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AMPROUX

ministre de Villemur, Jérémie Bançons, pasteur de Tonneins, et Christophe Forton, ancien de l'église de Bordeaux, pour exposer au gouverneur, au maire et au consistoire de cette ville, les motifs qui avaient déterminé sa conduite et pour les engager à accueillir convenablement le pasteur de La Vennerie, donné pour successeur à d'Amours.

Mais l'église de S.-Jean-d'Angely ne voulut rien entendre. En 1603, elle s'adressa de nouveau au synode national de Gap pour redemander son ministre, qui, soumis aux ordres du synode, remplissait alors ses fonctions à Châtellerault. Le synode se borna à confirmer le jugement de Jargeau, et d'Amours fut laissé à Châtellerault, où il termina sa carrière avant l'année 1609.

La famille d'Amours ne persévéra pas dans le protestantisme, car elle conserva ses charges. Après Nicolas d'Amours, conseiller au pari, de Rouen, en 1564 et 1566, président en 1574, on trouve (Cab. des titres) : Gabriel, conseiller au grand conseil ; — Pierre, sieur de Sarain, conseiller du roy en ses conseils d'Etat et privé, fils de Gabriel; — Gabriel et Louis, fils de Pierre, conseillers au parlement et chastelet de Paris, en 1611 ; — Gabriel, conseiller au pari, de Paris, en 1644; — Pierre, greffier au siège de l'élection d'Alençon, en 1705, etc. C'est certainement à cette famille qu'appartenait le ministre, et il avait des enfants, car il dit à la fin de sa lettre au roi, qu'il lui mènera son fils. On n'a aucune trace de ce fils à moins" que ce soit le capitaine huguenot à" Amours , qui prit part à la défense de Jargeau, en 1621 [II, 409 b]. Voy. encore [IV, 495 b]. — Susanne d'Amours du Homet, de Normandie, 63 ans, et Anne, sa sœur, réfugiées et assistées à Londres, 1705.

AMPHOSSI, massacré au Luc en Provence, 1562 [X, 470].

AMPROUX. Nom d'une famille de robe, originaire de Bretagne.

Daniel Amphoux, sieur de Champallard, époux de Catherine Guihard, avocat au parlement de Rennes, tenait de sa femme, héritière de Catherine Clouet, sa tante, la moitié des rentes dues à la seigneurie de Gavre et vendit cette moitié à Henri de Rohan le 22 août 1607.

Il était « alloué » de la cour et juridiction de Blain où il demeurait, en sa maison du Coing. Il résigna sa charge en 1616. De son mariage étaient issus : Jean qui suit; Anne, dlle de Champlouet, morte en 1653; Fbançoise, femme de René Loyseau, sieur de Meurier [VIII, 231 bj, morte à 82 ans le 31 mai 1682; Marie, femme de René du Bois-Guiheneuc ; et Renée, qui épousa, en 1663, Paul Pineau de La Throsnière [V, 58 b], et abjura à Blain. 25 décembre 1685.

Jean Amproux, sieur de La Massaye, fils de Daniel, épousa l°en 1630, Jeanne Boulleau, fille de feu Abraham Boulleau, conseiller-secrétaire du roi, et de Jeanne Coignard; 2° en 1642, Elisabeth de Massanes.

Il eut du premier lit : 1° Jean, marié en 1663 avec Anne, fille de Samuel Gaudon, sieur de La Rallière, conseillersecrétaire du roi, et d'Anne Menjot; 2° Marie, née le 25 juin 1632, et qui eut pour parrain Jacques Amproux, sieur de Lormes, procureur général des eaux et forêts en Bretagne1; 3° Elisabeth, née le 8 oct. 1633 ; 4° Jean, baptisé le 29 juin 1635; 5° Françoise, baptisée le 11 août 1636, femme, 1658, de Armand de Saint- Martin [IX, 91 b]; 6° Abraham, mort en naissant, 1637. — Du second lit : Auguste, baptisé le 6 avril 1643; Charlotte, morte à 2 ans en 1648; Philippe- Timothée, mars 1652-mai 1659; Elisabeth, 1653-54 ; Paul-Henry, né le 1 0 avril 1655 (parrain Pineau de La Throsnière, marraine Diane de l'Estoc de La Haye ; Angélique, 6 mars 1657- 19 juin 1711. Il mourut lui-même à La Massay s le 1 0 mars 1659 et sa femme peu après lui, la même année [VII, 307 b].

