PORTRAIT D ALEXANDRE DE LAUETH
ts Chirlïi et TModore, comme eux flsvé pm li
Beancaap plus intctlîgcnl ït p!u) Icaice q loini de II Reine et comblé des bienfaits de H est le moins sympithique de «i imbitieu] inenllf fond du parti de Lafayelte, parli d'olficiera bjvards, de tribuns en hausse-col el de gardes nillonaax conquérants. Alexandre de Lametb fui le Unor Itger du coustitutionnalisme, qui paraliuil i beaucoup dMioanites geni le dernier mot de la vérité politique. Voyant que le tempérament français rtslitiit, il travailla i, enlermer le Roi dans le régime constitutionnel, pour y donner quelque poids. II ne larda paa i conalatei que le boncher Legendre, employé par lui pour réduire la cour, le remplaçait dans les faveurs de la démocratie, et il s'enfuil en compagnie de La Fayette. Thfodore de Lsmelb reparui en 1814 pour être nommé chevalier de la Légion d'bonneur. Charles, tpttt a'élre conduit vaillammeni tu service de l'Empire, demanda i la Reslauration le litre de lieutenant général. Notre Alexandre donna l'exemple de (oulea les Tcrinapréfectoralea. De 1801 1 i8i5 il administra six déparlements, cinq an nom de rEmpereotcl un au oom du Rai, aussi fidtlemeal lea uns qne l'autre.
blée nationale un message du Roi qui se terminait d'une façon très inattendue.
Le Roi\ était-il dit, connaît Tesprit qui a animé toutes les /^i/érations (pactes d'alliance qui avaient eu lieu, soit entre les gardes nationaux, les soldats de ligne et les citoyens d'une même ville, soit entre les fédérés de plusieurs villes). « Il avait pensé qu'il fallait développer ces liens entre les gardes nationaux et les soldats, et il était décidé à appeler les troupes de ligne par une convocation générale, n
Après quelques débats, TAssemblée stupéfaite remercie le Roi.
Le lendemain, à la séance du soir, le maire de Paris, Bailly, à la tèt^ du Comité de Fédération, se présente à son tour devant les constituants. Il vient leur communiquer une « adresse des citoyens de Paris à tous les Français », signée La Fayette, Bailly, Charron, président du Comité; Pastoret et Lafisse, secrétaires, et rédigée par MM. Bourtibonne, Pastoret, Pons de Verdun. Il conclut en demandant aux députés de vouloir bien discuter et arrêter les détails de la fête du Pacte fédératif du 14 juillet.
Après une discussion, soutenue principalement par La Rochefoucauld et Bouttidoux, Taffairc est admise en principe.
Le 7 juin,Tallcyrand fait un rapport.
Il y a quelque hésitation. On se défie de Tambition de La Fayette. Il a déjà perdu de sa popularité, et ses ennemis se trouvent sur tous les bancs de la Constituante.
Pour les royalistes, c*est Yhomme redoutable; pour les orléanistes, c'est le maire du palais; pour Mirabeau, c*est Gilles-César ou Gran^ dissort'Cromtvell ; pour les démocrates, c*est le traître Moitié.
On craint que cette réunion ne soit pour le général de la garde parisienne une chance d'augmenter sa puissance et qu'il ne vise à devenir une sorte de connétable de la garde nationale de France.
Dès le 25 janvier 1790, la proposition en avait été faite par l'abbé Fuuchct, à la Commune de Paris.
La Fayette prévoit le danger; il demande qu'il soit décrété que nul ne pourra commander les gardes nationales de plus d*un département. Applaudissements. Dès lors chacun peut s'abandonner à son enthousiasme pour la Fédération.
Lameth, Noailles, Murinais, Virieu, se montrent aussi satisfaits les uns que les autres.
Le 8, la discussion continue sur les détails.
Le 9, le décret qui règle ces détails est porté tel que le propose M. de Noailies.
Le 14, Bailly vient discourir devant le Roi au sujet de cette Fédératfon. Son discours est rempli d'honnêtes formules.
Qui avait suggéré l'idée d'une telle fête, et comment cette réunion pouvait-elle également plaire aux trois pouvoirs qui se disputaient alors le gouvernement de la France, au Roi comme à la Constituante comme à la municipalité parisienne, et dans l'assemblée, aux noirs comme aux factieux^ aux aristocrates comme aux constitutionnels ^ comme aux républicains?
