‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 86 sur 142 · RECRUDESCENCE DE L'ESPRIT D'EXCLUSION · texte numérisé non relu

RECRUDESCENCE DE L'ESPRIT D'EXCLUSION

suivre ses serviteurs, banquiers ou autres, s'ils persistent dans leurs projets. Les maisons des grands seigneurs étaient souvent des lieux de refuge en faveur des criminels. Des matelols, des soldats déserteurs, venant s'engager comme domestiques, étaient protégés par des Biron, des Rieux, des Kerkarec, des d'Arros, des La Vaoguyon. Les plaintes contre de pareils abus arrivaient en foule au ministère. Le ministre, non seulement n'osait pas sévir, mais il désavouait parfois ses agents, comme un commandant de la maréchaussée qui, ayant voulu s'emparer de deux matelots réfugiés chez M. de Cossé-Brissac, avait été roué de coupspar tes valets du château.

De pareilles habitudes, en créant sur des lai^esses et des faveurs une société factice, qu'aucune nécessité et aucun service ne justifiait, rendaient presque impossible toute amélioration sérieuse. Ilfallait, pour atteindre un résultat, même des plus modestes, qu'un ministre se décidât à braver non seulement toutes sortes de clameurs, mais à briser la situation et souvent le bien-être de familles légitimés par le temps et tes mœurs comme des propriétés justement acquises.

Lorsque Necker avait voulu obtenir de son collègue le ministre de la maison du roi, l'état des pen- ^J^^l^^ sions et des gratifications annuelles de son départe- '^JbiS.Tr.'T?»)'."' ment, Amelot avait demandé deux mois pour des recherches remontant à plus de cinquante ans, ajoutant : ( Je ferai travailler ensuite à l'état des subsistances, au moins aussi considérable que celui des pensions... Vous ne trouverez, dans ces états, rien du fond des personnes de la maison du Roy et de la famille royale, que je crois très important, pour le

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bon ordre, de ne point dénaturer. Tels sont le bas âge du feu Roy et de tous les princes et princesses, les officiers des princes décédés, les Iraitements conservés aux officiers de la feue reine, de la feue dauphine mère du roi, ceux des ofRciera des maisons existantes. Il y a nécessité à ne faire aucun changement à ces états : de leur destruction naîtrait une confusion immense, n

L'annonce de la réduction du nombre des receveurs généraux de quarante-huit à douze, occasionna une émotion profonde à la cour ; les deux frères du roi et le duc d'Orléans se plaignirent de cette opération comme portant un préjudice au droit honorifique qui leur était accordé de nommer à ces places dans les provinces qui forment leur apanage. « Le comte d'Artois, nous apprend Mercy, ayant eu, sur cette matière, un entretien très vif avec le directeur général des finances, qui lui répondit respectueusement, mais avec beaucoup de fermeté, le jeune prince eut recours à l'appui de la reine, et toutes sortes d'instances furent employées pour l'obtenir ;maisSaMajesté ne se laissa point persuader. » Le public suivait avec trop de passion des opérations de ce genre, pour ne pas être informé des contradictions qu'éprouvait le directeur général des finances. M"* de La Borde, femme d'un valet de chambre du roi, dit un journal, a a plu tellement à la reine, qu'elle a fait créer en sa faveur une charge de dame du lit, dont les fonctions sont d'ouvrir et de fermer les rideaux de Sa Majœté et de coucher au pied de son lit quand Elle le jugera à propos... Tandis que notre gouvernement supprime par eco-

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