ALES
■lès, à la (ois
gracieuK et brave, lepriacale lislorien, inquiet de voir la nuit de <)3 succi- I dan d'improvisilioD que possédait CâJilts. : MbIIcI du Pan, il repréaenle la clairvoyance, folles utopies et les Rroces ambilions, avait fermement tract par lea cahiers de 8g, qui
Bérénii
isinltrcssts : ■ SI te Roi veut
royauli
Camille Desmoulins, La Fayette et Loustaiot, la Constituante et la Commune de Paris, tombèrent-ils d'accord et trouva-t-oa que cette Kba»cb hévolut. — Liïr. i3.
fêtd df vait ^ la 6>i5 sauver ia monardùe^ et développer la Réwdiitîoa; balayer la Constitution, en rafifermissant, et réjouir raristocntk en enS^mmini « d'un délicieux délire » la démocratie?
Le Roi était clairvoyant, et s'il manquait de hardiesse pour tirer profit de ses observations^ ses observations étaient souveût justes. U partit dei cette idée : La France n'est pas encore aussi corrompue qut Paris p£lr la Révolution ; il est impossible que cette qualité distinctive du peuple français, l'amour passionné pour le Roi, ait disparu si vite; il ^t impossible qu'il ne reste plus rien de cette tendresse qu'on m'a moi^trée pendant les premières ann&s de mon règne et dont j'ai recul des marques si touchantes pendant mon voyage en Normandie. '
Il en concluait que c'était gain pour lui, perte pour les ennemis de la monarchie, que l'invasion de la France dans Paris. Il avait, nous le verroiis, relativement raison.
Des historiens royalistes se trompent donc fort quand ils l'accusent de s'être! laissé duper par ses ennemis.
Il eut d'autant plus de mérite que tout le monde n'était pas rassuré à l| Cour, sur les suites de l'événement.
Madame Elisabeth, avec sa philosophie de bonne humeur, traitait lestement cette « crise », comme elle écrivait, et elle ajoutait : « Je suis biert convaincue qu'il ne s'y passera rien de très fâcheux. »
Mais î la Reine, toujours si courageuse, était épouvantée. Je crois que c'est bien le mot.
« Leà monstres du parti révolutionnaire, écrivait-elle, donnent de l'argent plus que jamais. Je ne pense pas sans frémir à cette journée. Elle réunira tout ce qu'il y a de plus cruel et de plus douloureux pour nous, et avec cela il faut y être. »
Les aristocrates purs, les noirs^ comme on disait, n'étaient pas loiD de partager les espérances de Louis XVI. « On verra les fédérés manifester leur désappointement contre la Constitution. Le ridicule édifice élevé par l'Assemblée s'écroulera. »
Naturellement l'Assemblée constituante avait des espoirs contraires. Elle comptait éblouir les fédérés en leur montrant à quel degré de dépendance elle avait réduit le Roi, qui n'était plus que le commis de la loiy c'est-à-dire de l'Assemblée qui la faisait. Les constituants avaient
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eor soQTs aussi aTi'' rené (paâ '
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LE GOUVERNEMENT 9g
r^'/onir Ika encore un autre bot, en désirant la réunion à ' Pans des ilél^oés 4e
^^; k NjMÂon : ils savaient <fu'ils avaient outr^Missé leur jxuandjit» Oia le
, r^ teur Ttprockak sans cesse. En amenant toute la France à prêter ser-
ment à la Goestîtilifton, ils avaient une sorte de plébiscite qui racîiiait toux ce qu'ils avaient fait.
La bourgeoisie, la municipalité parisienne, avaient cent rsEiso^as,
graves ou futiles, pour expliquer. leur «enthausiasme. Un contemporain
l^a £t : L'argent devenait rare. On supposait que les étrangers iais-
seraient <iix milHons dans la ville. On comptait aussi sur eux
^ ' pour fvousser ks oeuvres patriodques un peu soaiaeillaMes.
-'^^l « Nous avons lieu d'espérer <iue la fédération nous procurera : des
> sousoripttoos pour la statue du grand homme. » Ce .grand , hmnme,
riescTEF c'étaît le pauvre Jean- Jacques, qui ne faisait pas d'argent.
