‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 70 sur 142 · PENSIONS ET GRACES ACCORDÉES · texte numérisé non relu

PENSIONS ET GRACES ACCORDÉES

M. Kertin, est gratitîé d'une pension de 69,000 livres et l'Ëtat paie 300 livres annuellement à une mère de sept enfants, la veuve du conducteur à la pourvoirie Podemain, qui a été écrasé par la voilure du ministre si bien dédommagé. La pensée de modération dans les dépenses n'a d'application que vis-à-vis des personnes étrangères à la cour. La veuve du savant Lp Condamine attend cinq ans la décision qui portera sa pension de 1,500 livres à 3,000; l'académicien Thomas n'a que 3,000 livres de pension; Saurin que 1,000 et l'historiographe Garnier, qui a droit k une pension de 1,800 Uvres depuis 1773, voit décider, par mesure d'économie, qu'elle ne prendra date que du 1" janvier 1780 et qu'il perdra par conséquent les huit années qui n'ont pas été payées. Quand M. Pauly sollicite une augmentation de pension, le ministre écrit au directeur de l'Académie des sciences :

« Je n'ai point laissé ignorer à Sa Majesté les travaux pénibles de ce géographe et surtout le service important qu'il a rendu aux sciences en rassemblant et en rapportant à l'Académie les expériences faites par l'abbé Chappe et qui eussent été perdues sans lui. Sa Majesté m'a dit que malgré toute la juslice qu'elle rendait à ce géographe, il ne lui était pas possible, dans les circonstances présentes, d'accorder des pensions. t>

Au moment même où il exprimait son refus, ATidiiédodoe Merey avertit Marie-Thérèse que « la reine, vive- «■• de LamtotiR ment sollicitée pour plusieurs grâces, s'est prêtée 30» instances de ses favoris et favorites... que le duc de Guines... a désiré que sa fille épousât le

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fils unique du marquis de Castries. b Une des « premières conditions de ce mariage, écrit-it, a été que le roi daignerait doter l'épouse d'une somme de cent mille écus. Cette demande, présentée par la reine et fortement appuyée par Sa Majesté a été combattue par le ministre des finances qui a objecté les besoins de l'Ëtat et l'embarras dans les moyens d'y suffire... Le duc de Guines a trouvé le moyen de terminer le mariage de sa fille avec le fils du marquis de Castries avec tous les avantages qu'il avait en vue, c'est-à-dire le titre de duc héréditaire pour son gendre et cent mille écus de dot pour sa fille. . . Il a fallu tout le crédit de lareine pour obtenir de pareilles grâces. Sa Majesté aurait voulu ne pas paraître les avoir efiectuées, mais le public ne s'y est pas trompé. > Un mois après l'annonce de la réussite des desseins du duc de Guines, en septembre 1778, la reine se trouva presque réduite à la compagnie de la princesse de Lamballe, par suite d'une indisposition de madame de Polignac et du séjour à l'armée de la plupart des seigneurs qui faisaient partie de sa société habituelle. Cette disette de monde, qui tournait à son profit, pour employer les expressions de Mercy, fut immédiatement saisie par madame de Lamballe comme une occasion de gains personnels. La surîntendante importuna la reine de demandes considérables et sollicita s entre autre qu'une partie des domaines de la Lorraine lui fut accordée par acensement ' sous la redevance annuelle de six cent mille livres, » c'est-à-dire moyennant une rente à peine égale à la moitié de leurs revenus. La reine,

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