Fédération, c'était un mot et une chose à la mode.
Il y avait quelque part, dans Rousseau, une phrase qui la conseillait. C'était une autorité suffisante, mais l'entraînement venait plus naturellement.
La France, émiettée, pillée, brigandée, débauchée, épouvantée, affolée, sentait avec angoisse que tout lui manquait à la fois : l'ancienne organisation provinciale, l'antique autorité royale, sans parler de la vénérable maréchaussée. Elle remplaçait tout cela par le nouveau principe dont on lui prêchait le culte : la Souveraineté du peuple. Elle cherchait donc à donner à ce principe une force effective. Elle en réunissait les représentants armés, gardes nationales et troupes de Hgne, c'est-à-dire les citoyens révoltés et les soldats indisciplinés.
Elle espérait que l'union de ces deux forces révolutionnaires, c'està-dire corrompues, assurerait la paix sociale.
Voilà pour la grosse portion des patriotes.
Les autres, les fous, les libertins, comptaient bien qu'en se rapprochant intimement, l'armée de la nation et l'armée du roi achèveraient de se corrompre mutuellement.
Mais qu'elle y fût poussée par la peur, le désespoir ou l'enthousiasme, par un patriotisme candide ou par la coquinerie révolutionnaire, presque toute la France courait à la Fédération.
Dès le mois d'août 8g, les citoyens de Landau avaient essayé de se confédérer avec le régiment de Neustrie. Carra assurait pourtant que c'étaient les citoyens de Saint-Brieuc qui étaient entrés en branle avec le i*"" bataillon du régiment de Poitou.
En janvier 90, les « jeunes citoyens de Bretagne et d*Anjou » dressent à Pontivy un pacte d'union. 3i janvier, assemblée fédérative à Valence en Dauphiné. « Montélimart et Valence avaient donné l'exemple dans les contrées méridionales. »
On le suit allègrement dans les autres provinces. C'est la fête printanière de la Révolution en 90. Les mois d'avril, mai et juin n'ont qu'un cri : Fédération! « Vingt camps, formés à l'improviste et dispersés sur la surface de la France, offrent des réunions de quinze, vingt, trente mille hommes. » En mars, fédération des gardes nationales des Vosges. En avril, fédération de la garde nationale et de l'armée à Montauban ; réunion fédérative à Grenoble.
Le 4 mai, à Metz, fédération des gardes nationales de la province avec l'armée de ligne. Adresse des gardes nationales confédérées de Hesdin et confédération de cette ville avec Royal-Champagne. Echange de lettres entre diverses gardes nationales confédérées — Cherbourg notamment — et la garde parisienne. Acte fédératîf des gardes nationales d'Orléans. Pacte fédératif des régiments de Normandie et de Beauce à Brest; 9 mai, confédération de la Haute- Vienne.
En juin, fédération de l'Alsace; confédération des gardes nationales d'Indre-et-Loire. Fédération des départements du Nord, du Pas-de- Calais, de la Somme. Le récit des fêtes fédératives qui venaient d'avoir lieu le 3o mars à Draguignan, à Lyon surtout — la seconde capitale — enflamme de jalousie l'imagination des Parisiens. Confédération à Lille, à Dijon.
En juillet, le 11, réunion à Versailles des départements de la Seine et de l'Oise. Fédération de Mont-de-Marsan. — J'indique seulement celles de ces fêtes dont les échos arrivaient plus violents à Paris . ;
Us mirent l'enthousiasme dans toutes les cervelles. Enfin, « l'idée sublime » d'une confédération générale est mise en avant par le dis: trict Saint- Eustache. « Elle est accueillie avec transport. »
Dès lôrs il ne faut plus parler d'autre chose. C'est le rêve, un rêve de collégien qui calcule le nombre de jours qui le séparent des vacances; Tous les journaux jacassent là-dessus, et Peuchet, le notable Peuchet, le grand critique d'alors, prêche civiquement sur ce sujet, danjs le Moniteur du 17 juin. Tout le monde paraît converti à une même tendresse pour cette Fédération. Les partis les plus opposés sem-
blent en espérer un très grand bien, chacun pour soi, exclusivement aux autres. .
Encore une fois, par quelle force de raisonnements !e Roi et