XVI. Apologie pour ceux de la Relu
AMYRAUT
gion sur les sujets d'aversion que plusieurs peuventavoir contre leur personne et leur religion; Saumur, 1647, in-12; Gharenton, 1648, in-8°. — L'auteur cherche à justifier ses coreligionnaires au sujet des guerres religieuses qui ont désolé si longtemps la France, en déclarant toutefois de la manière la plus formelle, qu'il n'est en aucun cas permis à des sujets de prendre les armes contre leur prince, et en proclamant conforme aux principes de l'Evangile et de l'Eglise primitive de n'opposer à la persécution que la patience , les larmes et la prière.
XVII. Disputatio de libero hominis arbitrio; Salmurii, 1647, in-12; avec une épître dédicatoire à Jean de Croï, pasteur de Béziers.
XVIII. De secessione ab ecclesia Ro~ mana deque ratione pacis inter evangelicos in religionis negotio constituenda;, disputatio; Salm. 1647, in-8°; dédié à Guillaume VI, landgrave de Hesse; trad. en allem., Gassel, 1649, in-8°. — Amyraut composa cet ouvrage dans l'espoir de réunir tous les réformés contre l'Eglise romaine qui ne cessait de reprocher à l'Eglise protestante les schismes qui la divisaient. Quelques années plus tard, il traita avec plus de développement le même sujet dans son Etp'/jvikov sive de ratione pacis in religionis negotio inter Evangelicos constituendsô consilium; Salm., 1662, in-8° (16 et 407 p.), qu'il dédia à quatre théologiens allemands de Marbourg et de Rinthlen.
Les auteurs de la. Biographie universelle ne nous apprennent pas sur quoi ils se fondent pour contester cet ouvrage à notre auteur.
XIX. Considerationes in cap. Vil D. Pauli ad Romanos; Salm. 1648, in-12.
XX. Spécimen animadversionum in exercitat. de gratia universali; Salm.
1648, in-4° (2 tomes de 346 et 508 p. en un vol.). Cet écrit est dirigé contre le théologien allemand, Fried. Spanheim; voici dans quelles circonstances : « Le sieur Amyrault a remonstré que par le synode de Gharenton dernier, il a été arrêté que si quelques écrits publics venoient de dehors le Royaume par les q. sa doctrine fut rendue suspecte ou
sa réputation flétrie , il demanderoit permission au synode d'y faire réponse et étant notoire que le sr Spanheim a composé de gros livres impugnant sa doctrine, demande qu'il lui soit donc permis de se défendre, la soutenant orthodoxe, afin qu'elle ne soit blâmée et que son long silence ne soit préjudiciable à sa réputation. La Compagnie, vu l'arrêté du dit syn. national, et que les livres dudit sr Spanheim se voient dans les boutiques des libraires, a permis audit sr Amyrault de se défendre et communiquera ses écrits aux professeurs de lad. académie de Saumur et soit exhorté de se contenir, en écrivant dans les termes des synodes nationaux d'Alençon et de Gharenton derniers. » (Synode provinc. de Saumur, juill. 1646.)
XXI. Considérations sur les droitspar lesquels la nature a réglé les mariages; Saumur, 1648, in-8°(16 et 429 p.). Précédé d'une épître dédicatoire (du 15 août 1648) àM.Le Goux, sgrdeLaBerchère, premier président au parlem. de Grenoble. Traduit en latin par Reinhold, sous ce titre : Moysis Amyraldi theol.
et philosophi clarissimi de jure naturx quod cormubia dirigit dispositions sex ex gallica versai a Bern. Henr. Reinoldo antecessore Herbonense, ex bibliotheca Gerh. von Maestricht J. C. S. B. qui notas aliaque ejusd. argumenti addidit; Staduc, 1712, in-8°; réimprimé en
XXII. Six livres de la vocation des pasteurs; Saumur, J. Lesnier, 1648, in -8°. Précédé d'une épître dédicatoire (du 16 nov. 1648) à Mgr Henry Charles de la Trémoille; 2e édit., Saum. 1649, sans autre changement que la date delà lettre (2 déc. 1648); l'une et l'autre 496 p. Ce livre est la réfutation par Amyraut, d'une des accusations les plus rebattues par les missionnaires catholiques, savoir que la vocation des pasteurs réformés n'est pas légitime.
XXIII. Ad G. Riveti responsoriam epistolamreplicatio ; Salm. 1649, in-8°.
XXIV. Adversus epistolx historien criminationes dej'ensio, ad D. Chabrolium ïhoarsensis ecclesia; pastorem ; Salm. 1649, in-12; 2e édit., 1662, in-8». — Défense des principes soutenus dans l'Apologie.
AMYRAUT
XXV. Discours de la souveraineté des rois; Paris (Charent.?), 1650, in-8°. — Dans cet écrit, composé à l'occasion de l'exécution de Charles Ier, roi d'Angleterre, Amyraut s'élève contre les Indépendants, en se portant le défenseur de l'inviolabilité de la personne royale et en proclamant le principe de l'obéissance passive. Ce livre contribua sans aucun doute à lui gagner la faveur de Mazarin, mais il lui attira les plus vives attaques de la part de Philippe Vincent, qui avait déjà combattu ses principes sur cette matière.
