‹ La France protestanteChapitre 77 sur 303 · ANGENNES · texte numérisé non relu

ANGENNES

ANGEBRAS, pasteur, 1654 {Bull.

AXGELI ou ANGELY , capitaine, 1573 [IV, 482 a]. — (Xoël), ministre à Maringues, 1637 [X, 344]. — (Isaac), d'Uzès, orfèvre, réfugié à Berlin, 1685 (111, 512 b). — (François), de Montpellier, horloger, reçu habitant de Genève.

14 nov. 1681. — (Louis), d'Uzès, étudiant à Genève. 1685. — (Louis-, « d'une bonne famille du Vigan, » réfugié et assisté àGenève, 1700. — (Jean), d'Uzès, orfèvre, réfugié à Berlin, 1700. — (la veuve) enceinte etayant déjà un enfant, réfugiée et assistée à Genève, 1690. — (Pierre , de Lyon, et son fils assistés en passant par Genève pour se réfugier à Berne, 1701.— (David), chantre de l'église française de Magdebourg, auteur d'une Jïistoire de la ville de Magdebourg ( ! voy. X Intermédiaire, 1874, col. 429.

AXGELIER (Jacq.) et sa femme, naturalisés anglais. — (Marc et Michel).

id. : tous en mars 1 1

AXGELIX (Léonard), « pignier, natif de Larbey '?), en Dauphiné, » reçu habitant de Genève, 18 octob. 1557. — (Jean, de Larbre(?), et son fils, assistés àGenève, 1705. — .Jacques, lils de feu Pierre), de Larbre en Dauphiné, travaillant aux indiennes, reçu habitant de Genève, 23 déc. 1716.

AXGELERAS (Jean , d'Uzès, planteur de tabac, réfugié avec sa femme et son fils à Wiraden, 1698.

AXGEI, RAS . Mathieu d'), capitaine d'infanterie, originaire de Ximes, mort à Berlin en Moi. François, un de ses frères, ofticier du même grade, marié à Anne de Ghoudens de Gremma (Erman IX, 6).

AXGEXXES [if) de Montlouët. de Rambouillet, etc.[Haagl, 109].— Antoinette, v. 1575 [IV, 354 a). = Armes. De sable au sautoir d'argent.

François d'ANGENNEs [111, 388 a, 416 a; VI, .135 a, 236 al, septième fils de Jacques d'Angennes et d'Isabeau Cotereau [IV, souche des marquis de Montlouët, maréchal de camp dans les armées du roi, ambassadeur en Suisse, gouverneur de Xogent et favori de Catherine de lfédicis. Attaché en qualité de chambellan à la personne du duc d'Alençon, il suivit, à ce qu'il parait, la fortune de ce

prince jusqu à sa mort. Mais il était depuis longtemps dévoué aux principes de la Réforme, car à lui seul peut s'appliquer cette mention du registre des nouveaux habitants de Genève, sous la date du 3 avril 1559 : François Dangene Jilz de monsieur de Rambouillet . Toujours est-il qu'on ne le trouve cité au nombre des chefs huguenots qu'à partir de 1587 (cependant voy. 111. 388 a. 416 a: il y est question de lui dès 1569 et avant), où il figure parmi les membres du conseil qui assistait le duc de Bouillon, lieutenant pour le roi de Navarre dans l'armée allemande . Pendant la pénible marche des reitres à travers les provinces de la France, Montlouët trouva plus d'une occision de donner des preuves de sa brillante valeur, et après la défaite d'Auneau. « il se retira sans s'engadit Du Plessis-Mornay dans une lettre au sieur de Tm Marsillière. Il gau'iia Montauban où il arriva dans le mois de janvier 1588. Nommé gouverneur de Mazères, il fit échouer une tentative des ligueurs sur cette ville, l'an [589, en se portant à leur rencontre, et les battant près de Montjart. Peu de temps après, nous le retrouvons à La Rochelle, assistant, comme dépm églises en deçà de la Loire, aux délibérations de l'assemblée qui se tenait dans cette ville. La même année, il en partit pour conduire au roi de Navarre l'artillerie destinée à battre en brèche le château de Beauvoir-î-ur-Mer. En 1590, à la tète de quelques cavaliers, il força les ligueurs à lever le siège de Maintenon, château appartenant à une branche de sa famille, et à se retirer avec tant de précipitation, qu'ils lui abandonnèrent leur canon et leur bagage.

Serviteur fidèle de Henri IV, il continua de partager ses travaux et ses périls. 11 se signala notamment à la bataille d'Ivry où il fut blessé. La conversion du roi n'altéra en rien son dévouement; toutefois, comme il était sincèrement attaché à la foi protestante, sa loyauté ne l'empêcha pas de travailler de tout son pouvoir à obtenir pour l'Eglise réformée les garanties que la cour s'obstinait à refuser, il joua donc un rôle important à la célèbre assemblée de Mantes en 1593, et il fut un des com-

ANGENNËS

missaires auxquels fut confié le soin de poursuivre le redressement des griefs des protestants.

L'année suivante, Montlouët accompagna Henri IV au siège de Laon; il y fut fait prisonnier , mais Mayenne le renvoya sur parole en le chargeant de porter au roi des propositions d'accommodement. En 1596, l'assemblée politique de Loudun l'ayant invité à venir dans son sein renouveler le serment de Mantes, il s'excusa par une lettre qui est simplement mentionnée dans les actes de cette assemblée. Ce refus lui futil dicté par la politique? On serait porté à le croire quand on considère la faveur dont il jouit auprès de Henri IV, faveur dont parlent les Mémoires de Sully, mais d'un autre coté, il est à supposer que, dans ce cas, sa conduite eût excité les soupçons de ses coreligionnaires, qui paraissent, au contraire, avoir toujours eu de la confiance en son zèle pour le bien de l'Eglise protestante. Une lettre de Du Plessis-Mornay à Rivet, en date du 30 mars 1611, nous apprend en effet que l'assemblée de l'Ile-de-France l'avait élu, avec de Bordes et Durant , pour député à l'assemblée générale qui devait se tenir à Chàtellerault. C'était lui qui avait signé avec le président Jeannin les patentes pour l'établissement de toutes les églises de cette province.

