CÉKÉICONIE EN L'HONNEUR DU HAIRE D'ÉTAMPES, LE 3 JUIN
néi par la rcacb^iiutmcnl des griint. Pluaicuia foin, M. Simonncau, maire d'Eump», >viii rj>i«t< tiii dcipaodca qu^on lai diatit de fixer une taxe- Le 7 l^io , une muliitude de pAysen» aAJuieux descendirent CD irmes ver* Etampea, t l'heure du mircli«. Ils j pCntlrtrenl maigrt la résittance de la garJe naliomlc. (Otrilotrent avec eux la ntuuidpaliit qu'ili avalent rencontrée aux portes de U liile; t, arrivé* lur la place, ita *oulurea( la forcer i taxer lei graioi a i faire ourrir te> grenlen. En vain Simonneau leur (ilil dea repr<ienialior.a >ar l'approvitionnement lallaialiaal du marcM, et le prix modéré où *e irouvaieni ?e* graitia; ita coachtrenl en joue <ei officiera municipaux. La fermeté do maire n'en fut point ébranlée : • VoDi pouvez me maiiacrer, ditjl, voua ne me ferei point manquer à mon devoir. > On le maaaucra, en effet. t-'Aaaemblée légiilative qui avait juiqu'icl favorlut pailoul la révolte éi acclamé les pillard» et lei maatacreuri, voulut, avec rtxlravaganle incohérence qui aignale let mouvemenla de l'opinîrin révolulionnalre, célébrer le courage da Slmonneau, par uue fête funèbre. Mail leiJacobint. qui, pouisani loujourt i l'extrénie , reprétentiieut leuli quelque logique au milieu de l'anarchie , je tardèrent pan à décider que ceux qni avaient applaudi i celte féie étaient des tyrans, et ce fut un titre de proacriplion que d'avoir bMmé dea gen> qui avalant aiaaaalné un mtgiattat.
Frahcb nâvoLUT. — LiTr. i3.
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franc-maçonnerie et de la Révolution, un parti puissant qui voulait pour roi de France un étranger, un Allemand, mais philosophe et maçon, ce même duc de Brunswick qui commandait l'armée d'invasion. Il- ne fallait pas trop maltraiter des révolutionnaires si bien disposés, et le général prussien se laissa battre sans trop crier, après un combat qui se passa presque entièrement en canonnades.
En dehors de ce reflet glorieux, la Révolution ne donnait pas à la République une brillante dot. Le ministre de l'intérieur, Roland, envoya, le 2 3, son rapport sur l'état de la France. Il dit : « L'agriculture, l'industrie, le commerce, sont dans la pire des situations; les routes en mauvais état; les services hospitaliers souffrent; l'anarchie domine et il n'y a plus de paix intérieure, ni respect des propriétés, ni obéissance aux lois. »
Cambon, rapporteur du comité des finances, annonce qu'on a créé en deux ans 2 milliards 700 millions d'assignats; combien en reste-t-il au Trésor ? 24 millions. Pendant ce temps, les dépenses augmentent et les impôts ne rentrent pas; les départements les consomment avant qu'ils n'arrivent aux mains de l'État.
Si Ton veut se rappeler le dernier bilan que nous avons dressé du gouvernement révolutionnaire, on voit quel progrès correspondait à chaque pas que la Révolution faisait en avant.
La Convention se composait, au début, de sept cent quarante-neuf membres. Elle se divisa immédiatement en trois groupes, dont elle garda toujours le dessin, même après le 3i mai 1793, quand l'un des groupes ne fut plus représenté que par des sièges : à droite du siège du président, dans le haut, la Montagne ; à gauchç, dans le haut, la Gironde; dessous, au centre, à droite et à gauche, selon les affinités éleaives, la Plaine.
La Gironde et la Montagne représentaient l'état-major de deux camps ennemis, et la Plaine, c'était l'armée parlementaire. Il est difficile de donner exactement le chiffre de ces divers groupes. La Montagne, au moment même de son triomphe absolu, ne comptait pas plus de cent membres, et, parmi les membres de Ja Plaine, il n'y en avait qu'un tiers qui fût affilié aux Jacobins.
La Montagne se divisait, à son tour, en deux groupes^ chacun fort discipliné, au fond très ennemis l'un de l'autre, comme il parut plus
LE GOUVERNEMENT igS
tard, mais absolument unis tant qu'il s'agissait de courir à l'ennemi et au pouvoir : les Cordeliers ou Orléanistes, et les Jacobins ou Démocrates. Les Montagnards n'étaient républicains que par aventure et par les facilités que la forme républicaine offre au désordre, au développement de la tyrannie démocratique. La monarchie ne les révoltait pas, pourvu qu'elle tyrannisât leurs ennemis. Au fond, leur idéal c'était la dictature exercée, comme ils disaient, par un ami du peuple et pour les amis du peuple.
Les Girondins étaient, non pas des philosophes, mais des politiques; non pas des humanitaires, mais des libéralistes. Eux seuls tenaient réellement à la République. Mais ils ne craignaient pas qu'elle fût aristocratique, pourvu que, bâtie sur des bases bourgeoises et parlementaires, elle fut aisément despotique et persécutrice.
