‹ La France protestanteChapitre 76 sur 303 · ANEAU — ANGE · texte numérisé non relu

ANEAU — ANGE

remarqué, non plus, dans ses ouvrages qui sentît nettement l'hérésie. En 1529, les échevins de la ville de Lyon l'appelèrent de Bourges pour lui confier la chaire de rhétorique dans le collège de la Trinité qu'ils venaient de fonder. Il accepta cette place et s'acquitta de ses devoirs avec autant de zèle quedetalent. Après dix années d'exercice comme régent, il fut chargé par le consulat de la ville de l'administration supérieure du collège. Il s'en acquitta jusqu'en 1550, époque à laquelle il donna volontairement sa démission. Mais en 1558, il reprit ses fonctions. A cet effet, un contrat fut signé (29 sept.) pour quatre ans. Remise lui fat faite des bâtiments du collège, avec les meubles et les ustensiles qui le garnissaient, et le consulat s'engagea à lui compter une somme de 400 livres chaque année, indépendamment de 15 livres par an pour trois messes basses qu'il devait faire célébrer chaque semaine. Une clause du contrat l'obligeait à n'admettre aucun régent qu'il n'eût au préalable présenté au consulat qui se réservait de l'interroger pour juger s'il était capable et de bonnes mœurs. Et, en outre, il lui était expressément enjoint de ne permettre « estre leu ni enseigné au dict collège aulcune doctrine, ni livres défendus ou censurez, contre l'honneur, auctorité et défense de nostre mère sainte Eglise, et souffrir au dict collège estre tenu propos, ni dogmatisant ni enseignant maulvaise doctrine en particulier ni en général. » Cette clause fut-elle fidèlement observée? On l'ignore; toujours est-il que le collège de la Trinité vit renaître son ancienne prospérité, ce qui permit à Aneau de faire un mariage avantageux. Mais il ne devait pas jouir longtemps du fruit de ses peines. Rubys(Hist. véritable de Lyon), rapporte qu'au mois de juin 1561, un orfèvre de la religion nommé Denis de Valois ayant accosté le prêtre qui portait le saint-sacrement dans une procession, le lui arracha des mains, jeta l'hostie à terre et la foula aux pieds. Ce malheureux fanatique fut livré à la justice, et exécuté le jour même. Le peuple se porta ensuite en foule au collège qu'on lui désignait comme le foyer de l'hérésie. L'infortuné

Aneau se présente, il cherche à désarmer ses meurtriers, mais en vain; il est massacré sans pitié. Il est présumable qu' Aneau ne fut pas la seule victime.

Bayle rapporte que François Junius étant alors à Lyon où il recevait des leçons de Barthélémy Aneau, faillit périr aussi dans le tumulte. Quant à la femme d' Aneau, le prévôt lui sauva la vie en la faisant emprisonner. Le P. de Saint- Aubin, le P. Dorigny, Guadin, Severt, Le Laboureur confirment le récit de Rubys. Au rapport de ce même historien, Aneau « sentoit mal de la foy : c'estoit lui qui avoit semé l'hérésie à Lyon; il avoit corrompu et gasté plusieurs jeunes hommes de bonnes maisons de Lyon qui furent les chefz de la révolte de la ville, et avoient tous esté ses disciples ; il les avoit desvoyez de la religion de leurs pères. »> Cependant, il ne fit aucun acte d'adhésion à la Réforme, et quelques semaines après sa mort tragique, le 2 août 1561, l'abbaye de S.-Pierre de Lyon reçut une donation signée : « Claudine Dumas, veuve de Me Barthélémy l'Agneau, en son vivant principal du collège de Lyon, a Le parti catholique de Lyon semble avoir exagéré les insinuations dirigées contre le malheureux pédagogue pour atténuer le crime populaire dont il fut victime. Ses ouvrages, au nombre d'une quinzaine, la plupart en vers français (Chant natal ou noëls et chansons, 1539; — Lyon marchant, ou comparaison de Lyon, Paris, Rouen, etc. ; — E?nblèmes d' Aidât; — Description des animaux; — Picta poesis, 1552, etc.), annoncent un esprit littéraire avant tout, et sans couleur religieuse.

ANER1N (Pierre) et sa femme , de Lourmarin, assistés en passant à Genève, 1697.

ANET (Anne d'), Normandie, v. 1600 [II, 512 b].

ANFRAY (Marin), de Rouen, reçu habitant de Genève, 17 août 1556.

ANGAIS (Rachel d'), de Berenx, veuve du Sr de Lagarde , ministre à Monein, 1677 (Arch. B.-Pyr. E, 1576).

Anoalin, voy. Astugue.

ANGE (Guillaume d'), d'Uzôs, marchand, sa femme, trois enfants et une servante, réfugiés au Werder (Berlin), 1698.

ANGEBRAS

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