Montlouët avait épousé, le 13 juin 1572> Madeleine du Broullat, dame de Montjay et de Lisy-sur-Ourcq qui, après la Saint-Barthélémy, se retira à Sedan pour y professer librement la religion réformée, et n'obtint la permission do revenir qu'en 1586. De ce mariage naquirent un fils, Jacques d'Angennes, et six lilles dont les généalogistes ne nous font connaître que les noms et les alliances. Julienne épousa Abraham de Normanville, seigneur de Boscole dans le pays de Caux , Madeleine fut accordée en mariage à Simon du Bue, seigneur de Fonteny ; Anne tut mariée avec Jean de Be. niveau, seigneur d'Espence ; Mah- GUEiuTE avec Jean de Cernât/, seigneur d Alberville ; Madeleine-Manie a\ee le seigneur de Longaunay, et Louise j VU, 60 aj avec Louis Le ]'enier, seigneur de La lirossière et de Saint-Escobille.

Jacques d'Angennes [VIII, 14 b] s'attira de fâcheuses affaires par l'affection qu'il portait à Gaston d'Orléans, dont il était un des premiers gentilhommes et le grand louveiier; plus d'une fois il fut obligé de se cacher pour sauver sa vie. David Ancillon, qui le connut personnellement, nous le dépeint dans ses Mélanges, publiés par son fils, comme un gentilhomme d'esprit, d'un caractère affable, doux, bienveillant. D Angennes vivait alors à Meaux. Sa maison était le rendez-vous de la première noblesse du pays. De leur côté, les églises de la province le regardaient comme leur protecteur naturel. Ancillon raconte de lui un trait de désintéressement qui l'honore.

Du Ferreux, gentilhomme de l'Ile-de- France, qui avait été parrain d'une de ses lilles, lui ayant légué une somme de dix mille livres, Montlouët se persuada que son intention avait été de faire indirectement une donation à l'église, ei dans cette pensée, il remit le legs entier au consistoire.

Jacques d'Angennes de Montlouët (qu'il ne faut pas confondre avec Jacques d'Angennes de Bambouillet) avait épousé, le 15 mai 162Q, Elisabeth de JSettancourt. Mort à Paris, âgé de 68 ans, il fut inhumé à Charenton, le 6 octoh. 1658. Il eut un lils , tué à l'armée, et quatre lilles : Susanne, épouse de François de Roffiynac, seigneur de Montreuil en Périgord ; Anne [VI, 49 b], femme de Philippe de Jaucourt, seigneur de Vaux et de Brazé en Bourgogne; Henriette.

La quatrième , Antoinette [Vil, 130], donna sa main à un capitaine suisse nommé Mosnicr, qui devint par ce mariage seigneur de Lisy. Ce fut dans son château que se tint le dernier synode de l'Eglise protestante de France, en 1683. La révocation de ledit devantes dispersa toute cette famille. Les enfants de Mosnier et sa femme s'enfuirent à Genève, puis allèrent s'établira Etoy (canton de Vaud). Jacques d'Angennes avait épousé en secondes noces, en 1643, Marie Causse, \eu\e de Martin du Candal, qui mourut a Fans eu 1666, et il en avait eu encore un lils, Fka.v.ois, né le 28 mai 1652; plus trois lilles : 1° Madeleine (pée en août lëii,\ dame de Lisy, mariée, en 166i, à Jac-

2fil

AXGEXXES — ANGLIERS

ques Le Maçon [VI, 532 b], seigneur de La Fontaine, contrôleur général dbelles de France; 2° Catherine-Louise (morte en 1665); 3° Marie-Charlotte, née à Lisy, morte au refuge à Berlin, en 1700 Èrman IX. 7). On lit dans les documents des Arrh. gén. (E, 3372), que « Mlles d'An go unes » furent enfermées, en 1686, aux Xouvelles-Catholiques.

ANGEH . massacréà Claviers

(Proveni ■ \. 470].

AXGERVILLE Jean de Cernay, sieur p'), v. 1600 [I. 1 lu , et ci-dessus co.

Michel Le Pigné, sieur d'}, 1621 [V, MO

AXGEV1N Pierre\ àLoudun, I — (Esthnne;. seigneur de Laine, de la ville d'Orange, avec sa femme et deux enfants, réfugié à Berlin, 1698.

ANGEVINE. Nom d'une famille réfugiée, v. 1686, à la Nouvelle-Rochelle en Amérique [VI. 59 a, note].

ANGIBAl'LT (Daniel;, 1664 [III, 483 a]. — Deux d"cs Angibaud. « religionnaires entêtées; mises au couvent à Saintes: l'évéque demande leur translation à la manufacture (de travail forcé) à Bordeaux. 1798 <Arrh. Tt).

ANGIBOUD (Rttrt d" ..-irurdeUune, molesté sur son droit d'exercice, Tt. S

ANi.JCnl'HT (n), voy. Dangicourt.

ANGEADE (Elysée) , appelé aus.-i Dangkvh-. $ Anglade ou A'Engtadt leur à Antlié, dans 1 Agenois, en 1603 X, 271, 322]. Il fut appelé à remplir a Nîmes la chaire d'hébreu, qu'il occupa jusqu'en 1607. Son traitement ne lui ayant pas été payé, nous ignorons pour quel motif, il réclama, en IGli. l'intervention du synode national de Tonneins qui enjoignit au synode du Haut-Languedoc de faire droit à sa demand prétentions ayant été réduites par c node à la somme de 160 francs; il se montra peu satisfait de cette décision, comme le prouvent ses appels aux synodes provinciaux d'Alais et de Castres.

Ce dernier rejeta la demande. Anglade était alors pasteur à Pomport, où il remplissait les fonctions du ministère au moins depuis 1620, puisqu'il ligure en cette qualité sur le rôle des pasteurs présenté au synode d'Alais, — Sur cette même liste se trouve un Pie ire Anglade

ou Danglade [X, 322] pasteur à Eynesse, dans l'A génois, membre probablement de la même famille. (Haag.)

