‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 40 sur 142 · PROJETS DE DESCENTE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PROJETS DE DESCENTE EN ANGLETERRE

s'écriait un des faiseurs âe projels, n'a de vrais -ennemis que les Anglais, «. les entraves qu'ils mettaient à son commerce, tes conditions humiliantes qu'ils lui avaient imposées» les tentatives qu'ils faisaient pour ruiner les tentatives des Français dans < t'inde et le Levant, l'esprit de domination qui les animaient étaient autant de preuves de leurs projets de nuire. j>

Les minisires avaient du reste trouvé, dans leurs p^jei archives, plus d'une pièce constatant les sentiments t^A"giè'i'"^dM de vengeance qui fermentaient dans le cœur humilié ''*™^!|',°™^|"°' des Français. Ils avaient pu lire des projets de re- »<■ >« oobw. vanche à prendre contre l'Angleterre conçus à l'époque même du traité de paix fait avec la cour de Londres par le duc de Choiseul.

A peine Louis XVI était-il en présence d'une guerre imminente contre l'ennemi de sa nation, que le maréchal de Broglie lui présentait un mémoire sur ce grave sujet, c Quand la crise politique du royaume disail-il au roi, invile tous les bons citoyens à spéculer et à réfléchir, il en est pour lesquels ce droit semble être plus particulièrement dévolu... Tels sont ceux qui sont attachés au roi par reconnaissance... qui peuvent avoir acquis quelque lumière par une longue expérience... Encouragé par cette situation, le maréchal de Broglie prend la liberté de présenter à Sa Mijjesté ses spéculations sur les affaires présentes. Ce n'est point ici son travail seulement, c'est le fait de l'expérience de son frère dans la carrière politique et celui de la sienne dans la carrière militaire... Parmi les divers travaux confiés au comte de Brt^lie pendant la durée

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StO LIVRE DEUTIËMC.

de sa correspondance avec le feu roi, un des plus conEÎdérables et des plus importants a été la préparation d'un plan de guerre contre rAnglelerre... Ce fut dès 1765 même, c'est-à-dire presqu'au moment de la paix que le comte de Broglie, quoiqu'alors exilé, proposa au feu roi de préparer ce grand travail... Ce ne fut point par espoir d'ambition, et dans le projet de rompre une paix dont le royaume avait besoin... Mais i) savait que le roi gardait dans son cœurl'amère souvenir des injures de l'Angleterre. La paix même venait de manifester sa prétention à l'empire exclusif de toutes les mers; et dans l'exécution des articles de cette paix, elle se conduisait avec une hauteur qui ne décelait que trop son plan d'humilier la France et de la rattaquer toutes les fois qu'elle chercherait à relever sa marine... L'expérience de deux guerres de mer malheureuses et la sagacité du jugement du feu roi lui avaient démontré que tous nos revers avaient pour principale cause d'avoir toujours été prévenus par les Anglais et de ne leur avoir jamais opposé un plan. Il ne fut donc nécessaire que de mettre sous ses yeux le détail des moyens de la France et de ceux de l'Angleterre pour lui en faire sentir l'énorme supériorité quand on saurait les préparer. .. et l'avantage que la France devait avoir à attaquer cette dernière corps  corps au lieu de se consumer en expéditions lointaines et morcellées. et ces conséquences lui avaient fait embrasser avec ardeur le projet d'une descente en Angleterre... le seul qui pouvait effacer les regrets de la paix qu'on venait^de conclure... Le travail agréé par le feu roi fut accom-

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