LES DETTES DES CAPUCINS D'ORIENT. 3'ÏS
qui leur était diî. La Eomine qui avait été distribuée par les syndics avait dépassé 15 millions de livres.
Les missions des Capucins en Orient, aussi utiles lm muiiou di à l'influence française que celle des Jésuites, se «ïa^ûan plaignaient de leurs embarras financiers. Les Capu- ^"~ " "** cins, arrivés en Orient sous Henri III, avaient été soutenus par le roi Louis XIII, qui leur accorda un revenu de 3,000 livres sur les tailles du Languedoc et des lettresde protection dans plusieurs Échelles du Levant. Des églises de Capucins s'élevèrent à Smyrne, à la Ganée, à Candie et à Galata. Ces missions, soutenues par les ambassadeurs, s'étendirent dans l'Archipel et les Capucins possédaient, en 1780, jusqu'à douze établissements dans le Levant, à Largentière, à Àndros, à Paros, à Scyra, à Noxie, à Athènes, à la Canée, à Candie, à Scio, à Smyrne et deux à Constantinople. Ces établissements étaient sous la direction d'un supérieur général résidant à Péra, appelé le custode des missions de Grèce, qui choisissait les custodes des établissements particuliers et fournissait des secours à ceux qui en avaient besoin, comme aux hospices et aux religieux qui, n'étant pas autorisés à remplir des fonctions curiales, ne pouvaient recevoir de casuel ou vivre de celui qu'ils touchaient. Sur ces douze étabhsscments deux seulement pouvaient suffire à leurs dépenses, celui de Smyrne et celui de Péra. Celui de Smyrne retirait un revenu de 8 à 900 piastres (2,500 à 3,600 francs) de boutiques qu'il louait, celui de Péra touchait 12 à 1300 piastres (5,?00 francs) de six maisons qu'il possédait dans Constantinople. Ce dernier établissement était grevé, en 1775, d'une dette de
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3,000 piastres (1SI,000 francs). Cette année même l'ambassadeur de France, Saint-Priest, obtint du Sultan, après six années d'instance et un cadeau de 6,000 livres, que les Capucins pourraient reconstruire leur église de Smyrne, incendiée en i761 et presque détruite par une succession de tremblements de terre. Sur les instances de l'ambassadeur, qui tenait à utiliser le bon vouloir de la Porte, les Capucins firent un emprunt et leur dette atteignit ainsi 43,000 piastres (173,000 livres). Embarrassés de celte dette, ils exposèrent, dans un mémoire au roi, leur situation, en s'appuyant des recommandations de Saint-Priest qui faisait ressortir l'intérêt qu'avait la France à soutenir les missions dans le Levant, et affirmait qu'avec une rente annuelle de 6,000 livres pendant vingt ans, les Capucins pourraient mettre ordre à leurs alfaires. Le ministre ne contesta pas les affirmations de l'ambassadeur, mais soutint que cette affaire intéressant particulièrement la religion, c'était à la caisse des économats à fournir les 6,000 livres au moyen du revenu d'un bénéfice. Sur l'insistance de l'ambassadeur en faveur de ses protégés, Sartines répondit que tous les ministres convenaient qu'il était « de la dignité et de la piété du roi de protéger, à l'exemple de ses aïeux, la foi catholique dans les États du Grand Seigneur, mais qu'ils distinguaient la protection de la religion de celle de quelques individus dont on avait très peu reconnu l'utilité dans les missions », et il déclara que les Capucins devaient, pour se libérer, vendre quelques-uns de leurs immeubles, et supprimer les établissements qui leur étaient onéreux. Les Capucins
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refusant d'entrer dans celte voie, adressèrent un long mrânoire au roi, dans lequel ils reprochèrent à Sartines m son défaut de connaissances locales et une indifférence coupable devant les intérêts du ciel, qui sont avant tout ceux de Sa Majesté très chrétienne, » et le Custode menaça de laisser vendre aux infidèles jusqu'aux objets du culteetaux vêtements sacerdotaux. Saint-Priest, en quête de secours, demanda au ministre de faire donner quatre-vingt mille livres aux Capucins, au moyend'une rente de quatre mille livres que fourniraient, pendant vingt ans, les Chambres de commerce du royaume. Sartines, faisant part au roi, dans un mémoire, des idées de Saint-Priest, déclara qu'il ne ferait aucune réflexion sur l'étrange mesure financière proposée par l'ambassadeur. Louis XVI, partageant l'avis de son ministre, ne voulut pas imposer une nouvelle charge au commerce général qui avait déjà grandement contribué au soutien des missions dans les Échelles du Uvant et décida que l'Église devait venir elle-même au secours de ses membres, en aiïectant au payement des créanciers des Cupucins quelque bénéfice ou quelque autre partie de ses biens.
