ATTAQUE DE NANTES PAR LES VENDÉENS, LE 29 JUIN I
Ljet VcndécDi, commandé l'pir Cithtliactu, Cbtrtttt, Boachimpi, d'Elbic, d'Aulicbimp, Titmonl, itttqucPt Nintea, défcndae par Jet ginéraui Ciaclaui cl Bejucr, t U ittt de ciaq mille hammti de troupci râgltea et de II garde oatioDale. Lei commissaire* de la Convealioa voulaient qu'on abandonult la ville. La maire, tris éDergique, s'y opposait. Les.Veadéens moatrtrent leur courage et leur enlfaouiiaime habi. tuels. Uae bleiaure mortelle que recul Caihclioeau dicjuragea lei aaiiillanls, qui ae relirircnt. La garde oitïonale naalaise avait iip]oyt une fgale réioluiioD. Canclaui et Beysaer furent rtcompenata de celle brillante victoire. Bejaier, pour avoir conserva Nantes i la République, fut 'guillotiné par la République; Caaclaox, pour avoir repouasé tei VenJéeaa, devint pair de France aous la Reitiuralion.
Fkancb kAvolut. — Llvn 5ï.
à la prière et à l'étude. Ils se réunissaient chaque jour à l'église et à la cure. Néanmoins, vers la fin de juin , bien qu'ils ne se mêlassent en rien de politique, ils apprirent qu'un espion les avait dénoncés à la société populaire des Vans. Depuis lors ils se surveillaient davantage, et chaque fois qu'on leur signalait quelque danger, ils allaient se réfugier dans une grotte vulgairement appelée « Baume-Bastide », à cause des constructions qui en rendaient l'accès très difficile. Mais ce dernier asile ne les aurait pas sauvés. Les malveillants des environs ne les perdaient pas de vue. Ils réquisitionnent la compagnie de M. de Bois-Bertrand et lui enjoignent d'escorter le commissaire civil et de l'aider à arrêter les calottins réfractaires de Naves. Ceux-ci, quand la troupe arriva, disaient leur bréviaire à l'église. Ils se laissèrent prendre sans résistance. Le commissaire voulait aussi faire arrêter le prieur de la paroisse, vénérable vieillard de quatre-vingts ans; mais M. de Bois- Bertrand , indigné , défendit à ses soldats de mettre la main sur lui : ce qui le sauva d'une mort certaine.
« Conduits aux Vans, les proscrits furent incarcérés dans la maison commune. Le juge de paix du canton, Simon Coren Fustier, homme modéré, qui avait un frère prêtre, instruisit contre eux. Ils déclarèrent n'avoir jamais pris part à aucun complot ni fomenté aucun rassemblement. Ils avaient quitté leur paroisse ou leur pays parce qu'ils n'avaient pas voulu prêter un serment qu'ils jugeaient contraire à leur conscience. Mais c'était là tout leur crime. Convaincu de leur innocence, Coren Fustier ne voulut pas les condamner. Malheureusement l'arrivée aux Vans du procureur général syndic Boissy d'Anglas empêcha Coren de les mettre en liberté, et Boissy, qui le pouvait, ne le voulut pas. Il garda le silence devant les clameurs de la foule qui demandait leur mort et repartit pour Joyeuse.
« Quelques jours après, le 14 juillet, à midi, ceux qui l'avant-veille avaient ensanglanté la place de la Grave de leurs assassinats se portent, suivis de la populace, vers la maison commune, réclamant à grands cris les calottins.
« Coren Fustier fait fermer la porte. Elle est enfoncée. Les scélérats envahissent les couloirs et se précipitent dans le local des détenus.
« Résigné au martyre, M. Bravard vit s'avancer les bourreaux qui
les menaçaient. Il dit à ses compagnons d'infortune : « Mes amis, notre « dernière heure sonne ! Préparons-nous à mourir. »
(( Chacun d'eux reçoit en paix la lugubre nouvelle. Ils étaient prêts depuis longtemps. On les arracha trois par trois.