Benjamin, frère de Jean, sieur de La Massaye, lieutenant civil et criminel à Vitré, épousa en 1651, Andrée Vezinier, veuve d'Abel du Maistre, résident du prince de Birkenfeld [Cf. V, 347 a].

Jacques, qui avait été parrain de Marie, en 1632, était un troisième frère de Jean. Il devint plus tard intendant des

1 Ce titre est peut-être un vague équivalent de celui que portait Saunai .Imjtrini.r, sieur de l.a lla»e, qu'on trouve qualité de : « Maître et grand u'iiour des bois et forêts de Rohan au comté Nantais ». h était le mari de Diane de l'Estoc, Bile de noble nomme Daniel de

l'EstOC sieur .le l.a \aeln>nnei le qu'il avait épousée le isjanv. 1654, deux ans après avoir perdu Marguerite Kousset sa première femme.

AMPROUX — AMYAND

finances, puis conseiller du roi et des finances. Il mourut le 29 août 1679. et fut conduit à sa dernière demeure par son frère Benjamin et par son neveu Armand de S. -Martin. Il avait épousé Ma rie de Beringhen et était âgé a sa mort de 71 ans.

Il est très-probable que c'est au frère aine. Jean, qui d'avocat au parlement de Bretagne était passé conseiller à Paris, que s'applique ce passage des Notes secrètes sur le personnel des parlements vers Pitju :

« Emproux . conseiller au parlement « de Paris, a de l'esprit et de la capa- « cité. M picque de chaleur pour ses « amis, est seur. et brouillé avec l'In- « tendant son frère quoyqu'il en puisse érer beaucoup de bien. Est de la « religion. Est capable de grandes ou- « vertures et les pousse avec vigueur. »

Le prénom Jean était patronymique dans la famille des Amproux de La on La Massais), ce qui rend difticile la distinction à faire des membres qui le portaient. Après les deux magistrats qui se marièrent, le père, en 11130 et le lils en 1663, se place un troisième Jean Amproux de La Massaye qui, en 1684, était commissaire royal en Bretagne pour l'exécution des édits et qui portait en outre le* titres de a chevalier. c\ devant premier gentilhomme de la chambre du Roy de Suède et colonel de cavalerie •■ \

C'est de lui vraisemblement que les convertisseurs, deux ans après, avaient amèrement à se plaindre. L'un d'eux écrivait (B janv. 1696) à un confr « You> ne sauriez croire le mal que fait ledit de La Massaye. Il s'érige en pasteur et va incognito exhorter tous ceux qu'il sait qui sont prêts de changer, pour les détourner. Il se tient couvert et caché, n'allant le plus souvent que les soirs et changeant presque tous les jours de demeure. Il serait nécessaire de mettre cet homme en sûreté. » Trente ans après, en 171"». un « sieur de la Massais tils ». bis du colonel peut-être l. donnait encore des inquiétudes parce

1 Dans VEtat de distribution telle ea Angleterre pour l'an itoô ligure MHM ayant r.çu un secours de 33 1. st. Jacques Amproux de ta Massaye, de Blain en Bretagne, âgé de 38 ans, réfute à tarse] Vltt sa femme

que de Jersey où il vivait après avoir épousé la fille d'un gentilhomme du pays, on craignait qu'il ne vint secrètement à Xantes. recueillir et emporter les valeurs mobilières (iO à 50.000 fr.), dépendant de la succession de sa mère qui venait de mourir. On prit alors des mesures rigoureuses pour empêcher ce mauvais exemple d'un fils huguenot héritant de sa mère et il parait qu'en effet le bien de Mme de la Massaye passa à un collatéral catholique, le comte de Clermont L