Le clergé ne déféra pas plus aux avis du roi qu'à ceux de son ministre, et les Capucins irrités parcoururent la France sollicitant l'aumône du haut de la chaire « en faveur de missions infortunées, condamnées ù périr par l'aveuglement des ministres d'un roi très chrétien. » Sartines arrêta ces prédications séditieuses avec la menace de la prison pour ceux qui se les permettraient, mais ne put faire renoncer les moines à leurs prétentions pécuniaires, u 37
Un mémoire, où étaient insérées les observations bienveillantes de l'ambassadeur Saint-Priest, p^^ta à soutenir leurs demandes, quand les. minières chargèrent deux a)nseitlers d'Ëtat, d'iKangrenet et de Saint-Didier, de mettre en lumière la situation réelle des Gopucins en France, en Turquie, en Grèce et sur les côtes barbaresques. Saint-Didier, résistant  toutes les influences qui furent essayées, à ce qu'il affirme, pour obtenir un avis favorable à leurs prétentions, constata que leurs hôpitaux, couvents, collègeB, maisons provinciales, maisons mères, maisons particulières, refuges qui formaient en France deux cent quatre-vingt-quatre établissements au 1" Janvier 1781, donnaient un revenu annuel de 345,000 livres (1,625,000 francs de nos jours). En ajoutant à celte somme ce qu'il appelle les rentes donalives, les dons, les avantages de bénéfices, les legs, secours, aumônes, le casuel touché par les religieux faisant des fonctions ecclésiastiques, il concluaitque les revenus dont pouvaient disposer les Capucins, atteignaient au moins 850,000 livres (4,260,000 fr. de nos jours). Saint-Didier, soutenait de plus que leurs établissements connus sous le nom de missions, possédaient, dans le Levant, de vastes terrains, des immeubles loués depuis plus d'un siècle. Il affirmait que suffisant largement à leurs propres besoins, elles n'avaient jamais été une charge, et que la reconstruction de l'église de Smyme ne pouvait établir la légitimité de la dette qu'ils dénonçaient. Un don de vingt mille livres, assurnit-il, sufllrait pour couvrir les frais de reconstruction, si les Capucins voulaient y joindre
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LES DETTES EpES CAPUCINS D'ORIENT. IffS
les revenus qu'ils possédaient à Smyrne même.
Ce rapporl, appuyé par Maurepas, Sarlines et Vergennes, fut remis au roi, qui ne décida rien, sous prélexte qu'il voulait réfléchir pour donnèi* une solution qui conciliât tous les intérêts.
Les Capucins continuèrent leurs doléanees et, en 1782, parcoururent la France pour obtenir, en aumônes, les ressources nécessaires à l'extinction dé leur dette. Le haut clergé leur fit des dons, le roi leur remit douze mille livres, les courtisans de Versailles quinze mille, et Vergennes répondit aux sollicitations des Capucins de Paris en faveur des missionà, qu'ils devaient se contenter de la quête fructueuse qu'ils venaient de faire. Profitèrent-ils des conseils qu'ils avaient reçus et vendirent-ils leurs établissements onéreux, comme l'affirmèrent les représentants de la France à l'étranger? Cela est probable. Dans tous les cas, leurs dettes ne furent pas complètement éteintes, car des créanciers devaient obtenir, en 1792, des tribunaux français, le droit de saisir les biens de l'ordre partout où ils pourraient, même à l'étranger '.
