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semblable à ces femmes spirituelles et aimables qui sont l'honneur d'un salon et causent la ruine d'une famille, ne savait que dire. a. Par un reste de bonté, nous apprend Mercy, j'ai vu la reine einbarrassée de décliner pareilles demandes, et il m'a paru de mon devoir de représenter à Sa Majesté tous les inconvénients àe compromettre sa protection et son crédit pour un objet également injuste, absurde, et qui occasionnerait d'autant plus de clameurs qu'il s'agirait d'aggraver les iinances de l'État dans un temps où elles ne suffisent pas aux besoins pressants d'une guerre. »
Il n'était plus question, on te voit, de quelques louis seulement auxquels prétendaient les petits serviteurs du cbâteau, comme nous t'a appris madame Campan, en racontant la venue en France de l'empereur Joseph. Les prétentions croissaient, non pas en vue des services à rendre, mais de la richesse et de la position plus ou moins élevée de la personne qui exerçait une fonction. Ce point de vue, qui est une aberration d'esprit, a été observé par les administrateurs habiles sachant, depuis longtemps, que les meilleurs serviteurs sont les hommes modules qui calculent la rémunération de leurs efforts sur la valeur des travaux dont ils sont chargés et non sur la satisfaction de leur vanité. Les Français commençaient à saisir vaguement cette vérité qui est en fin de compte une des causes de la tendance des peuples vers les gouvernements démocratiques, et leur twn sens, en se développant, devenait un danger nouveau pour des personnages qui n'avaient pas conscience des appréciations que faisaient naître leurs
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actes. Mercy triompha facilement des convoitises de madame de Lamballe qui, depuis quelque temps, d'après ses observations, n'était « plus que tolérée et, presque toujours avec ennui » dans la coterie qui enveloppait Marie-Antoinette. Mais si Mercy put avec avantage^ rappeler à la reine Ira grâces pécuniaires a que la prin(%8se de Lamballe avait su se procurer, en obtenant une charge., pour le moins inutile v ce genre d'argument devait faire un tout autre effet quand il s'agirait de madame de Polignac. ■i«fl>xioiied( Le duc de Guines, éloigné de la reine pour avoir
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imvioitabum voulu imposcr sa volonté, la froideur de cette princesse pour madame de Lamballe après des marques éclatantes d'afTection, devaient donner à réfléchir à une favorite au cœur froid et calculateur comme madame de Polignac et lui faire comprendre la i' base fragile sur laquelle reposait sa brillante situa-
tion personnelle et celle de sa famille. < Ce qui arrive au duc de Guines, écrit Mercy à l'impéra-
^.' trice, au mois de décembre 1779, pourrait bien
avoir porté la comtesse de Polignac à méditer sur l'instabilité de la faveur... mais soit par l'effet de pareilles rétlexions, soit parce que ladite comtesse a lieu d'être alarmée sur sa santé, je vois que depuis peu elle est extraordinairement occupée à profiler du moment pour assurer une grande fortune à sa f«Eiilte. »
M-ddPoiigMc Le duc de Villeroy ayant, par raison de santé,
i^vMc^l'ZoT demandé comme survivancier dans sa charge de
da^h^mt. capitaine des gardes du corps, le duc de Loi^ea, fils
du duc de Givrac. madantede Polignac sollicita cet
emploi pour son futur gendre, le comte de Gram-
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LES CONVOITISES DE UaDaHË DE POUGNAC. 303 mont, et obtint, pour ce jeune homme de vingt ans, une faveur semblable à celle qu'elle avait assurée deux ans avant à Bon époux, au grand chagrin de la famille de Noailles. « Ce sera un grand dégoût pour la famille du duc de Civrac, ainsi que pour un nombre d'autres gens de cour qui étaient plus en mesure d'e^érer une pareille faveur s, dit Mercy avant d'apprendre à l'impératrice que ta comtesse ne prétendait rien moins que de se « procurer en pure don, un domaine du roi, de cent mille livres de rentes. On a déjà jeté les yeux, dit-il, sur une terre de la couronne située en Lorraine et qui est le comté de Bitche. La favorite a bien senti que, sans courir le risque évident de mettre ses vues intéressées a découvert, elle ne pourrait pas donner ellemême le mouvement à une demande aussi exhorbitante; ainsi il a fallu faire agir comme d'eux-mêmes les partisans, et M. le comte d'Artois s'est d'abord chargé de cette commission avec le concours de quelques atBdés les plus intimes de la comtesse. Ils ont de concert présenté le projet à la reine, en joignant jusqu'à l'importunité lea soUicitationa les plus vives. Toute prévenue que soit Sa Majesté pour sa favorite, elle a été un peu eiïrayée d'une idée si déraisonnable; cependantelle a fini par l'adopter et par entrer en discussion sur les moyens de la remplir. Ces moyens ne sont pas à beaucoup près faciles, et d'autant moins que, depuis quatre ans, on compte que toute la famille de Polignac, sans aucun mérite envers l'État et par pure faveur, s'est déjà procurée, tant en grandes charges qu'en autres bienfaits, pour près de cinq cent mille livres de revenus anauele. »
