‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 67 sur 142 · DÉPENSES EXTRAVAGANTES · texte numérisé non relu

DÉPENSES EXTRAVAGANTES

soixante mille livres ce qui devait lui être payé annuellement pour ce qu'on appelait sa cassette et la foire de Saint-Germain, c'est-à-dire augmenta de cent huit mille livres sa dépense. L'inoculation de cette princesse fut payée aux médecins et chirurgiens,l'année suivante, vingt mille trois cent soixantetrois livres (plus de cent mille francs de notre temps) . Si l'on ajoute à ces charges dites personneltes celles que faisait naître te moindre rapport avec elle, comme la pension de mille livres donnée à un dentiste, de quinze cents livres à un maître de mathématiques; si l'on tient compte des réclamations de la sous-gouvemante des enfants de France, M™ de Makau, qui obtint, le 16 mai 1779, une gratification de six mille livres, ce qui entraîna des gratifications de quatre mille livres aux autres sous-gouvernantes, mesdames la vicomtesse d'Aumale et la comtesse de Soucy ; si l'on ajoute la somme de treize mille neuf cent cinquante-deux livres que la jeune Elisabeth, âgée seulement de seize ans en 17S0, a accordée en pension à diverses personnes, somme que le trésor royal se hâte de prendre à sa charge ; si l'on ajoute le manque d'ordre des dames chargées d'un service qu'elles ne font pas en réahté, comme celui de la duchesse de Civrac, qui réclama le paiement de vingt-six mille livres dont elle ne pouvait justifier l'emploi, en donnant au ministre le choix entre son remboursement ou en une pension de dix mille livres; si l'on tient compte non seulement des traitements accordés aux dames qui ont servi et n'ont plus à servir des personnes royales qui sont mortes ou ont changé de situation par suite dé leur âge.

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iU LIVRE DEUXIÈME.

mais des traitements accordés aux personora auxquelles sont promis des emplois, comme les six mille livres de gratification annuelle données à la princesse de Berghes, le 14 février 1778, jusqu'à ce qu'elle eût les appointements de dame du palais de la reine, il est impossible de ne pas comprendre qu'il se creusait à Versailles un abîme sans fond où tous les produits du travail d'une nation devaient disparaître pour la satisfaction d'un certain nombre de familles oisives.

Le jeune frère du roi attirait chaque jour davantage les yeux du public par sa vie immorale et dissipée et ses faiblesses vis-à-vis de son entourage. Le nom d'Artois, devait écrire quelques années plus tard Linguet dans ses Annales, porte une sorte de fatalité. « Tous les princes qui l'ont porté ont été malheureux et presque tous victimes de leurs infortunes par leur propre imprudence... Louis VIII, pour lequel ce titre a été créé, ne monta sur le trône que pour y trouver une mort prématurée. . . Le frère de saint Louis, héritier dece comté, périt en Egypte et fut cause du massacre général de l'armée française... Cette fatale dénomination a paru perdre de sa malignité en s'éteignant parmi les possessions accumulées de la maison de Bourgogne... Mais ayant été renouvelé de nos jours avec éclat, nous pouvons nous convaincre qu'il n'a en quelque sorte rien perdu de sa malignité. C'est absolument la fatalité et li) destinée du mot Stuart. » Le comte d'Artois avait contracté, au mois de février 1779, une dette de 10,475,578 livres (plus de cinquante millions d'aujourd'hui). Acquéreur du marquisat de Maisons, il

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