VI. Sermons sur l'amour de la patrie; Berlin, 1793, in
VIL Tentamen in psalmo sexagesimo octavo denuo vertendo, cum Dissertatione historica, quam claudit Carmen seculare Horatiicum eodem psalmo collatum; Berlin, 1797, in-8°. — Attribué par quelques-uns au fils de L.-F. Ancillon et, entre autres, par le bibliographe allemand Kaiser.
Ancillon est encore l'auteur d'un Eloge de Saurnaise , couronné par l'académie de Dijon, et de divers Mémoires insérés dans le recueil de l'académie de Berlin.
6. Jean-Pierre-Frédéric Ancillon, fils du précédent, naquit le 30 avril 1767.
Elevé sous les yeux de son père,U montra de bonne heure les plus heureuses dispositions et un goût prononcé pour le» études historiques. Ses cours universitaires terminés, il partit pour Genève, voyage que l'on regardait alors comme le complément nécessaire de tout enseignement théologique, et de là il vint visiter Paris au moment même où la révolution commençait. Après un séjour de quelques mois, il retourna à Berlin où il fut nommé ministre du saint Evangile , dans l'église du Werder.
Appelé, en 1791, à Rheinsberg pour bénir un mariage que le prince Henri, frère de Frédéric -le- Grand , honorait de sa présence, il s'éleva dans le discours qu'il prononça en cette occasion (Berlin, 1791, in-8°) aune éloquence si entraînante, que leprince l'admit dès cet instant dans son intimité. Ce fut ainsi qu'une circonstance toute fortuite , devint la source de sa haute fortune. Quelque temps après, à la recommandation du prince, il fut nommé professeur d'histoire à l'académie militaire.
Cependant la révolution française grandissait de jour en jour et menaçait les Etats voisins. Dévoué de cœur au pays qui avait adopté sa famille, Ancillon voulut, autant qu'il était en lui, contribuer à sa défense, et il se mêla activement à la polémique des journaux. Ce fut aussi vers ce temps qu'il publia un fragment de son voyage en Suisse, puis
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une lettre écrite de Paris, en 1789, sur l'état de la littérature en France, et des Considérations sur la philosophie de l'histoire (Berlin, 1796, in-8°). Cette activité littéraire ne lui fit pas négliger toutefois ses autres devoirs. 11 continua de remplir avec zèle ses fonctions pastorales, et on doit sans aucun doute rapporter à cette époque de sa vie quelques-uns des sermons qu'il mit au jour plus tard sous le titre de Sermons prononcés dans l'église des réfugiés de Berlin (Berlin, 1818, 2 vol. in-8°). Si le bibliographe Kaiser ne commet pas une erreur, c'est au moins en ce temps-là qu'il prononça les oraisons funèbres d'Elisabeth-Christine, reine douairière de Prusse , et du prince Louis de Prusse (Berlin, 1797, ih-8°).
Comme orateur de la chaire, Ancillon jouissait d'une réputation aussi haute que méritée; cependant ce n'est pas à ses sermons, mais à ses écrits sur la philosophie et l'histoire qu'il doit la plus grande partie de sa célébrité.
En 1801, il publia, outre un Sermon sur le jubilé séculaire de la Monarchie prussienne (Berlin, in-8°), des Considérations générales sur l'histoire ou Introduction à l'histoire des révolutions du système de l'Europe pendant les trois derniers siècles (Berl. in-8°J, des Mélanges de politique et de philosophie morale (Berl. in-8°J, et des Mélanges de littérature et de philosophie (Berl.
in-8»; 2e édit. , Paris, 1809, 2 vol.
in - 8°j « Ces ouvrages révélèrent, dit M. Schnitzler, dans l'Encyclopédie des gens du monde, un homme qui avait mûrement réfléchi sur les principales questions débattues par les philosophes. Habile à résumer les discussions et ce que des opinions différentes pouvaient avoir de commun, Ancillon, éclectique par la solidité de ses connaissances, a beaucoup contribué à mettre dans tout leur jour les systèmes des philosophes, à en montrer les cotés vulnérables, à en signaler les égarements, et à faciliter la fusion de ceux qui, dégagés de ce qu'ils avaient d'antipathique, semblaient se compléter réciproquement. 11 n'a jamais fait école lui-même, et néanmoins sa philosophie est bien à lui; elle est éclairée, bienveillante, aussi
éloignée de la témérité que d'une timidité excessive, claire surtout et ennemie des voiles mystiques. »
En 1803, Ancillon fut nommé historiographe de la Prusse. L'année suivante, l'Académie l'admit dans son sein et la classe de philosophie le choisit pour secrétaire, fonctions qu'il remplit jusqu'en 1814. Ce fut en 1805 qu'il acheva la publication de son grand ouvrage : Tableau des révolutions du système politique de l'Europe depuis la fin du XV" siècle (Berl. 1803-1805, 4 vol.