Nous devons citer encore MM. Amproux de Lorme, qui contribua en 1639 à la construction du temple de Bottier en Blain : Amproux de La Haye, qui lit de même et qui ayant acheté en 1643 un office de judicature à Vitré, en fut dépossédé comme huguenot ; Amproux seigneur du Ponfpiétin , condamné à l'amende en fév. l*„sr> parce que le fils d'un catholique avait assisté au prêche à Pontpiétin ; Henri Amproux de Lorme de La Mai -. de Monchamps,

m. en 1709 apri - - acquis un triste renom comme convertisseur ; M"e de La Massais qui enfermée en 1687 dans le couvent des Nouvelles-Catholiques à Paris [VU, 139 b. demandait à être enen Poitou auprès de ses frères devenus catholiques, et une dame Elisabeth Amproux réfugiée et assistée à Londres en 1721. avec ses deux tilles. = i : De sinople à 3 larmes d'argent "2 et 1, suivant un arrêt du 17 nov.

(Haag. — Yairiuaud.)

LiéYre, Protest, du Poitou, 111,7. - \aurigaud. £ssui sur r histoire des Eglises réformées de Bretagne de 1535 à 1808. Paris. CTiiéiUm. iSTo, I vtL in-8», III, 13»; — Meut, de Poucault, pabl. par Baudry, ■

AMY (Anthoine), ■< de Barjol en Provence », reçu habitant de Cenève, 16 octobre 1572.

AMYAND Daniel ou Amiand. quelquefois Amian [Haag, 1,68. — VI, 215 b].

et quatre enfants. Us sont inscrits déjà dans l'état de

1 on ne sait pas non plus à qnel membre de cette famille doit être rapporté ce trait de l'Hist. de ledit de Nantes par Elie Benmt (V, 889) : « lu fermier de La Massaye, gentilhomme connu >ur 1< s limites dn Poitou et de Bretagne, ayant les pieds et le> mains grillés et | i il ue pouvait plus le> étendre, lui pr.x'iné a I intendant par son maître. L'intcnd.<nt eut horreur 4e ee ;-peclacle et en temoigna de l'indignation. Mai» toute la justice qu'il en fit fut qu'il envoya dés le lendemain une grosse garnison chez ee gentilhomme. >

AMYAND — AMYOT

— Marie Amiand (?) ou Armand, v. 1600 [V, 327 a].

Daniel Amyand, de Mornac, Saintonge, étudiait la théologie à Genève en 1672; de retour dans sa province il fut nommé pasteur de Marans (Aunis). En 1684, une poursuite judiciaire fut dirigée contre lui, pour avoir fait des prières publiques contre le roi et outragé le saintpère du nom d'antechrist. En réalité, son crime était d'avoir lu, le dimanche, après le sermon, comme cela se pratiquait dans toutes les églises , cet article de la liturgie : « Nous te recommandons nos frères qui sont dispersés sous la tyrannie de l'antechrist, étant destitués de la pâture de vie, et privés de la liberté de pouvoir invoquer publiquement ton saint nom, même qui sont détenus prisonniers ou persécutés par les ennemis de ton Evangile. » Amyand se constitua prisonnier à La Rochelle, où son procès fut instruit. Il fut condamné à l'interdiction, à l'amende et au bannissement de la province. A la Révocation, s' étant réfugié en Angleterre, il y fut naturalisé avec sa femme et leurs sept enfants, le 10 oct. 1688. Deux ans après, on l'investit du rectorat de Hollenb'y et, en 1718, on lui donna un canonicat dans la cathédrale de Peterborough. Il mourut en 1730. Son troisième fils, Claude Amyand, devint chirurgien ordinaire du roi George II et mourut en 1740, laissant pour fils, à son tour, des hommes distingués : 1° Claude, sous-secrétaire d'Etat; ^George Amyand, baronet, membre du Parlement; 3° Christophe, commerçant. De sir George sont issus deux fils et deux filles, les comtesses de Minto et de Malmesbury (Agnew, Protest. Exiles).