*' ^'^J II y avait d'ailleurs un grand danger politique 4>our Parts ^dans
ces diverses fédérations départementales /qui tendaient à reconstituer la ibroe provinciale, et à enlever À la capitale cette écrasante «prépondérance que la destruction de Tancienne France lui donnait. H était donc de toute nécessité pour Paris qu'on centralisât le mouvement fédéral comme tous les autres. Enfin, les nouveaux grands hommes, les joumaliâites, les chefs d'émeutes, les héros de la Bastille, les bruyants ^^ P motionnaires du Palais- Royal, les brillants orateurs de la Chambre,
^^ ' Ê les îHbstçes dr&lesses du Six octobre, peut-être mOTïe les porte-têtes
■'^ ■"=^ tfe Launay et des gardes-du-corps, étaient très fiers de penser qu'ils
éblouiraient la nation provinciale.
Les 4émocraites^ les ukra-révolutionnaires, ks factieux se montraient donc très joyeux, ils étaient convaincus que leur contact, leurs ^" I discouFs, leurs caresses, leurs émissaires mâles «t .femelles renverraient
ces fédérés corrompus et empoisonnés. Ils comptaient $urtoitt sur les plus émancipés de ces paysans et de ces citadins {>oar entraîner le ^1 reste et exaher jusqu'à la folie la badauderie parisienne.
w 'Dans ce même Champ-de-Mars, on verra réunis, dit >De9mouIins, >. et Ici Bretons ^t les Dauphinois, et les Vivarais, l'avant-garde des
* patriotes, et les Jacobins de Lille et de Montpellier, et le CaJH natio-
^ nal de Bordeaux, et les Cordeliers 4e Chartres, et les Volontaires de
! Nantes, et les Camabres iiidon^ptés des Quatre-^Valléçs, et les muni-
I dpaux de Marseille, et les Normands (qui viennent de s'illustrer en
loo LA POLITIQUE RÉVOLUTIONNAIRE
insultant des chanoines). Elle est déjà en marche de tous côtés cette armée. Le nuage de poussière qui s'élève sous ses pas épouvante les uoi'rs'/oncês... Ceux qui ont pris le fort Saint-Jean à Marseille, vaincu Livaro à Lille, Bouille dans Metz, Esterhazy à Valenciennes, Voisins à Valence, Bournîssac, Mïran, d'Ambert à Marseille, d'Albert à Toulon, Imbert à Lyon, les calottins et les robins partout ailleurs, vont donc embrasser tes vainqueurs de la Bastille. »
A ce spectacle, à la vue de cette élite des assassins forains enlacés di^ns les bras des bouffons sanglants de la « Semaine mémorable », le Procureur général de la Lanterne entre dans le délire. Il entrevoit un spectacle ravissant : ces braves arrivent pour « foudroyer » les hésitants, les tièdes, les modérés, les aristocrates, les ennemis de Camille Desmoulins, pour « plonger leurs mains dans leur sang et briser leurs dents ». Puis il voit qu'il va un peu loin, et il dit que si tous les calonins, aristocrates, ministériels, veulent bien se cacher et ne pas pousser la patience du peuple à bout, on ne les tuera pas ce jour-là, ils en seront quittes pour l'infamie.
Voilà les espérances.
La Révolution, on le volt, ne pouvait se retenir de montrer la tête et la grimace du loup au milieu de cette bergerade qu'elle préparait.
IL Les décrets et les arrêtés. — La Fédération promettant à chaque parti un bienfait, on comprend l'enthousiasme général et on s'expliquera les scènes qui vont suivre.
I) y avait d'ailleurs, au dessus de ces calculs, une pensée noble qui venait du patriotisme et flattait la vanité nationale. On était fier de montrer à l'Europe qu'on avait en armes, sous le nom de garde nationale, près de quatre millions de soldats.
