‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 38 sur 142 · LES ENNEMIS DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LES ENNEMIS DE VOLTAIRE

cation des martyrs, le respect qu'elle doit inspirer. Il n'est pas un prêtre, il n'est pas un laïque qui ne témoigne, en paroles du moins, du mépris pour le mensonge, et pourtant nous voyons des hommes qui désirent qu'on prenne au sérieux leurs récits historiques, se faire, à propos d'un vieillard mourant dans une somptueuse demeure, les vulgarisateurs d'un fait matériel auquel ils ne peuvent pas ajouter de créance. L'étrangeté de pareils récits, qui se continuent de nos jours ', est une preuve sans réplique que la société, dans sa marche, avait touché des passions vivaces et implacables. Ces passions sont celles que fait éclore l'esprit de secte et de corporation en créant chez l'individu une sorte de conscience impersonnelle qui lui donne pour règle de conduite les intérêts du corps auquel l'attache, soit des liens qu'il a sciemment acceptés, soit même une simple conformité d'opinion. Les partis politiques ou religieux, les corporations laïques ou ecclésiastiques finissent tous plus ou moins par altérer, parmi leurs membres, l'esprit de probité et de justice. Leur caractère distinctif étant de tout soumettre à l'obtention du but qu'on veut atteindre, devait s'accentuer avec d'autant pluç de violence que, dans la lutte engagée enti;e la nation et le clergé, il s'agissait à la fois de richesses matérielles et d'influences gouvernementales, c'està-dire de tout ce qui donne le bien-être et satisfait l'orgueil.

' Voir, dam l'onvrage de M. ConrUt, inrilulé ; D^tense de ToUt^ite toalre tel amis et lei ennemit (Paris, 187i,' in-B^,' l'accord singulier éubli entre de» éori vains et des j«urnali*ies pour dfflgurer la lifxii 1 licopos de Voliaire.

m LIVRE PREMIER.

L-icaa*m<> La défense faite aux journalistes ou écrivains de •1 i-mraiinAqus parlcF de Voltaire dès qu'il fut mort, ne pouvait être de longue durée. L'Académie allant demander aux Cordeliers la messe qui avait lieu pour les membres qu'elle perdait, provoquait un refus de l'archevêque de Paris, auquel elle répondait en décidant qu'aucun service ne serait fait pour un académicien avant que celui dû à Voltaire eût eu lieu. Peu de jours après, elle donnait pour sujet du concours de poésie l'éloge de Voltaire et acceptait que le prix à décerner fut augmenté par un don de d'Alembert.

TiotaSiri'**» ^^ clergé, attaqué de toutes parts, se plaignit oonin vainement d'une pareille décision. Maurepas répondit aux curés de Paris « que c'était à eux à prier pour le repos de l'âme du défunt, et aux gens de lettres à célébrer son génie et ses ouvrages. » Le ministre de la maison du roi ne voulut point permettre qu'on représentât une parodie de l'accueil fait à Voltaire au Théâtre Français, intitulée : Fête au Parnasse en rkonneurde M. de Voltaire, et donna ordre au lieutenant de police Lenoir d'empêcher l'association des curés de Paris pour protester contre l'éloge du grand écrivain provoqué par l'Académie. Les vers en faveur du mort et contre le curé de Saint-Solpice abondaient :

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s'écriait la marquise de Boufflers.qui s'altaquant ensuite au roi lui-même, disait dans son indignation poétique :

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LE& ADyiRATËURS bE VOLTAIRE.

