RETOUR DE CLIVES DANS L'INDE. 33S
que M. Clives, éit-il, les dirigera, elles ne se feront pas sentir, mais il n'en sera pas de même quand elles passeront dans d'antres tû^ns que les siennes. PitI, afSnnant que la difficulté n'était pas de conquérir, mais de conserver, insista sur le ten>ps que Clives comptait passer dans le Bengale^ demandant' s'il était résolu d'agir par luimême et de réaliser le plan qu'il proposait. Le ministre fmit l'entretien en promettant l'envoi prochain de quatre vaisseaux de ligne et de mille hommes de troupe.
Le comte de Chatharii devait traiter ce grand sujet «!*«■ avec Clives lui-même, car le héros du Bengale s'em- daiïMimi'. barqua pour l'Angteteire le 27 février 1760, laissant, par son départ, Calcutta aussi consternée que si ta ville avait subi une calamité publique, a 11 semblait, nous dit un historien contemporain, que l'âme abandonnait te corps du gouvernement anglais. »
Clives resta plusieurs années loin de l'Inde ; il n'y était pas au moment où la puissance française s'y écroulait et où la ville de Pondichéry était rasée par un ofQcier anglais portant un nom français. Nommé bartHi de Plassey en souvenir de la victoire qui avait été comme l'assise fondamentale de la domination anglaise eu Asie, Clives put voir débarquer à Londres l'infortuné Lally, avec le conseil de Pondichéry. L'œuvre qu'avait voulu réaliser La Bourdonnais et Dupleix pour la France, que pouvait encore, après eux, faire réussir Bussy, se poursuivit loin de lui en faveur de rÂngleterre> par suite d'une de ces sortes d'impulsions providentielles que fait ressortir l'histoire impartialement étudiée. Les malversations de
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tout genre des employés de la Compile, qui soii' levèrent contre elle le \ice-roi ou sutndhar du Bengale, de Bahar et d'Orissa, furent couvertes par la victoire de Buxar,queremportalel5sep(eDibre 1762, le major Munro contre Hear Caossim , et la paix imposée à la France, en 1763, laissait à l'Angleterre le loisir de remédier aux abus l'atroduits dans ses possessions indiennes, quand Clives reçut, au mois de janvier 1764, l'offre de la présidence du Bengale et le commandement des forces militaires de la Compagnie ' .
■ Parti d'Angleterre le 4 juin 1764, il arriva i Uadras le 10 avril 1765. 11 apprit, en débarquant, que
. l'ennemi des Anglais, Mear Gaussim, avait été expulsé du Bengale, que la plupart de ses partisans l'avaient abandonné et que l'empereur du Hogol élaitrésolu à se placer sous la protection des Anglais. « Nous voici enfin, écrivit-il à un de ses amis, peu de
< Wémoirtt du duc de Choitenl, ietità et imprioiéi p»r Ini-ioéme i ChtntclQup, en 1778 ; 1790, îd-S, (ome I, p. 155, tG3, 174 et iaif., 184, 196. — Butoir* dH Qntrefi, par CilhaU CcMtarB, Pirii, 1785, ia-S. tMU Ul, p. 1G7. — Àrehiva itaiionaUt K, 164, 9 mû 1779. 0M5I, 11, 23 juillet, 30 août, 25 iepi«mbre, 12 octobre, 26 ooïembre 1779. — Rieueil gtniral dei an«i«Rn(i loi* firançwtt, par lumbert, lame XXTI, p. 103, 207, 302; tome XXVIE, p. 61. — Mimmnt teenU poiÊr ttrvir à VliUtoire de la république (Ui lettrtt, lome XIV, p 265, 315, 317, 318 ; tome XV, p. 144. - Hûtory of th* riign of George 111, bj Edwardi Baiaei. Leed, 1S20, in-8, tome 1, p. 5B et iuît. — 1>« l'odMi* nûlrorion prorinctalf e( d» la réforme de l'impdl, pir Le Trdne. BBi1e,17SS,la-6°lonieI, p. 3etiDJT., 138elaDiT.,n9elHiiv., ISS, 205 cl «uiT., 444 et loiT., 463, 47G cl Mil., a28 et tnÎT., 551 et iut., 554; tome II, p. 27. 273, 277 et suit., 361, 434, 453 et *uiv, — la Fratiet ton* tout» J YI. tons 1", p. 311. —l» Franu lovt Louit ZT, tome IV,p. 440; IMM V, p. 139, 396 ; tome VI, p. 135. — Bittmn d* la eon^uto «1 de ta fondation dt l'tmpire anglaû dam l'Jitde, par Barelioo de Penhoêo, Parii, 1S44. în-S. Tome II, p. 303 et aoÎT., 310 tt aiOr., 313, 35B et Hif.. 400, 403, 407. 409 et toi*., 419, 431.
