MORT DE MAIHE-THÉRÈSE. 30B
que toutes tes grâces utiles accordées à la favorite'. »
Si un étranger, abordant pour la première fois en France et jugeant de la nation par les hommes chargés de ta gouverner a pu écrire : « La ruine complète de toute moralité y est un fait malheureusement incontestable et incontesté... aucune figure de rhétorique, aucune recherche d'expression, ne sauraient en donner une idée, » comoient le ministre des finances auquel s'adressaient toutes les convoitises pour obtenir satisfaction ne s'en serait-il pas aperçu? Aussi Necker n'avait -il pas tardé à comprendre comme Turgot, qu'il ne pouvait pas rester isolé au milieu du monde de la cour et qu'il avait besoin d'un point d'appui pour résister aux désordres et aux délapidations qui annulaient toutes les ressources d'un grand pays, écrasaient le travail
• Archive! naiionale*. 0'n% 30 jultlel, 14 otiobre, 33 d<Mm< bre 17S0. 0MS9, novembre 1730. 0>334, 1 et 72 octobre 1778. 0'334, 14 mats, 9,11 et 18 avril, 8 et 18 juin, 19 août,! septembre, 19 octobre, ttï et 26 décembre 1779. 0'336, 23 janvier, 13 février, 1" avril, 36 mai, 1" et 16 jaîD, 33 et 30 juillet, 13 août. — i«ilrM du minùlrt de la maison du roi à Saùite-Foy, dea 6 et 23 septembre, 14 octobre, il, 23 et 24 novembre. 17 et 31 décembre 17S0. 0'237, 6 janvier, 25 mirt, l"el 12 avril 17S1. 0>419, 11 ma», 16 et 23 mai, 19 juin, 13jailkt, l"aoûl, 14 décembre 1778. 0<430, 13 39 janvier, 7 juiti 1779. 0<42l, 10 juin 1780. Oi422,let 13 avril ilSl. — Ârehivee nationatu. 0<336: Brevet de dne loua le nom de due de Gnicbe au comte de Graramont, capilains du gardes da corpi en luryivanee du duc de Villeroj, 15 avril 1780. Le comte Julea de Polignac créé doc héréditaire, 30 septembre 1780. 0U31. Le ministre de la maiaon du roi au duc de Polignac, 32 septembre 1780. — Corretpanianu lecrétt de Marie-Thérèse et de Merey, lome 111, p. 322, 32J, 237, 255 et auiv.; 321, 350, 356, 368, 370 379, 381, 391, 392, 396, 411 ctauiv., 415 el sirfv., 421 et suiv., 429, 431, et suW., 437 et sDiv., 440, 487 el suiv., 490. ~ Mémoiret utrôtt pour tervir à Ckitloire dei Utirei, lome XV, p. 136 et auiv. 153, 161 , 163 ; tome XYl, p. 101.
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3l<t LIVnB DEUXIËHE.
producteur et entretenaient une irritation dans les esprits dont l'expression devenait chaque jour de plus en plus vive. Turgot, mesurant avec le coup d'œil du génie, la force des obstacles qu'il avait à briser avait songé à un appel effectif de la nation entière. Il ne pouvait en être de même de Necker. Arrivé au pouvoir par l'appui de grands seigneurs qui ne blâmaient les abus et ne les combattaient ta plupart du temps que lorsqu'ils ne protllaient pas aux leurs ou à leurs amis, Necker avait longtemps vécu, comme cela arrive si souvent à des gens affectueux, dans une espèce d'atmosphère de bonnes intentions, confondantses désirs avec des réalités efTeclives, quand les nécessités de l'administration lui révélèrent les abus qui dévoraient les provinces. Livrées sansdéfense à l'audace des intérêts particuliers, les populations éloignées des villes les voyaient se se multiplier et s'accroître, sans avoir la chance d'obtenir, de certains corps de l'État, une protection qu'ils accordaient parfois aux simples citoyens dans les résistances qu'entraînaient leurs intérêts personnels. Necker crut, à l'exemple de tous les ministres qui s'étaient succédé depuis l'ouverture du règne, devoir résumer ses observations dans un mémoire destiné au roi seul. Ce mémoire, qui devait être publié en 178i, par suite d'un abus de confiance, fut donné i Louis XVI en 1778.