in-8°; nouv. édit. revue et corrig., Paris, 1823, 4 vol. in-8°). L'importance de cet écrit le plaça au rang des véritables historiens et lui valut de nouvelles faveurs : en 1810, il fut institué précepteur du prince héréditaire. Nommé conseiller de légation au ministère des affaires étrangères, il y exerça bientôt un ascendant prépondérant. Son influence sur la marche des affaires s'accrut de jour en jour; aussi lorsqu'en 1831, le roi lui confia le portefeuille du comte de Bernstorff, cette modification dans le cabinet n'en amena aucune dans la politique, qu'il continua à diriger avec autant de prudence que d'habileté jusqu'à sa mort, arrivée le 19 avril 1837. Quoique marié trois fois, il n'a pas laissé d'enfant.
Ministre d'Etat, comme ministre de l'église du "Werder, Ancillon resta bon, simple, affectueux et surtout fidèle à ses principes. Les honneurs ne l'absorbèrent pas tout entier et il aima toujours écrire.
En 1806 il mit au jour un Essai sur les grands caractères (Berl. in-8°). En 1810, il prononça l' Oraison funèbre de la reine Louise de Prusse (Berl. in-8°), et publia un Eloge historique de Mérian (Berl. in-8°). En 1815, au retour d'un voyage à Paris avec son élève, il fit paraître, outre quelques écrits académiques de circonstance (tels que Mémoires sur E.-F. Klein; Sur la philosophie de la législation ; Sur la vraie grandeur, Berl. in-8°), un traité de h Souveraineté et des formes du gouvernement {Veber SouverabietœtundStaats-Vofassungen.
Berl. in-8°, 2e éd. 1816), quia été traduit et annoté par M. Guizot (Paris, 1816, in-8°;. En 1817, il donna ses Essais philosophiques ou nouveaux mélanges de litté-
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rature et de philosophie (Genève et Paris, 2 vol. in-8°), contenant un essai sur l'abus de l'unité métaphysique, une analyse de l'idée de littérature nationale, des essais sur la philosophie de l'histoire, sur le suicide, sur le caractère du XVIIIe siècle, sur le panthéisme, sur les progrès de l'économie politique, sur l'abus de l'unité et des jugements exclusifs en politique, sur les révolutions du système politique du Nord au commencement du XVIIIe siècle, ainsi qu'un tableau analytique du Moi humain. En il publia son livre Sur les sciences politiques (Berl. in-8") ; en 1825 un essai Sur la foi et le savoir en philosophie (Berl. in-8°) et de Nouveaux essais de politique et de philosophie. (Pans et Berlin, 2 vol. in-8»), traitant de l'esprit du temps et des réformes politiques, des prétendus axiomes politiques, des théories et méthodes exclusives, de la législation de la presse, du droit politique, du but, dos formes et des ressorts du gouvernement. On y remarque également de sages appréciations sur les gouvernements despotiques de l'Asie et son discours de réception à l'académie de Berlin. Ces Essais (1817) et Xouveaux Essai ut été réimprimé* à Pa-
1832 (Gide, 4 vol. in-^.Kn 1825, il lit paraître sous le titre : l'tbcr den Geist, etc. un essai Sur l'esprit des constitutions et son influence sur la législation [Berl 1 vol. in-8°); en 1829, d«s Pensée* sur l'homme, ses rapports et ses intérêts (Berl. 2 vol. in-8"); en 1831 enlin, comme ses adieux au monde, le second volume des Moyens de concilier les extrêmes dans les opinion», dont le premier avait été publié trois ans auparavant (Berl. in-8°).
7. David ANCILLON, le second Gis de David (ci-dessus n° 2), et frère puiné de Charles (n° 3), naquit à Metz le 22 février 1670 et mourut à Berlin le l(j nov. 1723. Dès l'âge de li ans, il fut envoyé poursuivre ses études à Genève.