Le décret votéf comme nous l'avons dit, le 9 juin par l'Assemblée nationale, contenait vingt-trois articles, qui peuvent se résumer en ceci :
Les gardes nationaux de chaque commune choisiront six hommes sur cent, lesquels se réuniront au chef-lieu de chaque district (l'arrondissement d'aujourd'hui) et choisiront à leur tour deux hommes sur cent, qui seront les députés à la fête de la Fédération parisienne. Les frais du voyage seront supportés par les districts.
Pour l'armée, les frais seront supportés par les régiments. Chacun
de ceux-ci — infanterie ou artillerie — députera un officier, un sous- T)fficier, quatre soldats. Les régiments de cavalerie nommeront un offi- "er, un sous-officier, deux soldats.
taires, da génie, de la maréchaussée, de la connétîMîe, des Inralides, des commissaires de guerre, des lieutcnmts des maréchaux de France, de la maison militaire du roi et des princes, de la marine, des maréchaux de France, des officiers des chasses, etc.
Ce décret, sdoa l'usage, devînt le père d'une nomt»«nse &mi)k d'arrêtés, prodamarions, explications, adresses.
Adresse des cin^^ens de Paris à tous les Français. C'est ici que nous voyons paraître « le plus chéri des rois « tt « le Peuple de frères », [arases qui, avec le « Roi citoyen », « les régénérateurs de la France », « l'édifice de la Constitution » et « l'attitude fière d'un peuple qui a recouvré sa liberté » ou n qui reconnaît sa dignité », vont MTvir de levain pour faire gonfler la pâte molle de la rhétorique révolutionnaire pendant les deux mois suivants.
Adresse de M. Bailly au Roi, le 1 1 juin, en lui présentant les six commissaires pris dans le conseil de la Ville et les cent vingt commissaires chargés des détails de la Fédération. Le maire Bailty confesse au roi que le peuple français <r n'a d'autre vœu que de jouir sans cesse de la vue de Sa Majesté ». La bonté et la bienveillance du roi, d'une part, l'amour et la reconnaissance des Parisiens, de l'autre, c'est, avec les « restaurateurs de la liberté w, et le « père du peuple «, le fond de oc discours attendrissant.
13 juiiL Lettres de convocation pour ies municipalités. Arrêté, sut k même bu^ des ii^naés des sectkws de Paris. Arrêté de« sacsîodDs powT le 3opnMM 'des dâptaés. Instruction pour la Confédéraion aaiàoaale.
30 jmn. ProcfaunatiaD du Roi, qui aococ^ une poime à ceux qui amèneront des bestiaux aux mardiés de Sceaux et de Poissy.
22 juin. l*roclamation sur la distribution des travaux.
En juillet. Avis sur la vérification des pouvoirs des députés. Tous les députés ne subissaient pas aisément l'autorité que s'arrogeaient les sectàons parisiennes en cette affaire, qui était du ressort 4e l'Assemblée nationale, et VApis dut être répété à trois reprises.
Proclamation du Roi sur le serment fédératif. Règlement de police. Proclamatioa du Roi sur le rang des diverses autorités; sar i'<cmrée — •^Samp-de-Mars; sur Tordre à observer pour la marche, etc.
lis, ici encore, au moment même où -étte cherchait à se mettre
LE GOUV&RNEU£NT io3
en belle humcor et à montrer patte blanche, la Rivolutioa ne pouvait s^cmpêcher de grimacer et de laisser voir le poil de la louve.
En ce débat, sa grioMice resta simplement hargneuse. Mais il ùàlsût mordre a le plus chéri des Rois ». Il n'y avait pas de bonne fête sans cela.
Il s'agissait, nous Pavons dit, pour la Constituante, d'exhiber à la France un roi humilié, vaincu, le Roi de la nouvelle monarchie, un fonctionnaire bien vêtu, qui tiendrait tout d'elle, son pouvoir et ses broderiesr 11 fallait que le prestige de l'ancien maître fût anéanti et que cette parvenue constatât solennellement et fît adorer son pouvoir suprême.
