‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 37 sur 142 · LES ENNEMIS DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LES ENNEMIS DE VOLTAIRE

Ce caractère tout opposé de celui de Voltaire, si sensible à la souffrance des autres, si peu mattre de lui, avait établi des relations d'un genre particulier entre le malade et le médecin. Le malade prodiguait au médecin les termes affectueux, soit dans ses lettres soit dans ses conversations, et Tronchin, qui lui disait la vérité sur les soins à prendre pour sa santé, parlait à ses amis ou à ses correspondants, du grand écrivain comme d'un de ces sujets qu*a trouvé un chirurgien dans un hôpital, a Cet homme, dit-il à Bonnet, de Genève, était prédestiné à mourir dans mes bras », et il fait suivre cette phrase du récit des effusions de Voltaire, qui l'appelle son ami, qui lui dit dans son désespoir a ayez pitié de moi, je suis fou. »

Tronchin qui avait approché Voltaire comme mé- uwgendedu decin, sans avoir d'affection pour lui, était un sujet 7jaiiieii77s. ' tout trouvé pour être cité avec quelque vraisemblance dans un récit mensonger. Aussi vit-on paraître, le 7 juillet, dans la Gazette de Cologne, rédigée par iin jésuite, à propos de la mort de Voltaire, un article daté d'une ville d'Allemagne qu'on appelle Erlang, dans lequel est écrit ; « Si ce que mande de Paris un homme bien respectable, et ce qui est attesté par M. Tronchin, témoin oculaire et qu'on ne peut guère récuser, est bien exactement vrai, cette mort n'a pas été une mort de paix n ; et le journaliste entre dans des détails tellement révoltants qu'un historien doit les reléguer, comme des objets de triste curiosité, dans des notes qu'un lecteur n'est pas forcé de lire '.

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I9jl IJVRE PREMIER.

En 1781, trois années après, le père Élie copie la Gazette de Cologne ; en 1 784 c'est le jésuite Feller, puis r^hbé Barruel en 1785, l'abbé Cliaudon en 1797. Deluc vient en 1817, Lepan en 1824, Paillet de Warcy en 1835. L'abbé Depery qui fut évèque de Gap, profite dit-il des confidences de la marquise de Villette pour contredire, en 1835, le récit de celte dam^ à lady Morgan et jusqu'à celui de l'abbé. .Gfuiihier. ta série de ces inepties se poursuitpar le comte d'Allonviile en 1838, par M. Nicolardot en 1854, Itabbé Martin en 1861 , et enfin l'abbé Maynard qqi en 1867 résume ses devanciers '.

11 est impossible de ne pas comprendre, à la fastidieuse uniformitn de ces ridicules assertions, qu'on se trouve, à propos de Voltaire, en présence d'i^flp^e ces faiblesses de l'esprit humain qui sont aussi insondables qu'inexplicables. La religion nous enseigne que la vérité doit être attestée, en toutes choses et en toutes circonstances, et montre, dans la glorifi-

336 «t tan., 33S el mil., 3ii et bdî*., 349 et laiT., 353, 353 et «uiv., 357, 361, 364eliui>.,368elsiiiv., 371,375, 379, 391,39ï et snii. — Cor.rtspondance tiiUrairt de Latiarpe. toiue II, |i. 12è, 242 et Miv., 244 el suif. — héfmte d» YoUairt eonir» stt anùt et contre tes ennemù, par CÔiirUt. Paris, 1872, îd-S, p. 33 et suiv., 23 et suit., 5Q. — Jf^noipa tecreli pour tenir à ia ripubtique dts Uttrts, tomt Xf , p. ÏIO, 214, 232, 237.239; tome XII, p, 4, 5, 6, 15, 32, 90 et miv. - lEwrts de d'Ahmtert, tome VI, p. 40â, 406, 407. — fEuera d* Fobatre, tq^f ,1, pige 43Q et SUIT.; tome LXX, p. 469. — Ménoiret pour tertiir d t'hûfoiVe dt jr, dt Voltaire {par Chaudon). Ameterdam, 1785, in-12, 2' partie, p^ 30, 39 el SUIT., 42, — CorrespontUmee lilUrair* da en'nim el Dtdtrot, lotne IV, p. 221 et suii,, 22. — U dernitr ttoiume i(ï» «uvfM de ToUairt. Péris, Henri Ptoa, ia-8. p. 24, 26. Fac-similés des écrits de l'abbé Gaultier et du rapport de l'ouTerture et embaumeneDt du corps de Voltaire. — MiUmgei de lillératvrt publiés par Suard, toose If, p. 24, 29. -Ut touMiuri de FiHeit, parH>» de Geins. Paria, 1804', ia-fi, p. 213.

* Voir le récll de l'abbé llejeard aux pièees jn^iifleaiiTç^ It.

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