Celui que dani Atbinfl» eût adoré la Grèce; Que dan» Bume, i sa table, Augutte eill fail iih Nos Cétira d'aujaurd'hui n'ont pii voulu le voir

« Qu'espérez- VOUS de tant de barbarie? écrivait Grimm indigné, qu'apprendrez-vous à l'univers en exerçant, sur cette dépouille mortelle, votre furie et votre vengeance, si ce n'est la terreur, l'épouvante qu'il sut vous inspirer jusqu'au dernier moment de sa vie ? Voilà donc quelle est aujourd'hui votre puissance ! un seul homme, sans autre appui que l'ascendant de la gloire et des talents, a résisté soixante ans à vos persécutions, bravé soixante ans vos fureurs, et ce n'est que la mort qui vous livre votre victime, ombre vaine, insensible à vos injures, mais dont le seul nom est encore l'amour de l'humanité et l'effroi de ses tyrans... Faibles et lâches ennemis de l'ombre d'un grand homme... effacerez-vous son souvenir de la mémoire des hommes... Est-ce par quelques défenses puériles, par quelques anathèmes impuissants que vous pensez enchaîner ces torrents de lumière répandus d'un bout de l'univers à l'autre? Non, sa gloire est au-dessus de toute atteinte... L'opinion publique, l'hommage de tous les talents, celui des hommes distingués chez toutes' les nations... avaient érigé pour lui une sorte de tribunal supérieur en quelque manière à tous les tribunaux du monde, puisque la raison et l'humanité seules en avaient dicté le code... c'est à ce tribunal respectable que l'on a vu s'évanouir plus d'une fois les foudres de l'injustice, de ta calomnie et de la superstition : c'est là que fut vengée l'innocence des Galas, des Sirven et des Labarre. »

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nsformitiona es |i«uple>.

in UVitË PREMIER.

Terribles imprécations qui révélaient, dans le sein de la nation, des passions ardentes prêtes à se changer en fureurs quand les classes éclairées du pays viend raient, par suite de leurs déceptions successives, à tendre la main aux foules. Turgot avait entrevu ce moment dangereux lorsqu'il disait au roi : « Tout mon désir est que vous puissiez toujours croire que j'avais ma! vu et que je vous montrais des dangers chimériques. » Mais il est si difficile aux hommes de changer leurs habitudes d'esprit, d'accepter la discussion avec ceux qu'ils ont toujours dominé, qu'une sagesse prévoyante a été bien rarement départie aux chefs des peuples. Ces chefs du reste que l'imagination des foules idéalisent parfois au point de leur prêter des qualités surhumaines, sont le plus souvent aussi médiocres en intelligence que la plupart de leurs sujets. Habitués, comme les fUs de riches familles, à voir depuis l'enfance tous leurs désirs satisfaits, ils deviennent généralement inférieurs comme eux aux hommes qui ont eu à subir les luttes et les déceptions de la vie pour se créer un bieii être. Livrés, par suite de leur éducation, à la merci de. leurs serviteurs, ils dépendent d'eux, et l'histoire mpntre, dans le» phases brillantes que traverse l'huinanilé, plus de grands ministres que de grands rois.

La marche de l'intelligence étant soumise à des lois aussi irrésistibles que celles qui préskltent aa développement du corps, il se produit, sous la forme de fureurs meurtrières, des monstruçsilcs intellectuelles semblables à celles que fait naître, dans le domaine physique, la compression f-orcée des membres. La longue soumission, d^ nations à. leurs

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LES (tOlS BT LES PEUPLES. 193

gouvernements, aveugle la plupart du temps leurs chefs sur les changemenlg accomplis dans l'esprit d'un peuple. Ils ne savent pas comprendre la portée des tentative timides et inoffensives qui sont faites pour les éclairer et les foules toujours réprimées, usant un jour de leur irrésistible puissance, imposent leurs volontés au milieu des désastres qu'amènent leurs passions soulevées.