< ÀTchivei dt In marine. DocumeDU colooisox. Uisiions du Levaai. CorrespDndtnce yarliculière du minûire. Rapport de H. de Pcrdriau, consul i Alep, à M. de Sarlines, octobre 1773, 13 septembre 1774. Rapporl de H. ROstaÎDg, contul è SinyrDe, 3 «oBt 1774. Lettre du chevalier de Saint Surlinf, d«lée de Gonstanllnopie, 3 décembre 1774 Lettre de l'intendant Delessart, 3 juin 1778. Lettres de Saînt-Priesl, 7 décembre 1779, 19 août 1780. Lettres de Siriines, 6 avril et 18 juillet 1780. Mémoire au mmlBlreiur les missiona dans les États du Grand- Seigneur (non signé), du 3 décembre 1770. Lettre au ministre, en date du IG décembre 17Î4, signée Longpérier. Mémoire contenant les représeniattanj des créanciers des Jésuites sur l'arrêt du Conseil du roi, du 23 décembre 1780. lostruclions relatîTes aux missions du I" mars 178t. Lettre du mlnisire it H. de llanDeville, 30 mars 178t. Lettre non sib'née en date du 21 juiu 1781 ; en
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S80 UVRE THOISIËME.
Ces deux épisodes, qui se relient â la fois aux relations de l'Église avec l'État et aux questions Bnancières qui préoccupaient si vivement les Français, montrent le gouvernement aux prises, non seulement avec l'opinion publique, mais avec les forces mêmes sur lesquelles il devait s'appuyer pour remplir sa mission. Le clergé, qui demandait si souvent que le gouvernement vient à son aide au milieu de l'agitation et de l'hostilité des esprits, manquait de prudence et de discernement, et quand sa passion et ses intérêts se trouvaient en jeu, n'hésitait pas à compromettre le pouvoir protecteur dont il invoquait l'appui.
Le nouveau contrôleur général, d'un esprit borné, fut, dès le jour de son arrivée au ministère, raillé de la manière la plus piquante par Galonné. 11 était presque pris en pitié par l'intrigant Âugeard, qui défendait celui qu'il appelle a un malheureux jeune homme, » et les tinances de l'État suivaient l'impulsion des bureaux, quand un événement des plus simples vint jeter le trouble dans une marche presque automatique.
Crise dB la CBiMe Unc banque d'cscomptc avait été établie à Paris ''^Mce ' par arrêt du Conseil du roi, le 24 mars 1776. Cette
6epil"oibre'n8î. banque fonctionnait avec régularité, ses billets acceptés étaient échangés à volonté contre du numéraire, quand ses administrateurs, ne proportionnant pas leurs avances au capital qu'ils avaient en caisse,
marge, de la main du minÎBlre.efl ^crit le mot approuvé. Projet d'anêlé, uni dat«. Volume de pièces et archivei Boug le nom de Miasioas. Hémaire aur Ja liquidation des délies coalracUea par les missions de* Capiicins du Levant dans les docomenla divers, année 1784.— itrd>t>i natiorvales. O'iâl, 0<4T3.
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CRiSK RE LA CAISSE D'ESCOMPTE. S8I
furent débordés par les demandes. ËITrayés de l'émotion causée à Paris par une interruption dans les paiements, ils recoururent de suite au contrôleur général, et obtinrent delui un arrêt qui donnait cours forcé aux billets de confiance de la Caisse d'escompte comme à du papier-monnaie. Cette étrange mesure n'eut pas les suites qu'elle pouvait avoir à cause de l'état de prospérité de plusieurs maisons de Banque de la capitale, et la Caisse d'escompte rentra, peu de temps après, dans les conditions vitales d'une banque menée avec prudence. Mais ce qui caractérise cette crise et lui donne une grande portée, ce sont les jugements que la conduite des directeurs de cette caisse et leurs rapports avec le gouvernement provoquèrent dans le public. « L'éloge de la Caisse d'escompte dans l'arrêt, dit un journal, la protection éclatante dont Sa Majesté la couvre... sont une nouvelle preuve de sa liaison avec le Trésor royal, de l'influence absolue que le ministère avait sur elle, et redouble les défiances en ne laissant plus à personne aucun doute à cet égard... Il est à espérer que la méfiance générale fera tomber d'elle-même cet établissement impraticable en France. » Mirabeau, faisant l'histoire de cette banque, confirme d'une manière irréfragable l'Irrémédiable défiance du public, à propos d'un dépôt de dix millions que la Caissed'escompte devait remettre entre les mains de l'Ëtat pour cautionner ses opérations, a II est parfaitement vrai et digne de remarque , dit-il , que ta Caisse d'escompte n'a sollicité la permission d'être dispensée de verser au Trésor les dix millions qu'elle y devait porter aux termes de l'anêt de sa création,
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cnatre laConitiil •Ducplibilli^s
S«2 UVBE TROISIKMK.