ANGLAS. de Massiliargues, obtient sous caution, en 1710, d'aller chercher à Genève sa femme et sa fille quêtaient réfugiées (A rch. lenri.

(ils de feu i . né à Genève, reçu habitant de cette ville,

9 ai

ANGLE», capitaine: Béziers, 1562 [I, V. 397 b]. — (Joseph et m femme, d'Orange, réfugiés à Genève, 1693.

ANGLI1 - famille rocheloise.

[Haag I, un]. —Julie IV. 860 b; VI.

177, b]. — Marie i VIII.

Anùliers (Claude d'), chevalier, seigneur de La 8 de Beaureiraid et de La Salle d'Aitré, était flls de Pierre d'Angliers qui portait les mêmes titres et qui avait été proposé pour la mairie de La Rochelle en 1517, puis élu en 1526. Claude fut en 1547 peut-ètr-' lieutenant général au présidial et an !.">.", 7 il en devint président. Le chroniqueur rochelois , Amos Barbot , dit qu' « il estoit le plus relevé de tous les habitants de La Rochelle en naissance, en biens et en quaii

hit un de ces nombreux sectateurs de l'Eglise romaine que la Réforn.

gin silencieusement par le seul g] de de ses martyrs et de leur foi. Les doctrines protestantes s étaient introdui- •11e avant l'année 1534.

On en a la preuve dans le supplice de Marie Becandellr ou Belandelle, vulgairement appelée Gâtante. Cette jeune tille, natta ms le Poitou,

était entrée comme domestique chez un boui- Rochelle. « Elle receut

en peu de temps telle instruction en la doctrine de l'Evangile, qu après avoir

- mee de Bondit m&istm tant de retour aux BattM . ne douta de remonstrer à un cordelier qu il ne presi-noit point la parole de Dieu, laquelle chose elle lui monstra par pas- - i notoires de la Bai ncte Ësch tore. » Cette hardiesse éveilla i attention des i on l'arrêta et le stiiechal de Eontenayle-Comte ia condamna à être biùiée. Marie vit tranquillement s'allumer le bûcher et mourut « en telle vertu, dit Crespin, qu elle fut en admiration.

ANGLIERS — ANGON

exemple de rigueur n'empêcha pas les progrès des nouvelles doctrines; il rendit seulement les protestants plus circonspects. Eu 1516, plusieurs nonnes quittèrent leurs couvents pour se marier. En 1548, la sénéchaussée rendit des sentences contre plusieurs personnes qui lurent condamnées à faire amende honorable. « D'autres furent bannies et fustigées jusqu'à grande effusion de sang, avec défenses d'user à l'avenir d'aucunes paroles hérétiques, à peine d'être brûlés vifs. » Barbaries inutiles! les principes de la Réforme se répandaient toujours. Ce fut sur ces entrefaites, que s'établit à La Rochelle le siège présidial dont Claude d'Angliers obtint peu (J' années après la présidence. Le nouveau tribunal déploya tout d'abord une extrême sévérité : Lucas Manseau fut battu de verges et banni ; Matthias Couraud, dit Gaston des Champs et Pierre Constantin, furent condamnés à être brûlés, après avoir eu la langue coupée. « Leur cendre, dit Philippe Vincent, fut la semence d'un grand peuple qui peu d'années après s'y rangea à la religion. •> Le courage avec lequel ces malheureux subirent le supplice, frappa leur juge d'une telle admiration qu'il voulut connaître une religion capable d'inspirer une foi aussi intrépide. Il serait difficile de préciser l'époque où il se convertit, peut-être ne s'y décida-t-il qu'à la suite de ses entretiens avec Charles de Clermont, qui, en 1557, établit pour la première fois un culte régulier à La Rochelle. Quoi qu'il en soit , il est à supposer que son penchant pour le protestantisme lui inspira dès lors quelque indulgence envers les réformés , bien qu'il n'ait jamais dû leur manifester bien haut sa protection ; car si d'Angliers possédait des talents éminents, il y joignait une timidité excessive. On raconte de lui un trait qui prouve combien peu il était brave. Lorsque, en ibbS, Antoine de Bourbon, à son passage à La Rochelle, lui fit l'honneur de l'armer chevalier de sa propre main, d'Angliers voyant l'épée nue, ferma les yeux de peur. Le roi de Navarre lui dit alors en souriant: Monsieur le président, vous serez le chevalier craintif. Avec de telles dispositions, d'Angliers ne devait pas approu-

ver les mesures violentes; aussi se rattacha-t-il au parti assez nombreux qui voulait ménager la cour aux dépens même de la liberté du culte. Il fit tout ce qu'il put, en 1567, pour s'opposer à l'entreprise de Pontard, qui introduisit Sainte-Hermine dans La Rochelle, et assura ainsi la possession de cette importante cité aux protestants. « Mais, nous raconte Amos Barbot, il ne put toutefois dissuader le maire, quelque raison qu'il lui alléguât, et aux ministres, et aux plus zélés, auxquels ledit président en conféroit selon la naïveté de son sentiment, qui l'en prirent en soupçon et défiance, dont il fut contraint de se retirer en ses maisons. » Par cette retraite, d'Angliers renonça volontairement au rôle qu'il semblait appelé à jouer, et l'histoire cesse de s'occuper de lui à dater de cette époque. Il avait épousé Catherine, fille de François Joubert, maire de La Rochelle en 1505, qui lui donna au moins deux fils, Claude et René, plus une fille Françoise. Celle-ci épousa Pierre de Juye, écuyer, Sr de La Garnerie, lequel, en 1568, remplaça son beau-père comme président du présidial. — Un des parents de Claude, Jean d'Angliers, chanoine de la cathédrale de Saintes, en 1502, travailla à répandre la Réforme clans la capitale delaSaintonge, ainsi qu'à Mortagne, où sa qualité de prieur d' Armenteuil lui facilita cette tâche dangereuse [I, 111 bj.

Angliviel, voy. La Beaumelle.

