre Bataillie «cordonnier nagueres demourant en la ville de Bourges », reçu habitant de Genève, 9oct. 1550. — An thoenne Bataille «rentreyeur1 du pays de Blois », id. 4 sept. 1551. — Bertrand Bataille, écolier gascon, martyr, brûlé à Chambéry, 1555.
— (Jacques), de Toulouse, orfèvre, condamné par le parlem. de Toulouse, 16 juin 1562, et pendu le 29 août suivant.
— (Jean), même condamnation, 12 oct.
2. BATAILLE (Antoine), procureur du roi à Castres, épouse, vers 1660, Jeanne de Laroque. — (Jean), seigneur do Guq-Toulza, lieutenant du juge de Castres, épouse, 29 avril 1664, Madeleine de Thomas -Labarlhe. — (Marthe), avec un enfant, assistée à Londres, 1702; (Jeanne) id. 1702. — (Suzanne), de Luraz en Yivarais, assistée à Genève, 1705. — (Martin -Guillaume), pasteur de l'église de Stonehouse, 1769-91.
3. BATAILLE (Le capitaine). Pierre de Rostaing de Bataille, dont la famille était d'Aucelle, dans le Champsaur (maintenant dans le canton de St-Bonnet, Htes-Alpes), était déjà en 1562 ancien de l'église du Champsaur. Il est signalé en cette même année 1562 comme un des plus actifs lieutenants du baron des Adrets guerroyant dans le Lyonnais [II, 116; YT, 341]. On ignore le restant de sa vie (Roman;.
BATAILLER (Antoine), natif de Castres, auteur de Mémoires sur les guerres de la religion dans la province de Languedoc, pendant les années 1584, 1585 et 1586. Ces mémoires très-détaillés n'ont jamais été publiés ; ils se conservaient dans la bibliothèque du château d'Aubaïs [Haagll, 18] etparaissent s'être perdus. L'historiende Castres (M. le pr G. Rabaud, Ilist. du protestantisme dans l'Albigeois et le Lauragais, 1873, in-8°) n'en fait point mention. Diverses branches de la famille Batailler florissaientà Castres dans la première moitié du XVIIe siècle : Jean, marié à Rachel de Beauregard, 31 déc. 1609; Michel,
• Ouvrier raccommodeur dan* la fabrique du draj).
marié v. 1620 à Jeanne Guibavd; Isaac, procureur en la chambre de l'Edit, marié à Esthor de Pélissier dont il eut Jeanne, 1622 ; Jean, 1624 ; Pierre, 1627. Ce Jean devint procureur à son tour, par lettres patentes du 25 nov. 1666. — (Salomon) greffier à la cour, mari de Jeanne de Fos, dont il eut une fille et deux fils, Isaac et Jean, de 1624 à 1628.
BATALLY (M»*) «femme de M. Cognard et originaire de Bordeaux, dame de condition, ne pouvant à l'époque des persécutions suivre la religion réformée à Rouen, se décida à fuir en Angleterre. Pour y parvenir, elle traita avec le capitaine d'un petit navire qui la fit cacher à fond de cale, où elle se trouva à côté d'un pasteur qui fuyait également. On leur avait pratiqué une cachette sous des ballots de marchandises. Au moment de partir, le pasteur demanda à Mme Cognard comment une femme de sa qualité pouvait se décider à abandonner son pays et ses richesses. « Il n'est rien, ditelle, que je ne sacrifiasse pour la gloire de mon Dieu. » Bientôt après, un soldat de la maréchaussée entra dans le navire, et voulant s'assurer s'il ne s'y trouvait pas de protestants fugitifs, il plongea son épée dans les ballots de marchandises. La pointe de cette épée pénétra dans le corps du pasteur, qui supporta la blessure sans faire le moindre mouvementet sans pousser un cri; il eutmème le soin courageux d'essuyer la lame de l'épée qui l'avait blessé, à mesure que le sbire la retirait à lui, afin que les traces de son sang ne décelassent point sa présence, ni celle de la dame cachée à ses côtés. Madame Cognard, arrivée en Angleterre, passa en Hollande et se retira à Delft, où elle vécut du produit de la vente d'un magnifique collier de perles, seul reste de son opulence. Elle avait eu la précaution d'envoyer auparavant en Hollande ses deux jeunes filles, sous la garde d'une servante catholique. Celle-ci, au moment de franchir la frontièrer avait caché ces deux enfants dans deux grands paniers recouverte de légumes qu'elle allait vendre, disait-elle, au marché voisin. Ce sont les portraits de Mme Cognard et de l'une de ses filles devenue M™ Fargues, que j'ai pu voir dans la maison de M. Liotard [consul
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