que sur l'opinion presque générale à Paris (|«e le crédit de cette banque de secours serait beaucoup meilleur si die n'avait rien dans les mains du rof. que si elle y avait dix millions. »
Les plus ridicules démarches avaient lieu à la cour pour abolir le comité de finance destiné à vérifier les dépenses des différents ministères. Bescnval menaçait M°°* de Poïignac de voir deux ministres importants se retirer. M"" de Poïignac soutenait que détruire ce comité était chose impossible, qu'il venait d'être créé par un édit, et que l'on dégradait le roi en lui conseillant cette démarche. Enfin, après bien des recherches pour concilier la dignité ombrageuse de MM. de Castries et de Ségur, il fut décidé que c«s personnages parai* Iraient avec leurs comptes devant te comité, et que pour prix de cette condescendance ils seraient nommés maréchaux de France.
Pendant ces misérables débats, Vergennes arrêtait les bases d'un traité de paix avec l'Angleterre, qui replaçait les deux pays à peu près dans la situation oii ils se trouvaient avant la guerre. La France reprenait la libre possession de Dunkerque, et l'article 18 du traité annonçait qu'aussitôt qu'aurait eu lieu l'échange des ratifications, les deux pays nommeraient des commissaires pour travailler à de nouveaux arrangements de commerce entre les deux nations, sur le fondement de la réciprocité et de la convenance mutuelles, lesquels arrangements devront être téhninés et conclus dans l'espace de deux ans, à cortipter du 1" juin 1784. »
La discussion du traité avait amené Vergennes à
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TBAiîÉ DE PAIX. an
vouloir régler les droits payés par les marcbandiseB 'entrant en France ou en sortant dans deux ports francs. Ce$ ports se trouvant compris dans le territoire de& fermes gënëj-ales, il fallut traiter avee elles. Les fermiers généraux discutèrent leurs prétenlionB avec 4'OrQiesEon, qui s'impatientant de ne pouvoir les amener à ses vues, prit brusquement le parti de casser le bail des fermiers, afm d'en faire un autre danslequel il réserverait les droits de traites, c'esl-â - . dire .ceux payés par les marchandises entrant en Franve ou en sortant. Il fit adopter sa ré^lution par le GoQseil et poursuivit son exécution. Les fermiers généraux, outrés de la mesure violente prise contre eux, se plaignirent vivement du tort qui leur était infligé, faisant ressoriir, dans une dcputalion qu'ils envoyèrent au roi, les inconvénients qui en résvUefraient pour le crédit de l'Ëlat. Troublé de ces rumevrs et de ces objections, Louis XVI ne savait à quoi se résQijâre et, comme les hommes indécis, laissait son minière sans ordre. « J'ai rencontré M, d'Ormesson clïC4 M. le garde des sceaux, écrivit Yergennes au roi, et j'gi pria occasion de l'inquié' tude qu'il témoignait de n'ayoir point re^u d'ordres de Votre Majesté relativement au comité pour lai faire pressentir st» intentions. L'étonnement de U. d'Ormesson a été d'autant plus extrême, surtout lorsc^ue je lui ai fait afMteevoir que Votre Maj«^ était alarmée de la sensation produite dans le pubiiiG par l'opération concernant la .ferme générale, qu'jl croit cette SFensation très favoi'able à son opération... M. d'Ormesson a reçu avec respect nos insinuations... Il ne nous a pas dissimulé.qu'assurc de la
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584 LIVRE TROIStËUE.
