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d'autres, telle que la répartition de la levée des impositions, l'entretien et la construction des chemins, qui peuvent être confiés préférablement à une commission composée de propriétaires, en réservant au commissaire départi l'importante fonction d'éclairer le gouvernement sur différents règlements qui seraient proposes; de cette manière Votre Majesté aurait des garanties multiples du bonheur de ses peuples... oQ ne verrait plus cumulés sur le peuple et le poids des impôts et les frais de justice... n
A la suite de cette entrée en matière, il parlait des subdélégués, des officiers d'élection, des directeurs , receveurs , contrôleurs des vingtièmes, de tous ces hommes de l'impôt dont, « chacun selon son caractère, assujettissaient à leur petite autorité et enveloppaient de leur science fiscale des contribuables ignorants... Si ces diverses servitudes, disait-il, peuvent-être un jour tempérées; si d'un pareil cahos il peut enfm sortir un sytème simple et régulier d'imposition, on ne peut l'espérer... qu'à l'aide d'administrations provinciales. » Il affirmait, ensuite, que « la France, composée do vingt-quatre millions d'habitants, répandus sur des sols différents, et soumis à diverses coutumes, ne pouvait pas être assujettie aux mêmes genres d'im{îosi lions. Ici, la rareté du numéraire peut obliger à commander la corvée en nature; ici, la gabelle est supportable; là, des troupeaux nombreux font de la cherté du sol un véritable fléau ; ici, on peut confondre la capitation avec la taille ou les vingtièmes ; ailleurs de grandes richesses mobilières invitent à séparer ces divers impôts. Ënfm partout, en même temps que la raison
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cooioande, l'habitndc et le préjugé font résis- (ance; eependHit c'est l'impossibilité de pourvoira toutes ces diTersités par des lois générales, qui obligent d'y suppléer p*r l'administration la plus compliquée ; et comme la force morale et physique d'un ministre des finance» ne saurait suffire à cette tâche immense... il arrive nécessairement que c'est du fond des bureaux que la France est gouvernée... En ramenant à Paris tous les fils de l'administration, il se trouve que c'est dans le Heu où l'on ne sait que par des rapports éloignés, oij l'on ne croit qu'à ceux d'un seul hommOj qu'on est obligé de diriger, de discuter... 500 millions d'impositions sui>divisées de mille manières... Quelle différence enlre h fatigue impuissante d'une pareille administration, cl le repos et la confiance que pourrait donner une administration provinciale. 9 Après avoir annoncé qu'il ferait un mémoire à part sur la généralité dans laquelle il fallait faire l'épreuve qu'il demandait, il résumait ainsi te but qu'il se proposait.
<c Un sage équilibre entre les trois ordres , soit qu'ils soient séparés, ou qu'ils soient confondus, un nombre de représentants, qui, sans embarrasser, soit suffisant pour avoir une garantie du vœu de la province, des règlte simples de comptabilité ; l'administration la plus économe ; les assemblées générales aussi éloignées que l'entretien du zèle et de la confiance peut le permettre; l'obligation de soumettre toutes les délibérations à l'approbation du Conseil éclairé par le commissaire départi ; l'engagement de ptyer ta même somme d'imposition versée aujourd'hui au trésor royal ; le simple pouvoir de faire d«
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observations en cas de demandes nouvelles, de manière que la volonté du roi fût toujours éclairée et jamais arrêtée ; enfin le nom de don gratuit absolument interdite! celui de pays d'administration subrogé à celui de pays d'État, afin que la ressemblance des noms n'entraînât jamais des prétentions semblables. Voilà un abrégé des conditions essentielles. »
Les habitudes de l'homme d'afTaires se montrent dans cette démonstration péremptoire de l'impossibilité d'une administration équitable et juste en dehors du concours et de la surveillance effective des personnes intéressées à sa bonne conduite, mais son insuffisance, comme homme d'État, se révèle avec une sorte de naïveté illogique. Necker signale la fermentation générale des esprits, dit que toute augmentation d'impôt est impraticable à cause de la pauvreté des contribuables, a qu'il lui paraît difficile que le peuple pût être plus maltraité qu'il ne l'est en général dans les pays d'élection. » Puis il conclut, en face de pareilles misères et de pareils ferments de désordres, qu'il faut agir sans précipitation, s qu'on délivrerait peut-être insensiblement les habitants des campagnes du joug sous lequel ils vivei«. » Il veut que l'institution nouvelle qu'il propose ne soit annoncée aux peuple que comme un essai temporaire et laisser ainsi au roi a constamment dans sa main les moyens de la supprimer ou de la maintenir. » Necker n'a aucune des intuitions de l'homme d'Ëtat qui sont comme le diagnostic chdzle médecin, c'est un banquier qui voit, dans le nouvel ordre d'administration qu'il propose, la pos-