La venue de Voltaire à Paris, comme les événe- * nements arrivés à sa mort, était un de ces avertissements solennels qui sont comme une sorte de som- mliu^i^e mation faite par un peuple à son gouvernement. La ''^ uat*^' royauté avait, k partir de ce jour, perdu tout son '™='*'* "^i™ prestige. Centre naguère de toutes les votontés, de tous les dévouements, de toutes les obéissances, elle avait cessé de les réunir, comme il arrive à ces disques de cristal qui perdent à la fois leur éclat et la chaleur qu'ils propagent, lorsque le soleil ne concentre plus ses rayons à leur foyer. La nécessité de tenir compte des aspirations des Français allait s'accentuer tous les jours davantage et forcer les gouvernements à se persuader que les intérêts, les passions, les besoins intellectuels d'une nation, forment une sorte de résultante qui ressemble beaucoup à celle d'un problème de dynamique morale et ne s'impose pas moins qu'elle. Un gouvernement, en fm de compte, n'est que l'administration d'une vaste société anonyme dent les habitants d'un pays sont les actionnaires. S'il est constitué comme les organise la. civilisation moderne, les actionnaires ayant des FOgles admises et reconnues, peu^%nt faire exécuter leur

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IW UVRE PREVIER.

volonté et tout se po&se ou doit se passer sans violeoce. Si au contraire, l'administration, comme à l'époque dont nous nous occuponSj ne repose que sur )a volonté d'une famille représentée d'âge en âge par un de ses membres, les actionnaires se trouvent, par ce fait, en présence d'une sorte de divinité qui exige leur passive obéissance et non leur acquiescement raisonné. Le gouvernement n'est plus une administration, mais une religion. Tant que la foi existe, il participe à la puissance qu'elle exerce sur les âmes; mais du jour où elle est ébranlée, il se trouve iounédiatem«it en présence des passions ardentes que déchaîne la lulte engagée entre ceux qui ont conservé leurs convictions premières et ceux qui les ont abandonnées.

Le malheureux roi et la malheureuse reine avaient entendu.sansle comprendre, l'enthousiasme deParis, en face de Voltaire vivant ; ils assistaient, sans s'en rendre compte davantage.àl'indignation de la capitale au moment de sa mort . C'était pourtant le signal d'une sorte de guerre religieuse, la plus implacable et la plus terrible des guerres. La royauté avait encore dans ses mains les rouages d'une vaste organisation administrative, elle semblait disposer encore d'une armée puissante et disciplinée, mais l'âme de ces immenses machines matérielles, la volonté des hommes qui y sont encadrés, allait s'aflaiblissant chaque jour. Les deux enfants, comme les appellera encore Lafayette douze ans plus lard, ne se doutaient pas qu'ils tendaient à devenir les idoles vivantesd'un culte abandonné, que les uns détruisent comme de honteux fétiches et que les autres brisent

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FIM DE LA ROYAUTÉ ANTIQUE. m

pour les punir de ce qu'ils appellent leur mituvaisd volonté. Louis XVI avait reçu Franklin à Tersaillefi, s'inclinant ainsi devant les opinions des Français, au moment où il en repoussait Voltaire représentant bien autrement puissant des volontés de son peuple. Contradictions singulières qui ne peuvent s'expliquer que par la marche mystérieuse d*une société entraînant pêle-mêle les hommes qui s'flllachent au passé et ceux qui le répudient, et confondant les espérances comme les regrets dans l'immonse et irrésistible courant qui naît du développement intellectuel d'une agglomération d'hommes.

Un mois s'était à peine écoulé depuis la mort de Voltaire, que Jean-Jacques Rousseau le suivait dans la tombe. Retiré à Ermenonville, dans la campagne d'un riche particulier qui l'avait accueilli à cause de sa renommée, il mettait on à son existence par le suicide. La société lettrée de Paris s'occupa seule de la disparition de cet éloquent rhéteur, parlant, avec une sorte de reconnaissance, des plaisirs délicats qu'il avait su lui procurer par ses œuvres, et s'occtipant des derniers jours de cette existence qui s'était écoulée dans une sorte de folie. Les jugement» des contemporains de Rousseau nous les montrent plus charmés de la pompe de ses phrases que préoccupés des idées qu'elles exprimaient, plus impressionnés desa sensiblerie, quand il parle de lui-même, que de la sauvage haine provoquée dans son cœur par la vanilé et l'envie. « J'ai un cœur très aimant, maisqiii sait se suflire à lui-même. J'aime trop les hommes pour avoir besoin de choisir parmi eux... c'est parce que je les aime que je les fuis ; je

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l»e LIVRE PRBHtbR.