ANGLOT (Bersaku u), « tournier à Orléans, » reçu habitant de Genève, 11 janv. 1557.

ANGLOT (d). capitaine huguenot, auvergnat. Il essaya de s'emparer le 7 sept. 15(J0 de Langeac, capitale du Langeadois, en faisant jouer le pétard contre une des portes de la ville pendant la nuit. Toutes les maisons voisines de la muraille furent renversées, mais la muraille résista. Il dut se retirer, mais pour revenir à la charge. Dans une seconde tentative il obtint plus de succès et pénétra par la brèche dans les premières rues, mais les habitants le repoussèrent. (Haao.)

lmbmlis, Guerres de relui, en Auvergne.

ANGON (Renaud), ministre, Lvon, 1562 [IX, 399 h, 545 b]. — Angon, 1628 [I, 2i9j.

AXCOT — AX.TORRANT

A XGOT (Jacques); Meaux. 1562 [VII, 358 b]. — (Esaïe), Falaise, 1675 [VI, 545 a]. — (Mllc) retirée aux Ursulines de Falaise où, sa mère refusant de payer sa pension, elle sollicite les secours du secrétaire d'Etat, 1698 Arch. Tt).

Angoulin, voy. Berne.

AXGOUMAR (Jacqdbs), du Hure, estaminier, réfugié à Berlin, 17oo. — Jfarie Angomare, 37 ans, enfermée aux Xouv. -Catholiques de Rouen, en 17*1 (Tt, 302;.

AXGÔU MOIS ,'la veuve d'Esaïe) avec deux enfants, assistée à Genève, 1691- 93. — (Susanne), sa fille veuve, et trois enfants, assistés à Londres, 1702.

ANGST (Wolfgang) (en latin Angustus), né à Kaisersberg en Alsace. flurissait dans la première moitié du XVIe siècle [Haag I, 112]. Philologue, poète et imprimeur, il fut à ce triple titre l'ami de Reuchlin, d'Erasme et de Hutten; mais ce qui lui mérite surtout une place ici, c'est la part considérable qu'il prit à la composition ou tout au moins à la publication de la célèbre satire protestante intitulée : Episiolx obscurorum virorum. Cette impression terminée, Angst partit pour Bàle où il travailla, en 1517, à une édition de quelques écrits d'Erasme. L'année suivante, on le retrouve à Mayence occupé d'une édition de Tite-Live et de l'impression du traité de Hutten sur le gaïac ; mais à dater de cette époque, on ignore sa destinée. Mohnicke, auteur de l'article remarquable qui lui est consacré dans l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber. pense que c'est à Angst qu'on doit attribuer un autre écrit satirique, le Triumphus Capnionis (id est Reuchlini), qui lut publié sous le pseudonyme Eleutherius Byzenus.etne produisit pas moins do sensation que les Epistolx.

ANGUELI (Jacques) , d'Avranches , secouru à Genève pour gagner la Hollande, 1709.

ANGUEXET (Benjamin), pasteur, de Vitry en Champagne, environ de 1632 à 1664, vice-président du svnode de Vitrv en 1649 [III, 512 a; IV. S50 a; X, 350]'. On a de lui une trentaine de lettres à Paul Ferry (Bibliot. A th. Coquerel).

Anguvin, de Sumène, ministre avant abjuré, 1686 [III, 435 b].

AX1 AS le sieur &'), duVivarais, 1C2U [I, 173 b; IX, 107 a].

ANICE ((Jean), sieur des Bruères; Paris, 1603-1051) (Bull. XIII, 230).

ANIEL (Simon), des Cévennes, estaminier, réfugié à Berlin, 1700.

ANISSE, pasteur de Beaulieu, réfugié à La Rochelle en 1572 [II, 193 b.note].

AXISTIX (Jean), sa femme et su fille, de Lourmarin (Provence), assistés à Genève pour se réfugier à Erlau; 1705.

A N.l AI 1 .François d') ou d'Angeac (car le lieu est l'une des deux communes du dép. de la Charente qui portent ce nom) épousa Isabeau des Challes. Son fils Balthasar, écuyer, sr de Corbenit, fut marié deux fois : 1° avec Renée du Bois; 2° le 11 avril 1597 « suivant les rites des églises prétendues réformées de France, » avec Marie de La Tour, dame de Mornay en partie, paroisse de S. -Martin de la Couldre, près S. -Jean d'Angely. fille de feu Pierre et de Catherine du Sy, dame de Bonnemie et de Villemartin. Devenue veuve. Marie de La Tour se remaria avec Fram/oisGuillotduDousset. Oberkampf.)

AX.IKAX Gabriel), sa femme et quatre enfants, réfugiés et assistés à Londres. 1721.

1. AXJORRAXT, Amorhvns, Asjoran {Iiigrlranmis). Xom d'une famille parisienne originaire du Berry.qui était arrivée, au commencement du XVIe siècle, aux hautes charges de la magistrature. Plusieurs Je ses membres siégeaient alors au parlement. Le premier qui proouvertement le protestantisme se nommait Renaud Anjorrant , sieur de Souillv; il fut reçu habitant de Genève le lOdéc. 155i [Haag 1, 112: II, 516]. Admis à la bourgeoisie en 1556, il arriva, en 1570. au conseil des CC, et mourut le 25 août 1572. De sa femme Geneviève, lille de Guillaume Aubelyn sieur de La Bruyère, et de Françoise Brachet. qu'il avait épousée lo 12 déc. 1559, et qui lui survécut jusqu'au 26 août 1592, il avait eu trois enfants : Jean, filleul de Calvin, mort en bas âge: Marie, femme de Xicolas Andrion , et Jacob, qui, né à Genève en 1566, fournit, ainsi qu'on va le voir, une longue et honorable carrière qu'on peut décrire comme un modèle de ce qu'était la vie d'un magistrat genevois aux XVIe et XVIIe siècles. = Armes:

ANJORRANT

d'azur à trois fleurs de lis naturelles d'argent, tigées et feuillées de sinople.