« Les premiers immolés furent Claude Bravard, Lejeune et Clemenceau de la Bouillerie. De la maison commune à la place de la Grave il y avait une cinquantaine de pas. Dans ce trajet, les martyrs furent poursuivis par les plus grossières insultes. Un des bourreaux cracha au visage de M. Bravard, qui était âgé de soixante-dix ans. A cette insulte Théroïque sulpicien répondit par un sourire. Il mourut en récitant son chapelet. Le misérable qui lui donna le coup de grâce disait plus tard, bourrelé de remords : « Oh I le mien est allé tout « droit en paradis ! »
« M. Lejeune fut souffleté par un garde national. Cette insulte , que nulle âme française ne reçoit sans angoisse, le révolta. « Canaille ! » lui cria-t-il. Mais la défaillance ne dura point. Il se rappela les outrages dont on avait abreuvé le Sauveur, et, résigné, il offrit sa poitrine aux sabres des lâches révolutionnaires.
(( Criblé de coups, Tabbé Clemenceau de la Bouillerie tomba, la tête fracassée, pardonnant à ces misérables.
c( Vinrent ensuite MM. Bonyol, Montagnon et Faure. Ils moururent non moins courageusement. Puis MM. Drôme et Nadal. Un moine apostat, aumônier de la garde nationale de Largentière, essayait de leur démontrer que la prestation du serment à la Constitution civile n'avait rien d'incompatible avec la conscience. MM. Drôme et Nadal lui répondirent en regardant le ciel.
<* En tout huit victimes.
»< Il en fallait une autre à la rage révolutionnaire.
« C'était le jeune abbé Mathieu Novi, que Ton avait trouvé caché dans le presbytère des Vans. Promu aux ordres sacrés par dispense d'âge, il exerçait les fonctions de vicaire à Anjac lorsque la Révolution l'obligea de se retirer dans sa famille. Il n'avait que vingt ans. Ses bourreaux lui donnèrent le choix du serment ou de la mort. « J'aime mieux la mort, » dit-il avec assurance. On le soumet alors à la plus rude des épreuves. Son père est amené sur le lieu même du supplice. Troublé par le danger qui menace son fils, ce père infortuné
nuit des visites domiciliaires où Ton recueillit un nombre considérable d'honnêtes gens, qu'on enferma.
Le 17, on créa le Tribunal criminel extraordinaire pour juger les prisonniers. Il commença par condamner à mort un journaliste qui avait su dire la vérité aux pères de la République, et un intendant de la Liste civile, qui leur avait donné beaucoup d'argent. Les massacres de Septembre rendirent ce tribunal assez inutile. Pourtant il fallut un certain courage à Garan de Coulon pour en demander la destruction. Le tribunal du 17 août disparut le 29 novembre 92.
Ni la province ni les armées ne furent privées de ce genre de tribunaux extraordinaires. On les nommait Commission militaire ou Commission militaire et révolutionnaire^ ou Tribunal militaire révolutionnaire. Parmi les commissions militaires permanentes, nous choisirons celle de Granville et celle de Bordeaux comme types, l'une de la débonnaireté^ l'autre de la rigueur révolutionnaires.
La première, en sept mois environ d'exercice, ne condamna que trente-huit individus à mort. C'était peu. La Commission ne parut jamais suffisamment inspirée par le génie de la Révolution. On la réforma neuf fois en ces sept mois, et après l'avoir composée, au début, d'officiers, on y mit le premier garde national venu, pourvu qu'il fût républicain, dit naïvement l'acte d'organisation de ce tribunal.
La Commission de Bordeaux atteignit, du premier bond, bien près de ridéal. Elle était présidée par un instituteur chassé pour escroqueries, composée d'un comédien taré, de trois artisans ridicules et d'un marchand retiré vite des affaires. Dans ce tribunal militaire, il n'y avait qu'un militaire, et c'était un officier de l'armée révolutionnaire. Cette commission fit décapiter trois cent un individus, dont quarantequatre femmes: elle condamna cent vingt-neuf autres personnes aux fers, et cinquante-cinq à des amendes qui montèrent à 6,940,300 livres. Sur ces sept millions, un fut attribué aux sans-culottes et le reste volé par les républicains d'une couche supérieure. Pour mieux faire encore, ce n'était pas la bonne volonté, mais la guillotine qui manquait à ce tribunal, et, en thermidor, au moment où Bordeaux offrait à la République treize têtes par jour, l'un des sept commissaires — que Ton nommait les sept péchés capitaux — proposa l'établissement d'une guillotine à quatre tranchants.
LA JUSTICE . 4i5
Mais il nous faut en venir au Tribunal révolutionnaire de Paris. II nous montre dans sa perfection la Révolution justicière.