Miiffre moins de leurs maux quand je ne les vois point, ■o écrivait-il l'année même où s'imprimait, pour la seconde fois, la NouveUe Héloïse et oij apparaissait YÊmile. Aveu d'égoisme qu'il complétait par d'autres aussi peu honorables, a Je ne puis vous dissimuler, dit-il à Malesberbes dans la même lettre, que j'ai une violente aversion pour les élafô qui dominent les autres; j'ai même tort de dire que Je ne puis le dissimuler, car Je n'ai nulle peine à vous l'avouer... Je hais 1^ grands, je hais leur état. » Il parlait à Malesherbes de « son indomptable esprit de liberté que rien n'a pu vaincre, devant lequel les honneurs, la fortune et la réputation même ne lui étaient rien, » se vantant^ sous forme de confession, de sa paresse qui lui rendait insupportables les moindres devoirs de la vie civile. Le pédagogue qui, dans sa lettre à d'Âlembert sur les spectacles, ^it que dans une ville oiî l'aisance des citoyens était assez &cile pour leur permettre l'oisiveté, il fallait rendre leur vie « insupportable, en les contraignant h îot(x d'ennui, d'^nployer utilement un temps dont ils ne sauraient qu'abuser ; » qui, dans son Contrat social, allait vouer les contrées-rïcbes à la monarchie, pour qu'un prince, en dévorant le superflu des peuples, les forçât au travail, écrivait, en s'en faisant gloire : a La vie active n'a rien qui me tente; Je consentirais cent fois plutôt à ne rien faire qu'à faire quelque chose malgré moi ; et j'ai cent fois pensé que Je n'aurais pas vécu trop malheureux à la Bastille, n'y étant tenu à rien du tout qu'à rester là. » . . Partisan du mendiant, qu'il regardait comme exerçant un métier aussi utile qu'un autre, il laissait

MOKT Oh: JEAN-JACQUES ROUSSEAU. I'jU

après lui une œuvre qui résumait toutes les in(5ohérences d'un fôprit troublé pari' orgueil et les CMivoitises les plus diverses, œuvre mêlée de formule^ mathématiques, d'imprécations, de raisomiëuieiits bizarres, de prophéties absurdes, d'approbation do l'esetavage sous prétexte d'assurer la liberté d'un peuple par cette institution. Le Contrat soeûU de Rousseau qui, d'après ses propres termes, se résumait dans I l'aliénation totale de chaque aœocié avec tous ses droite à toute la communauté; » ]« Contrat social, qui déclarait punissable de mort toute personne qui prétendrait non seulement à un droit individuel, maisqui, pars» conduite, semblerait faire penser qu'elle ne croit pas à « l'existence de la divinité puissante, intelligente, bienfaisante, pré* voyante et pourvoyante, la vie à venir, le bonheut des justes, le châtiment des méchants; s le Contrat social, qui déclarait a qu'il n'a jamais existé de démocratie, qu'il n'en existera jamais, » conviction tellement enracinée dans l'esprit de Rousseau qu'il écrit à M. d'Ivernois, le 31 janvier 1767 : c Dans le Contrat social, je n'ai jamais approuvé lé gouvernement démocratique ; » le Contrat social devait être transformé en une sorte de code de la liberté des peuples et traduit dans une quantité de langues •comme le plus éloquwt appel à l'affranchisseaunt des nations.