2. Un frère aîné de Renaud, Jean Anjorrant, seigneur de Claye et deSouiîly, président au parlement de Paris, avait probablement aussi adopté les doctrines nouvelles : c'est lui, sans doute, qui figure dans une liste de parlementaires suspects dressée en 1562 [IV, 211 a]. De son mariage avec Catherine, fille de Guillaume Budé [III, 74 b], il eut entre autres enfants : Pierre , conseiller au parlement de Bretagne, mort à Genève le 13 sept. 1589, âgé de 43 ans, marié à Françoise, fille de Jean Bullion, sieur d'Arny, et de Charlotte de Lamoignon; et Catherine, femme, en 1571, de Claude Laumonier [VI, 425 a].

3. En 1593, Jacob Anjorrant, âgé de 27 ans et docteur en droit, débuta dans la carrière politique en entrant dans le conseil des CC ou grand conseil de la république de Genève. A cette époque, Genève venait de soutenir une lutte glorieuse contre le duc de Savoie; mais les efforts qu'elle avait dû faire avaient épuisé ses ressources. Anjorrant avait attiré favorablement sur sa personne l'attention de ses concitoyens; car le conseil ayant décidé, au mois de mars 1593, de solliciter l'appui financier des Pays-Bas confia au jeune docteur cette honorai de mission. Anjorrant voyagea ue ville en ville, de province en province, dépeignant la situation critique de sa patrie et lorsqu'il regagna Genève au printemps de l'année suivante, il apportait comme un témoignage palpable de la sympathie de la population des Provinces-Unies 7,500 fl. en dons et 30,550 il. en prêt. Il avait aussi reçu le mandat de demander aux provinces des Pays-Bas la reconnaissance des grades conférés par l'académie de Genève. Six provinces déférèrent à cette demande et remirent à Anjorrant des patentes fort honorables; ainsi la patente décernée au nom de la province de Zélande déclarait « qu'un essaim d'hommes distingués par leur science était sorti de l'académie de Genève comme du cheval de Troie, pour se répandre sur la chrétienté. »

En 1595, Anjorrant fut élu auditeur de justice et en 1598 il entra dans le

conseil exécutif ou petit conseil, dont il fut pendant quatre ans le secrétaire. Il était à peine installé dans son nouvel office, qu'en mars 1598, la république, toujours à court d'argent, le députa auprès de l'électeur palatin et des Provinces-Unies pour les prier de prendre en considération la détresse des Genevois.

Anjorrant s'acquitta avec succès de cette seconde mission qui dura quatorze mois.

Il obtint de l'électeur palatin qu'il fît remise aux Genevois des intérêts qu'ils lui devaient et qu'il accordât un délai pour le remboursement du capital. En Hollande, à force de pressantes instances, il arracha aux Etats une subvention de 12,000 florins. « Les Etats l'ont chargé en prenant congé, dit-il, de recommander à ses commettans de maintenir l'académie qui a une grande réputation, d'attirer des gens doctes, d'entretenir l'imprimerie en bon état et d'avoir soin de n'employer que du papier de bonne qualité. » Au retour d' Anjorrant le conseil lui témoigna sa satisfaction en lui allouant une gratification de 300 écus.

Après la conclusion du traité de Lyon, Henri IV, au mépris des promesses qu'il avait faites aux Genevois, ses alliés pendant la guerre, avait gardé entre ses mains le bailliage de Gex conquis sur la Savoie par les milices genevoises. Le gouvernement de Genève espéra faire revenir le monarque français sur une résolution qu'il considérait comme très-préjudiciable à ses intérêts et dans ce but il chargea Anjorrant au mois de mars 1601 de se rendre à Péris pour faire valoir les droits de la république à la possession du pays de Gex. Anjorrant obtint une audience de Henri IV; il parut aussi devant le synode de l'Eglise réformée assemblé à Jargeau qui, sur sa demande, appuya sa requête par une supplique adressée au roi. Mais Anjorrant dut retourner à Genève à la fin de mai sans avoir rien obtenu.

En lévrier 1602, nous le retrouvons sur le chemin de Paris. La seigneurie de Genève l'avait chargé de dénomvr certains actes vexatoires commis par les officiers royaux du pays de Gex, de réclamer la souveraineté de quelques villages riverains, du Rhône ainsi que le paiement d'un subside de 20, oui • écus

ANJORRANT

que Henri IV s'était engagé à payer aux Genevois. L'envoyé obtint satisfaction sur presque tous les points. Pendant ce séjour, il avait été appelé à résister à François de Sales, récemment promu à l'évêehé de Genève, qui était accouru à Paris pour revendiquer divers revenus ecclésiastiques dans le pays de Gex. Anjorrant démontra victorieusement aux yeux du gouvernement français l'inanité des prétentions du prélat. Anjorrant était revenu dans sa patrie à la fin de mai, et le lï décembre de cette année le duc de Savoie tentait la célèbre Escalade, qui tourna à la confusion de ce prince periide. Un détachement de troupes suisses vint à cette occasion concourir à la garde de la ville et Anjorrant fat un des magistrats chargés île se concerter avec les capitaines du continrent helvétique.

Lorsque, au printemps de 1003, des pourparlers furent en ira très pour le rétablissement de la paix entre la république et le duc, Anjorrant fut l'un des députés qui êé rendirent à S.-Julien, le "21 mars, pour avoir une première entrevue avec les diplomates savoisiens. Mais comme le résultat de ces négociations était fort incertain, le gouvernement genevois ne resta pas inactif et il recourut de nouveau à Anjorrant pour réveiller la sympathie d ran-

gers en faveur de la république* Il s 'igiésait surtout d'obtenir leur concours financier. Parti le -.':> avril, Anjorrant se rendit d'abord en France, où il recueillit de la bouche de Henri IV 1 surauces de l'attachement qu'il portait à Genève. Arrivé à Paris, il apprit que -•mevois venaient de signer leur paix avec le duc. Cette nouvelle ne l'empêcha point de passer en Angleterre, conformément aux instructions qu'il avait rerues, pour recommander au nouveau roi d' Angleterre, Jacqu* les intérêts gène

Anjorrant séjourna plus d'une année dans la Grande-Bretagne. Jacques Ier avait au sujet des droits que la maison de Savoie prétendait avoir sur Genève des préventions que le député genevois s'attacha à dissiper. Mais sa principale préoccupation était d'obtenir des subsides. Jacques ne voulut accorder aucune subvention directe, cependant il ne fit

point difficulté de remettre à Anjorrant des lettres adressées aux dignitaires du clergé anglican, les invitant à ouvrir dans leurs diocèses une collecte en faveur de Genève. Muni de ces lettres, Anjorrant entreprit une tournée en Angleterre1 et en Ecosse. Partout il fut bien accueilli ; des souscriptions s'ouvrirent sous les auspices des évèquos et lorsque Anjorrant rentra dans sa ville natale, en avril lljoj, il put verser dans le trésor une somme de 3.500 Hv, st.

