‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 41 sur 142 · PROJETS DB DESCENTE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PROJETS DB DESCENTE EN ANGLETERRE

pli k travers tous les obstacles qui résultaient d'abord de la difficulté intrinsèque et ensuite du profond secret auquel on était assujetti... Il fut fait dans le cours d'un an et non comme se font trop souvent tous les travaux de cette espèce dans le cabinet et sur des spéculations vagues et incertaines, mais sur les lieux... D'habiles officiers furent envoyés en Angleterre. Ils reconnurent la possibilité de la des- -oenle, les points de débarquement, les moi-ens de subsistances, les marches, les camps, les positions, enfm (ouïes les opérations possibles jusqu'au delû de Londres. Ensuite on calcula, on combina, sur nos côtes même, les moyens que nous aurions pour exécuter ce projet, tes lieux où devaient se rassembler les troupes, les ports où^il convenait de les embarquer, la quantité de bâtiments que chacun d'eux pouvaient fournir, les agrès qu'il fallait préparer en artillerie, en munitions, en vivres. Le nombre et l'espèce de troupes pour l'expédition. Tout enlin jusqu'aux calculs des saisons, des vents, des marées entra dans ce plan qu'on accompagna en même temps des cartes, tableaux de dépense et autres ^fiièces propres à donner à la possibilité du succès le dernier degré de probabilité... »

« Le travail du comte de Broglie ne se borna pas à . ces spéculations. II lia cette expédition avec d'autres projets de divereion... Il proposa de s'y ■ préparer au dehors par un plan de politique qui sappait peu à peu le crédit des Anglais dans le nord... La révolution qu'éprouve aujourd'hui l'Ani'gleterre, par la révolte de ses colonies et la guerre -qui doit néccssai rament s'ensuivre entre la France

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et elle, y furent indiquées comme le moment où ce grand projet pourrait s'exécuter... Aucune des mesures préparatoires indiquées par le comte de Broglie ne fut prise... La mort du roi ayant révélé le mystère de sa correspondance avec le comte de Broglie, ainsi que du travail dont il l'avait chargé, et les nuages actuels entre la France et l'Angleterre pouvant amener d'un moment à l'autre la guerre que l'objet de ce travail. était de prévoir et de préparer, le maréchal de Broglie a cru devoir se livrer à l'examen du plan donné par le comte de Broglie... C'est cet ancien travail mûrement examiné aux circonstances et aux possibilités actuelles entre son frère et lui, qu'il prend la liberté de mettre sous les yeux de Sa Majesté. »

Le projet débute par constater que l'époque à choisir pour la traversée de la Manche doit êlre du l*' octobre au 30 novembre. Les vents dans ce moment sont propices, les récoltes destinées à assurer la vie d'une armée sont rentrées , les ports de l'Angleterre dégarnis pour le commerce de la plus grande quantité de leurs navires, ce qui diminue le nombre des matelots dont il serait possible de disposer, et par conséquent de défenseurs.

Il indique le port de Brest comme point de concentration de la marine miUtaire et les ports de Dunkerque. Calais, Boulogne, Dieppe, le Havre, Honfleur, Cherbourg, Saint-Malo et Morlaix comme devant contenir les bâtiments marchands qui devront être saisis au moyen d'un embargo mis le même jour dans tous les porls de France et d'Espa<;ne.

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PROiETS DE DESCESTE EN ANGLETEBRE. 213

Nous aurons par ce moyen le nombre de navires néceEsaires au transport des troupes^ dit-il, cela « est prouvé par le tableau général de la reconnaisBanec des moyens de tous les ports qui fut faite par ordre du feu roi (Louis XV) en même (emps qu'on dressait le premier projet de descente en Angleterre. »

De Broglie entre ensuite dans une foule de détails sur l'armemeot des navires marchands et des corsaires, sur la quantité de vivres.dontil seront chargés. Il destine les bâtiments légers à garder l'abord des cales, poar que ce qui se fait en France soit ignoré. Puis il passe à la description de l'armée d'invasion qui ne sera composée que de < soldats parfaitement en état de servir ». Il faut, dit-il, une armée de cinquante-neuf mille hommes, dont cinquante-six mille cinq cents cavaliers ou fantassins, et deux mille cinq cents artilleurs, ouvriers et mineurs. Il énnmèrc le nombre des officiers nécessaires et indique avec détail, aux, quatre divisions entre lesqudles il répartit les régiments, les ports où chacune d'elles ira rejoindre les bâtiments destinés à les prendre. Il lui fallait, d'tprés ses calculs, cinq cent quatre-vingt-dix navires de cent cinquante tonneaux l'un dans l'autre,, dont les^plus petits seraient choisisde préférence pour y embarquer les chevaux, les bœufs et l'artillerie, ^ : cause de leur faible tirant d'eau qui leur permettrait d'approcher très près des côtes. Les approvisionnements en vivres étaient réglés sur une consommation d'un mois, les équipages des officiers réduits au simple nëceasaire, et le nombre des pièces d'artillerie fixe à <%nt.

L'exécution du plan de campagne des frères de

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au LIVRE DEUXIÈME.

Brogliëétait subordonnée à la réunion, dans le port de Brest, de quarante vaisseaux de ligne, vingt frégates ou corvettes, et, dans celui de Dunkerque, de six frégates, qui prendraient à leur bord sept à huit cents hommes des garnisons de Flandre et menaceraient 1» côte de l'Angleterre qui borde la mer du Nord et celle qui fait face S la France.

[jB début de l'expédition était une victoire navale. « Si les Anglais, écrivait-il, ont, comme il est apparent, une flotte considérable dans la Manche, ils prendront le parti de se porter devant Brest ou de la tenir dans leurs poris pour déboucher sur nous et venir défendre la Manche au moment où nous sortirons de Brest. Dans les deux cas, une bataille navale est le préliminaire indispensable, car point de possibilité ou de sûreté d'expédition ou de débarquement tant qu'on ne sera pas absolument maître de la Manche... En cas de mauvais succès et d'un échec considérable qui disperserait et ruinerait notre flotte, il va de soi que toute espérance d'expédition serait perdue; mais, au cas d'un succès partagé ou d'un léger échec on pourrait, après s'^re raccommodé dans ses ports, tenter de nouveau la fortune, l'expédition ne pouvant avoir lieu qu'en cas d'un grand avantage. On le suppose ici, et on passera en ccmséquence aux détails ultérieurs ».

Les de Broglie choisissaient pour poml de débarquement de l'armée quatre petits ports dans le comté de Sussex, ceux de Ryc, de Winchelsea, de Hastings et de Pevensca. Ils indiquaient les outils indispensables à débarquer les premiers pourétablir des retranchements aussitôt que des soldats auront pris

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