Il débute en affirmant qu'une foule de plaintes se Sont toujours élevées contre la forme d'administration employée dans les provinces, qu'elles se renouvellent plus que jamais et qu'on ne pourrait y rester indifférent sans avoir peut-être de justes re-
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MEMOIRE m, NECKER AU ROI, 3il
proclies à se faire. Puis it entre vivemenl en matière.
« A peine peut-on donner le nom d'administra- [««dminuiiri tron , dit-il , à cef te volonté arbitraire d'un seul cui»; mènK^r homme, qui tantôt présent, tantôt absent, tantôt *""'' instruit, tantôt incapable, doit régir les parties les plus importantes de l'ordre public... qui ne consi* dère sa place qne comme un échelon à son ambition... comme un lieu de passage, et n'est point excité à préparer des établissements dont le succès ne lui sera point attribué... Présumant toujours, peut-êlre avec raison, qu'on avance encore plus par l'effet de l'intrigue ou des affections que par le travail et l'étude, il est impatient de venir à Paris; et laisse à ses secrétaires ou ses subdélégués, le soin de le remplacer dans ses devoirs publics... Ces subdéléguéa n'ont jamais de rapport avec le ministre. . . ne peuvent acquérir aucun mérite direct auprès du gouvernement,.. De tels hommes, on le sent facilement, doivent être timides devant les puissants, et arrogants envers tes faibles... Tous ces inconvénients, qui seraient sensibles dans les temps les plus heureux, deviennent plus aggravants quand tes peuples gémissent sous le poids d'impôts accumulés... De ta cette fermentation générale, et sur la répartition des impositions et sur les corvées, et sur t'arititraire absolu et sur la difficulté d'obtenir justice. »
Après cette critique d'une administration centralisée, il montrait combien il était difficile d'organiser un contrôle en dehors des administrés; qu'à moins « qu'on ne soit averti par àes injustices éç]9-
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tantes ou par quelques scandales publics, on est obligé de voir par les yeux de l'homme même qu'on aurait besoin de juger. . . Il vient, disait-il, des plaintes d'un parliculier ou d'une paroisse entière : que fait-on alors, et qu'à-t-on fait de tout temps? On communique à l'intendant celte requête : celui-ci, en réponse en conteste les faits ou les explique, et toujours de manière à prouver que tout ce qui a été fait par ses ordres a été bien fait ; alors on écrit au plaignant qu'on a tardé de lui répondre jusqu'à ce qu'on ait pris connaissance exacte de son afîaire, et on lui transmet comme un jugement réfléchi du Conseil, la simple réponse de l'intendant '.-.C'est après avoir été frappé de la défectuosité de celte conlexture de l'administration que j'ai désiré qu'on pût développer â Votre Majesté la nécessité de s'occuper essentiellement de cet important objet... Je sens plus que personne la convenance de n'employer que des moyens lents, doux et sages ; il faut désirer le bien, y marcher; mais c'est y renoncer, que de vouloir y atteindre par un mouvement précipité... il n'est rien où l'expérience n'ajoute encore à l'instruction et à a confiance. Ainsi ce n'est que dans une seule généralité que je proposerais à Votre Majesté d'introduire un changement qui consisterait essentiellement dans l'essai d'une administration provinciale ou municipale. II est sans doute des parties d'administration qui tenant à la police, à l'ordre public, à l'exécution des volontés de Votre Majesté, doivent constamment reposer sur un intendant seul, mais il en est
■ C'tst ce qui esl retté dans loia tous le nom de juridiction graei^ut, notanuneDi pour. l'adraiDisiraiioD Toreilière.
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