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temps après son arrivée, au momeot critique que je prévoyais depuis fort longtemps : je veux dire ce moment où il s'agit de décider si nous devons prendre, oui ou non, le tout sur notre compte. Suja- Dowla (le vizir de l'empereur) fôt chassé des provinces de sa domination, nous les possédons, et c'est à peine une exagération de dire que l'empire du grand Mogolsera demain en notre pouvoir. Nous le savons par expérience, les habitants de ces contrées n'ont d'attachement pour aucun gouvernement ; leurs troupes ne sont ni payées à l'égal des nôtres, ni commandées, ni disciplinées; on ne saurait douter qu'il suffit d'une armée européenne convenablement nombreuse pour nous maintenir les maîtres du pays ; non seulement elle nous mettrait à l'abri des entreprises de tout prince indigène, mais nous rendrait tellement formidables que ni Français, ni Hollandais, ni ennemi quelconque n'oserait chercher à noustourmenter...lesprincesderindoustan doivent croire nos prétentions absolument illimitées... Le nabab, dont nous prendrons le parti, ne peut manquer de devenir jaloux de notre pouvoir ou envieux de nos possessions, l'ambition, la cruauté, l'avarice ne cesseront de conspirer notre ruine ; chaque victoire ne nous donnera qu'une trêve momentanée ; le détrônement d'un nabab sera suivi de l'intronisation d'un autre, lequel, aussitôt que l'état de ses finances lui permettra d'entretenir une armée, ne manquera pas de suivre la route do ses prédécesseurs, c'est-à-dire de se brouiller avec nous... Il faut donc que nous-mêmes soyons nababs, au moins de fait sinon de nom... peut-être même de nom
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338 t.ivrn-; DKIJXIÈME.
iiiissi Lien que de fnit, sans le moindre déguisement, u
Arrive^ Culciiffale 3 mai, Clives réunit les mem- Iires du gouvernement alors présenl dans celle capitale de l'Inde anglaise, et leur demanda s'il fallait Mfcr des pouvoirs qu'il rappoitait de Londres, malgré les eliangcmeiils qui avaient eu lieu dans les alTaires, ou s'il devait attendre de nouvelles instructions. La réponse à cette question fut qu'il fallait s'en servir, et chacun s'engagea par serment à ne rien révéler des délibérations prises en conseil. « l'eu de jours se sont écoulés depuis notre arrivée, mandait Clives quatre jours après, mais tout ce que nous avons appris nous engage à ne pas hésiter un instant sur la nécessité de nous prévaloir du pouvoir qui nous a été confié ; (oui ec que nous voyons, tout ce que nous enlendons n'est qu'anarchie, confusion, cl, qui pis est, fori'uplion. i> Il ramena, jiar son énorgiquc volonté, l'ordre parmi les fonctionnaires, hrisa les résistances des olïieiers soulevés dans rarince cl, dominant louies les passions mauvaises, tous les obstacles matériels et moraux, il étendit en moins de dcu\ années la puissance cfTeetive de la Compagnie, ou plutôt de l'Angleterre, sur une vaste contrée bornée à l'est par l'empire des Birmans, au nord par le Ni'paul, le Boutan et l'Oudc, à l'ouest par l'ancien empire des Maraltcs, qui tombait ùép en décadence. Quand, le 16 jnnvier 1767, Clives présida pour la dernière fuis, à Calcutta, le conseil du gouvernement, il |>ul, en pensant à cette vaste étendue de côtes qui, de Masulipatam à Mangdou, offrait parloul, sur la mer du Bengale, des porls à une puis-
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