XII. Orationes quatuor, Lugd. Batav., 1617,in
XIII. Orationes, Lugd. Batav., 1619, in-8°; ibid., 1625, in-8°; Amst., 1642, in-12; Lugd. Batav., 1650, in-12. Dans ces deux dernières édit. les Discours sont déjà réunis aux Lettres. On retrouve dans ces Discours toutes les qualités qui ont assigné à Baudius un des premiers rangs parmi les prosateurs latins de son siècle. L'Index librorum prohibitorum jussu Innocentii XI (Rom.
1681) les a réunis aux Poèmes dans une condamnation commune.
XIV. Jmores, edenie Petro Scriverio. Accedit Lœlii Capilupi cenlo Virgilianus in fœ minas ; Ausonii cento nuptialis ; pervigilium Veneris, etc., Amst., 1638, petit in-12. — Cet ouvrage est très-recherché, quoiqu'il ne soit pas aussi rare, fait observer M. Brunet, que beaucoup de bibliographes l'ont prétendu. Il ne renferme de Baudius que quelques lettres et deux ou trois petits poëmes anacréontiques. En le publiant, Scriverius n'avait, dit-on, d'autre but que de jeter du ridicule sur notre poète.
Dans sa liste des ouvrages deBaudius.
Watt cite encore Icônes pacificatorum Belgii et induciarum belli belgici historia, Amst., 1618; Lugd. Batav., 1629, in-12. Ne serait-ce pas le même écrit que celui que nous avons déjà indiqué sous le n° IX P Nous sommes disposés à le croire.
Colomiès enfin nous apprend que Baudius, lui aussi, avait entrepris de travailler à la réunion des Eglises chrétiennes. Sincèrement attaché à la cause de la Réforme, il gémissait de la voir compromise dans les violentes querelles soulevées par l'arminianisme; mais il n'a rien publié sur ce sujet.
Rubens, qui était l'un des correspondants de Baudius, exécuta son portrait qui fut gravé pour la 3e édition de ses poésies et la 2e de ses lettres.
Hoffmann I'eerlcanip, De poetis Aecrlandorum. -
BAUDIER
BAUDIN
Paquot, Mémoire*, VIII, 390.- St-Cenois, Biogr. nationale de Belgique.
1. BAUDIN (Audouiv, de Milhau, étudiant à Genève, i 57 1 l. —(Pierre) et Marie Racasse, mariés à Loudun, 1570. — (Gasparde' , du Forez, venueà Genève pourabjurer. 1702. — [Judith] assistée à Londres, 1721. — (Marguerite) marquise de La Barre, 17 20 Arch. n. E 3406). — Baudin-Roquillon, de Ruffec, enfermé aux prisons d'Angoulême pour crime d'assemblée religieuse, 1745 (E 3506).
2. BAUDIN (Artus), de Sedan, enfermé aux Nouveaux-Convertis de Châlons, en 1686 (Arch.nat. Tt 3-21). Cette violence, exercée à Sedan au moment de la Révocation, nous autorise à croire qu'avant le funeste édit de Louis XIV la famille de Baudin des Ardennes, qui s'est rendue célèbre dans le dernier siècle de notre histoire, était d'origine protestante.
3. Anne-Alexandre Baudin, d'abord conseiller au Présidial de Sedan, y devint receveur des finances en 1748 et directeur des postes en 1752 (Bouilliot, Biogr. ardennaise, 1830,8°).
Bon fds.PiEr.RE-CHARLEs-Locis, néle 18déc 1749, avocat, puis successeur de son père dans la Direction des postes, maire de Sedan en 1790, fut élu membre de l'Assemblée législative, de la Convention nationale, puis du Conseil des Anciens. C'était un homme d'une tenue grave, d'une probité sévère, qui se distingua parmi les plus éclairés, les [lus dignes, les plus laborieux dans les diverses assemblées dont il fit partie et dont il fut souvent président. Il vota courageusement contre la condamnation de Louis XVI, et dans ses actes comme dans ses discours se montra également ennemi des jacobins et des royalistes. Les gens de lettres lui doivent une
« Le vieux français Baud on Baude (avec ses dêrtvél Boudin, Baudot. Bradant, etc. et se* evi létifs Lcbrad, l.ibaude. ilibaod, etc. signHe«hanli.Ttill»nt.« Cest />/lidus. te Diotionn. de Littré, trompé à cbaqne i nos pbilotogiies germanisants, le prétend veinule i ;\\:cmand buld on f>nld qui a le même sens, et il eite la ebanson de Roland : « U emperere se fait I>«tz » ; — «bali fn et preus. » Mais on ne saurait rà trouve r dan< liald on liold le z dont balz aurait hérité, tandis qu'il se trouve tout seul dans raCd's, où les d.m brèves es, /*, en s'ama'gamant ont fait une longue qui porte l'accent. Et comment soutiendrait-on quebnldet (« mimiez fnd en baldetet ferté» (Rois III. VI, (8 vunnede quelque buidung ou buiduisz et non de validitas .'
gratitude particulière parce que, archiviste de la Convention avec Camus, il fut rapporteur et véritable auteur de la loi conservatrice et excellente du 5 messidor an II qui organisa sur tout le territoire de la République le service public des archives. Il mourut subitement à Paris, 14 oct. 1799, d'un accès de goutte remontée par suite du saisissement de joie qu'il éprouva en apprenant le retour de Bonaparte en France. 11 n'avait connu que le général Bonaparte.