Quelques mois après son retour. An* jorrant fut appelé à l'office de « lieutenant de justice. » En 1007 il fut porté pour la première fois au syndicat, première magistrature de Genève. Rarement un citoyen posséda d'une façon aussi peu contestée la confiance de ses concitoyens; il fut dix fois syndic et sept fois lieutenant.

Mais c'était surtout comme négociateur qu'Anjorrant voyait ses services appréciés. Incessamment menacée par le duc de Savoie, la république de Genève attachait le plus grand prix au maintien des relations amicales qu'elle avait formées avec Henri IV. En février 1010, Anjorrant fut député auprès du monarque français, pour lui présenter diverses demandes. Le roi qui préparait alors ution de son célèbre plan contre la maison d'Autriche, fit très-bon accueil au député genevois, et ce dernier put mander le [•» avril à ses concitoyens que le roi agréant une de leurs demandes mettait à leur disposition une somme d" 7 -J . ( m mi 1. pour soudoyer la garnison de leur ville.

Lit 14 mai, Anjorrant alla prendre congé du roi. qui se disposait à joindre son armée et qui lui adressa ces pa- : « Assurez Messieurs de Genève que je ne quitterai jamais mes anciens serviteurs pour de nouveaux amis lesquels je ne cosnois encore bien et encor que vous ne soyés mes subjects, je vous maintiendrai comme si j'estois vostre père. »

Le jour même où Henri IV exprimait

1 11 te rendit d'abord, quoique la peste j régnât, à Croydon, i ù se trouvait le protecteur naturel de ses demandes, l'archevêque de CantorbérT. on a publié iBttll. xill, awi une lettre de lui sur e* voyage, laqaveOe est adressée de Vinchester, <8 oet. ioo.i. a l'ambassadeur d Angleterre, à Paris, et signée d* Soulty-.4n)orrant.

ANJORRANT

ainsi son amitié pour Genève, il tombait sous le poignard de Ravaillac.

Huit jours plus tard Anjorrant était admis à présenter ses hommages à la régente Marie de Médicis et au roi mineur. Plusieurs seigneurs de la cour, entre autres le duc de Sully, l'engageaient à mettre le genou en terre, disant qu'ils le faisaient bien eux; mais le huguenot genevois s'y refusa et se contenta de faire une profonde révérence presque jusqu'à terre. Après qu'il eut adressé son compliment à la reine mère, cette princesse lui répondit qu'elle était touchée des vœux que les Genevois faisaient pour elle et qu'elle en userait vis-à-vis de Genève comme le feu roi. L'enfant royal dit à son tour : Je les aimerai toujours comme..., puis se tournant vers M. de Souvray :je vous prie achevés. Anjorrant rapporta à Genève deux lettres signées par la reine et le jeune roi qui contenaient l'assurance de leurs sentimens bienveillans pour la république.

Cependant la mort de Henri FV avait ranimé les espérances des ennemis de l'indépendance genevoise et on avait appris que la diplomatie savoisienne intriguait activement auprès de la cour de France pour la détacher des intérêts de la république protestante. Le conseil résolut au mois de septembre 1610 de renvoyer à Paris Anjorrant pour suivre de près et déjouer ces manœuvres. Il demeura en France plus d'une année, plaidant en toute occasion auprès de la régente et de ses ministres la cause de la république, et lorsqu'il regagna Genève au mois d'octobre 1611, il rapportait 128,186 1., dont 68,000" provenant de la subvention du roi, le reste dû aux libéralités des églises françaises réformées.

Les principaux citoyens s'étant alors volontairement imposés pour la fortification de la ville, Anjorrant s'était taxé lui-même à 5 fi. par semaine.

La république mit de nouveau à l'épreuve le zèle d' Anjorrant en l'envoyant encoreàla cour deFrance, enl612, 1616, 1617 et 1G19. L'objet de ces missions réitérées était bien monotone ; il s'agissait de réclamer et d'encaisser la subvention annuelle de 72,000 1. par laquelle la France s'était engagée à reconnaître les services rendus par les Genevois à

Henri IY. Anjorrant parlait souvent à des sourds, et il dut quelquefois revenir les mains vides ou avec une subvention trôs-réduite. En 1618, le roi avait écrit dans l'ordonnance de payement ma ville de Genève; Anjorrant signala cette expression incorrecte et la fit réformer.

Lors de sa députation en 1619, qui se prolongea jusqu'en juin 1621, la situation d' Anjorrant était particulièrement délicate ; car une partie des protestants du Midi avaient levé l'étendard de la révolte, et le député de la ville huguenote par excellence faisait une assez étrange figure en suivant de ville en ville le camp du roi pour solliciter des subsides que dans de telles circonstances on n'était guère disposé à lui octroyer. Le gouvernement royal pria le député genevois d'user de son crédit auprès de l'assemblée réunie à La Rochelle pour l'engager à se séparer. Une pareille demande rendait Anjorrant très-perplexe ; il ne pouvait ni répondre par un refus à un monarque dont il implorait une faveur, ni compromettre sa qualité de représentant de la république genevoise en se prononçant pour la cause royale. Il se tira d'embarras en promettantd'écrire comme simple particulier à quelques-uns des gentilshommes réunis à La Rochelle, pour les engager à poser les armes. Anjorrant dut, certes, s'estimer heureux d'avoir tiré du Roi, par ses importunités en cette année de guerre civile (1621). une somme de 60,000 1.