La sonorité des mots, la mâle apparence des pensées, la chaleur du sang, le libertinage du cerveau et des sens, les préjugés du siècle et les déclamations du collège, c'est-à-dire la haine du catholicisme, l'ambition molle et vaniteuse et l'amour de la rhétorique, dirigeaient leurs convictions.
Combien étaient-ils? Quarante. Mais si l'on veut regarder comme affiliés à la Gironde ceux qui furent proscrits, guillotinés ou emprisonnés après le 3i mai, on arrive à en trouver environ cent cinquante.
La Plaine renfermait les indécis comme les indépendants, les excentriques comme les observateurs de bonne foi, et les timides comme les patriotes sages; c'étaient les débris de tous les gouvernements précédents. Elle ne comptait aucun royaliste affiché (car les réunions électorales, nous l'avons dit, avaient impitoyablement chassé tous les électeurs qui avaient reçu de leurs mandataires l'ordre de voter le retour de la monarchie), mais beaucoup de royalistes mitigés, des constitutionnels surtout. Fine fleur de toutes les nuances du libéralisme bourgeois, beaucoup d'entre [eux, pris individuellement, étaient intelligents et courageux; nous verrons, tout à l'heure, quelle étonnante grenouillère en fît la République. Nous verrons que jamais l'humanité n'avait présenté un si effrayant spectacle. Les Césars avaient bien demandé au Sénat romain à quelle sauce on arrangeait le turbot; ici, la sauce, c'était toujours le sang humain, et il s'agissait uniquement d'agrandir la blessure par où il coulerait plus abondamment.
rçô LA POLITIQUE RÉVOLUTIONNAIRE
En somme, ces crapauds du marais étaient les révolutionnaires dépassés; les Girondins, les révolutionnaires stationnaires ; et les Montagnards^ les révolutionnaires en marche.
Logiquement, ces derniers devaient l'emporter, 'puisqu'on était en Révolution, et qiie l'essence de la Révolution est de ne jamais s'arrêter. Cela était logique, mais cela paraissait impossible au début de la Convention.
Les Girondins avaient pour eux le talent, la fièvre républicaine, la passion sournoise de la tyrannie, l'opinion générale, la gloire. Comment furent-ils vaincus si vite et si honteusement ?
Les historiens en ont donné dix raisons; la principale, nous venons de l'indiquer : les Girondins étaient condamnés par leur situation même. La Gironde ne pouvait échapper à cette loi des temps Févolutionnaires qui condamne les partis intermédiaires à disparaître promptément, au milieu des coups et des injures. Ils tendent la main à ceux qui montent à l'assaut, et on les jette en bas des murailles quand la ville est gagnée.
Dès la fin de septembre, quand ils étaient tellement les maîtres qu'ils ne daignaient pas frapper leurs adversaires, ils montrèrent quel devait être leur gouvernement. Discours merveilleux, rapports lucides, menaces retentissantes, on avait tout cela, mais rien de pratique. Ils tombent dans tous les pièges, succombent à toutes les ruses, semblent croire à toutes les affirmations hypocrites, qu'ils connaissent aussi bien que les pires démagogues : ils sont les esclaves de la liberté révolutionnaire, dont ils ont expérimenté les effets et dirigé les coups depuis plus de deux années.
Ils avaient toujours contre les Montagnards une attaque puissante et irrésistible : les massacres de Septembre, dont les Girondins avaient été les partisans, mais non les exécuteurs, Cette attaque, ils la perdirent en se laissant jouer et violenter par la Montagne, au point de lui accorder la condamnation de Louis XVI.
Cet assassinat était de même nature que les massacres de Septembre, inique comme eux, illégal comme eux, n'ayant pas d'autre excuse et ayant le même prétexte qu'eux. Comme les Septembriseurs, les Conventionnels se firent à la fois accusateurs et juges, et maint d'entre eux proclama qu'il voulait bien être bourreau. Comme ces
massacreurs, les Conventionnels n'avaient ni mission ni institution, aucun droit d'ètft un tribunal. Us n'étaient pas ivres, )e le veux bien, ni payés directement et immédiatement pour ce meurtre; mais ils étaient aussi haineux, aussi récusables, aussi décidés d'avance à condamner, quand l'innocence eût encore été mille fois plus évidente.
; MACABRE RÉVOLUTIONNAIRE [SUÎte)
DJci lu but. — Regarde, i la porte d i burlenl des chantt ioaolenlB aicc de I aVcriï : • Vive 1> République! Qne 1
Ils connaissaient bien leur iniquité. Ils savaient bien qu'ils étaient nommés pour faire des lois, et non pour être juges. Aussi, quand on -leur proposa d'en appeler au peuple et d'interroger les électeurs, ils n'osèrent pas.