ïarles, fils du précédent, né à Paris le 21 juillet 178i. à peine âgé de 15 ans et sortant de rhétorique, entra dans la marine sur les conseils du premier consul. Il s'engagea comme novice sur un petit bâtiment de l'Etat et obtint six mois après le grade d'aspirant classe. Dès ce premier début, sa carrièrr peut être proposée comme modèle d'une activité tranquille s'avançant proi.
vement, purement, lentement jusqu'à la gloire. Il commença par un voyage scien titique. sous les ordres du capitaine Nicolas Baudin qui, dit-on, n'était pal parent, et qui passa trois années (1800-
à visiter les côtes de l'Australie et les îles de la Sonde avec les n le Géographe et le Naturaliste. En 1805. devenu enseigne de vaisseau, il s'embarqua de nouveau pour une campagne dans les mers de l'Inde. Ce n'était plus une expédition scientilique; la marine française était sous le coup du désastre de Trafalgar. Cependant elle se hasardait encore à des engagements isolés où les dangers n'étaient pas moindres pour nos marins. Le jeune enseigne, monté sur la frégate la Sémillante, donna maintes preuves d'une grande habileté dans la manœuvre, d'un sangfroid intrépide et principalement de cette qualité peut-être la plus difficile de toutes : l'autorité dans le commandement. Au mois de février ls Sémillante, dans un combat contre une frégate anglaise, venait d'avoir son capitaine et le capitaine en second mis hors de combat ; Baudin indiquait à un de ses canonniers la direction où pointer, quand un boulet ennemi lui emporta le bras droit et une partie du côté. Il fut pendant six mois entre les mains du
BAUDIN
chirurgien ; mais guéri et toujours plein de vigueur, cette terrible blessure ne fit que rendre encore plus imposants sa belle tenue et son martial visage. Revenu en France au printemps de 1809, il continua son service sur les côtes de la Méditerranée pour la protection du commerce de Toulon et de Marseille, et fut encore blessé dans divers combats contre la marine anglaise. A la chute de l'empire, il était capitaine de frégate et n'avait que trente ans. L'un des plus jeunes et certainement l'un des plus expérimentés parmi les officiers de son arme, il pouvait prétendre aux plus hauts grades en peu de temps ; mais il refusa de servir les Bourbons. Il entra dans la marine marchande, se maria au Havre en 1822, puis s'y établit en fondant une maison de commerce. La révolution de juillet réveilla son enthousiasme patriotique, mais sa maison de commerce fut entièrement ruinée. Il rentra au service de la marine en 1833 avec son grade de 1815 et fut chargé d'une mission à la fois politique et militaire à Lisbonne. L'année suivante il eut le grade de capitaine de vaisseau, en 1838 de contre-amiral et la même année il eut le commandement d'une expédition composée de quatre frégates et plusieurs corvettes, dontl'unemontée par le prince de Joinville, tils du roi Louis-Philippe, chargée d'aller exiger satisfaction d'injures faites au pavillon français par le gouvernement du Mexique. Le 27 novemb. (1838) après une seule journée de bombardement il s'empara de la forteresse de S. -Jean d'Ulloa qui défendait la ville de Vera-Cruz. C'était un de ces succès comme ceux de l'armée française en Algérie, succès remportés contre un trop faible ennemi et qui devaient plus tard induire la France à de funestes illusions sur sa puissance, mais c'était un succès loyal et plein d'honneur. L'escadre française avait mis en ligne 96 bouches à feu ; la forteresse en avait 186 et 10,000 hommes de garnison. Quand le général mexicain se rendit, l'un des articles de la capitulation stipulait que Vera-Cruz ne recevrait aucune augmentation de garnison ; mais le gouvernement du Mexique refusa sa ratification et introduisit aussitôt de nouvelles trou-
pes. Baudin ne songea pas à obtenir ce que les armées allemandes appellent un « effet psychologique » et, pour s'abréger peine et danger, à faire pleuvoir les obus sur la cité populeuse qui s'étendait à moins d'un kilomètre en arrière de S. -Jean; dans la nuit du 5 décembre, il forma trois colonnes d'attaque et à 4 heures du matin, ses marins s'élancèrent vers les remparts, les forcèrent et en firent le tour, encjouant sous la fusillade ou jetant à la mer toutes les batteries ennemies, sans que les citadins inoffensifs eussent rien à souffrir. La paix fut signée au mois de mars 1839 et Baudin rentra en France vice-amiral. L'année suivante il dirigea une expédition à peu près semblable à la précédente, dans le Rio de la Plata, et en 1848 et 49, il commandait une escadre envoyée dans les eaux de Naples et de la Sicile. Il avait atteint l'âge du repos et ne servit plus depuis lors, que dans les inspections et les comités. Sa haute raison d'accord avec les vieux souvenirs de sa famille l'avaient ramené, du catholicisme, à une ferme et vive adhésion aux doctrines protestantes. Quand fut organisé, en 1853, le conseil central des églises réformées il en obtint la présidence, qu'il exerça jusqu'à la fin de ses jours avec un souffle chrétien dont un témoin oculaire a rendu on ces termes la chaude impression : « Il avait le désir ardent du bien, le zèle de la paix et de l'union. Nous avons vu cethomme que n'avaitjamais ému aucun péril de la mer et des combats s'attendrirau milieu d'une assemblée où la désunion semblait prévaloir ; et à la vue de ce vieillard mutilé et en apparence aussi robuste qu'aux jours de sa jeunesse, mais vaincu en ce moment par son trouble ; à la vue de sa tête chauve et blanchie que l'émotion courbait, de sa figure vénérable mouillée de pleurs, toute l'assemblée tressaillit et chacun emporta au fond de son âme une admiration étonnée pour ce cœur si chaleureusement aimant et chrétien (A th. Coquerel). » Un accident détermina, au printemps de 1854, de graves désordres dans les organes atteints par ses anciennes blessures et il expira le 7 juin dans la plénitude de sa noble intelligence. — L'amiral Baudin