Il est difficile de ne pas admettre de parenté entre la famille qui précède et Daniel Amien, inscrit le 10 mai 1677 à la faculté de théologie de Genève comme natif de Vinsobre (Drôme), et qui, n'étant encore qu'étudiant, fut parrain de Daniel Amian, fils iVIsaac, chirurgien du roi, et d'Anne Hotot(Reg. de Charenton). Cet Amian, étudiant en 1677, était pasteur de La Ferté-Vidame en 1679 [IV, 356 b]. Le chirurgien Isaac Amyan, outre son fils Daniel, eut encore : Isaac, né le 29 nov. 1677, .Iran- Paul, né le -22 nov. 1682, et plusieurs

filles. — Un Isaac Amiand, avec Anne sa femme, six fils et une fille, fut naturalisé à Londres le 9 sept. 1698.

1. AMYOT (Jacques), savant helléniste et l'un des maîtres de la langue française [Haag 1, 70], né à Melun en 153$, W et mort à Auxerre en 1593, eut dans sa jeunesse quelque penchant pour les doctrines de la Réforme, puisqu'il fut obligé de fuir Paris, en 1534, afin d'échapper aux poursuites, qui sévirent en cette année, contre les hérétiques. Il n'est donc pas impossible de le nommer dans une Riographie protestante. Mais choisi par le roi Henri II pour précepteur des enfants de France, puis abbé

de Rellozane (Normandie) en 1546, grand aumônier en 1560, commandant de l'ordre du S. -Esprit, enfin ayant vécu les vingt-trois dernières années de sa vie et étant mort évèque d' Auxerre, Amyot n'a droit ici qu'à une simple mention.

2. AMYOT (Nicolas), à Angers, 1563 [IV, 500 a]. — (Pierre), sieur des Monceaux, Gien, 1627, 1632 [VI, 28, a] — (Catherine), 1649 [VII, 394 b].

3. AMYOT, docteur en médecine et médecin ordinaire des eaux de Rourbonles-Bains, remplit à plusieurs reprises les fonctions de commissaire du roi auprès des synodes de l'Orléanais. Zélé protestant, il refusa de se convertir lors de la révocation de l'édit de Nantes. Il finit pourtant par céder, et obtint la permission de retourner à Bourbon (Arch. gén. E, 3371), d'où il alla bientôt après s'établir à Rlois. En 1687, il fut dénoncé comme mauvais catholique (Arch. ibid.); mais cette dénonciation ne paraît pas lui avoir attiré de persécutions. Il n'en fut pas de même en 1699 [X, 436], où soupçonné d'avoir favorisé l'évasion de sa fille qui était passée en Angleterre, il fut arrêté et jeté à la Pastille (Arch. M, 678). L'année suivante, sa femme mourut, et comme elle avait refusé de recevoir les sacrements de l'Eglise romaine, ordre fut donné (Arch. E, 3386) de faire le procès à son époux.

4. AMYOT(Jkan-Haptisti.;), d'Orléans, étudiant à Genève, 1672. — (Anne), femme de Moïse, horloger à Orléans.

avec quatre enfants; assistes à Londres. 1705. — (Pierre), naturalisé anglais.

IXo

AMYOT — AMYRAUT

isr.

8 mai 1697. — (Pierre), de Tours, ouvrier en soye, 56 ans. et sa femme. 5i ans. confesseuse; assistas à Londres. 1705.