bonté d'une opération qui a reçu la sanction de Votre Majesté dans son comité, il se croirait coupable s'il cédait aux efforts de l'intrigue qui cherche à le décrier, et désertait le service de Votre Majesté dans ce moment de crise. Il a ajouté qu'il ne pouvait se retirer avec honneur qu'autant que Votre Majesté lui donnerait l'ordre directement, soit de bouche, soit par écrit, n
I 11 ne devait pas tarder à être satisfait, car quatre jours après la date de cette lettre, un journal disait :
'' a M. d'Ormesson vient de donner sa démission. On prétend que les quatre coins de la Reine se sont réunis contre lui. On appelle ainsi les quatre maisons de la cour qui jouissent particulièranent des faveurs de Sa Majesté : les Polignac, les Vaudreuil, les Guiche, et les Périgord ; ils ont profité de l'ineptie que M. le contrôleur général a fiait voir dans la crise de la Caisse d'escompte, dans sa résiliation du bail des fermes, pour représenter qu'il n'était pas possible de laisser à la tête des fmances un personnage d'aussi peu de ressources... De son côté d'Ormesson, s'il n'a montré du génie, a fait voir au moins du zèle... Il était quesUon de faire faire au Roi des acquisitions, soit du prince de Conti, soit du duc de Peotbièvre... En outre, de venir au secours des frères du Roi, qui ont leurs maisons très dérangées. . . de lui faire encore acheter l'Orient et le vilhge de Recotivrance ' du prince de Guéméné, pour faciliter en partie la libération des dettes de cet illustre banqueroutier... Le contrôleur général a parlé très
■ Vlltige lin H«iit.IUiin, i
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CALONNE CONtfiOLEUH GÉNÉRAL. S85
ferme à ce sujet. . . a représenté que tant d'acquisitions inutiles ne pourraient se faire qu'aux dépens du Tréëor royal. » Des courtisans pervers a ont empoisonné, continiie le joarnalisté, cette résistance louable; ils ont représenté à Sa Majesté qu'on pourrait trouver un homme qui pourrait concilier toutes les choses, et l'on assure que cet homme est M, de Caloime. »
Le 5 novembre le même journal écrit : « C'est décidément M. de Calonne qui est nommé contrôleur général, et la cabale a enfin vaincu la répugnance du Roi â son égard. »
Celte nomination devait être suivie de près par l'appel du baron de Breteuil, l'ancien ambassadeur ° de France àVienne, au mmiatère de la maison du roi. Méprisé du public pour sa vie licencieuse,' le successeur de Malesberbes, imposé par MSurepas était forcé, disait-on, de donner sa démission de peur d'être chassé. Son successeur recevait en entrant en fonctions un brevet d'assurance de 400,0O0'liv.
Peu de jours après ces événements, le roi Louis XVI recevait de Vergennes ces mots écrits à la hâte : « Je suis informé que M. d'Ormesson, m'im>putant sa retraite, l'attribue à un prétendu ressentiment qu'il suppose que j'ai conçu du refus qu'il a fait de se prêter à certains arrangements que je lui aurais proposés relativement à des droits que je me CTois fondé à réelamer... et que le domaine de Votre Majesté conteste malgré des titres authentiquee... Je prie Votre Majesté d'examiner les deux notes que je lui adresse. »
Deux jours après, le 10 novembre, Louis .XVI
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tl<^6 UVRE TROiSlÉVE.
ayant émis des doutes .sur les affinnations de sod miaistre, Vergenncs répondit avec une hauteur mêlée de tristesse : a Mon malheur est estréme, puisque j'ai pu causer un moment de peine à Votre Majesté. Mon regret est d'autant plus amer que je ne me dissimule pas que le sentiment de peine que Votre Majesté éprouve m'annonce l'aOaibliBsement de l'opinion que j'ai la conscience de mériter de sa part. Depuis plus de quarante ans que je suis exp<fêé aux regards du public, j'ai soutenu un caractère qui m'a honoré aux yeux des nations. . . J'ai eu des occa.sions de m'enrichir.je lésai dédaignées parce que j'ai toujours préféré l'estime à la richesse... Votre Majesté me promet un examinateur,.. Si coiUre toute attente je ne. pouvais l'édifier sur ma. conduite, j'irai dans la retraite dévorer la douleur d'avoir perdu l'estimQ d'un maître auquel j'ai toujours tout rapporté et pour lequel je sacnéerais sans hésiter ma fortune et ma vie. » C'était la seconde fois que Vergennes parlait de retraite au roi ; la première fois qu'il le fit, c'était peu de jours avant le renvoi de Turgot. La popularité du roi était alors entière, la confiance de la nation était complète ; rien ne révélait encore aux yeux du vulgaire les défaillances de la royauté, et les Français croyaient encore en Louis XVI.
Mais, depuis ces sept années, que de changements, que de déceptions accumulées, que d'espérances évamuieg! L'esprit de résistance et de lutte contre ie SOBvernemeot commençait à poii^re, riodifTérence gagnait les cœurs, la méfiance de ses acte^ et de ses paroles envahissait tous les esprits. La
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