FIN DU PROCÈS DES JÉSUITES. ' B
qu'administrateurs de ce que l'on avait afieclé à l'œuvre des saintes missions... Est-il vraisemblable que les fondateurs des missions de Turquie se soient relâcbés de leurs possessions pour satisfaire des dettes contractées par des motifs tout à fait étrangers aux mêmes missions... Dès que ces revenus n'ont pas pu être cédés aux créanciers de la Compagnie de Jésus, il est manifeste que les syndics de l'union sont tenus au rapport de ce qu'ils ont perçus pendant un laps de temps de dix-sept ans.. . Les expressions des cardinaux du Sacré Collège montrent qu'ils craignent de voir les immeubles des Jésuites dévouésà des usages profanes... L'attribution de revenus honnêtes aux missionnaires Lazaristes, la restitution à ceux-ci des sommes touchées jusqu'à ce jour par les syndics de l'union des créanciers des Jésuites, dissiperont les nuages que la crainte avait amoncelés... Le rétablissement de ta mission qui avait été confiée à la société éteinte des Jésuites, la liquidation des dettes des missions des Capucins, seront aussi utiles au commerce de la nation qu'à la religion elle-même... Ces vues ne peuvent se remplir que par la restitution des biens des Jésuites dont ces missionnaires n'ont jamais eu que l'administration et l'usufruit et qui ne sauraient être saisis comme propriété. Je supplie Monseigneur de décider si cette affaire sera concertée avec les syndics de l'union, ou s'il sera fait un rapport pour faire ordonner au Conseil, par un arrêt de propre mouvement, la distraction de ses biens. »
Les syndics des créanciers représentèrent vaine- ,ment qu'il était inadmissible « que les biens des
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S?t LIVRE TROISIÈME.
Jésuites, dans les missions, prissent leur source dans les libéralités faites en considcîration des missions, lorsque l'on voit que les obligations résultantes des emprunts qu'ils y ont fait sont les causes de leur faillite. » Ils répondirent inutilement pour infirmer l'origine des biens que l'on voulait soustraire de leurs gages, que les Jésuites avouaient eux-mêmes, dans un registre qu'ils citaient, « qu'ils plaçaient sous des noms empruntés pour avoir, dans cerlains besoins pressants, des effets dont ont pût faire de l'argent. » Ils ne furent pas plus heureux en invoquant les intérêts de l'État qui avait pris l'engagement de combler les déficits qui pourraient se produire par la main-levée des saisies faites sur les Jésuites espagnols et génois, et par l'insuffisance des biens qui garantiraient leur créance, après la levée du séquestre mis sur les propriétés des missions. Le gouvernement, qui tenait à maintenir les missions françaises dans le Levant, donna purement et simplement les biens des Jésuites aux Pères de Saint-Lazare el fit, en outre, un prélèvement de 600,000 livres (3 millions de nos jours) sur l'argent destiné aux créanciers des Jésuites, pour secourir les missions que les Dominicains et les Capucins avaient établies en Orient à l'instar des Jésuites. Un arrêt de p"o;)rc mouvement, rendu en Conseil royal, comme le demandait l'auteur du mémoire du 3 décembre 1779, légalisa, le 39 juin 1781, cette banqueroute du gouvernement français, annulant les diverses décisions judiciaires rendues dans ce long procès. Les créanciers hypothécaires avaient été intégralement payés, les chirograp haines reçurent la moitié de ce
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