Après avoir fait sa rhétorique sous le savant ministre Le Jeune, et sa philosophie sous l'ancien professeur de eaumur, Robert Chouct, il.se livra aux études théologiques sous Philippe Mestrezat, Louis Tronchin et François Turretin. 11 ne les avait pas encore ache-
vées, lorsque la revocation de l'édit de Nantes força son père à se réfugier à Berlin, où il l'accompagna. Formey dans ses Eloges raconte ainsi l'accueil plein de bienveillance qui lui fut fait par le grand électeur. Après s'être adressé successivement dans les termes les plus affectueux à son père et à son frère aîné : « Et vous, mon enfant, lui dit-il, que voulez- vous faire? Le jeune homme (il avait alors seize ans) répondit qu'il venoit de Genève, où il avoit commencé sa théologie; mais que voyant six cents ministres hors de France sans emploi, il avoit résolu de quitter les études et de prendre le parti des armes, si 8. A. E. jit. Xon, répliqua l'électeur, je ne le veux point. Voyez-vous ces cheveux blancs de votre père, ils demanderont bientôt votre secours. On manquera peut-être un jour de ministres ; il no faudroit pour cela que quatre yeux fermés [Louis XIV, alors dangereusement malade, et Jacques d'Angleterre;. J'ai résolu de vous faire achever vos études ; y vuus accorde pour cet effet cent écu« de pension [selon Charles Ancillon, une place à la table de l'université, et une pension de cinquante écus] ; allez à Francfort, et lorsque vous serez en état d'être re>;u ministre, je vous donnerai pour collègue et adjoint à votre père. » Ancillon se rendit donc à l'université de Francfort - s. -O., où il acheva ses études. En juin 1689, il retourna à Berlin, et après un examen brillant, il fut admis pasteur et reçut, le 7 juillet, l'imposition des mains. Il partagea dès lors les travaux de son père, à la mort duquel en 1692* il lui succéda comme ministre ordinaire de 1 église française de Berlin et avec le même succès. Charles Ancillon caractérise ainsi son frère : a Digne successeur d'un père illustre, et imitateur des exemples mémorables qu'il lui a laissés, son bis par nature, son disciple par l'étude, et semblable à lui d'inchnation et de volonté, de nom et de surnom, d'air et de manières. » En l'année 17U0, Frédéric 1er le chargea d'une mission en Hollande et en Angleterre. A son retour à Berlin eu 1701, il reparut dans la chaire, et ht sa rentrée par un Sermon sur le couronnement de l'électeur qui venait de prendre le titre de roi. Ce
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sermon, qui a été imprimé, est dédié à une demoiselle Mustelius qui lui avait prodigué ses soins pendant une grave maladie qu'il fit dans son voyage. Au mois d'août de la même année, Ancillon fut honoré d'une nouvelle mission en Suisse ; il y fut retenu une année entière. Lorsqu'il fut de retour, le roi le chargea d'entretenir, au sujet de la succession de Neuchâtel , une correspondance suivie avec les principaux habitants de cette principauté, et en 1707, il l'envoya luimême dans le pays pour y travailler sous le comte de Metternich, son ministre plénipotentiaire à Berne. Pendant le séjour qu'il fit à Neuchâtel, après la mort de la duchesse de Nemours, Ancillon prêcha tous les dimanches. Mais comme il touchait dans ses sermons à des questions étrangères à la chaire, les différents prétendants à la souveraineté de Neuchâtel en prirent ombrage et lui firent interdire la prédication. La charge de chapelain de la cour fut la récompense de ses services. Le 3 novembre 1707, Frédéric Ier reçut l'investiture de la principauté en la personne de son ambassadeur. On a remarqué que la Réformation y avait été introduite le même jour, 177 ans auparavant. Ancillon fit le sermon d'usage en cette occasion solennelle, sur le texte qui lui avait été commandé par le monarque lui-même. Avant son départ de Neuchâtel, les Etats du pays l'honorèrent du titre de bourgeois de la ville ; 7 nov. 1707. De retour à Berlin, Ancillon entra de suite en fonctions comme ministre de la cour. MM. Jaquelot , de Beausobre et Lenfant étaient ses collègues. « Ses sermons, dit Formey, étoient toujours extraordinairement goûtés. Lorsque le roi étoit indisposé, il le iâisoit prêcher dans ses appartemens où la famille royale et les personnes de première distinction se rendoient. Quand M. Ancillon paroissoit dans les chaires des églises, il n'y montoit et n'en descendoit qu'à travers des flots d'auditeurs, et les temples ne pouvoient les contenir. » En 1709, Frédéric enleva de nouveau son chapelain à ses fonctions pastorales pour lui confier une mission en Pologne. La guerre venait de se rallumer entre les partisans de Pierre-le-