XXVI. La Morale chrétienne; Saumur, 1652-1660, 6 vol. in-8°, chacun de 650 à 800 pag. — Fruit des conversations d' Amyraut avec Villarnoul, un des gentilhommes les plus instruits de l'Europe, et digne héritier à cet égard de son aïeul maternel Du Plessis-Momay , cet ouvrage est le premier essai qui ait été fait en France d'un système complet de morale. Il se divise en quatre parties. Dans la lre, l'auteur nous présente l'homme dans l'état de nature, avant qu'il y ait eu ni loi morale ni législateur, et il recherche les lois que la nature impose à l'homme dans cet état, qui n'est point un état de sainteté, mais un état d'innocence, d'ignorance du mal. Il tire ainsi, selon son expression, la première idée de la morale des pures institutions de la nature; en d'autres termes, il fait découler nos devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes des facultés et des instincts innés en nous.
Dans la 2e partie, il considère l'homme dans son état de corruption, et il démontre par une critique sage et éclairée l'imperfection de la morale des païens et des Juifs. Il ne se dissimule pas que la morale des livres saints est loin d'être partout irréprochable. Selon lui, le Décalogue n'est pas le résumé de toute la législation morale révélée, et il ne voit pas simplement dans les enseignements du Christ et des Apôtres le développement de la loi donnée sur le Sinaï. Heureux novateur à cet égard, il remonte au delà de Moïse, et il cherche les bases de la morale chrétienne dans les lois mêmes de la nature humaine. «Je me suis proposé, dit-il, de faire une morale chrétienne dans laquelle j'édifierai sur les
fondements de la nature les enseignements qui nous ont été donnés par la révélation. » Les dernières parties sont donc consacrées à la morale évangélique, mais considérée plutôt sous le rapport des devoirs que l'homme doit remplir dans les différentes situations de la vie, que sous un point de vue général. C'est un défaut, et le plan, plus historique que systématique, suivi par l'auteur, en a nécessairement entraîné un autre, — de fréquentes répétitions. Le style, d'ailleurs, ne manque pas d'une certaine éloquence, de chaleur ni de clarté. Tout en imprimant à son livre le cachet d'une vaste érudition , Amyraut a su éviter avec habdeté cette forme sèche et subtile pour laquelle les moralistes de l'époque avaient une prédilection marquée.
Admirateur de l'Ethique d'Aristote, il s'est sans doute renfermé trop scrupuleusement dans les limites tracées par le philosophe de Stagyre, mais on ne peut lui contester le mérite d'avoir le premier établi une distinction bien marquée entre la morale de Moïse et celle du Christ.
XXVII. Du gouvernement de l'Eglise contre ceux qui veulent abolir l'usage et l'autorité des synodes; Saumur, 1053, in-8°. 2e édit. : Saumur, 1058; avec un Appendice au livre Du gouvernement de l'Eglise où il est traitté de la puissance des coîisistoires. — Les doctrines des Indépendants d'Angleterre avaient trouvé des partisans parmi les protestants français, surtout dans les provinces maritimes. Le synode de Charenton les avait hautement condamnées déjà en 1644 ; mais sans doute que ses censures n'avaient pas suffi, comme il l'espérait, pour couper le mal dans sa racine, puisque Amyraut entreprit de nouveau de les combattre dans cet ouvrage,
XXVIU. Du règne de mille ans ou de la prospérité de l'Eglise; Saumur, 1654, un vol. in-8°. — Toujours infatigable, Amyraut venait à peine de lancer son manifeste contre les Indépendants, lorsqu'il prit à partie un avocat de Paris, nommé de Launay, qui était grand partisan du chiliasme. Cette fois, il rencontra un rude adversaire qui ne voulut pas lui céder le dernier mot. A sa Réponse (Charent. 1655, in-8°), Amyraut opposa
AMYRAUT
une Réplique (1656, in-8°) à laquelle de Launay répliqua à son tour par un Examende saRéplique(Charent. 1658, in-80}; et Amyraut termina la querelle par une Apologie contre les invectives de Launay ; Saumur, 1657, in-8°. Du moins termina-t-il ainsi avec cet adversaire; mais d'antres opposants s'élevèrent, témoin l'ouvrage suivant : Assertion du règne de mille ans ou de la prospérité de l'Eglise de Christ en la terre. Pour servir de responce aie Traittè de Monsieur Moi/se Amyraut sur ce même suject. Descouvrant le triste préjugé qui possède aujourd'huy la pluspart des Eglises contre le règne du Seigneur de toute la terre, par Pierre Serrurier ; Amsterdam, Gh.LuyCken, 1657, in-8°(397 p.).
XXIX. Explication de l'histoire de Joseph; Saumur, 1658, in-8°.
XXX. Discours sur les songes divins dont il est parlé dans l'Ecriture ; Saumur, 1659, in-12; dédié à M. Gâches; traduit en angl. par Lovvde, Londres, 1676, in-8».
XXXI. Exposition du chapitre VI de F épistre aux Romains ; Charent., L.Vendosme, 1659, 64 p. in-8°. Dédié, en tête, à MIle de La Suze. — L'Exposition du chap. VIII (Gharent. 1659; 117 p. in-8°) est dédiée à S. A. Mmc la princesse de Turenne. L'Exposition du chap. XV de la lre aux Corinth. est dédiée : A M. Conrart, conseiller et secr. du Roy (Gharent. 1659, 103 p. in-8°). — D'après cette dernière, on voit que ces expositions étaient des conférences qui se tenaient à l'hôtel de Turenne. On a une réimpression datée de 1667, in-8".
XXXII. Apologie de S. Etienne à ses ■juges; Saumur, 1660, in-4°. — Ce poi;me fort médiocre faillit lui attirer une fâcheuse affaire. On l'accusa d'y avoir parlé avec irrévérence du Saint-Sacrement. Il crut prudent, de se justifier dans •une lettre qui ne paraît pas s'être conservée.