COMPTE-RENDU DE NECKER
voie! un manusorit que.je vous confie ; ne ie nmitrez à personne ; je vous donne huit jours pour l'examiner, et m'en rendre compte. » Et il lui tendit le mémoire que Necker avait fait en réponse à l'attaque du mentor au conseil.
Quand Augeard revint parler à Maurepas du seconde manuscrit qu'il lui avait confié, il lui dit en le lui ren- '^msSÏI^''' dant : « Si vous faites bien, vous ne laisserez jamais d^ra^î™. paraître cet ouvrage-là ; il est horriblement dangereux : votre genevois appelle à son secours la livrée. — Allons donc ! il y a autant de vérité que de modestie. — Je le sais aussi bien que vous ; il n'y a pas dix hommes en France capables d'apprécier cet ouvrage et surtout le poison qui y est caché. Prenezy garde, monsieur le Comte, cet homme s'aperçoit que vous le négligez, depuis le renvoi de M. de Sartines ; il se forme un grand parti dans le royaume, composé des protestants, des banquiers et des académiciens de toute espèce. » A ces mots, le premier ministre croyant qu'Augeard doute de sa puissance, se lève brusquement, et axant sa pendule, s'écrie d'an air piqué : « Il est sept heures et demie du soir ; si je voulais que cet homme-tà fût à dix heares à la Bastille, et qu'U n'y fût pas, j'irais coucher à Pontchartrain. Voilà comment je suis premier ministre. i> « Un mois après, continue Augeard, parut ce beau compte, ilfit toutrefTet que M. Necker pouvait en attendre, c'est-à-dire la plus grande sensation possible, et si forte que M. de Maurepas n'osa plus le faire chasser, b
Mettant de côté la phraséologie qu'avait couronnée compta-réndu de l'Académie française dans son éloge de Colbert, et w n^Vim.
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432 LIVRE TROISIËHB.
ses vaines recherches de. g^éralisation dans son ouvrage sur tes grains, Necker déployait, dans son mémoire sur les finances de l'Ëtal, les qualités positives de l'homme d'affaires. A la suite d'un préambule où il exposait avec dignité l'intérêt qu'aurait, pour le bien des affaires du roi, la publicité de l'état des finances de la France ; après avoir parlé de l'immense crédit de l'Angleterre, qui faisait sa principale force dans la guerre présente, et reposait prèsqu'entièrement sur celte publicité, il entrait de suite en matière : disait que son prédécesseur, M. de Glugny, avait constaté, dans te dernier, étal mis sous les yeux du roi, un déficit de vingt-qualre millions, et qu'il avait vu, « au premier coup d'œil, qu'il ne serait pas difficile de balancer ce déficit entre la dépense el la recette ordinaires ; y> et même de trouver a des moyens successifs pour assurer un superflu. > Mais, ajoutait-il, s je ne pus nîe livrer longtemps à ces heureuses espérances, puisque j'appris bientôt que la situation politique obligeait Votre Majesté de faire les plus grands efforts pour se former une marine respectable... Aussi, Tannée 1777 fut-elle déjà, pour le trésor royal, une année ■ de guerre. Je vis ainsi se développer successivement la nécessité urgente, non seulement de mettre parfaitement au niveau vos revenus et vos dépenses ordinaires, mais encore de procurer à Votre Majesté un excédant de revenu, afin d'asseoir ainsi, sur un fond libre, l'intérêt des emprunts que le besoin de la guerre rendait indispensables. s> Il parlait ensuite de la nécessité où il s'était trouvé, pour atteindre son but, de poursuivre a tous les abus et les gains inuti-
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