— Etienne Amiot, directeur de l'hospice des réfugiés franc, à Londres, i TOT». — Voy. Amiot.

f. AMYRAULT Abel), seigneur de Beausoudun [I, 79 b; X, 318, 346] ou Yausoudan, fut pasteur de S.-Agnant dans le Maine, au moins depuis 1623 jusqu'en 1663. On a lieu de croire qu'il était le père du célèbre théologien Moïse Amyraut qui suit. (Voy. C. Port, Dictionnaire hist.de Maine-et-Loire, I, 18.)

•2. AMYRAUT Moïse). un des théologiens les plus distingués et les plus influents du XYIP siècle [Haas I. 72. — I, 80 a, 233 h; II, 53 a, 310, 319, 3-2-2. 495; IU, 96, 438, 176, -226 ; IV, 180 a, 182 a, 423 b; Y. 103 a. 272 b, 301 b, 418 a, 437 a. 514 h; Yi. 10 a, 208 b, 209 a, 310 a; VIII. 437 b; IX, 58 b, 176 a, 348 a: X. 319. 346].

Il naquit à Bourgueil, en Touraine.au mois de septembre 1596, d'une famille honorable qui prétendait descendre des L'Amyraultd'Orléans.i Yo\ . sur ce point Chauffepié.) Son père, désirant qu'il succédât à un de ses oncles dans la charge de sénéchal de Bourgueil, l'envoya à Poitiers suivre l'école de droit. Le jeune Amyraut s'appliqua avec tant d'ardeur à l'étude de la jurisprudence, qu'au bout d'un an, il fut en état de prendre ses licences ; mais il n'alla pas plus loin dans une carrière qui semblait s'ouvrir à lui sous les plus heureux auspices. Les conseils de Bouchereau, ministre de Sancerre. fortifiés par l'impression profonde que lui laissa la lecture de l'Institution chrétienne de Calvin . le décidèrent à étudier la théologie, et dès qu'il eut obtenu le consentement de son père, qui ne renonça pas toutefois sans peine à des arrangements de famille, il se rendit à Saumur où il fit son cours d'études sous Cameron.

Lorsque Daillê fut appelé à Charenton. en 1626. l'église de Saumur choisit Amyraut pour le remplacer, en même temps que celles de Rouen et de Tours le demandaient pour pasteur. Saumur l'emporta et le chargea en même temps de remplir provisoirement à l'académie, de concert avec Gappel qu'elle lui adjoi-

gnit, la chaire de théologie. En 1631, Amyraut fut député par la province d'Anjou au synode national de Charenton qui le chargea avec François de Mitntauhan de Rambault. seigneur dp Yillars et ancien de l'église de Gap. de porter en cour les remerciments des églises pour la permission qu'elles avaient obtenue de s'assembler, et aussi leurs très-humbles représentations.

Des difficultés s'élevèrent tout d'abord sur la manière dont cette requête serait présentée. Richelieu voulait que. conformément à un cérémonial reçu, les députés du synode parlassent au roi à genoux ; mais après de longues négociations, la fermeté d' Amyraut obtint la suppression en fait de cet usage humiliant; moyennant sans doute la concession qu'il fit de dire en commençant son discours : « Sire, les députés recognois- « sans la liberté de laquelle ils jouissent « par la grâce de Y. M., viennent ployer « les genoux devant elle pour luy en « faire l'hommage en révérence avec « tous les ressentiments de gratitude a dont l'esprit humain peut estre ca pâte ble. >• Sa harangue plut fort au cardinal de Richelieu qui conçut pour lui beaucoup d'estime et qui lui fit l'honneur de le consulter sur son fameux projet de réunion des deux Eglises.