Target, en sa qualité de père de la Constitution, se croyait un personnage beaucoup plus important que le Roi, au milieu d'une pareille fête qui était proprement celle de Mamielle Targétine (c'est ainsi qu'on nommait la Constitution). Le 9 juin, il daigna proposer qu'on accordât au Roi le commandement des troupes qui allaient être rassemblées; par compensation, on devait imposer au monarque une formule de serment ; mais surtout il fallait le placer d'une façon humiliante.
La discussion fut vive. Maury, avec son ardeur habituelle, et Cazalès, qui ne fut jamais plus ferme ni plus logique, démontrèrent qu'il était impossible de donner au Roi le commandement, puisqu'on ne pouvait le lui refuser. Les révolutionnaires-ultra, de leur côté, étaient d'accord qu'on ne devait, en effet, donner aucun commandement au Roi, parce qu'il pourrait en abuser. Discussion non moins vive à propos du serment. Tumulte plus violent quand il s'agit de décider comment on placerai^ les divers pouvoirs sur l'estrade officielle au Champ-de-Mars.
On proposait que le Roi fût assis, ayant à sa droite le président de l'Assemblée, assis, lui aussi, sur un siège de même hauteur.
<c Mais alors, dit le vicomte de Mirabeau, le Roi est à la gauche du président, c'est ridicule. — La place n'est pas si méprisable, puisqu'il est écrit que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu. — Oui^ mais c'est que de l'autre côté il y a le Saint-Esprit, et je n'en vois pas trace d^ns l'Assemblée. )>
Malgré tout^ la proposition Target passa. Il y avait une phrase
qui fut particulièrement désagréable à Louis XVI . Il ne devait y avoir personne entre le Roi et le président de l'Assemblée. Le Roi avait désiré que sa famille l'entourât, selon Tusage traditionnel. On le lui avait promis. Mais c'était lui enlever le caractère Se fonctionnaire et de commis de l'Assemblée, caractère qu'on lui voulait placarder « aux yeux de l'Univers ».
On ne lui permit pas d'avoir la reine et le dauphin à côté de lui. On avait ainsi un moyen so.ennel d'insulter Marie-Antoinette. « Nous en sommes affligés, écrit Madame Elisabeth, à cause de la reine, pour qui c'est un soufflet donné à tour de bras et d'autant mieux appliqué qu'il a été ménagé de loin et que jusqu'au dernier moment on avait dit au Roi que le contraire passeroit. »
La formule du serment paraît avoir, dans le principe, voulu être plus désagréable qu'elle ne le fut en effet. Si je comprends bien le récit de quelques contemporains, on avait proposé que ce serment royal débutât ainsi : « Moi, citoyen, roi des Français. » Ce citoyen qu'on mettait partout sembla sans doute, ici, particulièrement nauséabond. Je ne le retrouve pas dans la formule prononcée au Champde-Mars.
On comprend que le choix de ce président, à la gauche duquel allait se placer le Roi, était de quelque intérêt.
Mfrabeau désirait fort l'être. Il comptait sur l'appui de la cour pour l'emporter. Mais, quoiqu'il fût acheté et payé à demi seulement, on ne comptait pas absolument sur lui, et je crois que les royalistes ne mirent pas de zèle à lui procurer ce piédestal.
On choisit M. de Bonnay, député dq Nivernais. J'en dirai uniquement ceci : les révolutionnaires lui reprochèrent d'avoir manqué d'insolence envers le Roi.
III. La Pentecôte philosophique, — Mais voici la gaieté; voici la bouffonnerie caractéristique de la Révolution. Voici Cloots, l'ambassadeur du Genre Humain, et les Vainqueurs de la Bastille, les restaurateurs de la liberté française.
On connaît le baron de Cloots; il est devenu célèbre. Il débutait dans la carrière. On l'appelait alors le « Prussien de mérite ». Les gens renseignés savaient que c'était un libertin insigne, qui avait
couru le monde à la découverte des plus basses débauches, et qui en avait rapporté l'athéisme. M"' Roland nous a peint, en quelques lignes de pédante mal courtisée, ce parasite gluant, cet étourneau insolent, effronté, glouton, ricaneur, avec sa lourderie tudesque et