Grand et d'Auguste de Saxe, de Charles XII et de Leszczynski. Ancillon eut ordre de tenir son voyage secret même à sa famille. 11 se déguisa en officier prussien et prit le nom de Saint-Julien. Plusieurs fois, il fut arrêté en route par les partis ennemis; mais il réussit toujours à se tirer de leurs mains, et quelquefois même comblé de politesses. Arrivé à Lublin, où il comptait faire un court séjour, il aperçut affichées à la porte du monastère des Jésuites une série de propositions qui devaient y être soutenues. A cette vue, le théologien reparut aussitôt sous l'habit du diplomate, il fit demander un exemplaire de ces thèses aux Révérends Pères, qui lui députèrent deux de leurs confrères pour l'inviter à une dispute publique. Ancillon ne résista pas longtemps à s'y rendre. Les Jésuites lui firent le meilleur accueil. La dispute se passa trèsconvenablement, et elle se termina, au contentement général, par un repas magnifique auquel les Révérends Pères convièrent leur antagoniste. On peut supposer que, selon l'usage, les deux partis s'attribuèrent également l'honneur de la journée. De Lublin, Ancillon se dirigea vers la Hongrie. Il eut plusieurs fois l'honneur d'entretenir le prince Ragotzki, le chef des Mécontents, qui tenaient leur diète à Gassovie. En repassant par la Pologne, il visita une partie des églises réformées qui y subsistaient encore malgré les persécutions suscitées par le fanatisme ou plutôt l'esprit de domination des Jésuites. Puis continuant sa route vers le nord, il retourna à Berlin par Kœnigsberg et Marienwerder.
C'est au retour de ce voyage qu'il apprit la mort d'une sœur de lui restée à Metz, par une lettre à laquelle il répondit en ces termes, précieux à conserver pour l'histoire de la famille : « Berlin, 18 octob. 1710. Monsieur mon cher neveu, je viens d'apprendre avec douleur le décès de votre mère, ma chère sœur, et c'est la première fois que j'ai l'honneur de vous écrire Agréez, monsieur mon cher neveu, que je vous prie de faire quelques réflexions sur la famille dont vous estes et dont la piété a esté de tout temps exemplaire dans la profession de nostre sainte Religion et
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que vostre bisayeul paternel estoit un Docteur en médecine le plus célèbre de son temps, qui avoit de rares talens non seulement pour l'exercice et la pratique de sa profession, mais aussy pour celuy de la consolation des malades qu'il voyoit; en leur déployant les remèdes de son art pour le recouvrement de leur santé, il leur departoit des consolations spirituelles pour leurs âmes quand les occasions s'en presentoient : et que vostre trisayeul paternel estoit un Docteur de grande réputation non seulement pour la solidité de son érudition, mais aussi pour sa rare pieté qui en son temps avoit beaucoup contribué à maintenir dans la profession de la vérité Madame la Duchesse de Bar sœur du Roy Henry IV, de laquelle il estoit le ministre1 n'obstant mille attaques qui estoient faites à cette princesse pour tascher de l'ébranler et la faire changer de religion. Je prie Dieu qu'il vous conserve et qu'il vous comble de ses plus précieuses bénédictionss. »
En 1710, Ancillon fut nommé membre de la Société établie à Londres, dès 1687, pour la propagation du Christianisme, for promoting Christian knowledge, société qui subsiste encore de nos jours. Il entretint dès lors une correspondance suivie avec le secrétaire de la compagnie, Chamberlayne, qui était son ami particulier ; toutes les affaires qui concernaient l'Allemagne, se traitaient par son entremise. La Société des Anonymes s'honora aussi de le compter parmi ses membres ; il y tint la plume pendant plusieurs années. C'est à cette société que la Bibliothèque Germanique (de 1720 à 1740, Amst. ; 50 vol. in-8°) doit son existence. Elle s'assemblait chez le ministre Lenfant , et Des Vignoles, de Beausobre, Chauvin, en faisaient partie.
« Cf. Bibliot. de l'éc. des Chartes XVIII, 32».