La Convention lui avait bien préparé les voies. Le 27 mars 98, elle avait mis hors la loi tous les aristocrates et tous les ennemis de la Révolution. Cette mise hors la loi emportait, de plein droit, la condamnation à mort, sans jugement. Beaucoup des docteurs de la Révotutiorv prétendaient qu'elle donnait à tout sans-culotte le droit de brûler Il cervelle à tout aristocrate. Ainsi était-on bien près de réaliser ce rêve de la justice révolutionnaire que nous avons déjà indiqué : « Faire contre les modérés une loi si simple qu'un enfant pût les condamner et les conduire à la guillotine. »
Le 17 septembre, Merlin (de Douai) avait proposé et fait adopter la loi des Suspects. Bien que les trois quarts de la France pussent tomber sous le coup de cette loi, bien qu'elle suffît à faire enfermer, en peu de mois, environ quatre cent mille personnes, — et j'en compte trois mille cinq cents emprisonnées dans une ville comme Tarascon, — cela ne suffit pas.
La Convention, le 7 novembre, autorise tous les comités révolutionnaires à décréter ce qui leur plaira, même contre les individus non suspects.
On arriva enfin à cette création qui, comme presque tout développement de la Révolution, cache le bouffon sous l'horrible : on créa la classe des suspects détre suspects.
La Commune parisienne s'ennuyait depuis les massacres de Septembre. Elle exigea de la Convention qu'on lui rendît son Tribunal criminel extraordinaire. Chaumette présenta la pétition. Carrier la convertit en motion. Danton en emporta l'adoption. Ce sont ces trois artistes^ ignobles à titres divers, qui sculptèrent la statue de la Justice révolutionnaire.
Ce tribunal, créé le ro mars 93, perfectionné le 27, entra en fonctions le 29, avec cinq juges et onze jurés. Jusqu'au 10 mai, la guillotine fut établie sur la place de la Réunion (Carrousel); à partir de cette date, place de la Révolution, pour aller, plus tard, à la place du Trône-Renversé. Le 24 juillet, on avait ajouté deux juges; le 3i, on en nomma trois nouveaux, plus dix-huit jurés. Le tribunal pouvait se diviser en deux sections.
4iG LA MORALE
Un décret du 24 mai avait décidé que les'-jurés seraient choisis dans tous les départements.
Les patriotes parisiens trouvaient qu'on n'allait pas en besogne comme aux glorieuses de Septembre. La Convention nomma six nouveaux juges, porta le nombre des jurés à soixante, et déclara que le tribunal se diviserait en quatre sections, toujours en activité, deux jugeant, deux préparant les jugements. A partir du 3o octobre, il prit le nom de Tribunal révolutionnaire.
UARAT PORTÉ BN TRIOMPHE APRÈS AVOtR ÉTÉ ACQUITTÉ PAR LE RÉVOLUTIONNAIRE
Le 8 mai 94 (19 floréal an II) la Convention décida que désormais tous les crimes contre-révolutionnaires (sauf quatre, dont le jugement restait attribué aux tribunaux criminels ordinaires) seraient jugés par le Tribunal révolutionnaire de Paris, Le comité de Salut public, à qui chaque semaine le tribunal devait rendre compte de ses actes, de ses projets, et le comité de Sûreté générale, qui tenait les juges comme les jurés, sous sa main, avaient ainsi, dans la justice, l'aide le plus servile pour l'asservissement de la -Convention et de la France. Ils prévoyaient qu'avec quelques améliorations, ce tribunal atteindrait la perfection révolutionnaire. Les améliorations ne devaient pas tarder. Un mois plus tard, la loi du 22 prairial les apporta.
Ce jour-là, 10 juin 1794, Couthon monta à la tribune de la Convention pour y lire un rapport sur les moyens d'accélérer les jugements du Tribunal révolutionnaire. Couthon est le plus doux des humains, sa figure respire la bonté angélique. On le nomme le sensible, le vertueux; il est si caressant, qu'il lui faut toujours avec lui
son chien sous la main pour satisfaire sa bienveillance universelle. Que ne nous dira cet aimable et aimant personnage? Il dira : Jusqu'ici la justice^n'a pas déployé une énergie suffisante. On se figure être juste envers les particuliers. C'est absurde. C'est envers la République qu'on doit l'être. Les tribunaux ne sont pas institués dans l'intérêt des par-