BÉ GRÉGOIRE
DtpuM dg ctcTgi du biilliige de Ntiic]i à rAiiembliic consliluintï, il prit l'iniiialive de loui In mouvcmcDli dciliota jk donner l'oprit rtvolutioiiaaire pour guide au 1<gilim« amour dee rjformn qui totbou< «liimail la Prince. Le premier, il abandonna ion ordre pour se réunir 1 la chambre du Tien; le premier il abandonni la foi pour prlter le lerment contlîtulionnel. Acliaroé contre les Franfaii qui reliaient fidèles 1 cette foi religieuse et politique, il économisait toute sa charité pour défendre le> Juifs. C'est lui qui prononça ce mol que contretigna l'assassinat de Louis XVI : ■ Les rois sont dans l'ordre moral ce que le» monatrei sont dans Tordre pliyiiqiie. ■ Il était tellement affolé alors par sa monomanie républicaine, qu'il montait i la tribune pour attaquer... Louii XH. Au moins il appartient 1 ce groupe des ambitieux de première classe qui fut rare pendint la Révolution : au groupe des ambitieux courageux. Il 6l lurle vandaliimt réfolationnaire iruti brocbores qui resteront. Nous le Toyoas, comme presque tous les conTcn< lionnela qui na tombireal pas dans la boue, la police et l'écanomat dei hSpilaui, noun le voyons sénateur, commandeur de la Légion d'honneur, comte. Toutefois il le montra, au Sénat, moini ailencieui que les collègues. Il ne fot pas le parfait courtisan; il le contenta, si l'on en croit les récentn c (péculer, en bon évlque républicain, lur les bieni confisqués i • lea frères égarés >.
Un homme, bien vêtu, va le lendemain, i5 juillet, voir les ouvriers qui travaillaient déjà à la démolition du monument. Un malotru lui vint parler ainsi :
« Mon chevalier, vous ne direz pas que c'est pour nous que nous travaillons, c'est bien pour votiSy car nous autres nous ne tâtions pas de la Bastille. On nous f..... à Bicêtre. N'y a-t-il rien pour boire à votre santé ?
« Je lui donnai douze sols. »
Bientôt le malotru ne se contentera pas de la pièce de douze sols, il demandera la bourse entière, et, un peu plus tard, il prendra la vie.
Malouet l'a dit : la prise de la Bastille fut le commencement de la Terreur. Cela est vrai ; et c'est encore une légende que cette joie parfaite signalée par beaucoup d'historiens comme la conséquence de ce glorieux événement.
La terreur règne en province comme à Paris. Le 3i juillet, Lally- Tollendal, un des Pères candides de la Révolution, monte à la tribune. Il parle de ce gentilhomme coupé en morceaux devant sa femme enceinte, qui en meurt ; de cet autre qui était paralytique et qu'on jette dans un bûcher jusqu'à ce que les pieds et les poignets soient brûlés ; de cet autre qu'on pend dans un puits, tandis qu'un simulacre populaire d'assemblée délibérante discute la question de savoir s'il ne vaut pas mieux le faire mourir autrement; de cet autre qu'on enterre dans un fumier, pendant qu'on lui arrache, au son des chansons, les cheveux et les sourcils; et de cent autres viaimes, dont la plupart sont les plus libéraux, les plus charitables, les plus réformateurs du pays.
La Révolution donnait son secret et sa leçon dès ses premiers actes. Elle commençait son repas de Saturne.
La légende du 6 octobre est moins fanfaronne que celle de la prise de la Bastille. Il est difficile de nier que les courtisanes de tous les étages, du plus bas surtout, y aient joué le principal rôle. On les voit dirigeant les huit mille drôlesses qui arrivent il Versailles dans la journée du 5, et se partageant la double besogne révolutionnaire. Les unes vont envahir l'Assemblée, en dirigent les débats et lui arrachent les décrets qui leur plaisent. Les autres vont corrompre les soldats
qui gardent le palais. A la nuit, la garde nationale parisienne arrive. On connaît le reste, l'assassinat de deux gardes du corps, la fuite de la reine à demi nue, les coups de poignard qui la cherchent vainement dans son lit.