L'auteur du Contrat soeiai, aussi sombre et inso- houuou >tuché ciable que VoUoire était gai et aimable ; aussi égoïste et comm» iucapable d'accepter une gène pour servir ses sembla- [(^Bgàa«re«ui. blés que Voltaire était prêt à tout sacrifier pour un pareil but ; aussi ingrat envers les peraonnesquil'avaient

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MO IJVRE PREMIER.

servi, qu& Voltaire était ardent dans les témoignages de sa reconnaissance ; aussi livré aux écarts d'une imagination sans règles, que Voltaire était précis, positif et ordonné dans ses conceptions ; aussi ennemi de la liberté humaine que Voltaire était le partisan dévoué, convaincu et éclairé de toutes ses manifestations, son auteur fut, par une singulière bizarrerie du sort, rivé à un écrivain qu'il détestait. Voltaire essaya vainement de se soustraire à cette espèce de confraternité. Rousseau fut attaché à lui, par l'opinion publique, comme cette tunique de Nes- 8US qui se collait sur le corps d'Hercule, brûlant sa chair et affaiblissant ses forces. Voltaire et Rousseau ne sont pas jugés par leurs œuvres ; la plupart du temps, les écrivains substituent leurs propres idées à celles de ces auteurs célèbres. Voltaire et Rousseau ne sont souvent qu'un prétexte de déclamations. Un éditeur des œuvres de Rousseau affirmant que la conquête de la Corse n'a eu lieu que pour satisfaire la jalousie de Voltaire, qui redoutait de voir Rousseau devenir le législateur de cette île', traite Rousseau de bienfaiteur du genre humain, i cause de son Contrat social, et demande, en 1790, qu'une statue lui soit élevée au sein de l'Assemblée nationale. Un écrivain de notre temps affirmant, en 1861, que Voltaire n'avait que l'instinct de la démolition* et de la ruine, parce qu'il a écrit te poëme de la Pucelle, dit que le Contrat social est « une œuvre de profonde palingénésie, le plus solide portique du

< Voir la eonilituiion qu'il préparait pour la Corée dani la Kraucci': Irfmîi XV, tome V, p. 603 et laii.

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ROUSSEAU ET VOLTAIRE. sot

monument civil sous lequel s'abrite encore , i l'heure qu'il est, la famille européenne. »

Le Contrat social n'offre, en fin de compte, qu'une affirmation dont on devait largement abuser : c'est que la souveraineté réside dans le peuple entier ; qu'elle ne peut être ni aliénée, ni partagée, ni représentée ; il substitue la tyrannie de la foule j la tyrannie d'un individu, jusqu'à afflrmerque la volonté gén«^le est toujours droite, h la condition, il est vrai, que les citoyens voteraient chacun à part sans avoir aucune communication entre eux. Le Contrat social, comparé aux aspirations de Voltaire et de Montesquieu, est le code à la fois de l'anarchie et du plus effroyable despotisme. Quand Rousseau, s'attaquant aux riches, dans son discours sur les fondements de l'Inégalité parmi les hommes, les représente inspirant à leurs semblables des maximes qui changeront leurs adversaires en défenseurs de leur égoisme, il touche une des faiblesses de l'esprit humain. Il avoue naïvement, sans s'en rendre compte, cette passion d'imposer sa volonté à ses semblables, qui, (Uins les socialistes modernes, se traduit par un anathème contre ce qu'ils nppellent l'individualisme. La tendance à la tyrannie est une lèpre inhérente à notre nature ; les pays les plus libres la voient poindre comme une de ces monstruosités qui apparaissent de temps en temps dans les végétations physiques.

Les contemporains de Voltaire, en lui attachant Rousseau, obéissaient, sans le savoir, à ces entraînements passionnes qui, par suite des infirmités de l'humanité, allient si souvent le mal au bien. Tous

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tes écrivains, tous les orateurs qui préconisent les théories qu'on appelle sociales, seraient de l'école de Rousseau, si Rousseau les eût inventées; mais elles sont vieilles comme le monde. Rousseau ne fut, comme Voltaire, que le traducteur àet idées et des aspirations qui avaient cours dans la soeiété. 11 Joua, et devait jouer souvent, en face de Voltaire, le rôle de ces insulteurs publics qui suivaient le char des triomphateurs romains. Ce rôle explique l'antagonisme des deux écrivains et le silence qui se fit autour de Rousseau au moment du bruyant enthousiasme qui saluait Voltaire ' .