En 1632, Amyraut assista au synode provincial de Baugé (18 juin. L'année suivante (juin 1633 il subit avec Louis Cappel et Josué de La Place, devant le synode tenu à Saumur, les épreuves réglementaires. Il y satisfit et soutint sa thèse {De Sacerdotio Christi) à l'applaudis>ement général. Il entra ainsi en exercice en même temps que deux collègues, avec lesquels il se ha d'une étroite amitié que n'altéra jamais la différence de leurs opinions sur certains points de la dogmatique. Leur affection dut lui être d'autant plus précieuse qu'il ne tarda pas à se trouver engagé dans une ardente polémique et exposé aux plus vives attaques. Disciple aimé de Cameron. il avait adopté le système de conciliation entre l'arminianisme et le gomarisme imaginé par son maître, et ses relations intimes avec Paul Testard, pasteur de Blois, l'avaient encore affermi dans ses convictions. La querelle

AMYRAUT

n'était point assoupie entre les deux partis qui avaient divisé le synode de Dordrecht ; peut-être Amyraut espérat-il y mettre un terme en se portant comme médiateur. Ce fut en 1634 qu'il publia son traité De la Prédestination où il développa ses opinions avec une sagacité et une érudition remarquables.

Selon lui, Dieu désire le bonheur de tous les hommes et personne n'est exclu par un décret divin des bienfaits que procure la mort de Jésus-Christ; cependant nul non plus ne peut y participer ni par conséquent être sauvé, à moins de croire en Jésus-Christ. Dieu, dans sa bonté immense et universelle, ne refuse à personne, il est vrai, le pouvoir de croire ; mais il n'accorde pas à tous l'assistance nécessaire pour qu'ils fassent usage de ce pouvoir, en sorte que plusieurs périssent par leur faute, sans qu'on puisse accuser la bonté de Dieu.

Cette théorie, que l'on désigne sous le nom d'universalisme hypothétique, fut vigoureusement attaquée par André Rivet, Frédéric Spanheim, J.-H. Heidegger, Du Moulin, Jurieu, qui la traitèrent de pélagianisme déguisé et accusèrent l'auteur de contrevenir aux décisions du synode de Dordrecht pour favoriser l'arminianisme. En vain Amyraut voulut-il couvrir sa doctrine du nom de Calvin, en soutenant que le grand réformateur avait enseigné la grâce universelle; il ne put convaincre ses adversaires et la question fut portée devant le synode national d'Alençon.

L'animosité contre le professeur de Saumur était telle que plusieurs députés ne parlaient de rien moins que de le déposer. Mais à cette époque déjà, il commençait à s'opérer dans les croyances de l'Eglise protestante française un changement dont on doit peut-être chercher la cause principale dans la défense, faite dès 1623, d'admettre les étrangers aux fonctions pastorales et denvoyer les jeunes candidats au ministère faire leurs études hors du royaume. Avant cette défense, beaucoup de pasteurs sortaient chaque année des universités de la Suisse et de la Hollande, de celle de Genève surtout où dominaient les doctrines du calvinisme pur ; mais lorsque Louis Xlll eut déclaré qu'il ne per-

mettrait plus à l'avenir qu'on mît à la tète des églises des ministres formés dans les écoles étrangères, les jeunes protestants qui se destinaient à la carrière théologique furent forcés de faire leurs études dans l'une des trois universités de Saumur, de Montauban ou de Nîmes. La première, qui était la plus célèbre, attira le plus grand nombre d'étudiants, surtout des provinces de deçà la Loire, et comme Caméron y professait des principes d'une tolérance assez large, il en résulta naturellement une modification notable dans les opinions du clergé protestant de France.

Aussi le synode d'Alençon refusa-t-il de s'associer aux mesures de rigueur quebeaucoup de députés , principalement parmi ceux des églises du midi , réclamaient contre Amyraut. Sans s'arrêter aux lettres qui lui avaient été écrites par les universités de Genève et de Leyde, l'assemblée se déclara satisfaite des explications qu'il donna, ainsi que le pasteur Testard, et les renvoya l'un et l'autre honorablement en leur recommandant la discrétion et la prudence, et en imposant sur ces questions aux deux partis un silence qui fut mal gardé.