Il eût été difficile, du reste, même aux révolutionnaires, de vanter leur courage dans cette journée. Sait-on combien il y avait de soldats décidés à lutter contre cette invasion ? Cent, cent gardes du corps. Encore leur avait-on ordonné de ne pas se servir de leurs armes. Le Roi, toujours préoccupé, avant tout, du désir de ne pas répandre le sang du peuple, avait envoyé à Trianon et à Rambouillet le reste de l'escadron.
Les deux gardes assassinés sont MM. Deshuttes et de Varicourt, l'un à la première grille du Palais, l'autre à la porte de la reine. Plusieurs autres furent blessés, dont deux, MM. Desmiers et Miomande de Sainte-Marie, très grièvement. Nous pouvons donner le nom de quelques-uns de ceux qui se conduisirent le plus énergiquement alors, nom que la plupart des historiens paraissent ignorer quand ils nous renseignent soigneusement sur les infimes drôles qui hurlèrent dans les clubs. Ces soldats fidèles et brillants furent MM. Arnault, de Gratery, de Lukerque, Vaquier de La Motte, de Luillier, de Loqueyssie, Moreau, du Repaire, Hurard, de Hacqueville, de Palmarouse.
L'histoire a gardé deux phrases pour caractériser cette affaire du 6 octobre : ces premiers soldats de la Révolution crient qu'ils sont venus à Versailles pour « jouer aux quilles avec la tête de l'abbé Maury »; leurs femmes, pour « faire une bonne fricassée avec le foie de la reine ».
La royauté revint à Paris sous l'escorte de cette armée de joueurs de quilles et de mangeuses de foie. En avant du cortège royal, on aperçoit les têtes coupées des gardes du roi. C'est le butin de la journée.
A partir du 6 octobre, le Roi n'est plus qu'un otage. Ce n'est pas encore l'anéantissement de l'autorité, c'est l'autorité gardée à vue par ce que les révolutionnaires nomment la liberté.
La Révolution avait voulu avoir sous la main le gouvernement naissant comme le pouvoir déclinant. L'assemblée des Etats généraux, après s'être, contre tout droit, proclamée constituante, était venue,
La France ainsi que la royauté étaient les otages des Parisiens. La loi de l'avenir allait s'élaborer sous l'œil d'émeutiers vigilants. La révolte devenait la cour d'appel et de cassation du nouveau régime politique.
Le régime parlementaire : la Constituante. — Avec les États généraux avait commencé une ère nouvelle, l'ère des constitutions. Ère loquace, qui féminise les nations portées au bavardage, et qui congestionne, si je puis le dire, le cerveau des peuples, en remplaçant la ré0exion par une improvisation continue. Grand signe, d'ailleurs, de la victoire prochaine de la Révolution, puisque les constitutions, dans les sociétés malades, tiennent lieu de principes, comme les protestations, dans les mauvaises compagnies, tiennent lieu de probité
Les États généraux, après avoir, dans la nuit du 4 août, rompu définitivement avec l'Ancien Régime, avaient proclamé, le 12 août 1789, une constitution embryonnaire, connue sous le titre de Déclaration des droits de l'homme. Amplifier cette déclaration, ce fut le travail de la !Constituante. On appelait cela fonder la liberté. Mais il ne s'agissait que de la liberté révolutionnaire, qui a toujours été l'école préparatoire de la tyrannie.
Quels étaient ces fondateurs de la liberté? Le i"^ juillet 1791, deux cent soixante-dix députés déclarèrent que, ne pouvant parvenir à Jjarler ni à voter librement, ils cesseraient désormais de parler et de: voter. Douze jours après, un appel nominal constate que, en dehors de ces deux cent soixante-dix esclaves muets, cent trente-deux autres, moins formalistes, ont rompu leurs chaînes et ont quitté Paris. Le grand nombre, qui n'ose protester ou n'a pas voulu fuir, obéit aux menaces, aux coups même, en votant silencieusement ou en déclamant avec emphase. Le reste, honnêtes gens ambitieux, théoriciens crédules, rhéteurs corrompus, constitue l'élite de la bourgeoisie révolutionnaire qui travaille le Code de cette liberté, de façon à mettre là bourgeoisie aux places de l'aristocratie, le clergé aux gages des philosophes, et la royauté sous la tutelle des émeutiers.
C'est tout l'esprit de la fameuse constitution de gi. Aussi la bourgeoisie révoltée se crut-elle désormais maîtresse des destinées de la France, quand. Je i3 septembre de cette année-là, elle eut extorque à Louis XVI le serment d'obéir à cette constitution.