< Mémoirt* teereU pour ttrvir à Vhûtoirt 4tt Ultra, tome Xtl, p. 10,11,36,47,55.59.77,82, 105, 118. - roltaire, ton reUmr et ta mort, pu GaïUie Desnoiretterrw, p. 401 et suU., 408. — (Eworei i* d'Alembert, lome V, p. 407, 41!, 518 et iuiT., 524 et iuiv. — Correspondance liltiraire de Grimrn et Diderot^ tome IV, p. 2Î3 tl suiv., 553 et ton. — Mimoira et eorrttpoadanett du général Lafayelte, lome II, )) 457. — Obttirtt compléits de Roatteau, Parit, 1793, in-8, tome 111, Ij. 433 et soif., 440 ; lome VIII, p. 62, 125, 132, 147, 259, 263; tome XXXI, p.îlî, 337, 264, 265; tome XXXIV, p. 423; lome XXXV, p. 44. -U demitr Doluine dti ativru dt ToUairt. Pirii, 1862, ùi-8, p. 1£4. — VoUairc !■! Rijusscau comparii en IËC1, pat Edouard l'aôle.— La Ftanu tout Louis XV, lome V, p. i09 ei auiv., 575 et suit. — Archive* naiionaUt, 0>489 : Le miantre de la maiion da roi i Lenoir, 36 juio, 4 uplembre 1778, nu l'éloge de VotUire il l'Académie.

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DiMonrt du Bomie de Chalhim, «fril 1778. — Craint«i da goatenement ■ngtsU ; mMure* prts« untre une ianfian, ivril 1T78. — Projel d'uoe dMcente en Aagleterre des Trèrei de Broglic, le maréchal et \t comte. -- PItn d'one deieenle en Angleterre adopté par loi ministree le 20 joillet tnS. ~ En 1T7S il l'tgil da li libeKi dei peaplea ; en 1803 de itor lerritudr. — Les peuplei progreaient cl tehippeni è l'epptenien malgré des ehefa ineipaiilei ou erimineli. — Les diiciplei de Rouaiesa et eeax de Voltaire. — Combat de la Belle-Faute, n jqin 1778. — Lattre de Louis XVI su due de Pentblèvre, 10 juillet 1773.— Lettre de Sila^-Deaneb d'EsU^g, Il mai 1778. — Balaîlle de Germai]- Town, 3 octobre 1777. — Gates, Weihington et le congrès. — Ferneti de Washington, Valley-Forge, ■- Lea poaioin de WaabJDgton amoiadria par le congrte, Gonwa j. — Lettre de Lafsyette ; réponse de Waahmgton.T- Jagament porté par Larayetle lar lul-raAn«. —■ Le congrès décide une expédition eonire le Canada, ^ janvier 1778. — Colère proToqnée dan* l'armée et parmi lea principaux citoyens par l'intrigue ourdie contre Washington. — Lettre des délégués anglais an emgrim et répooMs da congrès, juin et Juillet 1778. — Joie de l'Améri^e à l'inniM da traité conclu avec la France. — Philadelphie abandonnée par les Anglais, Î2 juin 1778. — Bataille de Monmoutb, %8 juin 1778.— ArriiËe de la flotte francaiie le S juillet 1778; d'Ealaing. — D'Eataing dana la rade de Newport, 8 août 1773; ses relations avec Larajelte et Greea. — lrritaiion dp général Sullivan; mécontentement de* Américains. — Sagesse du congrèi; Washington rend justice i d'Estaing. — Apprétiation de d'Eslaiig par Larayelte. — O'EitaIng se rend aux Antilles, 3 novembre 1778 ; le marquis de Bouille. — Réserve

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iû4 LIVRE DEUXIÈME.