Amyraut continuant à être attaqué, se défendit. De nouvelles plaintes furent donc portées contre lui au synode de Charenton, qui se montra peu disposé à y donner suite, et qui se contenta de renouveler la défense de « disputer sur des questions inutiles, qu'on ne propose que par pure curiosité et pour faire paraître la subtilité de son esprit. » Il ne tarda pas à donner d'ailleurs au professeur de Saumur une preuve de la haute estime qu'il avait pour lui, en le chargeant d'entrer en conférences avec La Milletière contre qui il avait déjà soutenu une vive polémique. Mais en disputant de vive voix , les deux con trover s i rtes ne purent pas mieux parvenir à s'entendre.

De retour à Saumur, Amyraut, tout en s'occupant de travaux plus utiles, continua de repousser avec autant de sagacité que de modération les attaques des adversaires de son système. Ces luttes incessantes étaient pénibles pour un homme d'un caractère doux et affable comme il était; aussi se prèta-t-il de

AMYliAI J

grand cœur à une réconciliation avec Rivet. Du Moulin et le pasteur de la Rochelle. Philippe Vincent, qui avait chaudement combattu ses principes sur l'obéissance passive.

Il avait été député en 1638 au synode de Rellesme ; il fut nommé recteur de l'acad. de Saumur en 1639. principal en 1640, « tant à cause de sa grande suffisance pour toutes les fonctions de la dite charge, que particulièrement afin de le retenir et conserver à cette académie en cas que son indisposition l'obligeât à se décharger d'une partie ou de tout l'exercice de son ministère. » En 1642, 1645, 1647, 1652, 1650. il prit encore part aux travaux des synodes de diverses provinces et en 1658 il se rendit à Rourbon et à Paris sans doute pour le soin de sa santé qui allait s'aflàiblissant.

En 1659, la prorince d'Anjou l'enleva une fois encore à ses doubles fonctions pour l'envoyer, en qualité de son représentant, au synode national de Loudun.

node lui confia le soin de publier, avec Blondel, Gaultier et Catelan, une édition correcte de la discipline des églises réformées de France. Après la clôture des séances de cette assemblée, Amyraut retourna à Saumur qu'il parait n'avoir plus quitté jusqu'à sa mort, arrivée le 8 janvier 1664 '.

A des talents éminents. à un parfait usage du monde, à un caractère plein de bienveillance et de fermeté à la fois, Amyraut joignait une charité inépuisable. Pendant les dix dernières années de sa vie. il distribua aux pau^ distinction de religion, les revenus de sa place de pasteur. Ce désintéressement ne put lui faire trouver grâce aux yeux itholiques bigots qui. en 166"2. lui intentèrent un procès au sujet de la taille. Le procureur général près de la cour des aides saisit cette occasion pour obtenir un arrêt qui défendit à toi.

ministres de prendre. — attentat scandaleux, selon lui, — le titre de docteur en théologie! Amyraut trouva du moins une compensation à ces misérables vexations, dans les témoignages de considération et de respect qu'il reçut jusqu'à la

1 Jean Carré y fit imprimer la même année des vers hébreux sur sa mort (11!, 226 a|.

fin de sa vie d'un grand nombre de catholiques, parmi lesquels on cite des évêques . des archevêques . les cardinaux de Richelieu et de Mazarin . les maréchaux de Rrézé et de La Meilleraie . et le premier président du parlement de Rourgogne. Le Goux de La Rerchère. — Son portrait a été peint par Philippe de Champagne et gravé par Pierre Lombard.

Dogmatiste. exégète. moraliste et prédicateur renommé, Amyraut a beaucoup écrit, mais ses ouvrages sont fort rares. Nous en donnerons la liste en suivant.

autant que possible, l'ordre de leur publication.

I. Cent cinquante sonnets chrestiens ; Paris, chez Pierre des Hayes, rue de La Harpe, à la Rose rouge, 1625, in-16.

Précédé d'une épitre dédicatoire (signée M. A.) à haute et puissante dame madame de Clermont d'Amboise, marquise douairière de Garlande.

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