1 BiM. nat., mss. fr., nouv. acq., n» 4967, p. 309. — — Le même vol. contient 7 lettres de David Ancillon {a* S), écrites de Meaox (4645-541 a Paul Ferry, pasteur de Metz, qu'il appelle respectueusement son père; et une lettre du même (Metz, t% lév. 4644) a Couit du Fivier, sieur de Lorry et de Lessy, avocat an pari, de Metz; — plus tu lettres écrites de Paris (1656-64) à Paul Ferry par Joseph Ancillon, l'avocat (a*T|; — plus 29 lettres écrites de Metz, soit par le ministre, soit par l'avocat, a M. du Vivier, dans l'intervalle des années 1674 à 4688, et presque toutes relatives aux affaires de la Religion dans le pays Messin. Enfin nue, si. no cillon (Metz, 25 fév. 4687) porte au dos, de la main du destinataire : < M. Ancillon le jeune. »
Une cruelle maladie, la gravelle. attrista les dernières années d'Ancillon.
Cependant le fidèle ministre ne voulut cesser ses fonctions qu'à la dernière extrémité. Son courage et sa résignation au milieu des plus atroces souffrances étonnaient tous ceux qui l'approchaient.
A la fin, après bien des alternatives de convalescence et de rechute, il tomba malade pour ne plus se relever. « Son lit de mort, dit son biographe, fut une chaire d'où il prêcha avec plus d'éloquence que jamais, et ses dernières heures comblèrent d'édification sa famille et son troupeau. » Il mourut à l'âge de 53 ans, regretté de tous, et surtout des pauvres et des affligés dont il était le père et le consolateur. Son corps fut déposé dans un caveau de la Frederichstadt réservé à sa famille, où reposaient son frère Charles, son oncle Joseph, et son cousin Louis. Il avait épousé, le 11 août 1691, Susanne Meusnier, originaire de Paris, fille de Philippe Meusnier , négociant réfugié à Halle. De ce mariage naquirent dix-sept enfants, dont cinq fils et douze iilles. L'aîné des fils, Joseph, fut assesseur à la Justice françoise et l'un des directeurs de l'Hôtel de Refuge. Le second. Man.vssé, suivit la carrière pastorale, et devint ministre de l'église française de Prentzlow. C'est sur des mémoires fournis par lui, que Formey a écrit son éloge du père, qui parut d'abord dans la Nouvelle Bibliothèque Germanique. Le troisième des fils, Alexandre, également pasteur, fut attaché ta l'église française de Kœnigsberg, et mourut d'une attaque d'apoplexie, le 18 nov. 1738. Les deux autres étaient morts dans leur enfance.
8. Joseph ANCILLON. frère puîné du ministre de Metz, avocat au parlement de cette ville et sieur de Jouy-aux-Arches [VI, 445 a], était né à Metz au mois de nov. 1629 et mourut à Berlin le 4 nov. 1719. Son portrait a été gravé par Sciller.
Joseph Ancillon avait embrassé la profession d'avocat, et il s'était acquis par son savoir autant que par sa probité l'estime et la considération de tous ses compatriotes. Lors de la révocation de l'édit de Nantes , ce ne fut qu'en Réchappant secrètement et au milieu des
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périls qu'il parvint à rejoindre son frère dans l'exil. L'électeur l'accueillit avec la même bienveillance qu'il avait témoignée au ministre de Metz : il le nomma juge supérieur de toutes ses colonies françaises, conseiller de cour et de révision. « On peut le regarder, dit Formey , comme le fondateur des justices françaises dans le Brandebourg. »
Les devoirs de sa charge ne l'empêchèrent pas de faire paraître dans les journaux do Berlin divers articles qui font voir, dit-on, la solidité et l'étendue de ses connaissances. En 1691), il renonça à sa place en faveur de son neveu Charles Ancillon. Le Duchat dit de lui qu'il était « homme de belles-lettres, bon théologien, et le meilleur jurisconsulte de sa province. » On lui doit un Traité de la différence des biens meubles et immeubles dans le ressort de la Coutume de Metz (anonyme); Metz, 1098, in- 12. M. Lamoureux remarque que « c'est à tort que la Bibliothèque de droit de Camus cite trois autres éditions de ce livre; celle de 1698 est la seule qui ait paru. » Ancillon avait encore écrit divers autres traités de jurisprudence tels qu'un Commentaire sur la Coutume de Metz, et un Recueil d'arrêts du parlemenl de Metz; mais ils n'ont pas été imprimés. Il a aussi rédigé une Chronique de Metz , laquelle a été publiée (Metz et Paris, A. Aubry, 1860, in-8° de xi-117 p.) sous ce titre : « Recueil journalier de co qui s'est passé do plus mémorable dans la cité de Metz, pays messin, et aux environs, de 1656 à 1674. par Joseph Ancillon; publié par Mv F.