dcd'EitiIngTii-i-Tiide Bonillt. — ËchMdad'EtKiDg 1 Sainte-Lucie; ta lelln m mjniitre. — Calomnies adTcuiM i Veritillei eoaln d'Ettiing. — BoDillé reud malgré lui juatice k d'Eslaing. — PriM de Saniinih parle* AngUiii aiuijue de ChirleUaD. — ConqaSte de lllc Saint- Vincent lur lei Anglaii, 19 juin 1779. — Conquête de I* Grenade, 4 juillet 1779 1 Hacartney et d'Eilaing. — Viclairei niMlei del Français, G juillet 1T79. — Fierté pleine de trtatesie de d'Ealaing en face du ealomniet. — D'Etlaing obligé de renoncer au liége de Savan. nih iprlt un aaiiul, 11 octobre 1779. — Jugement porté lur d'Eittîng par la cbevalier de Uasaac. — Combat naval d'Ouïssani, 27 joillet 1?T8.

— La duc de Charlrei à Paris. Enthoniiasme, puis déBappoinlemeDi.— Le duc de Chartrei juitiSé par Lamolhc-Piquet. — Le duc de Chartrc* nommé colonel -gêné rai dea troupes tègtres, novembre 1778. — Le due de Chartret et la reine. ~ Lei ambition* de l'empereur Josepb. — Une initilution royale ne donne aucune garantie de sécorilé aux nationa. — Marie- Thé rite, Uarie- An loi natte et les mintstrei franfaii. — Groatease de la reine annoncé* 1 aa mère, 19 avril 1778. Hercj et i«b leconi de diplomatie. — La czarine ei Frédéric, Uarie-Anloindte et Joaeph II. — Uertj *t Harie-Théréee compromettent la reine devatit lei FraQC>>*-

— Paix de Teacben, 13 mai 1779. — Naissance de Madame, fltle durai, depnia dvcbeaaa d'Angeultme, 19 décembre 1778. — Le roi et la reine vienneat aaiittar ag Tt Dtvm cbaoté pour la naissance de lenr alla, 8 février 1779. — Intérieur de la ramiUe royale, projets de la reine pour l'éducation de *• Slle, lendreaie du roi pour aon épouse et son enbat. ~ Irrémédiable tcission entra les idée* des couri et uUea des peuple*, révélée* par Jea confldencea des princes. — Cause* DOuvelles deennQitanéeadanalaBociélé. — Eapérance* de Hère j louj aura dépiet; Ivs veilleur* de la reine. - Dépenses extravaganlei, de 1778 i 1780.

— Le comte d'Artois, se* dettes et sa* enfanta. — Lea gricea pécuniaire* de 1776 à 1781 . — Avidité du dac de Guines et de H" de Lamballe. — Réneaion* de H" de Poligoac ini l'inalBbililé de la faveur. — K" de Polignac vent profiter de I'occbiIod pour la fortune de sa famille.

— HorI de Harie-Thérèie, 29 novciDbre 1780. — Les admicÙBlra lions provinciales ; mémoire au roi, 1778. — Assemblée provinei*le du Berrj, 12 juillet 1778. — Conception* dn duc île Cboiieul en fait de flnaDce* ; *ea plans pour les assemblées provinciales, 1778. — De l'administration dea filits proviaciaui ouvrage de le TrOne, 1779.— La Frane« dans l'inde en naS-CliTCB et le comte de Chalbani. — Clive* en Angleterre, de 1760 à 1764. — Retour de Clivea dan* l'Inde ; il y réalise *e* projets et fonds un TR*te empire. — Situation de la France dana l'Inde en 1778. — Débat* du consuil à Versailles. — Illusions de* employés français dans l'Inde ; prise de Pandii^livi;, 17 oeLobre 1778. — Alliance inutile avec le EUltao de Hysore; la France n'a pin* de poxeasioDe au le eoBlineiit indien, 20 mars 1779. — Expédllion dn Sénégal, novembre 1778. - Prise de Charleslown, 12 mai 1780. -~ Lafajelte revient eii France; enibousiatne public, janvier 1779. — Letiredejubn AdNmiiSariiaes.—

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