II. Hymne de la puissance divine
Paris, 1625, in-16: précédé d'une dédicace (signée M. A. . a très-noble et trèsvertueuse demoiselle, Mlle de Clermont d'Amboise.
Personne n'avait soupçonné dans le sévère théologien Moïse Amyraut la passion de faire et de publier des vers. Un de nos bibliophiles les plus éclairés, qui connaît à merveille les produits typographiques de la Touraine et de l'Anjou, dontil|>ossède une précieuse collection1, M. J. Taschereau, directeur de laRibliothèque nationale, rencontra un jour les deux volumes poétiques ci -dessus cotés, et pensa que les initiale- M. A. pouvaient cacher le nom du ministre de Saumur. M. Charles Read qu'il consulta sur ce point, lui écrivit : « Le nom de Clermont d'Amboise est une forte présomption que l'ouvrage est en effet d'Amyraut. La maison de Clermont d'Amboise est une des plus illustres de notre France protestante à cette époque. I un Clermont d'Amboise qui présidait l'assemblée politique de Châtellerault où s'ouvrirent en 1597 les négociations pour l'édit de Nantes. Le nom de Garlande confirme aussi la présomption, car le marquis de Garlande ou Gallerande était
1 Laquelle nous a largement servi à compléter la présente bibliographie.
AMYRAUT
L'aîné de la même maison ; c'était le; titre que portait précisément le président de l'assemblée de 1597 et la marquise douairière en 102") était probablement sa veuve. Le ton de la dédicace et celui des sonnets me semblent bien huguenots.
Enfin je possède, parune heureuse coïncidence, un volume qui tranche la question en ce qui concerne le libraire :
c'est un psautier de Charenton indiqué chez Pierre desHayes, rue de La Harpe, à la Rose rouge. » Nous rendrons la vraisemblance plus frappante encore en citant un passage des registres de l'acad. de Saumur (f° 52) qui montre Amyraut réprimandé pour s'occuper de vers lorsqu'il n'était encore qu'étudiant : « Le mercredi 19 aoust 1620, après enqueste faicte touchant Amirault escholier en la première classe et Fautrart estudiant en philosophie chargez d'avoir escript et semé les vers composés par Viguier [contre d'autres étudiants], il a esté adouci qu'en prenant pied sur les satisfactions faictes par le d. Viguier on se contentera que remonstrances leur soient faictes par les professeur et régent. »
Du reste, les vers d' Amyraut n'avaient rien qui les distinguât des autres vers très médiocres du même temps ; voici le commencement d'un de ses sonnets pris au hasard , le 71me :
Que me veux- tu, mon âme, quand tu fais Sonner au cœur une complainte amère Pour tes ennuis? U ma seulette, espère En ton Sauveur et endure, et te tais.
Tous tes soucis en qui tu te déplais, De la douceur de sa grâce, tempère !
Il est ton Dieu, ton Seigneur et ton Père, Ton Rédempteur, le Prince de ta paix.
III. Traité des religions contre ceux qui les estiment indifférentes ; Saumur, chez Cl. Girard, 1031, in-8°; 2" édit. Saumur, 1052, in-4°. Cette deuxième édition est précédée d'une épître à Mgr de Turenne, du 25 mars 1052. Traduit en allemand par Adrien Steger, Leipzig, 1007, in-12, et 1719, in-12; en anglais, Londres, 1000, in-12.— L'ouvrage est divisé en trois parties. Dans la lre, l'auteur combat les Epicuriens qui nient la Providence ; dans la 2e, il établit la nécessité d'une religion révélée; dans la 3e, il
prouve que la religion chrétienne doit être préférée à toutes les autres.
IV. Traité de la prédestination ; Saumur, 1634, in-8°; trad. latine, Salmurii, 1034, in-4° ; nouvelle édit., Saumur, 1058, in-8°,chez Isaac Desbordes (358 p.). Le titre exact de cette dernière est : Brief traité de la prédestination avec V eschantillon de la doctrine de Cah:in sur le même sujet et laResponseà M. de L. M. sur la matière de la grâce et autres questions de théologie. Elle est dédiée « A mess, les estudians en théologie de l'académie de Saumur. » Dans cet ouvrage, Amyraut développe ses idées sur la grâce divine. Gomme Zwingle, il croit que les païens vertueux seront sauvés. C'est vraisemblablement à cette polémique que se rattache un autre écrit d' Amyraut intitulé Réplique à M. de La Milletière; Charenton, 1633, in-8°.
V. 1. Sermon sur l'Apocalypse, II, 27 ; Charenton. Melchior Mondière, 1030, in-8°.
2. Six sermons de la nature, étendue, nécessité dispensative et efficace de l'Evangile; Saumur, 1036, in-8°, trad. en latin par Heinhold, Stade en Hanovre, 1717, in-8°.
3. Trois sermons sur V épître aux Ephésiens, ch. I, v. 16; Charenton, 1639, in-12(177p.).
4. Sermon sur ces mots : « C'est Dieu, etc. » (Philipp., v. 13), prononcé à Chastelerault le jour de la Pentecoste lorsque le synode de Poitou y célébrait la Cène. — Avec un autre prononcé à Saumur sur les mesmes mots; Saumur, 1640, in-8°. Dédié à M. de S.-George de Vérac.
5. Sermon sur le v. 55 de la lre épître de S. Paul aux Corinth. ; Saumur, 1644, in-10 (40 p.).
0. Sermon sur 2 T'un. I, 12, prononcé le 29 janvier 1045 pendant la tenue du synode à Charenton; Charenton, par Melchior Mondière, demeurant â Paris en la court du Palais, aux Deux Vipères,
7. Sermon sur ces mois de l'Apocalypse, I, 4 et 5 : « Jean aux sept églises, » etc. , prononcé le jeudy i de may 1045; Saumur, 1045, in-10.
8. Deux sermons .sur les versets 1 et S de S. Jean (ép. 1, ch.|5), prononcés à Gha-
AMYRAUT
renton au mois d'oct. 1645, avec une action sur le dimanche 47 du catéchisme; Saumur, 1646, in-8°. Dédié k'M^deMorin.s à Bordeaux.