Elle croyait n'avoir à redouter que la royauté, le clergé, la noblesse; aussi avait-elle proclamé la liberté de la presse, la liberté des clubs, le respect pieux dû au peuple des tribunes et des places publiques. Mais la démocratie devait utiliser toutes ces libertés contre les libéraux'^ comme ceux-ci avaient employé la liberté contre le Roi.
La constitution de 91 enlevait au Roi jusqu'à son nom. La royauté est devenue le pouvoir exécutifs le second des pouvoirs de TÉtat, entre le pouvoir législatif qui la domine et doit la surveiller, et le pouvoir judiciaire qui doit la redouter.
Le Roi n'a aucune part à la confection des lois. Il est chargé de les faire exécuter, quelque folles ou odieuses qu'elles soient. Il peut bien légalement s'y refuser pour un temps ; mais, en fait, ce refus est impraticable, sous peine de déchéance, comme on le vit au 10 août 92. Le Roi a perdu le droit de faire guerre ou paix, de faire grâce, d'accorder des pensions. Il choisit ses ministres, mais ils sont sans autorité.
Il peut nommer à certaines places, bien déterminées, dans l'administration comme dans l'armée; mais le parlement s'est réservé et a délégué à ses comités tant d'attributions, que la volonté royale est toujours annulée.
La personne royale a suivi la fortune du principe. Tandis que la bourgeoisie de l'Assemblée constituante changeait la royauté en « pouvoir exécutif » , le peuple changeait le Roi en Monsieur Veto.
Mais avant d'en venir là, la royauté avait eu encore un beau jour, le Jour de la Fédération du 14 juillet 1790. Oui, cette fête qu'on nous donne comme l'idylle de la Révolution, comme le rêve idéalisé d'une journée splendidement révolutionnaire, comme l'espérance de l'avenir démocratique, comme la consolation de tous les maux de la Révolution, cette fête fut une fête monarchique.
Le charme qui s'y trouve vient de l'Ancien Régime; et jamais la France n'a mieux prouvé combien elle est foncièrement royaliste.
Ce fut la dernière fois que se développa dans toute sa grâce ce peuple poli, de belle humeur, juvénilement sensible, caressant et bon, qu'avait formé la société chrétienne.
Oui, cette fête révolutionnaire de la Fédération fut la fête, l'apo-
.^ t'oB "nous entende bien,
-3» sa fière et militaire docilité,
'""^^ ja royauté légale, le pouvoir à
- - "■' .^ ,^ non, mais la loi claire, ferme,
'^ -H-<f aKinarchie que la France avait nommé Nijeux, les utopistes, les enthousiastes, les ^ jcilassés, les filous, tes contrebandiers, les ^»us les révolutionnaires, enfin, cherchèrent -^ ""*^ ^^ France, ferme, recueillie, laborieuse, n'avait *" ~ . jjvait affirmé en tête des Cahiers de 1789. *'■'■" ' jjjirma encore le 14 juillet 1790. Car la Fédération, ': pjri^ ''" électeurs de Sg\ c'est l'affirmation heureuse 'j« Cahiers de 1789.
iire l"* ^'^ Révolution fut absente?
•i«dse et toute royaliste que fut cette fête dans son ensemble, ■rons çà et là le double signe de la Bête : la bouffonocité. « Tremblez, aristocrates, voilà les garçons boun des drapeaux. Voilà la révolution, voilà l'abattoir. )ouchers protestent contre le monarchisme de la fête, e une fois, cette fête, /u seule à peu près honnête et pure, les Révolutionnaires soient réellement Jiers, cette fête errons, monarchique.
t de célébrer par une solennité imposante l'anniversaire la Bastille et d'insulter solennellement et officiellement la on faisait remonter l'avilissement à cette date, ir un coup d'habile politique, accepta l'idée, se mit en t de sa popularité en se mettant à la tête de la manii donnant plus d'ampleur; et en adjoignant les députâmes royales aux délégués des gardes nationales, il dérouta laires.
:oup de génie. L'un des chefs du mouvement le reconn'avons tremblé qu'un jour. Si le Roi avait voulu probout, de la Fête de la Fédération, tout était perdu. » ons la parole aux faits.