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sibilité de multiplier les moyens de crédit, c'est un homme du monde qui espère « attacher d'avantage les propriétaires dans leurs provinces , en leur y ménageant quelques occupations publiques dont ils se croient honorés, d Les réponses aux objections qu'on peut faire à ses projets, mises à la suite de son mémoire, sont presque toutes consacrées à prouver qu'ils n'affaibliraient pas la prérogative royale, en faisant ressortir le peu de puissance réelle des administrations qu'il propose. Il n'est incisif et vrai que lorsqu'il met ces assemblées provinciale; en présence des Parlements et fait pressentir que le roi pourrait leur demander leur sanction pour des contributions extraordinaires au lieu de la solliciter des magistrats. « Le gouvernement, dit-H, traiterait presque toujours plus facilement avec des Ëtats sagement constitués qu'avec des Parlements ; » ajoutant : « Le public, par la tournure des esprits, a les yeux ouverts sur tous les inconvénients et tous les abus. Il en résulte une critique inquiète et confuse qui donne un aliment continuel au désir qu'ont les Parlements de se mêler de l'administration... Ils s'y prennent comme tous les corps qui veulent acquérir du pouvoir, en parlant au nom du peuple et se disant les défenseurs des droits de la nation ; et l'on ne doit pas douter que bien qu'ils ne soient forts ni par l'instruction ni par l'amour pur du bien de l'État, ils se montreront dans toutes les occasions, si longtemps qu'ils se croiront appuyés de l'opinion publique. Il faut donc ou leur ôter cet appui ou se préparer à des combats répétés qui troubleront la tranquillité du règne de Votre Majesté et conduiront
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successivement ou à une dégradation de l'autoritë ou à des partis extrêmes dont OD ne peut pas mesurer au juste les conséquences- »
Cette appréciation justifiée parle passé commeelle devait l'être par l'avenir, est la seule prévision qu'ait Necker, le seul dauger qu'il signale avec énergie à LouisXVI.Sa répulsion conU'e les Parlements ne devait pas plus déplaire au roi que son absence de logiqueet de prévision. Les manifestations populaires, le grand mouvement d'opinion qui s'était affirmé sous toutes sortes de formes, n'avaient rien appris à LouisXVI. Fermé, commele sont souvent les ^prits étroits, à tous les enseignements qui dépassent l'heure présente, le roi n'avait conservé des leçons de Turgot et de ses inquiétudes à la fois patriotiques et paternelles, que le souvenir de critiques qui blessaient son amour-propre princier et lui faisaient redouter une diminution dans son pouvoir. Relisant le mémoire de Turgot sur les municipalités pour le comparer sans doute aux propositions de Necker, il écrivit en marge : « Il ne faut pas être fort savant pour juger que le présent mémoire est fait pour établir en France une nouvelle forme de gouvernement et pour décrier les institutions anciennes, que l'auteur suppose être l'ouvrage des siècles d'ignorance et de barbarie, comme si les règnes de mes trois derniers prédécesseurs pouvaient être classés, par un esprit juste et raisonnable, avec ceux des siècles barbares ; ou comme si mon royaume ne devait à ces trois règnes le ton et la place qu'il tient et qu'il occupe en Europe. Ce n'est pas à l'Europe qu'on persuadera que ces trois
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règnes sont ceux de la barbarie et de l'ignorance ; on lui persuaderait plutôt que c'est à ces trois règnes qu'elle doit en partie la civilisation dont elle jouit en ce moment '. a
L'organisation desassemblées que méditait Necker devait répondre à sa conception confuse de l'état ées esprits et à une sorte ile quiétude relative repoussant, dans un avoiir éloigné, tes dangers qu'il semblait craindre.
Auembiée L'Asscmblée provinciale du Berry, celle quidedu Berry. vait commencer ses essais de reforme, était composée, sous la présidence de l'archevêque de Bourges, de onze membres de l'ordre du clergé, de douze gentilshommes propriétaires, de vingt-quatre membres du tiers-état, dont douze étaient députés parles villes et douze devaient être choisis parmi les propriétaires habitant les campagnes. Pour arrivera la .désignation de ces quarante-huit députés, le roi choisissait seize personnes, y compris l'archevêque, qni avaient mission de prendre trente-deux collègues dans les trois ordres.
Ces quarante-huit personnages» destinés à se réunir pendant un mois au plus tous les deux ans, de-
I SoalMie, qni dil avoir lu Mtie nate écrite de li main de Lonifl XTI, dans un exempiiire da mèotoire d« Targot sur let niiDicipaliiét, lui donne lï date du 15 février ITSS, daie érideiDineat erronée, qui doit Être remtiIacéB par celle de 1173. Dupont de Nenouri écrit, t propM dn mimolre but le» municipalilis, qu'il a rédigé sou» tet inipirtliona à» Turgat, que ce grand miniitre voulait le revoir et le corriger au momeat de aa diagrftce. Eil-ce une raison pour penier que Louit XVI ne l'a pa« connu et nue preuve que la note donnée par SoulsTia est apserjpheî Noua ne le penaooi pas ; car le style ei les idèea, qui sont en complèH opposiiioo avee le reite de l'ouvrage de Soulaiie, se tranvenl an contraire en complet accord avec le genre d'iaieUigtaee du roi.
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