On comprend sans peine qu'Anjorrant éprouvât quelque lassitude ; aussi, lorsqu'en février 1622, le conseil l'eut désigné de nouveau pour une ambassade en France, il déclina cet honneur, et ses excuses furent admises.

Ces missions, d'ailleurs, dont on accablait Anjorrant, n'étaient rien moins que lucratives. Au retour d'une de ces députations, il expose au conseil qu'il a « dépensé 400 1. en sus des 3 écus par jour qui lui sont alloués, priant la seigneurie d'aviser; car il n'est pas raisonnable qu'en servant fidèlement le public avec beaucoup de peine, il y aille du sien. >< Le conseil s'empressa de rembourser cet infatigable serviteur.

Lorsque Louis XIII, à la fin de l'année 1652, après avoir pacifié le Midi, se

ANJORRANT

fut mis en route pour regagner sa capitale en suivant la vallée du Rhône, le conseil résolut d'envoyer deux députés à Grenoble pour le complimenter. Anjorrant fut l'un d'eux. Les députés portaient quatre truites pour le roi et deux pour le connétable. Dans un entretien qu'ils eurent avec le connétable, ce seigneur leur dit : « Vous autres Messieurs de Genève ('■tes toujours en appréhension, je sais bien un moyen de vous garantir, c'est de vous mettre entre les mains du Roi avec vos libertés et vos franchises. » 11 oubliait qu'il y a tel remède pire que le mal.

En janvier 1624, Anjorrant reçut de nouveau le mandat d'aller défendre, auprès du gouvernement français, les intérêts de sa patrie. Le ministre.. La Vieuville, lui témoigna alors tout le déplaisir que causait au roi le séjour de à'Aubi- Qué sur le territoire de la république. Anjorrant excusa de son mieux son gouvernement, félicita le roi sur le mariage île sa sœur Henriette, et revint à Genève en mai 1625; porteur d'une allocation de .">0,000 1. Ce fut pendant ce séjour d' Anjorrant en France que le cardinal de Richelieu fut chargé de la direction des affaires étrangères, et Anjorrant avait conféré avec ce grand ministre sur les affaires de sa patrie.

En septembre 1029. Anjorrant. àeé de 63 ans, fut appelé une dernière foirendre en France avec le conseiller Sarasin; mais il obtint la permission, vu ses infirmités, de se retirer après qu'il aurait exposé l'objet de sa mission. De retour à Genève, sur la tin de décembre, il cessa dès lors de courir en ambassade: mais il continua de servir la république dans les plus hautes fonctions de l'Etat.

En 1632, il fut un des conseillers chargés de s'aboucher avec le baron Rasche.

envoyé de Gustave- Adolphe, et de rédiger une réponse aux propositions d'alliance faites par ce monarque.

En 1638. la fille d'Anjorrant épousa le syndic Ami Favre , et à cette occasion, le Deux-Cents, eu égard aux grands services d'Anjorrant, rendus depuis 45 ans, accorda au beau-père et au gendre une dispense de l'édit qui ne leur eut pas permis de faire partie ensemble du conseil.

Le 1er janvier 1647, Anjorrant, qui avait atteint sa quatre-vingtième année, ayant été présenté en première ligne au conseil des Deux-Cents pour le syndicat, se lève et prie les assistants, en raison des infirmités de son grand âge, de le vouloir décharger de l'emploi auquel il est appelé, protestant de vouloir continuer jusqu'à la fin de sa vie en l'affection et au service qu'il doit à l'Etat. L'assemblée agréa les excuses du vénérable vieillard, et en son nom le premier s\ndic sortant de charge le remercia arec éloges des longs et grands services qu'il avait rendus ci-devant au public.

Le terme de ses jours ne tarda pa> beaucoup à suivre pour Anjorrant la clôture de sa carrière politique, li expira le -20 janvier, ùcé de si ans. (A. Roget.)

Registres des conseils de Genève. — Galiffe, III, lu.

'i. Tous les Anjorransde Paris qui suivaient la Réforme n'étaient point passés à Genève : car on trouve dans les baptêmes de Charenton. en 1596, celui de Marie, fille de Jean Anjorrant et de Sidonie Timpian. Au XY1P siècle, on a les faits suivants : Jeanne Anjorrant épousa Daniel de Ti.s-.sard. sieur de Diche- Toucheronde. et lui donna un fils, 1)\mei., qui, du chef de sa mère, devint seigneur des trois quarts de Claye, berceau féodal de la famille. Louis Anjorrant, pi tare de Renaud et avocat du roi à la cour omptes en 1498, était déjà seigneur de Claye. Un arrêt du parlem. de Paris, en date du 4 juillet 1636, ayant défendu aux religion naires de cette seigneurie, et sjH'ci;\lement au ministre Billot, de faire à Claye aucun exercice de la religion réformée, tant que le seigneur n'y ferait pas sa résidence, Daniel Tissard s'empressa de déclarer qu'il y fixerait sa demeure. Cette déclaration n'ayant pas été suivie d'un assez prompt effet, dès le 12 décembre, le parlement confirma son précédent arrêt, et par un troisième, rendu le 23 juin 1637, nonseulement il interdit de nouveau la célébration du culte protestant, mais il défendit à l'instituteur, nommé Jean de Rome, « d'enseigner la jeunesse en quelque lieu et de quelque manière que ce fût. » En 1644, Tissard se rendit enfin à Claye, où il passa trois mois et où il rétablit l'exercice public de sa religion.