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Mercy et l'abbé de Vermond firent les derniers efforts pour dissuader la reine de se prêter à une pareille demande ; mais leur influence n'arrêta que peu de jours cette princesse, car un mois ne s'était pas écoulé depuis l'annonce d'un semblable dessein, que l'ambassadeur mandait à Vienne : «J'ai rendu compte à Votre Majesté des projets avides de la comtesse de Polignac, ainsi que des mesures qu'elle avait prises pour les faire réussir. Cette affaire devenue très sérieuse, a pris, dans tousces points, la tournure que j'avais prévue... On ne saurait s'imaginer avec quelle importunité on s'est permis de presser la reine sur cet objet... Les représentations sages du directeur général des finances avaient produit leur effet; la reine était convenue qu'il serait absurde de demander un domaine pour sa favorite, qu'il suffirait de lui donner 200,000 livres pour payer ses dettes et d'assurer, pour le mariage de sa fille, une dot de 25,000 livres de rentes perpétuelles. Quelque considérable que fut cfe traitement, les Polignac n'en ont point été satisfaits ; te comte de Maurepas, auquel ils sont vendus, s'est prêté à favoriser toute l'étendue de leur cupidité ; il a disposé le roi par l'abus des prétendus désirs de la reine, et en forçant, en quelque sorte, la main à cette auguste princesse. Après un enchaînement de manœuvres qu'jl serait trop long et inutile de déduire ici> il a été décidé que la comtesse de Poligndc renoncerait à sa demande du comté de Bitche, mais qu'elle aurait 400,000 livres pour payer ses dettes, la promesse d'une terre de 35,000 livres de revenus et de 800,000 livres en argent pour la dol de sa 61le. On
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croit, ajoute l'ambassadeur, <t pouvoir réussir à tenir secrète une grâce aussi exhorbitante. Il est plus que probable qu'ellesera connue dans peu de temps. ... La reine le sent très bien, et elle en est fort peinée... Elle m'a avoué qu'elle regrettait maintenant qu'on n'ait pas fait plus de résistance à Tarrangement dont il s'agit. La reine m'ajouta cette phrase remarquable ; que la comtesse de Polignac était toute changée et qu'elle ne la reconnaissait plus. »
Marie-Thérèse essayant de modérer de pareilles faiblesses en opposant le blâme du public aux actes de la reine, écrivait â sa Bile, n On dit que la Polignac, sous le seul titre dé la faveur auprès de vous, a demandé le comté de Bitcbe à ériger en duché. Le public était surpris d'une demande qui annonce plus d'avidité que d'attachement. On dit à cette heure que vous voulez lui faire donner encore des millions. Je ne fais point de cas de ces bruits, ne les croyant pas vraisemblables , mais je trouve nécessaire et utile que vous en soyez instruite, surtout dans les circonstances où l'État a tant de chargea à soutenir. y> La reine surprise, fit de suite part à Mercy de ce paragraphe de la lettre de sa mère, ce qui lui attira de nouvelles remontrances et amena l'ambassadeur à mander à Vienne : a Si Votre Majesté juge à propos d'insister sur la matière qui est de très grande
conséquence, il y aurait les faits suivants à citer
Tout Paris sait maintenant que les Polignac ont louché 800,000 livres pour la dot de la jeune personne de ce nom... Votre Majesté pourrait ajouter une autre anecdote c'est qu'il se dit hautement dans
Paris qu'un certain comte de Vaudreuil, que l'on II. SO
prétend trop intimement lié avec la comtesse Jules dePolignac, a obtenu,par]emoyende cette favorite, 30,000 livres de pension du roi et un domaine d'égale valeur de M. le comte d'Aiiois, et que ces deux grâces sont manifestement l'elTet de l'intervention et de la protection de la reine. Ce fait n'est malheureusement que trop vrai, et il cause la sensation ta plus fâcheuse, o Vous « ne m'avez rien répondu sur les grandes générosités que je vous ai marquées > écrivit aussitôt l'impératrice à sa fille, en lui citant les faits ^qu'on venait de lui révéler, mais tout fut vain. Mercy manda à l'impératrice peu de temps après 'cette lettre. La faveur de la comtesse de Polignac a ressemble à un prestige inconcevable. Je me vois obligé d'user de toutes les précautions possibles dans ce que j'ai à dire à la reine sur ce chapitre... La reine veut absolument se trouver présente au moment où cette comtesseaccouchera... Il est très probable que la comtesse de Polignac, après ses couches, aura le titre de duchesse. Je sais que la reine y pense... il s'agit de plus de l'achat d'une terrrcde douze à quatorze cent mille francs... Le ministre de la finance s'y oppose fortement ; ta reine, par conviction de raison, ne lui en sait pas mauvais gré ; mais il est à cpaindre que le comte de Maurepas ne décide le roi à faire ce don... Toute cette famille presse moins sur les faveurs honorifiques que sur celles qui sont d'une utilité plus réelle... en cela on ne peut tout au plus qiie modérer les mouvements de la reine, sans oser se flatter de les arrêter. » — « L'inclination de ma fille pour la comtesse de Polignac, répondit Marie-Thérèse avec tristesse, parait trop afîer-
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