Chahert. » [Voy. V. 102.]
Los biographes donnent peu de détails sur sa famille. L'un d'eux nous apprend qu'il avait marié sa fdle à son neveu Charles. C'est sans doute un de ses fils, Louis, qui était résident des Etats-Généraux dans le Brandebourg; il mourut le 25 janvier 1720, à l'âge de 50 ans. Un autre, nommé Paul, en 1696 habitait Bâle, avec sa femme Jeanne Roussel, de Châlons [IX, 53 a] ; il fut attaché comme médecin à l'hôpital français de Berlin [I, 96 a]. Un troisième fils de Joseph resta en France et y fonda une branche catholique existante encore aujourd'hui. Mame, sa fille, épousa en
Mj8ï Paul Le Bachellé, conseiller secret, du roi en la chancellerie du pari, de Metz [VI, 445 a],
Baylc. - Niceron. — Didot. — Encyclop. de Ersch et Grufoer. — Emm. Michel, Bwg. du pari, de Metz.
ANCONE, capitaine, 1567 [IV, 133 b],
Ancourt (d'), voy. Carton.
ANDABRE (Jacquette) , veuve de Louis Jonquet du Goulorguos.près Uzès, prisonnière de 1702 à 1713 [X, 440] et Liste des Protest, qui souffrent.
ANDE (Catherine), massacrée à Carnellesen Provence, 1562 [X, 471].
1. ANDELOT (François de Chastillon, 6ieur d'), le plus jeune frère de Colicnv [III, 413] ; voy. Giiatillon. — Voyez encore [1, 50 a, 121 b, 158, 198, 207, '229 ;
II, 52, 58, 99, 131, 267, 312, 410, 445, 449, 450, 455, 456,457, 459,460,511;
III, 37, etc.; IV, 376 b, 504 a, 548 b; V,98 b, 167 a, 3'i5b, 528 b;VI, 201 b, 228 a, 281 a; 941 a; VII, 112 a, 138 b, 357 b, 475 b; VIII, 23 b, 150 b, 253 a, 314 b, 321 b. ; IX, 249, 391 a]. —(Gaspard, marquis d'), 1620-1649 [III, 412 a].
2. ANDELOT (Pierre d'), seigneur bourguignon dontle nom devraitpeut-être s'écrire d'ANOELAU, entra en 1566 avec son frère le seigneur de Champvans dans la ligue des Gueux. Ayant été fait prisonnier par les Espagnols aux environs de Harlingen, en Frise, il fut conduit au château de Vilvorde puis à Bruxelles.
Là il fut décapité sur la place du petit Sablon, le 1er juin 1568, avec dix-sept autres gentilshommes, ses compagnons d'armes. La sentence de mort, signée par le duc d' Albe, en date du 18 mai, est conservée aux Archives gén. de Belgique, cons. des Troubles, t. 36. (Raheenbeck.)
AND1G II ON (Jean), boursier du collège d'Orthez, 1611-17: secrétaire du synode de Morlaas en 1625 (Arch. des B.- Pyr.). — (Jacor), béarnais, faiseur de bas, réfugié à Wesel, 1700.
AND1GNÉ (Suzanne n'), v. 1G30 [IV, 275 a]. Voy. Argentré.
ANDION (Lucrèce), Saumur, 1578 [VIII, 9 a].
ANDONNE (Foursine), massacrée en Provence. 1562 [X, 471].
ANDOUIN (J.), condamné à l'amende, 1672 [IV, 394 b]. — (Perrette Andouine, c'est-à-dire femme ou fille d' ; Sauve, 16-20 [II, M) . — Jndotu/n
AXDOriX — ANDRÉ
condamna à Bordeaux, 1562 [IV, 502 a].
ANDOOXS (Madei.aine d'): Déarn, v. 1530 [VII, 456 b].
ANDOUY(Jean\ Saumur, 1685 ITI.
AXDOYER, de Puech. condamné à être pendu, 1609 [VIII, 51 2 b .
A XDR AS (JEAN),Saneerre, 1 609 [ VIII , •42 a, note].
AXDRÂl" [David), fils d'Imbert, procureur en la chambre de ledit, présenté au baptême, juill. 106."), par noble David de Perrota, d'Uzès. et Isabeau de Ricard.
1. AXDRÉ, dit Foutunat, ministre rétamé à Strasbourg;, 1531 [Y, 69 b].