Ils étaient Jes esclaves de la populace qui remplissait les tribunes .publiques, et cette populace se composait de gens embrigadés par Saule, un vendeur de graisse de pendu, ivrogne et filou, qui donnait
igS LA POLITIQUE RÉVOLUTIONNAIRE
cinq livres par jour à chacun de ces coquins pour parler au gré de la Commune parisienne et violenter la France.
On n'arriva pourtant qu'aune majorité de trois voix. Sur les 716 membres présents, on n'obtint que 36 1 votes pour la mort — et encore devrait-on retrancher une vingtaine de voix de gens qui n'avaient pas le droit de voter. — Ici encore l'iniquité était évidente, puisque, d'après la loi même que les révolutionnaires avait faite,' il fallait les deux tiers de voix, c'est-à-dire non pas 36 r, mais 478 pour qu'une condamnation à mort fût valable. L'iniquité était partout.
Condamner à mort comme tyran, traître et égorgeur, Louis XVI, le plus doux des hommes, le plus vertueux et le plus délicat des princes, le plus juste et le plus dévoué des rois, c'était aussi contraire au bon sens et à l'équité que d'assassiner M"' de Lamballe et le vieil archevêque Dulau comme coupables d'avoir voulu sortir de prison pour aller égorger les patriotes. Quelle excuse donc? La raison d'État? Mais les massacreurs de Septembre l'invoquaient aussi.
La punition vint vite. On eût dit que le Roi, même prisonnier,, protégeait encore les derniers quoique méprisables défenseurs de la civilisation française. Les Girondins se suicidèrent du coup dont ils le frappèrent, le 21 janvier. Ils sentirent si bien qu'ils avaient perdu le droit de blâmer les massacres, que, le 8 février, la Convention ordonna de suspendre les poursuites contre les assassins de Septembre.
Dès lors, ce ne fut qu'une débandade, avec quelques retours offensifs, brillants et infructueux, contre la Commune parisienne. Dans * ces circonstances, la Montagne jetait les hauts cris, prétendant, avec raison, que c'était insulter la Révolution que de ne pas se fier à la grande, pure et patriotique populace parisienne. Il fallut s'y fier. Ces grands et purs patriotes parisiens vinrent le 3i mai, puis le 2 juin, demander qu'on leur livrât trente-neuf représentants girondins. On leur en donna trente-quatre ce jour-là, bien d'autres plus tard ; bref, à la fin de l'année, on leur en avait accordé cent trente-sept.
Ainsi termina son règne le libéralisme révolutionnaire. Après avoir proscrit tout ce qui ne pensait pas comme ses représentants, il ne sut même pas protéger ceux-ci. Ils eurent pour eux, jusqu'à l'heure même de la proscription, la loi, la majorité de la Convention, l'éloquence, la volonté du despotisme; et ils tombèrent devant Henriot.
C'était un laquais ivrogne et voleur; mais il représentait le génie de la Révolution. Il la représentait fort en laideur, avec sa taille de cinq pieds trois pouces, son air grossier et colérique, ses clignements d'yeux maladifs, sa grimace d'épileptique, et cette voix caverneuse qu'il devait à une ignoble maladie. Mais comment résister à un patriote qui avait trempé ses bras jusqu'aux coudes dans le sang des vieux prêtres infirmes égorgés par lui à Saint-Firmin I
Le régime de l'autorité : la Convention. — La Commune parisienne était arrivée à son but : elle était maîtresse de la nation. Elle allait pouvoir continuer la politique inaugurée au 10 août et au 2 septembre, momentanément interrompue par l'entrée des députés provinciaux à Paris, le 20 septembre.
Il y avait toutefois ceci de changé, que cette politique, insurrectionnelle alors et de pure aventure, allait dévenir légale et organisée. Paris avait fait la France prisonnière, et il gardait la Convention pour rendre executives et munir du sceau de l'État les théories gouvernementales de la Commune.
L'idéal de ces théories était l'égalité, cette espèce d'égalité qui rêvait un vaste atelier national : la France transformée en une immense manutention, avec les Parisiens pour conducteurs de travaux, gardesmagasins et gardes-chiourmes ; la confiscation comme loi de production et d'économie politique ; les massacres de Septembre comme modèle de police sociale.
On mit le niveau de l'égalité très bas, pour deux raisons : la première, afin que les chefs n'eussent pas besoin d'être grands pour dominer; la seconde, pour que les plus nombreux pussent y atteindre sans efibrt. Le niveau étant bas, il fallut de la violence pour y ramener beaucoup de têtes. D'autre part, le mortel désordre causé par les précédentes expériences de la liberté avait rendu l'ordre nécessaire à tout prix.
On comprend comment l'autorité renaquit de la force même des choses révolutionnaires, et comment elle ne pouvait être que tyrannique.
Le nouveau gouvernement, formé des chefs des septembriseurs, avait commencé par suivre les pratiques habituelles. Il déclara que
ses prédécesseurs, les Girondins, étaient des tyrans; que c'était au nom de la liberté qu'il les avait renversés. Il proclama une Constitution {24 juin 1793) qui fut chargée de prouver ses intentions libérales, et qui était, disait Robespierre, « le plus bel ouvrage qui ait été donné aux hommes ».