ANJORAN — ANNIBAL

Le parlement ne put s'y opposer, les ordonnances permettant aux seigneurs hauts-justiciers de faire prêcher dans leurs châteaux pour eux et leurs familles ; mais, quelques années après, Tissard étant mort et sa veuve1 s'étant retirée à Biche , près d'Orléans , il rendit, dès le 23 mai 1661, à la requête de l'évêque de Meaux, un arrêt faisant itératives défenses aux religionnaires de s'assembler au château de Claye, et à tout ministre, nominativement aux pasteurs de Meaux, Lisy, La Ferté-sous- .Touarre, Paris, Charenton et Orléans, c'est-à-dire à Dalbrici, d 'Allemagne, Bancelin, Drelincourt et Perreaux, d'y prêcher ou d'y faire aucun exercice de leur religion, sous peine de mille livres d'amende, enjoignant en même temps auxdits religionnaires de tapisser leurs maisons les jours de la Fête-Dieu, et, sur leur refus, permettant aux catholiques de les faire tapisser à leurs frais. Il paraît que les protestants de Glayo obtinrent la cassation de cet arrêt, ou tout au moins qu'ils surent l'éluder. En 1668, le roi chargea en effet le lieutenant général au présidial de Meaux et le capitaine de cavalerie Du Houx de régler définitivement cette affaire. Les deux commissaires mandèrent devant eux les parties, et après s'être fait présenter les titres sur lesquels les protestants fondaient des droits contestés par les catholiques, ils rendirent leur sentence, qui supprima l'exercice à Glaye.

5. ANJORAN (Claude et Jacqces), cordonniers à Tournus, reçus habitants de Genève, 18 oct. 1572.

AN.TOUIN, député a l'ass. d'Uzès 1627 [I, 277 a, note].

ANLEZY (Xouise-Edmée et N. d'), v. 1570 [VI,' 44 b). — (Anne), 1583 [VII, 538 a]. — (François), sieur d'Espeuilles et sa fille Françoise, 1601 [VI, 50 b].

ANLOZY ( Philibert d' ) , sieur du Lin, v. 1650 [IV, 452 a].

ANNEAU (Pierre), de Brie, réfugié à Berlin, 1700. — Pierre Annaut, naturalisé anglais, 8 mars \\\&l.

1 Savoir Judith Hardi/, lille de François, sieur des Loges, conseiller-secrétaire du roi, et de Marie Galland, que Tissard avait épousée à Charenton en avril

ANNEAU (Elisabeth d'), 1649 [V1U, 52 b].

ANNET, ministre à Glelles on Bauphiné. 1G70[V, il a].

ANNIBAL (le capitaine). On verra plus loin, au nom Arquier, un capitaine Annibal, chef de partisans huguenots, supplicié comme tel, mais en 1562. Nous voulons parler ici d'un autre personnage, portant le même nom ou prénom, et la même qualification, qui figura postérieurement dans la prise d'armes des huguenots de Lyon. Nous ne le connaissons, d'ailleurs, que par sa présence sur une liste de proscription, dressée et imprimée en forme d'édit du roi, à la date du 30 janv. 1568, contre les principauxprotestants lyonnais d'alors, sans avoir recueilli d'autre détail sur cet Annibal (voy. ci-après, col. Î80, le n° 1 49 , et cf. avec nos 101, 2il et 227). Gomme nous avons lieu de croire cet imprimé d'une rareté extrême, ne l'ayant trouvé qu'en un seul exemplaire (à la bibliothèque de Rouen, collect; Leber, n° 3989), nous saisissons le prétexte que nous offre le premier nom de la liste (alphabétiquement) pour reproduire la liste entière, avec le titre de l'édit et la substance de ses considérants :

Ordonnance de messieurs les Seneschal et gens tenans le siège Présidial en la ville de Lyon, contre les détenteurs des biens de ceux de la Religion p. r.; Ensemble les noms et surnoms des séditieux et rebelles contre la Majesté d>> Buy nostre Sire. — A Lyon , par Michel Jove , M.D.LXVIII.

De par le Roy. Sur la requeste l'aicte de par les gens du Roy en la seneschaucée et siège présidial de Lyon, itératif commandement est faict a toutes personnes de quelque estât, nation, traficq et qualité qu'ilz soyent, privées ou publiques, notaires, tabellions, greffiers, procureurs et autres que suyvant les lettres closes et patentes de S. M. du 13e de ce moys de janvier, ceux qui ont or, argent monnoyé ou non monnoyé, bagues, joyaux et autres meubles, cedulles ou obligations et qui possèdent a recepte, louage ou ferme, aucuns bénéfices, rentes, maisons, terres, fermes ou seigneuries appartenait;, u ceux de la prétendue nouvelle Religion, séditieux et rebelles qui se sont eslevez eu forme d'hostilité à rencontre de S. M. et de ses bons et fidèles subjects, ont porté les armes avec les factieux, séditieux et rebelles,

AXXIBAL

et ne se sont retirez en leurs maisons dans le temps préfix et de ce prins acte, suyvant les lettres patentes sur ce expédiées et publiées en lad. ville. Et ceux qui encores portent les dictes armes, soit au camp des d. séditieux... ou ceux qui les aydent et favorisent... Et aussi tous ceux qui ont, possèdent et tiennent les d. biens, marchandises, meubles ou immeubles, livres, papier*, tiltres, enseignements, cédulles ou obligations, souvent et cognoissent les personnes qui ont et possèdent les d. biens, qu'ilz et chacun d'eux ayent, deux jours après la présente publication faicte, à venir dire, déclarer et révéler par devant les Seneschal et gens tenans le siège Presidial de Lyon et en leur greffe, ce qu"ilz en ont et détiennent ou sçavent estre détenu et possédé; et ce sur peine de peine de perte et confiscation contre les ungs et les autres de tous et chacuns leurs propres biens, lesquelz au cas de default ou contravention, Sa dicte Majesté les a déclarez acquis et confisquez. Et à fin que personne ne prétende cause d'ignorance qui sont ceux des biens des quelz les déclarations doiven faictes, entre autres ensuyvent leurs noms, surnoms des charges, et prévenus <i- - ;icts, Assavoir :

George Penet, dit Janot.

nommé Archimbaud, espkier.

Jean de Fontba

Pierre d'Orléans.

nommé Chausson clerr et leur.

Jacques Bebaiz.

Henry Laneav.

Ung nommé Pusin, tainrturier.

Le filz de George Aulbreth.

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